On approche à grand pas de nos deux ans (dans 8 jours il y aura deux ans qu’à un accueil d’une entreprise des Hauts de Seine j’avais remarqué un charmant jeune homme venu remettre un peu d’ordre dans le système téléphonique, et qu’histoire qu’il me remarque j’étais négligemment allée boire un verre d’eau à l’autre bout de la pièce, habillée ce jour là en petite jupe avec des bottes à talons hauts, il s’en rappelle encore. Ca l’avait décidé à m’inviter boire un verre).
Bref.
Hier midi, je bouffe au Quick.
Pour la première fois depuis que je bosse à Belleville je mange au quick, d’habitude je mange chinois, un sandwich, je vais acheter à bouffer au franprix ou j’amène ma popotte.
Mais le lundi les chinois sont fermés, pas envie d’aller au Kebab, sur les choses de 14h, je vais au quick. Je fais ma pouf light, le menu avec le sandwich roll machin truc sans pain brioché ni sauce dégoulinante, salade et coca zéro, et je mange en lisant Public avec délectation.
Genre 1h après je me sens pas terrible.
Bon, moi les nausées, j’en ai tout le temps (accompagnement inévitable des migraines), je m’inquiète pas, mais ça va ça vient, c’est bref, léger, ça passe et c’est fini. Mais là quand même, je crois pas que j’aie la migraine. Bref, ça passe.
16h : quand même là ça craint, je me sens vraiment pas bien, je prendrais bien l’air, frais dehors ouf ça passe, finalement, fausse alerte, je le savais, je devrais pas bouffer du fast food à chaque fois je passe l’après-midi à le digérer, j’ai l’estomac fragile pour la bouffe industrielle.
17h : serre les dents ma fille, serre les dents, dans 2h t’es à la maison et tu pourras être malade, la gastro au bureau c’est no way.
18h : je pleure une ou deux larmes dans ma voiture parce que merde putain, pas une gastro j’en ai pas eu depuis au moins 4 ans et que j’ai pas envie et que j’ai mal et j’ai peur (oui, vomir me fait terriblement peur) et je veux ma maman et je dois bien avoir un pochon dans cette foutue bagnole des fois que j’aurais pas le temps d’ouvrir une fenêtre ou de me mettre sur le bas-côté en cas d’urgence.
19h : après un rentrage en mode zombie fenêtres ouvertes pour passer les nausées où j'ai même snobé France Inter qui me soulait, maison, toilettes, appel à l’Homme :
« Tu me fais un saut à la pharmacie sur le retour ? J’ai une gastro, j’ai maaaaal, j’ai des nausées, je me vide, même si j’ai la chance de pas encore avoir vomi
-Ah, toi t’as chié ton squelette ?
-Ah… Donc les rares grumeaux solides devaient être de petits os.
-Je vois ce que je peux faire, je te ramène du coca, à tout à l’heure »
Je vous l’avais dit, le glamour en prend un coup.
Mon dieu, mon mec me parle comme à un vieux pote.
Et je lui répond pareil.
Bref, on n’en est qu’au début, les plus sensibles peuvent d’ores et déjà appuyer sur la petite croix rouge en haut de leur écran.
Il rentre je suis en boule sous la couette, j’ai mal, j’ai envie de pleurer. Il me file un premier cachet, ça me fait tellement mal d’avaler un truc que je refuse le deuxième et que je me mets à pleurer.
Je gémis en boule sur le canapé, terrassée par des vagues de nausées et des départs en urgence pour les toilettes. Je me retiens de vomir.
Je pleure.
Je couine.
Je gèle.
Jusqu’au moment où ma théorie selon laquelle on a toujours le temps d’atteindre la cuvette tombe à l’eau, je retrouve tout mon quick sur le sol de la salle de bain. Non, je déconne, juste le premier jet, le reste j’ai réussi à viser le lavabo. Et à dégager poliment l’Homme qui, surpris de me voir bondir aussi violemment en direction de la salle de bain est arrivé pour être sûr que tout allait bien, et souhaitant conserver une part d’orgueil j’ai bavé « reste pas ! » entre deux salves avant de glisser, vaincue, le long de la baignoire.
Il a fallu tout nettoyer. Y compris moi. Heureusement que ça allait mieux, hein, parce que mon orgueil n’aurait pas survécu à me faire doucher par l’Homme et à le laisser nettoyer la salle de bain dans l’état dans laquelle je l’avais laissée. Bref, une demi-heure plus tard j’avais tout bien javellisé la salle de bain et m’étais douchée et shampooinée, ça allait mieux, vraiment, plus jamais je bouffe chez quick. J’ai bouffé dans les restaus chinois les plus glauques de Belleville, dont un avec une cuisine à ciel ouvert avec un chat qui goûte la farce des raviolis à même la bassine de farce posée à même le sol (et j’y ai mangé plusieurs fois dont une avec l’Homme) et rien, nada, pas la moindre intoxication alimentaire. Je bouffe un quick, paf, je dégueule tripes et boyaux. Je ne suis plus qu’un long tuyau vide, vous me direz, c’est le moment idéal pour se peser, quand aucune matière excédentaire n’encombre les intestins.
Je m’endors, épuisée et trempée sur le canapé (la flemme de me sécher comme il faut après la douche).
Longtemps plus tard, l’Homme me réveille pour que j’aille me coucher dans le lit, je suis totalement gelée d’être restée plus d’une heure en petit tee-shirt pantalon thai cheveux trempés, je tente de me réchauffer en faisant la sangsue sur l’Homme qui me laisse faire. J’arrive pas à dormir (ou si peu), j’ai mal à mon estomac maltraité, et peur que ça recommence. A minuit, il se lève. C’est pas dans ses habitudes de se lever la nuit (pas comme moi qui vais aux toilettes minimum une fois par nuit). Trois quarts d’heure plus tard il se relève
« Ca va ?
-Non
-Qu’est-ce qu’il se passe ?
-Pareil que toi tout à l’heure »
Du lit, j’entends. A 1h du matin, il n’est plus non plus qu’un long tuyau vide. Je me lève. Côte à côte, tous nus dans la cuisine éteinte éclairée par le lampadaire blafard, un verre de coca chacun, l’instant est (presque) romantique.
Je me rendors pas (ou si peu), à 3h et quelques je prends le deuxième comprimé boudé la veille et un antalgique, la douleur s’estompe, je m’endors. Le réveil sonne 3h plus tard… Je négocie 1h de sommeil supplémentaire, je me suis douchée hier, pas question que je bouffe quoi que ce soit ni que je me maquille et je m’habille comme hier. Petit déjeuner : un verre de coca chacun.
Accueil des collègues (que j’ai refusé d’embrasser, of course, sauf un qu’a insisté) « Bah t’as une tête de p’tit cadavre » « Dis-donc, t’est un peu verte » et la plus sympa « T’es toute pâle ».
Depuis ce matin je lutte au bureau, j’ai envie de dormir d’une force… 100g de riz à midi et un peu de coca, je vendrais ma mère pour un lit un oreiller et une couette (pardon maman). Voire un lit déjà fait puisqu’il faut qu’on change les draps (ils commencent à être rigides depuis le temps qu’ils sont là, et depuis la nuit dernière il est hors de question de repioncer dans les mêmes), la chambre sent le malade.
Bref, tout cela m’inspire cette phrase du bien-aimé et tant regretté Coluche
« Vous savez quel est le meilleur remède contre la toux ? Vous prenez un bon laxatif. Ben vous osez plus tousser, hein ? »
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Dans ma boîte à lettres, à mon nom, mon adresse, sans nom d'expéditeur (les traitres, comme quoi ils avaient la trouille que je la balance sans même l'ouvrir si je voyais que
l'UMP était l'expéditeur) (et comme ils avaient raison, tout ce qui porte le sigle UMP, je le mets dans mes toilettes en attente de la prochaine gastro) (après les présidentielles, je vous
raconte pas comment on a fait des économies de PQ avec les professions de foi de Sarko et Le Pen) j'ai trouvé ce torchon m'invitant à donner un peu de mes sous de presque smicarde dont les impôts
doublent d'une année sur l'autre pour le même salaire à l'empafé qui fait des chèques de milliards aux riches et traite le manutentionnaire cheminot de privilégié.
Vous dîtes...