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Mardi 22 janvier 2008
Hier notre conception du glamour et de la sexytude a encore pris un tournant. Je préviens les âmes sensibles que ce billet parlera sans détours ni fioritures d’un douloureux épisode gastrique.
On approche à grand pas de nos deux ans (dans 8 jours il y aura deux ans qu’à un accueil d’une entreprise des Hauts de Seine j’avais remarqué un charmant jeune homme venu remettre un peu d’ordre dans le système téléphonique, et qu’histoire qu’il me remarque j’étais négligemment allée boire un verre d’eau à l’autre bout de la pièce, habillée ce jour là en petite jupe avec des bottes à talons hauts, il s’en rappelle encore. Ca l’avait décidé à m’inviter boire un verre).
Bref.
Hier midi, je bouffe au Quick.
Pour la première fois depuis que je bosse à Belleville je mange au quick, d’habitude je mange chinois, un sandwich, je vais acheter à bouffer au franprix ou j’amène ma popotte.
Mais le lundi les chinois sont fermés, pas envie d’aller au Kebab, sur les choses de 14h, je vais au quick. Je fais ma pouf light, le menu avec le sandwich roll machin truc sans pain brioché ni sauce dégoulinante, salade et coca zéro, et je mange en lisant Public avec délectation.
Genre 1h après je me sens pas terrible.
Bon, moi les nausées, j’en ai tout le temps (accompagnement inévitable des migraines), je m’inquiète pas, mais ça va ça vient, c’est bref, léger, ça passe et c’est fini. Mais là quand même, je crois pas que j’aie la migraine. Bref, ça passe.
16h : quand même là ça craint, je me sens vraiment pas bien, je prendrais bien l’air, frais dehors ouf ça passe, finalement, fausse alerte, je le savais, je devrais pas bouffer du fast food à chaque fois je passe l’après-midi à le digérer, j’ai l’estomac fragile pour la bouffe industrielle.
17h : serre les dents ma fille, serre les dents, dans 2h t’es à la maison et tu pourras être malade, la gastro au bureau c’est no way.
18h : je pleure une ou deux larmes dans ma voiture parce que merde putain, pas une gastro j’en ai pas eu depuis au moins 4 ans et que j’ai pas envie et que j’ai mal et j’ai peur (oui, vomir me fait terriblement peur) et je veux ma maman et je dois bien avoir un pochon dans cette foutue bagnole des fois que j’aurais pas le temps d’ouvrir une fenêtre ou de me mettre sur le bas-côté en cas d’urgence.
19h : après un rentrage en mode zombie fenêtres ouvertes pour passer les nausées où j'ai même snobé France Inter qui me soulait, maison, toilettes, appel à l’Homme :
« Tu me fais un saut à la pharmacie sur le retour ? J’ai une gastro, j’ai maaaaal, j’ai des nausées, je me vide, même si j’ai la chance de pas encore avoir vomi
-Ah, toi t’as chié ton squelette ?
-Ah… Donc les rares grumeaux solides devaient être de petits os.
-Je vois ce que je peux faire, je te ramène du coca, à tout à l’heure »
Je vous l’avais dit, le glamour en prend un coup.
Mon dieu, mon mec me parle comme à un vieux pote.
Et je lui répond pareil.
Bref, on n’en est qu’au début, les plus sensibles peuvent d’ores et déjà appuyer sur la petite croix rouge en haut de leur écran.
Il rentre je suis en boule sous la couette, j’ai mal, j’ai envie de pleurer. Il me file un premier cachet, ça me fait tellement mal d’avaler un truc que je refuse le deuxième et que je me mets à pleurer.
Je gémis en boule sur le canapé, terrassée par des vagues de nausées et des départs en urgence pour les toilettes. Je me retiens de vomir.
Je pleure.
Je couine.
Je gèle.
Jusqu’au moment où ma théorie selon laquelle on a toujours le temps d’atteindre la cuvette tombe à l’eau, je retrouve tout mon quick sur le sol de la salle de bain. Non, je déconne, juste le premier jet, le reste j’ai réussi à viser le lavabo. Et à dégager poliment l’Homme qui, surpris de me voir bondir aussi violemment en direction de la salle de bain est arrivé pour être sûr que tout allait bien, et souhaitant conserver une part d’orgueil j’ai bavé « reste pas ! » entre deux salves avant de glisser, vaincue, le long de la baignoire.
Il a fallu tout nettoyer. Y compris moi. Heureusement que ça allait mieux, hein, parce que mon orgueil n’aurait pas survécu à me faire doucher par l’Homme et à le laisser nettoyer la salle de bain dans l’état dans laquelle je l’avais laissée. Bref, une demi-heure plus tard j’avais tout bien javellisé la salle de bain et m’étais douchée et shampooinée, ça allait mieux, vraiment, plus jamais je bouffe chez quick. J’ai bouffé dans les restaus chinois les plus glauques de Belleville, dont un avec une cuisine à ciel ouvert avec un chat qui goûte la farce des raviolis à même la bassine de farce posée à même le sol (et j’y ai mangé plusieurs fois dont une avec l’Homme) et rien, nada, pas la moindre intoxication alimentaire. Je bouffe un quick, paf, je dégueule tripes et boyaux. Je ne suis plus qu’un long tuyau vide, vous me direz, c’est le moment idéal pour se peser, quand aucune matière excédentaire n’encombre les intestins.
Je m’endors, épuisée et trempée sur le canapé (la flemme de me sécher comme il faut après la douche).
Longtemps plus tard, l’Homme me réveille pour que j’aille me coucher dans le lit, je suis totalement gelée d’être restée plus d’une heure en petit tee-shirt pantalon thai cheveux trempés, je tente de me réchauffer en faisant la sangsue sur l’Homme qui me laisse faire. J’arrive pas à dormir (ou si peu), j’ai mal à mon estomac maltraité, et peur que ça recommence. A minuit, il se lève. C’est pas dans ses habitudes de se lever la nuit (pas comme moi qui vais aux toilettes minimum une fois par nuit). Trois quarts d’heure plus tard il se relève
« Ca va ?
-Non
-Qu’est-ce qu’il se passe ?
-Pareil que toi tout à l’heure »
Du lit, j’entends. A 1h du matin, il n’est plus non plus qu’un long tuyau vide. Je me lève. Côte à côte, tous nus dans la cuisine éteinte éclairée par le lampadaire blafard, un verre de coca chacun, l’instant est (presque) romantique.
Je me rendors pas (ou si peu), à 3h et quelques je prends le deuxième comprimé boudé la veille et un antalgique, la douleur s’estompe, je m’endors. Le réveil sonne 3h plus tard… Je négocie 1h de sommeil supplémentaire, je me suis douchée hier, pas question que je bouffe quoi que ce soit ni que je me maquille et je m’habille comme hier. Petit déjeuner : un verre de coca chacun.
Accueil des collègues (que j’ai refusé d’embrasser, of course, sauf un qu’a insisté) « Bah t’as une tête de p’tit cadavre » « Dis-donc, t’est un peu verte » et la plus sympa « T’es toute pâle ».
Depuis ce matin je lutte au bureau, j’ai envie de dormir d’une force… 100g de riz à midi et un peu de coca, je vendrais ma mère pour un lit un oreiller et une couette (pardon maman). Voire un lit déjà fait puisqu’il faut qu’on change les draps (ils commencent à être rigides depuis le temps qu’ils sont là, et depuis la nuit dernière il est hors de question de repioncer dans les mêmes), la chambre sent le malade.
Bref, tout cela m’inspire cette phrase du bien-aimé et tant regretté Coluche
« Vous savez quel est le meilleur remède contre la toux ? Vous prenez un bon laxatif. Ben vous osez plus tousser, hein ? »
par Fantomette publié dans : Quand la vie devient pourrie
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Mercredi 26 décembre 2007

Allez hop, Joyeux Noël, toussa, bonne santé à la famille.

 

C’est gênant d’écrire ça étant donné que l’Homme lit ce blog mais bon, je me serais bien passé de ce réveillon, à deux-trois détails près ce Noël a été raté.

 

Déjà je vous épargne la discussion sur la route du réveillon, moi, émotion = larmes (quelle que soit l’émotion, en l’occurrence on parlait de notre propension à virer « Pépère et Bobonne » version no glamouritude et que j’étais vexée qu’il ne m’ait pas dit que j’étais jolie dans ma robe neuve) donc j’ai passé la moitié du trajet à m’éponger délicatement les yeux au Kleenex Balsam en faisant gaffe à pas me foutre du mascara partout ni à avoir les yeux rouges.

 

Et ça aurait pu bien se passer. L’apéro sympa, les mômes outrageusement gâtés (j’étais very choked de la quantité de cadeaux des gamins, tu leurs en aurait pris 4 chacun ils s’en seraient pas rendu compte), mes cadals à moi, surtout le grand couteau de boucher hyper aiguisé genre film d’horreur que l’Homme va faire graver au laser à mon nom et le paquet de nouilles en forme de cœur, on passe à l’entrée avec les toasts de foie gras et la confiture d’oignons, vraiment, jusque là, tout allait bien.

 

Pis c’est parti en couille.

 

Au début, c’est moi qui ai bugué, malgré mes longues nuit de sommeil du week-end précédent et mon réveil tardif du matin, à 22h30 je voulais rentrer dormir, j’étais naze. Je tiens pas la route le soir, je suis pas du soir, mon rythme idéal c’est levée à 8h couchée à 22h30-23h, alors je commence à bailler aux corneilles, à en avoir marre, mais bon, politesse oblige je dis pas à l’Homme que « allez viens, on rentre », je tente de participer aux conversations, mais c’est plus fort que moi, ça s’embrume là-haut, je comprends rien, je veux dormir. Et les 2h entre chaque plat, ça m’ennuie. Je commence à en avoir marre la première fois que je demande l’heure à l’Homme, il est 22h45.

 

On n’en est qu’au foie gras.

 

La dinde arrivera pas avant minuit.

 

Et entre temps, j'ai bloqué, comme un Windows à qui tu fais une blague, j'ai planté. Pour pas grand-chose, hein ? Juste un peu de racisme ordinaire qui me fout hors de moi.

 

« Alors vu que je sonne au portique, l’agent de sécurité demande à voir dans mon sac à main…
-Ils ont pas le droit, ils doivent appeler la police pour te fouiller, c’était un noir ou un arabe ?

-Oui, il était noir

-Pfff, normal, c’est des voleurs »

 

« Et M. De La Chose, c’est un Versaillais, il nous a félicitées pour notre accueil, hein ? C’est un bien blanc [avec le geste de la main devant le visage], pas un noir ou un arabe, eh ben il nous a félicitées et il vient de Versailles nous voir plutôt que d’aller plus près de chez lui »

 

« Oui, mais tu sais, il a pas eu une enfance facile, nous on aurait grandi en cité entouré des noirs et des arabes, va savoir comment on aurait tourné »

 

A partir de là j’ai serré les dents et compté les minutes pour rentrer chez moi, j’ai rien dit par lâcheté, pas osé foutre la merde dans une famille qui n’est pas la mienne. Pas osé gueuler outrée que non seulement nous autres petits blanc refusons de laver notre merde alors on met des noirs et des arabes le faire à notre place et on les parque en cités, et comme ça suffit pas on les méprise en plus parce que quand même, ils sont pas comme nous ces gens-là. Je prends cet exemple parce qu’il est le plus frappant, 95% des femmes de ménages ne sont pas blanches j’ai un infini respect pour les gens capables de laver la merde des autres vu que nous on refuse de le faire, et je suis outrée de ces remarques, je l’ai glissé à l’Homme. J’ai ajouté que le lendemain il était hors de question qu’on se tape le gâteau chez ses parents. J’ai pas voulu discuter avec eux, pas envie de me confronter à cette connerie humaine, et je sais que je contrôle pas ce que je dis quand je suis énervée à ce point, j’aurais été trop loin dans les mots, trop violente. Alors j’ai fermé ma gueule et ça m’a gâché tout le reste.

 

Et je me suis sentie mal à l’aise entourée de cette famille aux yeux bleus, la mienne m’a violemment manqué.

 

Le lendemain ça allait toujours pas, on a enfin décollé à 2h30 le temps de déposer sa mère chez elle et de rentrer se coucher, à 8h30 j’étais réveillée après à peine 6h de sommeil. J’ai écrit ce qui allait pas, sur le réveillon, sur notre discussion en voiture de la veille avortée parce qu’on arrivait sur le lieu du réveillon, et n’ai pas osé en parler avec l’Homme. Lâcheté, quand tu nous tiens… Et je l’ai quand même accompagné prendre le gâteau chez ses parents... Toujours par lâcheté. Et son père qui avait refusé d'assister au réveillon la veille, nous a accueillis en envoyant chier l’Homme qui lui avait offert un cadeau sur l’air de « Mais bordel tu sais que j’aime pas les cadeaux, Noël c’est pour les mômes, j’en veux pas de ton truc, je vais le jeter », je sais que c’est de la provoc, qu’il est juste incapable d’un mot gentil par peur de la faiblesse, vous savez, ce père à l’ancienne qui élève ses gamins à la baguette parce qu’il arrive pas à leur dire « je t’aime », toujours est-il que j’ai toujours pas compris pourquoi on n’est pas partis en claquant la porte, l’Homme a menacé de partir, son père s’est excusé, on est restés, le mal était fait, j’ai serré les dents pour ne pas pleurer, depuis la soirée du 24 je suis à fleur de peau les larmes aux bords des yeux. On est restés, j’ai pas pu manger de gâteau, j’avais pas faim et l’estomac noué, on en a ramené deux parts pour le soir… Qui sont encore au frigo ce matin.

 

On va à Nantes vendredi soir pour 4 jours, j’ai jamais eu autant envie de serrer parents et frangins dans mes bras, c’est dans ces moments-là que c'est très dur de vivre loin des gens qu’on aime.

par Fantomette publié dans : Quand la vie devient pourrie
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Lundi 3 décembre 2007

Y’a des week-end comme ça…

 

Samedi, réveillée à 6h.

 

Un jour où y’a pas école, paf, 6h j’ouvre mes mirettes grandes comme des soucoupes et je fixe le plafond. L’Homme, nullement solidaire dort. Bon, il se lève à 7h pour son stage, je vais attendre.

 

6:04 Ah. Que 4 minutes.

 

6:12 Si je change de position, je dormirai peut-être mieux.

 

6:21 Non.

 

6:22 Si j’asticote l’Homme peut-être qu’il va se réveiller, et moi je ferai comme si j’avais pas fait exprès dans mon sommeil.

 

6:27 Non plus.

 

6:57 Je me rendors enfin.

 

7:00 Le portable qui fait office de réveil sonne et vibre à pleine puissance sur la table de nuit, on frôle l’arrêt cardiaque comme tous les matins, et je me lève en même temps que lui…

 

Il part à son stage sur les choses de 7h30, je glandouille et me retrouve à Lidl à 9h, c’est jour de courses.

 

Puis Leclerc, Lidl c’est bien, c’est pas cher, mais c’est basique, point de sucre roux, de crème hydratante pour l’Homme.

 

Et là, j’ai passé ma journée aux fourneaux, les haricots azuki m’ont donné du fil à retordre les gueux. Moi j’avais lu 10-12h de trempage (fait) et 4-5h de cuisson. Je les ai mis sur le feu à 8h, et retirés pas avant 15h. Pis les boules dont je vous avais parlé (ici  >>clic<<), ben… C’était pas mauvais, non… Mais la texture… La farine de riz gluant ben… C’est gluant.

 

Faut s’y faire, quoi.

 

Pis la farine de riz gluant que j’ai achetée elle est colorée au thé vert ou au pandan, je sais pas, c’est pas écrit sur le paquet mais en plus d’être très gluante elle est très verte, et bien que pas trop raciste d’habitude, là une boule verte et gluante fourré au rouge sombre il me faudra encore un léger temps d’adaptation.

 

Mais c’est pas ça le plus important du week-end, c’est pas non plus la migraine ou la sieste ou la soirée raclette.

 

C’est pas non plus le copieux apéro, le fabuleux couscous de Mme Mamandelhomme, son plateau de fromage ou sa charlotte poire-chocolat (véridique, depuis le repas d’hier midi j’ai pu avaler une tasse de bouillon, un yaourt et une pomme, j’en ai toujours pas faim, je sais pas ce que je vais manger à midi, je suis looooin d’être affamée).

 

C’est l’émission d’hier soir, sur la 6, y’avait un reportage poignant. Sur nos vieux.

 

Préambule : les paragraphes qui suivent sont particulièrement glauques

 

BBK fait un article qui parle de son vieux voisin qui est mort hier, après le reportage d’hier, je vous jure, ça fait du bien de voir quelqu’un de bienveillant et pas indifférent envers un vieux.

 

Ils ont commencé soft, une vieille richissime à qui ses voisins ont fait signer des assurances vies à leurs noms pour des centaines de milliers d’euros, qui a finalement été mise sous tutelle et les voisins interdits d’approcher, voisins qui comme des buses ont appelé m6 pour se faire passer pour des victime, pour des gentils voisins aidants, interdits de voir leur amie. Les journalistes qu’il fallait pas trop prendre pour des cons non plus se sont rendus compte de la supercherie. Et moi je dis, pour balancer ce qu’ils ont balancé, les noms, les visages, les accusations ben faut pas avoir peur du procès pour diffamation ou atteinte à la présomption d’innocence parce que ouh là là, c’est hard quand même.

 

Pis le deuxième reportage, terrible. On nous montrait nos vieux dans des mouroirs. Une vieille qui avait été laissée toute une nuit, nue, baignant dans ses urines. Des vieux maigres à faire peur, qui n’ont pas la force de se nourrir, et personne ne les nourrit. Non, le personnel fume une clope sur la terrasse et renvoie les vieux dans leur chambre une fois l’heure du repas passée (et le repas encore intact). On met des couches à une vieille par flemme de lui faire sa toilette. Ce sont ses petites filles qui doivent nettoyer leur grand-mère. Imaginez l’humiliation vécue par cette dame. On nous raconte ces vieux lavés dans des douches communes, hommes, femmes sous un jet d’eau trop chaud ou trop froid sans aucun souci de pudeur. On nous raconte ces vieux giflés. On nous fait écouter ce personnel qui se justifie « on est payés le smic ici… », nos vieux sont maltraités pour 2000€/mois. On nous raconte ce directeur de maison de retraite qui à la fin de son procès avoue, craque fond en larmes « je savais que je dirigeais une institution maltraitante, je plaide coupable ». On nous raconte nos vieux ignorés, on ne leur parle pas, on ne les regarde pas, on les nie. On voit en caméra cachée les menaces de mort proférées à un collègue qui a dénoncé ces atrocités, une vieille en larme, morte de peur parce qu’elle est frappée, sa fille qui téléphone paniquée. On s’en fout, ils parlent pas, on les croit pas, on les traitera de déments, ils sont si faibles, trop facile de les laisser crever comme ça. C’est comme s’attaquer à un enfant. Il est plus faible et ne peut pas réagir ou répondre. C’est minable.

 

Et on nous montre des héros. Des soignants présents qui communiquent, qui regardent, touchent, douchent à la bonne température, ont des gestes empreints de douceur, chantent, nourrissent, tiennent par la main, bordent, et ils sont payés pareil que les autres.

 

Heureusement qu’on nous a montré ces gens-là, sinon je ne crois pas que j’aurais pu dormir sereinement.

 

J’ai fini par aller nettoyer la cuisine, la gorge nouée et les larmes au bord des yeux, rien que d’y repenser j’ai honte, j’ai envie de pleurer, c’est monstrueux. La vidéo est pas encore sur youtube et pas dispo sur le site de la 6 mais elle repasse mercredi soir, à 1h.

 

Bref, j’ai été bouleversée. Je sais, j’ai trop d’empathie, je suis émue aux larmes devant un documentaire animalier quand je me rends compte que le pauvre petit gnou blessé sera abandonné par les siens et va crever seul, alors imaginez-moi devant ce reportage.

 

En France, on maltraite nos vieux dans l’indifférence des pouvoirs publics.

par Fantomette publié dans : Quand la vie devient pourrie
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Lundi 19 novembre 2007
trouduc.jpgDans ma boîte à lettres, à mon nom, mon adresse, sans nom d'expéditeur (les traitres, comme quoi ils  avaient la trouille que je la balance sans même l'ouvrir si je voyais que l'UMP était l'expéditeur) (et comme ils avaient raison, tout ce qui porte le sigle UMP, je le mets dans mes toilettes en attente de la prochaine gastro) (après les présidentielles, je vous raconte pas comment on a fait des économies de PQ avec les professions de foi de Sarko et Le Pen) j'ai trouvé ce torchon m'invitant à donner un peu de mes sous de presque smicarde dont les impôts doublent d'une année sur l'autre pour le même salaire à l'empafé qui fait des chèques de milliards aux riches et traite le manutentionnaire cheminot de privilégié.
Ils m'ont envoyé ça à moi, les imbéciles...

Bref, quel est le salaud de fils de pute sa mère (qui veut me traiter de raciste parce que j'insulte les prostituées et leur descendance ?? Allez, lecteur intolérant, fais tes preuves) qui a vendu mes coordonnées aux sous-fifres de Nabotléon ? Bon, demain j'envoie un courrier à l'UMP-ta mère pour leur demander que conformément à la loi "Informatiques et Libertés" qu'ils citent, merci de retirer mes coordonnées de ton fichier because ça me donne de l'urticaire de tomber nez à nez avec un truc pareil chez moi.
Pis histoire d'en rajouter une couche, quand tu envoies un bulletin avec écrit en biais (comme ton visage) dessus que c'est valable pour une seule personne, t'écris pas "cotisation couple" comme choix possible à côté, vous voyez, voilà la preuve que voter à droite et soutenir l'UMP rend stupide et donne le sida, et rend stérile.
Allez, les gens, faisez tous comme moi, mettez-moi tout ça aux chiottes et attendez la prochaine gastro.



Sarko, Facho !

par Fantomette publié dans : Quand la vie devient pourrie
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Lundi 5 novembre 2007

Petite effervescence à la maison ces jours-ci, on part ce week-end à Londres.

 

Oui, on en fait tout un cirque de 36h d’évasion, mais là ça devient urgent de se changer les idées.

 

Il s’est encore fait péter sa bagnole ce week-end, c’est la troisième fois en un mois. Les deux premières fois une vitre pétée et du matos volé pendant que sa voiture était stationnée sur le parking en plein air, là c’est au parking sous-terrain de la résidence, on lui a plié un coin de portière au pied de biche.

 

Va expliquer à ton chef, toi, quand t’es en période d’essai que pour la troisième fois tu t’es fait forcer la voiture alors même qu’elle était soi-disant en sécurité cette fois. Bravo la confiance entre voisins après, quoique c’est facile de voler un bip parking., mais c’est franchement limite, la voiture d’à côté avait une vitre pétée aussi.

 

C’est pour ça que ma voiture est toujours ouverte, y’a rien à piquer dedans (excepté une paire de lunettes de soleil à 2€ et des chaussures plates rouges à cœur blanc à 5€ pour conduire), pis si quelqu’un veut quand même mes chaussures à cœur ou mes lunettes à 2 balles, ils ont qu’à se servir mais au moins ils me flinguent pas une serrure ou une vitre, moi j’en suis pour mes 7€ de perdus.

 

Mais ça se voit qu’il y a rien à piquer dedans, alors qu’une voiture avec écrit en gros dessus « Téléphonie », ça attire le blaireau.

 

Parce que là, je vous jure qu’ils ont intérêt à la jouer super discrète les sacs à merde qu’on fait ça, parce que moi je l’ai entendu sa voix au téléphone quand il m’a appelée pour me dire ce qu’il s’était passé, homme, femme ou enfant, il va bouffer du bitume et du trottoir si mon amoureux tombe dessus, et il se peut même qu’il avale une ou deux molaires et ne soit pas présentable pendant un moment (et la faible femme que je suis en palpite d’émotion d’imaginer son mâle défendre aussi virilement son bien).

 

Bref, ça me rappelle quand j’étais étudiante que je me suis fait piquer coup sur coup 2 vélos, j’étais dans un état tel que si j’avais croisé le voleur je crois bien que je l’aurais bouffé, l’animal.

 

Pis je me suis rendu compte hier en discutant avec le plafond l’Homme (c’est ma psychothérapie à moi, par flemme de retourner voir un psy, parler, parler, parler, dire sans tri tout ce qu’il me passe par la tête et vient toujours un moment où je mets le doigt sur quelque chose d’intéressant qui calme momentanément mes angoisses de grande anxieuse, voyez plutôt ce que j’ai découvert hier) que mon imagination débordante me fait paniquer quand il ne se passe rien, je me mets à psychoter sur tout et sur rien, genre l’Homme va me quitter, je vais avoir un cancer du rein, tout le monde me déteste, il faut qu’il se passe des trucs sinon je réfléchis trop et trop loin, tout le temps (nuit, jour, voiture, bureau, maison, tout, je suis une grande névrosée), alors avec mon ancien taf qui me prenait 90% de mes ressources intellectuelles en stress et l’actuel qui ma laisse 90% du temps passé au bureau pour réfléchir tranquillement, je vous cache pas que les quelques derniers mois ont été rudes émotionnellement parlant.

 

Donc vivement qu’on parte en week-end pour ma tranquillité d’esprit et changer les idées à l’Homme.

 

Pis on a week-end carte blanche niveau budget grâce à un gros vide-grenier chez l’ami ebay alors ça donne envie d’y être.

 

Pis vendredi soir on dort chez L’Amico et Chéridamour dont je vous ai pas parlé depuis un bail, qu’avec l’Amico on se voyait tous les jours tout le temps jusqu’à ce qu’on trouve tous les deux nos mecs respectifs quasi en même temps et qu’on se voit plus du tout ou presque, alors là on profite du départ de Gare du Nord pour se rapprocher géographiquement du lieu de départ (il habite à deux pas) et fêter des retrouvailles. Ce qui est drôle, c’est qu’avec l’Amico on a passé des heures dans le métro à traverser Paris en long, en large et en travers pour se voir vu qu’on habitait à l’opposé l’un de l’autre, et qu’au moment où il a emménagé chez Chéridamour à deux pas de chez moi, j’ai emménagé chez l’Homme à 15 bornes de là…

 

Bref voilà, la semaine commence mal, elle devrait bien finir bras dessus bras dessous, pleins de bière à déambuler dans les rues de Londres.

par Fantomette publié dans : Quand la vie devient pourrie
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Lundi 22 octobre 2007
De merde.
J’en aurais pleuré, dites.
Samedi soir j’avais organisé un dîner chez une copine à Paris dans le 20ème, vu que c’était soir de finale et que la France jouait plus, aucun intérêt pour moi, et aucune envie de me retrouver entourée de mâles pleins de bières comme je supposais que l’Homme allait passer la soirée, on avait passé un accord, je le dépose où il veut samedi soir, il picole tout ce qu’il veut et je le récupère où&quand il veut mais pas trop tard vu que je suis une marmotte et que passé 23h30 (parce que j’ai fait la sieste, d’habitude c’est 22h-22h30) je rentre.
Heureusement, il s’est mal organisé, a fait le fainéant, et s’est dit « tout le monde a du déjà prévoir un truc, je reste à la maison ».
Moi j’avais fait des kilos de gâteaux orientaux au miel, amandes, cannelle et fleur d’oranger et des macarons à la noisette, le tout dans deux énormes boîtes en fer, et je pars sur les 17h30 avec le GPS de l’Homme, fière come un paon dans ma Fantomobile, j’appelle Coupine que je devais rejoindre en milieu d’aprèm pour faire à manger avec elle pour m’excuser de décoller si tard « tu comprends, j’ai fait la sieste » et je décolle, guillerette.
2km plus tard, je redémarre à un feu rouge. Première, seconde. Clac. Pas de troisième, un clac. La pédale d’embrayage pendouille dans le vide, le moteur patine, je peux plus avancer, je me laisse glisser avec mon peu d’élan et la pente jusqu’à un bord de route où je suis le moins dangereuse possible, et commence à maudire ma satanée bagnole.
J’appelle l’Homme pour qu’il vienne me tracter, j’appelle mon père parce que je suis très en colère et que vu que mon chéwi vient me dépanner, ce serait limite de l’accueillir avec des gros mots et faut que je me calme en expliquant à quelqu’un que je suis très en colère. Papa est sur boîte vocale. Qu’importe, j’appelle maman. Qui à son habitude ne me plaint pas mais me dit que déjà tant qu’elle est pas déclarée morte par un garagiste on part du principe qu’elle est juste blessée, que ta voiture elle a pas de problème d’embrayage donc ça doit être juste le câble, que non, ma biche, ton père n’y est pour rien même si c’est lui qui te l’a vendue, tiens, je te passe ta sœur, je te précise laquelle : la grande, parce que si je dis juste « ta sœur » tu sais pas qui c’est ha ha ha, bisous ma grande bediche et à bientôt.
Ma sœur me dit que arrête tes conneries, tu vas pas acheter une bagnole neuve, ça perd ¼ de sa valeur en 2 ans ; achète une occase comme Beaupère qu’a acheté son camion la moitié de son prix parce qu’il avait été loué en utilitaire pendant un an, t’inquiète, dis-toi que t’as de la chance ton mec peut te récupérer t’as pas la dépanneuse à payer, pis passe-lui le bonjour allez, et à bientôt, salut.

Merci la famille, personne pour me plaindre, me dire « ma pauvre chérie », non, mais bon, c’est aussi pour ça que je les aime.
Bref, voilà, ça m’a ruiné ma soirée gonzesses, l’Homme m’a tractée sur les 2km (même pas) qui séparaient la Fantomobile de la maison et vu que j’avais pas mis la clé mon volant s’est bloqué et on a flippé tous les deux vu que je lui suis rentrée dedans et que j’ai fêlé (un peu) mon pare-choc (et rayé le sien de sa voiture le lendemain mais c'est une autre histoire de maladresse dans le parking souterrain), on est revenus sur les lieux du crime pour retrouver un bout de pièce tout mort tout cassé et pas réparable, finalement le frère de l’Homme qui bosse chez Renault connaît bien le garagiste chez qui toute l’usine va faire réparer ses voitures, et le garagiste le connaît bien lui et leur père donc il va pas m’arnaquer et il paraît que c’est dans les 50€ pièce et main d’œuvre d'après l'appel de mon beauf' au garagiste, appel que m'a retransmis l'Homme. Bon, la dernière fois qu’on m’a annoncé un prix il a fait x4 entre l’oral et le devis, donc là on va rester prudent mais je devrais m’en tirer pour moins que le prix de la voiture (qui à ce jour cote 2200€ moins la carrosserie pourrie rayée par les gosses de la cité, voiture que j’ai payée 1000€ + 500€ de réparation en juin, tout va bien, je suis encore gagnante).
Rhha, je suis redevenue piétonne et ça m’énerve.
Et là j’hésite à la vendre dans les 1700€ vu que la carrosserie est abîmée et qu’elle partira pas à 2200, parce que je suis vexée (ou peut-être parce que que je veux une C1), ou alors je la garde parce que quand même, est-ce que je retrouverai une voiture à qui je fais entre deux et trois pleins (grand maximum) par mois pour 45 km/jour dont au moins 35 de bouchons (un vrai chameau ma titine) ? Ca vaut peut-être le coup d’investir dans un câble d’embrayage et une paire d’essuie-glace tout neufs (achetés hier en signe de pardon d’avoir pété son câble) même si elle est pas aussi mignonne et moins rouge qu’une C1 ? Bon, je vais la laisser faire les preuves de sa bonne volonté,  qu’elle me prouve qu’elle veut que je la garde si elle veut pas finir entre les dents géantes d’une grosse broyeuse à métaux à la casse (t’as entendu Titine ? T’arrêtes les conneries, un peu ?).
par Fantomette publié dans : Quand la vie devient pourrie
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Mercredi 26 septembre 2007

La trouille qui coupe les jambes et donne envie tout à la fois de pleurer et de cogner.

 

Hier je me suis fait mettre en joue par un blaireau qui devait même pas avoir 18 ans. Le mec était à 3 ou 4 mètres de moi, visait consciencieusement comme prêt à tirer, et j’avais le trou noir du canon qui me regardait entre les deux yeux.

 

Je sais même pas comment j’ai pu garder mon calme, je me suis arrêtée tout doucement et j’ai dit « qu’est-ce qu’il se passe ? » et c’est là qu’il y a eu les 4 secondes en question.

 

L’instant où passent dans la tête plein de pensées difficiles à trier

 

-« Il déconne »

 

-« Est-ce qu’il veut mon fric ? »

 

-« C’est un drogué en manque »

 

-« Lui et ses potes vont me prendre en tournante »

 

-« C’est un faux fusil »

 

-« Je vais crever, putain je peux pas crever comme ça »

 

-« Il peut pas tirer comme ça en plein Paris en plein jour »

 

-« Mon mec, ma famille, mes copains, mes frangins,… »

 

-« Ca fait quoi de prendre une balle en pleine tête ? »

 

-« J’aurais pas du envoyer bouler son pote qu’a essayé de me draguer, il s’est vexé »

 

Finalement après quelques secondes un de ses potes lui a dit « Allez arrête, [à moi] il se passe rien madame, c’est pour déconner, [à son pote] bon, oh, t’arrêtes un peu ? », finalement le mec a basculé le fusil de son pote en repoussant le canon vers le haut, il m’a redit que c’était pour déconner, je lui ai dit que je trouvais pas ça drôle. Il a convenu « Oui, vous avez raison c’est pas drôle ».

 

Je suis repartie avec en but premier de rester digne, ne pas trembler, ne pas avoir le talon aiguille qui flanche avec la trouille qu’il me tire dans le dos le temps que je marche les 25 mètres qui séparent l’endroit où ils étaient de l’entrée de ma boîte et la colère que des petits cons puissent s’amuser comme ça, que l’arme soit vraie ou fausse (mais vu les précautions prises par le moins con de la bande pour bouger le canon de sa cible, à savoir entre mes yeux, je suppose que si ça avait été du plastique il aurait fait moins attention) ; ne pas me prendre les pieds dans le tapis, ne pas pleurer, arrêter de trembler, boire un café.

 

Pis j’ai craqué, envoyé un sms à l’Homme lui disant brièvement ce qu’il s’était passé, il m’a rappelée, j’ai pleuré au téléphone, j’ai évacué la panique et me suis jointe à un groupe pour sortir du bureau et récupérer ma voiture à quelques mètres de là où s’est passé la scène.

 

Pis ce matin j’appelle une collègue dans sa boutique de la Défense au sujet d’une histoire de chèques volés dont on a coincé l’émetteur, elle me raconte…

 

Qu’elle a été braquée flingue sur la temps en plein Paris à la sortie des cours pour de l’argent.

 

Qu’un type est entré dans sa boutique seringue à la main en annonçant « j’ai le sida file-moi la caisse ou je te pique ».

 

Qu’elle balise que les potes du mec aux chèques volés viennent se venger sur elle parce qu’elle sait qu’ils sont plusieurs avec des fausses pièces d’identité (donc c’est un réseau) et que c’est elle qui a prévenu les flics hier.

 

Faut pas pour autant se faire avoir par les dérives sécuritaires de quelques illuminés dont notre président mais ça fait flipper.

 

Là où je bosse c’est plein de flics, vu que c’est un quartier popu plein d’immigrés ils font une rafle par jour (sous la pression du préfet et de ce cher M. Hortefeux), et après on s’étonne qu’une chinoise sans papier saute par la fenêtre (et en meure) en voyant un flic alors qu'on les pousse à faire des rafles jusque dans les écoles ? Je m’égare, mais malgré mon aversion pour la politique du chiffre en matière d'immigration, j'aime bien les flics et je vous cache pas que je me sens rassurée de savoir une forte concentration d’uniformes dans le secteur.

 

Je crois que j’avais jamais eu à ce point peur de mourir.

par Fantomette publié dans : Quand la vie devient pourrie
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Lundi 27 août 2007
Edit : quant on tape "bombe sexuelle" sur le moteur de recherche Orange, je suis en première page.
Je ne peux que confirmer.



Je commence à 9h30 le matin.
Ce matin, donc, je me pointe au bureau à 8h45.
Normal, hein ?
A la collègue qui me demande « Ben t’es tombée du lit ? » j’ai répondu ma phrase toute prête « Non, non, mais avec les retours de vacances j’avais peur qu’il y ait du monde sur la route alors je suis partie tôt, et en fait y’avait personne… »
Alors que la vérité est toute autre. J’en ai la larme à l’œil et le frisson à l’avant bras rien que d’y repenser.
Préambule utile : l’Homme était attendu chez un client à Rueil (45km de la maison) pour 8h30, il s’est méfié des retours de vacances et s’est levé à 6h, décollé à 7h. 7h, heure à laquelle je me suis levée au cas où y’aurait du monde sur la route.
Parce que depuis début juillet, je me lève à 7h35-40 décolle à 8h35-40-45 et je suis à l’heure, mais avant je devais partir à 8h à cause des bouchons, je pensais donc vérifier le trafic sur sytadin pour ajuster mon heure de départ.
7h, la gueule enfarinée, pleine de la vexation de me réveiller seule sans personne pour me gratter le bas du dos je rampe jusqu’au PC (au bout du lit, j’ai pas long à faire) (oui, on a un ordinateur au bout du lit, et plein d’autres dans le salon et un nouveau bientôt) (ce qui nous fera trois tours dont une pas branchée, trois portables dont un mac) et regarde l’état du trafic.
Personne.
Sur ma route de chez moi à mon bureau, personne, tout vert.
Je m’étire, peinarde, je décolle comme d’hab pas avant 8h30.
Je glandouille sous la douche, repasse tranquillement mes fringues avec Pierre Perret à fond (écouter son dernier album et sentir les poils qui se dressent sur les bras, quel digne héritier du grand Georges), le café est encore chaud, le pain d’hier encore frais (pain aux noisettes maison, j’adore), toute propre dans mes fringues tièdes je petit-déjeune dans une douce torpeur, pas trop réveillée, encore un peu dans la brume je me laisse porter par le filet de fumée du café chaud.
Il est 7h52, le destin de l’héroïne va bientôt basculer…
Tintintin… [musique d’angoisse]






Pis d’un coup, l’évènement, je manque de tomber de mon tabouret (dieu merci, on mange sur un bar et donc les repas sont surélevés, mes pieds ne touchent pas le sol), une araignée surgit de derrière la poubelle. Je me suis fait violence mais je me suis habituée aux micro-araignées, celle à peine grandes comme le quart du blanc de l’ongle, j’ai plus peur. Mais celle-là, je peux pas, elle est balaise.
5-6cm de diamètre, les grandes pattes poilues, j’ai eu peur, mais peur… Putain, je suis arachnophobe, j’ai failli pleurer.
Elle a fait trois p’tits tours sous mon regard terrorisé et s’est barrée sous le lave-vaisselle. Ben moi je me suis barrée au bureau en laissant le café, la tartine et Pierre Perret. Je pouvais pas rester avec ce monstre, et je flippe de rentrer, elle est passée sous le lave-vaisselle, elle peut passer sous la porte de la chambre.
J’ai décollé avant 8h, vexée, et suis arrivée super en avance puisque conformément à ce que me disait sytadin, y’a personne sur la route.
J’ai inventé une excuse pour mon avance parce que je voulais pas qu’on se moque de moi au bureau comme c’est déjà arrivé à cause d’affaires d’araignées.
Une fois, j’ai manqué de me jeter dans les bras d’un collègue qui était derrière moi en voyant une grosse araignée sur le mur d’en face (mort de rire, le collègue l’a butée d’un coup de tatane pendant que, tremblante comme une feuille, je récupérais de ma trouille), une autre fois j’ai fait un bond en arrière en entrant dans la salle où on stocke les fournitures, une commande venait d’arriver et je devais la ranger, et là, une araignée sur le sol me regardait méchamment de toutes ses paires d’yeux. Un collègue passait par là, heureusement, c’est un collègue Sri-lankais qui parle très mal le français, donc d’une part, il ira pas balancer, d’autre part j’ai pu lui demander de la tuer en anglais ce qui fait que l’autre collègue qui passait derrière a cru que je lui parlais de l’aspirateur (rangé dans la même pièce) ce qui a sauvé un peu mon honneur et mon orgueil.

 
 
 

Je sais pas encore comment je vais faire ce soir, l’idéal étant bien entendu que l’Homme la repère dés son retour et la bute avant que je ne rentre, ce qui permettrait :
1- de nous débarrasser du nuisible, qu’on me raconte pas que ces monstres ont une quelconque utilité écologique, je vous jure, moi que ce sont des néfastes dangereux, surtout dans MA cuisine.
2- de m’éviter de me re-confronter à mon pire cauchemar.

 
 
 

 

 
 
 

J’ai peur…

par Fantomette publié dans : Quand la vie devient pourrie
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Lundi 4 juin 2007
C'est véritablement la faute à pas de chance... 498,33€, le verdict vient de tomber pour radiateur + sonde + thermostat, si la voiture risquait pas d'exploser en roulant telle quelle, je la ramènerais et ferais ça avec mes petites mains quitte à y passer la nuit avec du cambouis jusqu'aux yeux, sur les forums les gens disent que tout seuls ils s'en tirent pour 100, maxi 150€ sans avoir forcément besoin d'avoir les compétences d'un mécano.
Je suis minée...
Parce que 500€, j'ai pas. Je sais pas quoi faire. Je cherche une solution, puisque je peux pas leur abandonner, je dois la récupérer. Mais pour en faire quoi ? Elle doit être réparée, mais comment ?
Ca me rappelle une discussion avec des amis de l'Homme récemment sur le thème de tout-augmente-ma-bonne-dame, une phrase m'avait marquée, je sais plus qui l'avait sortie "Aujourd'hui on peut vivre avec des salaires dits "moyens" (entre 1500 et 2000€ --je suis en dessous--) mais avec systématiquement la peur au ventre que la voiture ait un pépin, que la machine à laver, ou la télé, ou le portable tombe en panne" et bientôt, rajouter "tomber malade" à la liste des  'peur au ventre' avec leurs franchises à payer sur les soins médicaux...
Hier soir l'Homme était un peu miné (voir pourquoi chez lui), ce soir c'est moi qui vais mal.
par Fantomette publié dans : Quand la vie devient pourrie
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Lundi 4 juin 2007

En ce moment, tout allait bien.

J’avais trouvé un chouette boulot, eu mon permis, pris encore 2 kilos (je vais finir par re-fumer si ça continue), eu une vouature terrible à un prix minable, l’Homme était fou amoureux de moi et avait un nouveau boulot ou il gagne plus et va pouvoir me couvrir de diamants (en négociation mais il a pas l’air chaud le bougre), bref, Fantomette heureuse comme tout se disait qu’une aussi longue période sans mauvaise nouvelle c’était chouette, quand tout va bien c’est cool.

Bon, ok, j’ai pas d’argent, à cause de MonExBoîteDeMerde qui me versera mon salaire de mai + mon solde pas avant le 11 juin, donc avec mes fonds de poche j’avais réussi à faire un plein à ma Fantomobile, un plein sur un chameau pareil, ça me dure pas mal de temps. Donc pas de carte orange à acheter, du moins avant que j’ai le solde de mon ancien taf.

Mais c’était oublier que ça allait trop bien.

Pour hier, voir le blog de l’Homme.

Pour ce matin, je me suis arrêtée à un feu rouge, le capot qui fumait, fumait…

J’ai paniqué, coupé le contact et mis les feux de détresse, des ouvriers qui bossaient là m’ont ouvert le capot (je savais pas comment faire), bougé ma vouature sur le côté, refroidi tout ça et mis de l’eau dans le radiateur qui est apparemment mort.

Passé la matinée au téléphone entre l’inter-mutuelle assistance (IMA), les dépanneurs me réclamant de 190 à + 300€ pour ramener ma vouature chez moi, je jongle entre l’IMA et les garages agréés pour tomber d’accord avec les deux sur un dépanneur.

Bref, la dépanneuse arrive tout à l’heure, 189€ dont heureusement 115 pris en charge par l’assurance.

J’ai du acheter une carte orange ce matin, et j’ai 75€ à sortir pour pas que la fourrière embarque la Fantomobile, environ 300€ de pièces + main d’œuvre.

J’ai envie de chialer, là.

[Je reviens tout juste du garage du dépanneur, rectifions la théorie par la vérité]

Bref, la dépanneuse est arrivée et m’a dit qu’elle ramènerait pas ma Fantomobile chez moi mais dans son garage, que j’avais rien à lui payer pour le dépannage (enfin une nouvelle pas trop pourrie). Mais en gros, une fois que la voiture est chez lui je suis bloquée et obligée de payer ou les frais de gardiennage, ou la réparation, mais j'ai pas eu le choix, vu où elle était garée c'était limite un miracle que la fourrière l'ait pas déjà embarquée... Donc je pouvais prendre le risque qu'elle parte à la fourrière ou le laisser faire, entre la peste et le choléra... hein ? Quitte à payer au moins 150€, autant que ce soit en réparation plutôt qu'en amende. Justement, sur la route il m'a dit de compter sur 150€ environ de facture, sur place il m'a dit que si j'acceptais pas le devis je paierais pas les frais de gardiennage si la voiture restait pas plus d'une semaine mais je me vois mal ramener la Punto à Limeil dans cet état, elle explosera au bout de 5 km. J'attends de leurs nouvelles pour le devis, le côté positif c'est que le gars était super sympa mes nerfs ont lâché quand il m'a dit qu'il me la ramenait pas à la maison, et j’ai fondu en larmes, c'était un bonhomme d’une quarantaine d’années, arabe avec l'accent qui chante qui m'a consolée en m'appelant "mademoiselle" et en me tutoyant du type "Mais mademoiselle, ti mets pas dans un état pareil, c'est une bonne  vo