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Moments qui font rêver

Mardi 31 janvier 2006 2 31 /01 /2006 20:18
 

Des moments ou des phrases qui me plaisent, le genre de choses qui fait voir la vie en rose.

 

D'abord la série des phrases d'Ève, elle est très prolixe en ce domaine...


“Bonjour maman bateau, bonjour papa poisson !” à table, debout sur sa chaise, sans raison apparente, 3 ans à l’époque.

"Je trouve que c'est triste alors je fais tomber mes larmes" devant de DVD de l'enfant ours

"Papa tu peux m'aider avec tes costauds ?"

"On dirait qu'il y a du brouillon dehors", il neigeait

"Une docteuse c'est une fille docteuse"

"C'est fait en quoi les doudous ? En amour !"

"Quand je serai grande je serai bébé sister"

"Ma maîtresse elle s'appelle Michelle ma belle" elle a toujours aimé les Beatles

"Non, je veux une glace à léchure" et pas une en pot...

 

“Si tu continues tes conneries je sors mes instruments à bourjoufler la gliture” Papa à chacune de mes/nos conneries, on y a cru longtemps aux instruments à bourjoufler la gliture.

 “Bah... Moi j’dis ça, j’dis rien...” Mon frère. 

“Je vais t’envoyer un coup de pied au cul, tu vas valser au plafond et tu pourras pas t’asseoir pendant trois semaines” Papa à table un soir où j’avais fait une connerie. Fou rire en chœur de nous trois, papa furax et vexé de voir son autorité ridiculisée nous envoie au lit et mange tout seul. Quand il monte se coucher on rigole encore.

“Je demande l’asile politique à la baignoire”, moi rentrant d’une soirée trop arrosée. Réponse affligée de l’auteur de mes jours “Ouais, va cuver, prends un bain et je veux pas tant que tu es pas en meilleur état”. J’ai eu honte. Mais honte...

Un copain de classe décédé il y a 4 ans. Lise, 4 ans à l’époque “Il est mort ?” moi “oui” réflexion de la petite. Puis l’évidence la frappe “Mais... Mais alors c’est un prince maintenant !”. C’est con mais j’allais mieux après ça.

“Mérit’rait d’être catho tell’ment il est con cui-là” mais je ne me souviens plus de l’auteur...

“Nous, notre grand-mère, c’est Mamie Nova” Ma grande sœur et moi à l’école quand on était petites.

Papa : “Waxa grebo” nous trois en chœur : “Brastigu !!!”. Non, ça ne veut rien dire.

On avait appris par cœur les multiples de 17 (17, 34, 51, 68, 85, 102, 119,...) ainsi que le carré (289) et le cube (4913) qu’on répétait négligemment quand histoire de flamber un peu devant ses collègues scientifiques papa nous le demandait.

Des semaines que je ne l’avais pas vue, Biquette, depuis la mi-août, depuis son départ en Angleterre, quoi… Quelques furtifs échanges, peu de mails, peu de coup de fils, pas facile de s’appeler et elle avait un accès plus que restreint à internet. Mais bon… Samedi 24 décembre au matin, moi à Nantes en famille faisant les ultimes courses de Noël avec une de mes sœurs, le portable qui sonne, le prénom de son fiancé qui s’affiche à l’écran. C’est elle ! Elle est à Paris, y reste deux jours. Manque de chance, je suis à Nantes et y reste encore quatre jours… Bon, ben raté. Un peu déçue mais pas grave. Bref, Noël se passe, tranquillement. Lundi matin, Bastien m’appelle en me disant qu’elle est repartie mais qu’elle lui a laissé un cadeau pour moi. Quand je vous disais qu’elle était chouette… Je lui propose qu’on se voie dans l’après-midi, je dois aller en ville, il me dit qu’elle lui a laissé mon adresse avec un plan tout ça et qu’il n’est pas loin donc qu’il se propose de passer chez moi ! Adorable, non ? J’accepte, prépare du café et me plante devant le PC en attendant… Une sœur braille « Apoyakelkunpourtoidanlentrée !!! » Je vais dire bonjour à Bastien. Et c’est elle qui est là, dans l’entrée, un paquet à la main !

Arrivé en France il y a un an et demi (en même temps que moi à Paris), on est devenus amis et je l’ai un peu aidé à apprendre le français. Enfin, les mots la grammaire, tout ça, aucun souci mais plus les expressions populaires, l’argot et tout ce que les professeurs vous apprennent rarement en cours. Dont l’expression « ramasser quelqu’un à la petite cuillère », plus quelques vacheries comme « atchoumer » ou « avoir la chair de poulet » et autres. Un jour de blues, je l’appelle, le moral dans les chaussettes, lorgnant avec envie la Seine, bref un jour ou ça va pas. On a rendez-vous. Il arrive, me tend fièrement… une petite cuillère ! J’en ai rigolé trois jours…

Le tout en une soirée.

J’avais rendez-vous, j’étais en avance ou en retard et je commence à réfléchir en me disant que décidément, le temps passe très vite. L’horloge en face de moi se casse, l’aiguille qui était sur le trois, tombe sur le six. A la seconde où j’ai pensé ça.

La personne avec qui j’avais rendez-vous me parle d’un film qu’il avait adoré, coin de rue suivant, l’acteur principal prenait un verre en terrasse.

On s’assied au bord d’une des fontaines de l’Hôtel de Ville, je lui dis que j’aime bien Paris car c’est une ville où tout peut arriver. Un jeune homme déguisé en Brice de Nice surgit et plonge en body-board dans la fontaine.

On repart un peu éclaboussés, un peu plus tard je lui répète que Paris est une ville où tout peut arriver. Au coin de la rue apparaît un copain avec qui j’étais en cours deux ans plus tôt à quatre cent kilomètres de là.

Quelques jours plus tard, à Nantes, je raconte cette soirée à une amie en terrasse d’un café, rendue au moment où l’ancien copain de lycée apparaît au coin de la rue, il apparaît justement au coin de la rue. Séjour suivant à Nantes, je l’ai recroisé par hasard.

Par Fantomette - Publié dans : Moments qui font rêver
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Mercredi 15 février 2006 3 15 /02 /2006 06:30

J’aime pas la Saint Valentin.

J’ai pas envie d’aller au restau avec autour de moi cent cinquante couples qui se lèchent la glotte en se mangeant des mirettes.

Pis d’abord j’ai toujours passé la Saint Valentin seule.

Et quand on est ensemble, on est censé s’aimer et se le montrer tous les jours et pas juste un jour par an, non ?

Et si l’Homme ne vous invite pas au restau mais vous fait un petit dîner aux chandelles, pourquoi il le fait que ce jour et pas plus souvent ?

Et c’est pas plus simple de faire un cadeau quand on en voit un qui lui plairait comme ça paf plutôt que de vouloir impérativement trouver un truc pour le jour J ?

 

Mais hier j’ai bien failli changer d’avis.

 

J’ai eu une journée d’enfer, non stop de 8h30 à 20h, j’étais fatiguée et j’en avais marre. Pis j’avais pas vu l’Homme depuis pas loin de trente six heures. Alors ça m’énervait. Et je finissais tard. Bref, à 19h54 j’étais en civil, prête à désactiver le standard et le PC, à courir et voler vers la liberté. Je cours vers le métro. Compte les 16 longues stations qui me mènent au RER. Puis toutes les autres gares qui me mènent au fin fond du 94 dans une ville au nom barbare. Vous avez remarqué que les villes en Région Parisienne ont souvent des noms improbables ? Montilly-les-Bretonneux, Villemoisson-sur-Orge, Jouy-en-Josas, Saint-Remy-les-Chevreuses… Bref, dans une ville parfaitement inconnue à toute Fantomette digne de ce nom. Et là, l’Homme est à l’heure au rendez-vous après mon texto d’une précision extrême « Arrivée à 21h08 ». On rentre chez lui, il a fait la popote tout ça (enfin, je soupçonne fortement que quelque entreprise de plats cuisinés l’ait légèrement aidé mais passons). En tous cas c’était hyper bon. Et alors plus tard, alors que nous dissertions du taux de suicide dans les différentes tranches d’âge en buvant du vin blanc devant « Tanguy », il propose une discussion plus légère et sort un paquet planqué derrière la plante verte. Et un deuxième dans le placard.

Et moi qui ai voulu jouer les réac contredisant tout absolument tout par principe et qui n’avais dont absolument rien prévu pour l’Homme de me retrouver toute émue, toute contente. Toute touchée parce que c’était hyper mignon (gna gna gna, je sais, je suis d’un sentimentalisme désespérant). A me dire que je ne suis qu’une imbécile et que c’est absolument merveilleux comme fête. Ca donne un bon prétexte pour en profiter.

Non seulement j’ai la même journée qu’hier mais de plus je suis épuisée et complètement sur mon nuage.

Courrier mal dispatché

Plantage dans la phrase d’accueil en répondant au téléphone

Pauses café-clope à répétition

Téléphone avec un ami pour lui raconter

Commérages avec les collègues sur l’air de « Wahou c’est trop mimi ! »

Parfaitement improductive

Cette journée sera très longue.

Par Fantomette - Publié dans : Moments qui font rêver
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Jeudi 9 mars 2006 4 09 /03 /2006 14:37

Gros stress mercredi. Grosse journée également, je rentre chez moi fourbue, épuisée, et me connecte sur msn pour y croiser l'Homme. Fidèle au poste, on discute, il est 21h40, je suis K.O., je pense me coucher aussi sec le temps de faire des bisous virtuels et de me jeter désespérément seule dans les bras de Morphée (qui aux dernières nouvelles était un homme). Et finalement, ça papote un peu, entre les programmes télévisés démoralisants, les regrets de pas se voir ce soir et l'annonce désespérante de pas se voir le lendemain mais de devoir attendre le vendredi soir.
Jusqu'au :
"Au fait... J'ai quelque chose à te demander... Samedi soir mon frère, ma belle-soeur et mes neveux m'ont invité à dîner chez eux, ça te dirait de venir ?

-J'essaierai de me mettre les petits monstres dans la poche, ils aiment bien qu'on leur mange le ventre ? (c'est quand on fait des bisous péteurs sur le ventre des enfants en bougeant la tête et que ça fait des chatouilles, ma spécialité --l'Homme en sait quelque chose--)
-Ils adorent !
-Chouette...
-Et détail qui a son importance, je dois te prévenir que mes parents seront là...
Montée violente d'adrénaline, je ne connais pas ses parents
*glups*
-Tes parents aussi aiment qu'on leur mange le ventre ou je devrai m'abstenir ? (je sais, pirouette minable mais je savais pas quoi répondre)
-J'ai jamais essayé...
-Très stressant mais j'accepte l'invitation
-Encore une fois, te sens pas obligée
-Et... Toi, ça te va de venir avec moi ?
-NON, on va cacher notre liaison scandaleuse et je ne me montrerai plus jamais en public avec toi.
Connaissant la délicatesse masculine et son ironie qu'il tente d'amener à la hauteur de la mienne, je prends ça pour un "oui, avec plaisir"
-J'abandonne l'idée du mangeage de ventre des parents, je préfère faire bonne impression..."
Bref, il prévient son frère qu'il vient à deux, on discute, on bisouille et dodo.
Maintenant voilà la question qui va me gâcher mon sommeil jusqu'à samedi soir. COMMENT JE VAIS M'HABILLER ???


Ca me rappelle du Vincent Delerm


"Tes parents ce s'ra p't-être
Des professeurs de Lettre
Branchés sur France Inter
Et qui votent pour les Verts
Chez tes parents dans c'cas là
Y'aura Télérama..." ---> ça c'est les miens

"J'suis prêt à tout pour qu'ça passe,
Dire du mal du voisin d'en face
Supporter les Opel Vectra
Et même regarder Thalassa" ---> Promis...

Bon, je vais appeler ma mère, moi, c'est pas que j'aie besoin de conseils mais ça serait pas impossible en fait, et ça me rassure, après tout elle est passée par là avant moi...

 

« Comment t’habiller ? Demande-lui, c’est encore lui qui saura le mieux te dire

-Oui mais je veux pas qu’il ait l’impression que je stresse trop…

-Alors que tu stresses comme jamais…

-Oui…

-Et ramène des fleurs.

-Des fleurs ?

-Oui, fais bonne impression, viens pas les mains vides, tu te vois quand même pas ramener une bouteille de pinard !

-Euh… Oui t’as raison…

-Et déstresse, ils vont pas te manger et moi je trouve que c’est une très bonne nouvelle.

-Oui… Je vais essayer !

-A bientôt !

-Bisous m’man.

-Bisous. »

Je comprends pas, ça m'a jamais stressée de rencontrer les parents de mes ex. Bon, y'en a pas eu tant que ça avec qui je suis restée assez longtemps pour rencontrer les parents mais quand même. Ca se compte presque sur les doigts  du pouce en fait. Non, allez, deux. Mais ce sera pour plus tard...

Par Fantomette - Publié dans : Moments qui font rêver
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Vendredi 31 mars 2006 5 31 /03 /2006 19:41

Moment hallucinant.Je suis au bureau.

J’entends un manager qui parle de 118 218. Je tends l’oreille, ils disent des conneries et me font marrer.

Il décroche son portable et appelle du monde dans son bureau.

Et appelle le 118 218.

Manager -Bonjour, attendez une seconde, je mets le haut parleur, voilà, vous pouvez me chanter la chanson du 118 218 ?

Opératrice -Cendizuiiit deucendizuiiiiit (comme dans la pub avec l’air et tout)

Tout le bureau qui reprend en chœur -Cendizuiiit deucendizuiiiiit

Manager -Allez, encore une fois, s’il vous plaît

Opératrice -Cendizuiiit deucendizuiiiiit

Tout le bureau qui reprend en chœur -Cendizuiiit deucendizuiiiiit

Manager -Merci mademoiselle, c’est adorable, bonne soirée !

*Eclats de rire*

Je vous jure que c’est vrai.

Par Fantomette - Publié dans : Moments qui font rêver
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Mercredi 5 avril 2006 3 05 /04 /2006 06:30

On a compté un après-midi avec l'Amico, plus de deux cent de ce graf rien que dans le sixième arrondissement...

Marchez le nez vers le bas, il y en a partout...

Par Fantomette - Publié dans : Moments qui font rêver
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Jeudi 13 avril 2006 4 13 /04 /2006 06:30

Pendant mes congés (de vendredi soir à mardi 25 au matin, trois semaines de dure négociation en janvier (!!!) pour les avoir), je me suis dit que j’allais claquer mes heures sup’ dans un institut de beauté. Genre épilations, masques, massages, manucure… Tout ce que je n’ai pas le temps de faire, c’est même pas pour que ce soit fait, c’est juste que je veux qu’une personne s’occupe de moi et rien que de moi pendant quelque temps, quelqu’un que je paye pour mon plaisir et mon confort perso, qui est là pour me faire du bien ou arracher sans délicatesse à coup de cire chaude les petits poils sensibles de derrière le genoux ou de l’intérieur des cuisses, me poser des masques soi-disant miracles ou me faire des mains de comtesse. Me payer ce luxe de me faire chouchouter. Il y a le coiffeur mais je n’y suis pas retournée depuis mes 14 ans (oui, Biquette, c’était en 2nde B avec toi), j’ai pas confiance, mes cheveux c’est sacré. Déjà j’apprends à l’Homme l’art des massages même si j’ai pas encore réussi à lui faire intégrer que pour masser le dos c’était pas utile de me retirer mon jean et que lui aussi pouvait garder le sien mais j’ai confiance, il est à un âge où il est très joueur mais intelligent, il devrait apprendre vite, même si c’est pas gagné. Rien que ça, un masseur perso à la maison c’est pratique mais c’est pas pareil que dans un institut. Là, la gonzesse (ou le mâle, m’en fous, suis pas sexiste) c’est moi qui la/le paye pour me chouchouter et elle/il a pas le droit à l’erreur, si l’Homme masse pas très bien ou pas très longtemps, m’en fous, c’est pas son job. Et vu le prix de ces prestations, j’ai intérêt à apprécier !

 

 

Je vais me réabonner chez Body’Minute, désolée pour la pub mais c’est l’institut qui offre le meilleur rapport qualité/prix. Et moins de 10 euros les jambes complètes, je crache pas dessus !!!

 

 

J’ai vraiment hâte, je vais me renseigner, peut-être à Nantes-La-Magnifique ce week-end, la carte d’abonnement est valable dans tous les instituts de France.

 

 

Je me vois déjà allongée en tee-shirt et culotte sur le ventre dans une salle surchauffée avec une esthéticienne trop bavarde qui me raconte sa vie et celle de toute la clientèle, à retenir mes cris de douleur à chaque arrachage de bande de cire… Vivement…

 

 

Par Fantomette - Publié dans : Moments qui font rêver
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Jeudi 4 mai 2006 4 04 /05 /2006 15:46

Cet après-midi je bosse à l’Hôtel de ville d’***, et un visiteur de standinge est dans nos locaux. Attention, pas n’importe qui. Une grosse berline bleue nuit (vérification faite, une BMW) rutilante, vitres fumées, avec des petits drapeaux américains est garée dans la cour. Quatre pingouins aussi hauts que larges oreillette/lunettes noires/air mystérieux courent dans tous les sens. Je sens que je fais tache avec mon jean, mes escarpins rose, les lunettes de soleil de flambeuse (j’aime la jouer Paris Hilton à mes heures) et mes cheveux-z-au-vent, la collègue annonce froidement « Branle-bas de combat, l’ambassadeur des US est là, chignon serré et sourire colgate ma belle » passage de l’uniforme, les pingouins partent déjeuner. Mais là ils ont fini et squattent l’accueil, j’aime pas. Même si les molosses n’ont pas l’air prêt à mordre, la bosse de l’arme sous l’aisselle me rappelle qu’il y a un danger potentiel et comme mon courage n’a d’égal que l’humanité d’un lepéniste, je flippe et je suis tendue.

Mais bon, ce soir je fais des glaces kiwi-fraise, de la Dulce de Leche,  et demain soir après le taf, l’Homme et moi on se casse en ouikènde à Vauville.

Vauville, la famille y a des maisons depuis 4 générations, petit bled paumé entre deux collines les dunes et la plage sur la côte ouest du nord de la Manche. Une belle grande baraque, la Maison Verte parce que les volets sont verts. Avec plein de pièces : le salon, la Salle de Billard, la Chambre du Fond, la Chambre en Bois, la Chambre du Milieu, Ma Chambre (c’est pas la mienne, elle s’appelle comme ça, d’une des portes de Ma Chambre, un petit escalier dérobé mène directement au jardin...), le grenier plein de trésors (et hélas d’araignées et mon arachnophobie m’interdit d’u glisser le moindre cheveux), la remise pour le bois (idem...), le garage plein d’un foutoir pas rangé depuis des décennies, la grange (idem que le grenier et la remise...) (je vous épargne chiottes, salle de bain et cuisine, quoique la cuisine soit une véranda ce qui a son charme). Quatre cheminées. Une dans la Chambre du Fond, une dans Ma Chambre, une dans le salon, et une dans la Salle de Billard. Il n’y a pas de chambres au rez-de-chaussée. Un grand jardin avec la grande terrasse surélevée d’environ un mètre et le petit muret qui délimite la fin du jardin. Celui sur lequel on prend un café au réveil l’été en regardant la mer à moins de 100m à vol d’oiseau. Le café sur le muret dans la fraîche brise estivale d’un matin normand (voilà que je fais dans le lyrique...) donne un sentiment presque d’éternité. En face, la mer. A droite et à gauche, les champs. Derrière, les collines. Le village dort, et Fantomette en chemise d’homme trop longue boit un café trop chaud en frissonnant. Il fait jamais bien chaud en Normandie, et là je vole des moments au temps. Là-bas, le temps n’existe plus. Il n’y a pas d’horloge dans la maison (sauf la vieille de Daddy (l’arrière-grand-père que je n’ai jamais connu qui a acheté la maison en 1927) qui marche plus depuis la guerre), pas de télé, la radio est bloquée sur France Culture, c’est tout ce qu’on capte ici. Un vieux 33 tours de Simon&Garfunkel, l’odeur du vieux, de la mer, de la poussière, des vacances et des souvenirs.

Pour téléphoner, il faut aller jusqu’au bout du muret du fond du jardin et marcher en équilibre jusqu’à ce qu’on soir au dessus du jardin des voisins pour voir apparaître une ou deux barres de réseau. Ou aller au lavoir. Ou sur la plage.

Mon coin de paradis sur Terre où il fait bon vivre, l’air y est pur, pas de voisins à emmerder, pas de voisins pour nous emmerder. Je peux chanter à tue-tête « God bless you, please Mrs. Robinson, Heaven holds a place for those who pray... Hey hey hey ! » Sans personne pour se moquer de moi (sauf l’Homme mais comme j’ai quelques dossiers sur lui il dira rien).

Je peux fouiller dans l’armoire de la salle de billard et trouver les archives de Daddy, les lettres où il demande réparation à l’Etat pour l’occupation de la maison pendant la guerre.

[Des blokhaus sur la plage témoignent des restes du débarquement, et quelques armes allemandes trouvées au hasard des expéditions au grenier –avant que je ne devienne phobique– témoignent de l’occupation qu’a subie notre Maison Verte. Par des allemands très courtois paraît-ils qui s’étaient longuement excusés de devoir mettre à la porte de chez lui le vieux monsieur, mais avaient-ils le choix...]

Trouver des documents et me rendre compte que mon aïeul était professeur de physique et chimie au lycée Henri IV et habitait rue Clovis dans le Vème. Trouver le livre de chimie qu’il a écrit.

Les dégâts causés par les Allemands s’élevaient si mes souvenirs sont bons à un peu plus de trente-deux mille nouveaux francs, factures manuscrites à l'appui. Ces photos d’inconnus qui sont un arrière-grand-oncle, une arrière-grand-tante, un lointain cousin déjà vieux bien avant que je ne naisse, ces lettres de condoléances écrites avec les pleins et des déliés d’une écriture disparue, à l’encre violette.

Cette histoire lointaine que je tiens dans mes mains.

Vauville.

C’est un village où il n’y a pas de nom de rue. Nous, notre adresse là-bas c’est cidex RM4. Et cidex RM4 c’est un ensemble de huit boîtes aux lettres pour toute la rue. Mais il y a quelques « grandes » familles à Vauville et la facteur est le même depuis 30 ans. Alors parfois les gens écrivent à Nomdefamille / La Maison verte / 50440 Vauville et ça arrive.

Le code postal c’est même pas le code postal de Vauville mais celui de la ville d’à côté. Pourtant c’est une commune avec sa mairie propre.

Et merde, ce connard de maire vient de me pourrir ma joie, j’étais en plein délire lyrique sur mon petit paradis à moi. Avec l’ambassadeur qui était là, il était tout énervé, quand les pingouins, le diplomate et les militaires sont partis, le bipper a buggé, j’ai pas ouvert assez vite la grille de la cour. Le maire m’a traitée de grosse conne en public, d’incapable et de débile. Je ferme ma gueule. Je peux rien dire. Je pense qu’en trois clics c’est facile de trouver dans quelle mairie l’ambassadeur des Etats-Unis était en visite aujourd’hui et qui est le maire de cette ville. Sous ses airs débonnaires de bon vivant rigolard, c’est un dictateur, un gros con prétentieux et imbu de lui-même, tout le monde le craint à la mairie. Quand le respect est remplacé par la peur, c’est dommage. Je respecte pas cet homme. Mais comme il me fiche la trouille, personnage médiatique, tout en haut de l’échelle, je la boucle. Mais j’ai chaud, mon honneur est atteint, c’est con à dire mais c’est vrai. J’ai déjà un peu de mal avec mon estime personnelle, me faire descendre devant tout le monde, merci.

« Vous enquiquinez pas pour ça, il fait ça à tout le monde, je trouve ça lamentable » dixit en douce sans que personne le voie le directeur des relations internationales. Puis un discret « Bon courage » avant de partir. Merci m’sieur mais je reste énervée.

Là le cabinet du maire (lui compris) est en conseil d’administration, je renvoie ma ligne sur la loge du gardien, j’y cours et je vais en griller une, ça me calmera...

Connard, tiens. 

Par Fantomette - Publié dans : Moments qui font rêver
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Vendredi 5 mai 2006 5 05 /05 /2006 06:30

Fantomette s'est calmée et va vous montrer ce qu'est Vauville...

Au loin, le nez de Jobourg qui avec le nez de Flamanville délimite la baie de Vauville

Petite vue du village

Un blokhaus qui longe la plage, derrière le petit toit conique... C'est là que j'ai pris ma première cuite, le fortin (le petit fort)...

La plage de sable fin déserte..... Toujours le nez de Jobourg au fond

Vauville c'est là

Et la maison verte elle est là.....

Je sens que ce week-end me fera le plus grand bien....

L'autarcie, le calme...

Par Fantomette - Publié dans : Moments qui font rêver
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Mercredi 10 mai 2006 3 10 /05 /2006 17:15

Il y a ceux qui hurlent au scandale, au danger public, au grand n'importe quoi. Ceux qui trouvent ça à gerber. Ceux qui disent que c'est inadmissible.

Moi j'ai adoré.

Je suis fascinée.

Je trouve ça romantique. Dangereux. Fou. Débile. Magnifique. Stupide. Magique. Sublime.

Je l'ai trouvé chez Ron. Il semble qu'il y ait un souci chez son hébergeur actuellement, je n'arrive pas à accéder à son blog mais j'ai trouvé une ruse.

Sur Google, tapez "Ron rendez-vous" et le premier lien indique son blog. Faut pas cliquer sur le lien mais sur "en cache" en dessous de la description. Je vais essayer quand même de mettre le lien vers la page en cache.
>>ici<<

Je sais pas comment vous dire, j'aime l'excès, la démesure en amour. Le grand n'importe quoi. J'aime la folie dans ce domaine.

Je me souviens de cet ex qui était excessif, c'en était génial. J'avais retrouvé en dessous de la fenêtre de ma chambre une affiche de 4x3m avec écrit "Fantomette je t'aime" accompagnée des deux tiers des jonquilles municipales trouvées en cours de route (ce con a traversé Nantes du Nord-Loire au Sud-Loire à pied en pleine nuit, soit une quinzaine de bornes de chez lui à chez moi et a réveillé un copain habitant à mi-chemin pour l'aider à porter l'affiche et les fleurs cueillies sur les plates-bandes de la ville) et tout le long du chemin, mes initiales ou le diminutif de mon prénom entouré de cœurs ou encore des "je t'aime Fantomette" tagués sur les arrêts de bus ou des murs. Ah… L'adolescence. Non, l'Homme, ne dis pas "Quelle période pourrie dans la vie d'un être humain", pasque c'est pas vrai d'abord. Bon, ok, moi j'étais pas transformée en clafoutis géant (c'est toi qui le dis), l'acné n'était pas mon lot. Pas trop, en fait. Mais c'est la période où on est capable de tout. Où on croit en tout. La période de tous les excès. On redevient adolescent quand on est amoureux, je crois. Ou tout comme, on devient un(e) jeune con(ne) idéaliste. Comme papa dans son mail avec son délire sur "son petit amour". En ce moment, je me sens vachement en phase avec Papa, on est deux débiles amoureux gnangnans comme tout.

C'est ce que fait ce film de Claude Lellouche.

Et en 1976, Paris était pas la même qu'aujourd'hui.

Et me faites pas la morale, moi j'adore.





C'est terrible, je suis chez dans la société où j'ai rencontré l'Homme, la cliente a des soucis de téléphonie alors j'ai l'Homme au téléphone tous les quarts d'heure (la cliente veut pas filer son n° direct, elle préfère qu'on lui annonce l'appel)...

Par Fantomette - Publié dans : Moments qui font rêver
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Vendredi 19 mai 2006 5 19 /05 /2006 12:32

Pour ma chouette bannière et le code pour l'insérer (Fantomette se la pète mais vaut pas un clou en informatique...)

Par Fantomette - Publié dans : Moments qui font rêver
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