Me v’là encore avec les yeux en trous de bite, comme me dit amoureusement l’Homme au réveil ou dans n’importe quel contexte où j’ai pas l’air en forme. Oui, je sais, que voulez-vous… Mal élevé ce garçon…
Migraine hier soir, 22h : Bi-Profénid (anti-inflammatoire) sans trop d’effet, mais j’arrive à m’endormir d’un sommeil agité, je dors mal ; réveil à 3h vraiment pas bien migraine au top de sa forme (du moins le pensais-je, elle sera au point culminant vers 6h30-7h), aspirine (1,5g), ça change rien mais je me rendors vaguement d’un sommeil tout autant agité ; réveil à 6h30 avec une nausée terrible (à cause de l’aspirine à jeun), Tigreat (triptan), toujours sans effet et je reste au lit quasiment une heure de plus en attendant d’être capable de me lever et d’arrêter de pleurer (ça me rend toujours triste d’avoir la migraine, je suis une petite nature et j’ai une résistance aux larmes très faible dans ce contexte, si au moins c’était grave ce que j’ai, ça rendrait la douleur acceptable, mais même pas, c’est ça le pire : c’est même pas grave. Juste chiant), pas mangé, pas bu, j’ai fini par arriver au bureau (en retard après 2h de route, j’ai pas compris pourquoi ça bouchait, d’un coup, hop, plus rien…) et par prendre ma dose de prontalgine (cocktail détonnant genre paracétamol, codéine, caféine en grosse dose), et voilà, ça va mieux. J’ai sérieusement envisagé d’aller faire un tour à Lariboisière qui est je crois le seul hôpital qui a un service d’urgences spécial migraines avec des lumières douces et peu de bruit.
Putain, une crise, 4 médocs sur 12h pour que ça passe… Ca m’arrive pas souvent, mais quand ça arrive, quelle merde !
[mode Caliméro off]
J’ai attaqué un bouquin sur la nutrition, première fois que je lis un livre sur les régimes, j’ai toujours trouvé ça foireux genre guide de vie de Bridget Jones. « Maigrir sans régime » de Zermati. Alors dit comme ça, ça fait concon, genre encore un truc pour t’expliquer qu’avec un blanc de poulet, deux tomates et trois feuilles de salade ou un sachet protéiné tu vas trouver ton poids idéal, mais non, le gars il t’explique qu’en bouffant ton blanc de poulet et ta salade ou ton sachet de protéines tu vas finir obèse. Qu’en te concoctant un planning de repas équilibrés, en faisant bien attention à tes trois repas par jour, à ne jamais partir bosser le ventre vide, à manger beaucoup le matin et peu le soir tout et tout c’est comme ça que tu perdras jamais un gramme, durablement du moins. Parce qu’il faut pas manger équilibré, ou dissocié, ou avec le régime atkins, dukan, montignac (il doit y en avoir un paquet d’autres, allez jeter un œil à la section régime du forum de Supertoinette, c’est terrifiant), mais juste à ta faim. Manger jusqu’à satiété ça veut pas dire jusqu’à ce que l’estomac soit plein et que tu puisses plus rien y mettre, mais jusqu’au moment où tu sens que ça y est, tu as plus faim. Oui, tu peux encore engloutir deux fois ce que tu viens de bouffer, mais tu n’as plus faim. Ou encore de ne pas aller manger parce qu’il est midi et demi, mais à 11h ou 15h si tu veux, mais parce que tu as faim. Et t’arrêter quand tu as plus faim. Tout simplement.
Alors oui, ton père comme le mien t’a toujours dit « finis ton assiette, pense à ceux qui n’ont pas à manger », alors qu’il fallait dire « Arrête-toi quand tu as plus faim », du coup, on a tous le complexe de l’assiette pas finie.
Je sais plus qui disait l’autre jour que Lio à quasi 50 ans et 6 enfants elle doit bouffer un demi-yaourt tous les deux jours pour être aussi mince. Alors je te ferais dire que ma mère elle a 49 ans et 7 mois, 6 bébés (en 6 grossesses, elle, elle a pas eu des jumeaux, et toc, mieux que Lio Mèrepoule), qu’elle commence toutes ses journées par des tartines de beurre salé-Nutella, que midi et soir c’est pain-beurre-fromage en fin de repas avec un ‘tit coup de rouge et toujours du chocolat avec le café, que quand elle fait un gâteau pour un anniversaire elle chipote pas et en prend une part ou deux ou trois si elle a envie, et qu’elle cuisine vachement bien, et de temps en temps elle aime bien prendre une bière avec son mec le soir et ben elle est toute mince ma maman, parce qu’elle a compris le principe de manger tant que tu as faim et de t’arrêter quand tu as plus faim. That’s all, elle a jamais été au régime et a un gabarit d’oiseau (et c’est pas comme ces gonzesses qui s’empiffrent sans prendre un gramme –Oui, je pense à toi, Frérotte– vu qu’elle était rondelette adolescente).
Et vu que je suis en guerre avec mon tour de taille depuis toujours (complexe classique de la petite enfance, ma grande sœur a toujours été très mince et du coup ma Mémé m’a toujours appelée « ma grosse », mon père disait que pour se faire du blé il fallait vendre ma sœur à la pièce et moi au kilo, ma mère m’avais mise au régime pour perdre deux ou trois petits kilos, mesures du tour de hanches à l’appui, bref ce genre de truc innocent qui te pourrissent ton image dans le miroir 15 ans plus tard et ton rapport à la bouffe, et te font parfois aller au supermarché t’acheter quantités de trucs bien gras et caloriques et tout t’enquiller jusqu’à ce que tu en sois malade et que tu te dégoûtes de toi-même –je le fais plus depuis que je vis avec l’Homme (comme quoi quand le cœur va bien ça fait du bien partout), mais quand j’habitais seule ou que mon coloc était pas là ça m’est arrivé régulièrement, tous les kilos pris étaient reperdus, j’étais stable à 60-62kg et ne bouffais que des omelettes quand je dépassais cette fourchette), je me suis toujours trouvée trop grosse, que je sois plus mince ou plus grosse qu’aujourd’hui et c’est dur, mais quand tu es vraiment gros tu es légitime à te trouver gros, quand tu es mince ça passe pour une lubie ou une coquetterie, mais quand tu es ni mince ni gros, c’est bâtard, les plus gros que toi aimeraient bien être comme toi et te reprochent de te trouver grosse alors que « tu es bien comme ça », les plus minces que toi te disent que tu es pas si grosse, et que ça te va bien, d’ailleurs et la majeure partie du temps ils sont tous sincères.
C’est pas un problème de tour de taille, mais de perception (cf photo en maillot de bain en bannière, on voit que j'aibon appétit mais que je ne suis pas grosse, le pire c'est que je sais qu'en faisant du 40 à 1m70 on n'est pas gros, problème de perception j'vous dis...)
Faut arrêter de me dire que non, ça je mange pas parce que ça fait grossir alors que ça c’est plus léger, arrêter d’acheter de la crème à 3%, arrêter de me dire que mon poids idéal c’est moins dix kilos par rapport à ce que je pèse et qu’il faut que je maigrisse, faut que j’arrive à intégrer le fait que je ne sais pas quel est mon poids « naturel » parce que je lutte contre, peut-être moins, peut-être plus que ce que je fais aujourd’hui et que le jour où je serai réconciliée avec la bouffe, le miroir suivra. Je veux bien peser 5 kilos de plus si je suis en paix avec ces kilos, mais en peser 10 de moins et lutter c’est trop dur.
Un peu comme la clope, le bouquin d’Allen Carr m’a vachement aidée, le jour où tu intègres que la dépendance physique c’est une invention des marchands de tabac, que la dépendance psychologique existe et que ton tabagisme c’est du réflexe alakon (genre 1 mois après avoir arrêté je me disais encore « Tiens, je sors du métro, donc je vais allumer une clope. Ah non, c’est vrai je fume plus » comme quoi je fumais par réflexe puisque j’en avais déjà plus envie), eh ben ça a été d’une facilité déconcertante d’arrêter, enfin libre, c’est ce que je me suis dit, zéro manque, zéro envie de craquer, zéro difficulté, que du bonheur.
Ben là c’est la même, le corps est capable de s’autoréguler si on est attentif à ce qu’il nous dit et pas à ce que les autres nous disent, j’en ai un parfait exemple en la personne de ma mère qui est très à l’écoute de son corps.
C’est pas de maigrir que j’ai besoin, mais de faire la paix avec mon reflet dans le miroir, c’est déjà un bon début que d’intégrer cette donnée.
« T’attends quoi de ce bouquin ? » m’a demandé l’Homme (qui pétrit avec joie mes poignées d’amour ainsi que toutes les parties de mon corps qui offrent une bonne prise en main, et elles sont nombreuses).
Je sais pas trop… Une meilleure perception de moi ? Abandonner ma peur de manquer et réussir à m’arrêter de manger avant d’avoir trop mangé ? Si ça se trouve il ne m’apportera rien. Mais peut-être que je vais finir par réussir à faire la paix avec mon tour de taille et le miroir, à trouver ma taille naturelle et à jeter une fois pour toutes toutes les autres fringues trop grandes ou trop petites gardées « au cas où ».
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