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Jeudi 27 mars 2008
[Mode Caliméro on]
Me v’là encore avec les yeux en trous de bite, comme me dit amoureusement l’Homme au réveil ou dans n’importe quel contexte où j’ai pas l’air en forme. Oui, je sais, que voulez-vous… Mal élevé ce garçon…
Migraine hier soir, 22h : Bi-Profénid (anti-inflammatoire) sans trop d’effet, mais j’arrive à m’endormir d’un sommeil agité, je dors mal ; réveil à 3h vraiment pas bien migraine au top de sa forme (du moins le pensais-je, elle sera au point culminant vers 6h30-7h), aspirine (1,5g), ça change rien mais je me rendors vaguement d’un sommeil tout autant agité ; réveil à 6h30 avec une nausée terrible (à cause de l’aspirine à jeun), Tigreat (triptan), toujours sans effet et je reste au lit quasiment une heure de plus en attendant d’être capable de me lever et d’arrêter de pleurer (ça me rend toujours triste d’avoir la migraine, je suis une petite nature et j’ai une résistance aux larmes très faible dans ce contexte, si au moins c’était grave ce que j’ai, ça rendrait la douleur acceptable, mais même pas, c’est ça le pire : c’est même pas grave. Juste chiant), pas mangé, pas bu, j’ai fini par arriver au bureau (en retard après 2h de route, j’ai pas compris pourquoi ça bouchait, d’un coup, hop, plus rien…) et par prendre ma dose de prontalgine (cocktail détonnant genre paracétamol, codéine, caféine en grosse dose), et voilà, ça va mieux. J’ai sérieusement envisagé d’aller faire un tour à Lariboisière qui est je crois le seul hôpital qui a un service d’urgences spécial migraines avec des lumières douces et peu de bruit.
Putain, une crise, 4 médocs sur 12h pour que ça passe… Ca m’arrive pas souvent, mais quand ça arrive, quelle merde !
[mode Caliméro off]

J’ai attaqué un bouquin sur la nutrition, première fois que je lis un livre sur les régimes, j’ai toujours trouvé ça foireux genre guide de vie de Bridget Jones. « Maigrir sans régime » de Zermati. Alors dit comme ça, ça fait concon, genre encore un truc pour t’expliquer qu’avec un blanc de poulet, deux tomates et trois feuilles de salade ou un sachet protéiné tu vas trouver ton poids idéal, mais non, le gars il t’explique qu’en bouffant ton blanc de poulet et ta salade ou ton sachet de protéines tu vas finir obèse. Qu’en te concoctant un planning de repas équilibrés, en faisant bien attention à tes trois repas par jour, à ne jamais partir bosser le ventre vide, à manger beaucoup le matin et peu le soir tout et tout c’est comme ça que tu perdras jamais un gramme, durablement du moins. Parce qu’il faut pas manger équilibré, ou dissocié, ou avec le régime atkins, dukan, montignac (il doit y en avoir un paquet d’autres, allez jeter un œil à la section régime du forum de Supertoinette, c’est terrifiant), mais juste à ta faim. Manger jusqu’à satiété ça veut pas dire jusqu’à ce que l’estomac soit plein et que tu puisses plus rien y mettre, mais jusqu’au moment où tu sens que ça y est, tu as plus faim. Oui, tu peux encore engloutir deux fois ce que tu viens de bouffer, mais tu n’as plus faim. Ou encore de ne pas aller manger parce qu’il est midi et demi, mais à 11h ou 15h si tu veux, mais parce que tu as faim. Et t’arrêter quand tu as plus faim. Tout simplement.
Alors oui, ton père comme le mien t’a toujours dit « finis ton assiette, pense à ceux qui n’ont pas à manger », alors qu’il fallait dire « Arrête-toi quand tu as plus faim », du coup, on a tous le complexe de l’assiette pas finie.
Je sais plus qui disait l’autre jour que Lio à quasi 50 ans et 6 enfants elle doit bouffer un demi-yaourt tous les deux jours pour être aussi mince. Alors je te ferais dire que ma mère elle a 49 ans et 7 mois, 6 bébés (en 6 grossesses, elle, elle a pas eu des jumeaux, et toc, mieux que Lio Mèrepoule), qu’elle commence toutes ses journées par des tartines de beurre salé-Nutella, que midi et soir c’est pain-beurre-fromage en fin de repas avec un ‘tit coup de rouge et toujours du chocolat avec le café, que quand elle fait un gâteau pour un anniversaire elle chipote pas et en prend une part ou deux ou trois si elle a envie, et qu’elle cuisine vachement bien, et de temps en temps elle aime bien prendre une bière avec son mec le soir et ben elle est toute mince ma maman, parce qu’elle a compris le principe de manger tant que tu as faim et de t’arrêter quand tu as plus faim. That’s all, elle a jamais été au régime et a un gabarit d’oiseau (et c’est pas comme ces gonzesses qui s’empiffrent sans prendre un gramme –Oui, je pense à toi, Frérotte– vu qu’elle était rondelette adolescente).
Et vu que je suis en guerre avec mon tour de taille depuis toujours (complexe classique de la petite enfance, ma grande sœur a toujours été très mince et du coup ma Mémé m’a toujours appelée « ma grosse », mon père disait que pour se faire du blé il fallait vendre ma sœur à la pièce et moi au kilo, ma mère m’avais mise au régime pour perdre deux ou trois petits kilos, mesures du tour de hanches à l’appui, bref ce genre de truc innocent qui te pourrissent ton image dans le miroir 15 ans plus tard et ton rapport à la bouffe, et te font parfois aller au supermarché t’acheter quantités de trucs bien gras et caloriques et tout t’enquiller jusqu’à ce que tu en sois malade et que tu te dégoûtes de toi-même –je le fais plus depuis que je vis avec l’Homme (comme quoi quand le cœur va bien ça fait du bien partout), mais quand j’habitais seule ou que mon coloc était pas là ça m’est arrivé régulièrement, tous les kilos pris étaient reperdus, j’étais stable à 60-62kg et ne bouffais que des omelettes quand je dépassais cette fourchette), je me suis toujours trouvée trop grosse, que je sois plus mince ou plus grosse qu’aujourd’hui et c’est dur, mais quand tu es vraiment gros tu es légitime à te trouver gros, quand tu es mince ça passe pour une lubie ou une coquetterie, mais quand tu es ni mince ni gros, c’est bâtard, les plus gros que toi aimeraient bien être comme toi et te reprochent de te trouver grosse alors que « tu es bien comme ça », les plus minces que toi te disent que tu es pas si grosse, et que ça te va bien, d’ailleurs et la majeure partie du temps ils sont tous sincères.
C’est pas un problème de tour de taille, mais de perception (cf photo en maillot de bain en bannière, on voit que j'aibon appétit mais que je ne suis pas grosse, le pire c'est que je sais qu'en faisant du 40 à 1m70 on n'est pas gros, problème de perception j'vous dis...)
Faut arrêter de me dire que non, ça je mange pas parce que ça fait grossir alors que ça c’est plus léger, arrêter d’acheter de la crème à 3%, arrêter de me dire que mon poids idéal c’est moins dix kilos par rapport à ce que je pèse et qu’il faut que je maigrisse, faut que j’arrive à intégrer le fait que je ne sais pas quel est mon poids « naturel » parce que je lutte contre, peut-être moins, peut-être plus que ce que je fais aujourd’hui et que le jour où je serai réconciliée avec la bouffe, le miroir suivra. Je veux bien peser 5 kilos de plus si je suis en paix avec ces kilos, mais en peser 10 de moins et lutter c’est trop dur.
Un peu comme la clope, le bouquin d’Allen Carr m’a vachement aidée, le jour où tu intègres que la dépendance physique c’est une invention des marchands de tabac, que la dépendance psychologique existe et que ton tabagisme c’est du réflexe alakon (genre 1 mois après avoir arrêté je me disais encore « Tiens, je sors du métro, donc je vais allumer une clope. Ah non, c’est vrai je fume plus » comme quoi je fumais par réflexe puisque j’en avais déjà plus envie), eh ben ça a été d’une facilité déconcertante d’arrêter, enfin libre, c’est ce que je me suis dit, zéro manque, zéro envie de craquer, zéro difficulté, que du bonheur.
Ben là c’est la même, le corps est capable de s’autoréguler si on est attentif à ce qu’il nous dit et pas à ce que les autres nous disent, j’en ai un parfait exemple en la personne de ma mère qui est très à l’écoute de son corps.
C’est pas de maigrir que j’ai besoin, mais de faire la paix avec mon reflet dans le miroir, c’est déjà un bon début que d’intégrer cette donnée.
« T’attends quoi de ce bouquin ? » m’a demandé l’Homme (qui pétrit avec joie mes poignées d’amour ainsi que toutes les parties de mon corps qui offrent une bonne prise en main, et elles sont nombreuses).
Je sais pas trop… Une meilleure perception de moi ? Abandonner ma peur de manquer et réussir à m’arrêter de manger avant d’avoir trop mangé ? Si ça se trouve il ne m’apportera rien. Mais peut-être que je vais finir par réussir à faire la paix avec mon tour de taille et le miroir, à trouver ma taille naturelle et à jeter une fois pour toutes toutes les autres fringues trop grandes ou trop petites gardées « au cas où ».
par Fantomette publié dans : Des textes qui me marquent
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Mercredi 18 juillet 2007

Je vous préviens juste qu’on crie pas au scandale après, l’Homme est d’astreinte et il s’est fait bipper à 2h30 du matin. Il est parti en intervention et n’est rentré qu’à 6h45 (heureusement son chef le libère à 16h au lieu de 18 pour faire la sieste au cas où il y a re-urgence cette nuit), moi je ne me suis rendormie qu’après 4h (c’est con mais prendre la route au milieu de la nuit je flippais qu’il ne s’endorme au volant) et ai mal dormi, je suis proprement éclatée et ai pas beaucoup d’inspiration. Donc je vous mets les mots que d’autres ont écrit ce qui me permet de ne pas avoir à réfléchir.

 

Extraits choisis…

 

[précisions avant de lire ce qui suit

OUI, je suis au taf et NON j’ai rien de mieux à faire, je ris seule devant mon écran.

Oui, les vannes style « Tu sais où sont mes lunettes ? –Dans ton cul ! » me font rire.

Oui, je commence même à comprendre les vannes Geek avec une tendresse particulière pour « Y’a qu’un geek qui peut comprendre pourquoi la Peugeot 404 est introuvable » voire (mais elle est vicelarde celle-là)

« Fais-moi un sandwich

-Non

-sudo Fais moi un sandwich

-ok »

Et oui, je passe du temps sur bashfr.org à me bidonner devant les perles geek (ou pas) du chat.

Fautes laissées telles quelles. Perles extraites de conversations de jeunes geeks adolescents et pour la plupart boutonneux et puceaux.

Bonne lecture]

 

 

beowulf: je m'emmerdais l'autre coup a la fnac

beowulf: et j'ai vu une très vieille qui lisait un roman

beowulf: alors je l'ai denoncé au vendeur

 

 

john> tout à l'heure je suis allé chez le médecin il m'a installé un anti-virus

pat> ???

vic> je crois qu'on appelle ça un vaccin

 

 

<Tomath> Eternuer devant son écran plat, c'est quand même l'arc en ciel à portée du premier venu. Je suis Dieu.

 

 

karolina: j'habite en pologne

Absinte: Tiens, et que fais tu donc en pologne?

karolina: je suis polonaise

 

 

<archange5910> mais vous etes tous de DK?

<Piercing'Powaaa> DK?

<Eleo'> DK ?

<archange5910> dunkerque et je vois ke non sinon vous connaitriez ke DK c dunkerque

<Eleo'> pff

<Eleo'> c'est comme si je te disais "je vis à Bdx !"

<archange5910> bordeaux

<Eleo'> ouais bon ok t'es moins con que moi mais EST-CE QUE TU SAIS FAIRE DES CLAQUETTES HEIN ?

 

 

FFF : Elles ont du mérite les femmes parce que moi tu me mets un enfant dans le ventre, je le digère

 

 

<silk> les mecs qui font le 1500 mètres fauteuil

<silk> comment c'est des vieilles masses

<silk> le mec il te met une baffe

<silk> t'as la moitié de la gueule qui explose

<shingo> ouais

<shingo> mais tu les niques aux claquettes

 

 

<Calvein> T'as des photos de ta meuf a poual ?

<Xaly> Bah nan...

<Calvein> T'en veux ..?

 

 

<NanO> putin ma mere vient de me griller avec un join,

<dark> Merde,

<NanO> Histoire de ratraper le coup, je lui ai dit que c'était en réponse au mal être qu'occasionne sont divorce imminent avec mon pere que je m'était mit a fumer

<dark> elle a pas avalée ca?

<NanO> D'ailleur je pourrais pas venir mercredi pour la lan, j'ai un rendez vous chez le psy ...

 

 

<Papoulai> Tiens c soir de match seul soir ou les geeks lachent le clavier :-)

<supercaroto> J'ai la TV en fond d'écran sur le PC..

<Calogrenan> g la tv en petite fenetre sur le bureau :-)

<sourcelier> j'écoute le match a la radio sur le portable :-/

<ckikiveukoila> je regardes les résulats en direct sur internet

<zool> j'ai un pote qui a connecté le tuner TV de son PC sur la visioconférence de MSN pour qu'on regarde le match tout en discutant... ;)

<Papoulai> pardon j'oubliai...un geek trouve toujours une solution.... 0_o

 

 

<Gravedigger> T'avais une de ces coupes ce matin !

<Antho> Ouais j'avais plus de gel alors j'ai utilisé de la cire a parquet..

<Gravedigger> :O

par Fantomette publié dans : Des textes qui me marquent
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Mardi 22 mai 2007
Week-end évidemment fabuleux, tout ça, calme, bisounours, araignées, froid, rhume (j’ai le pif comme un phare breton à me moucher toutes les 20 secondes), mer déchainée, grande marée superbe, alcool (dans les 4 packs de bière et 3 litres de vin), bidoche, barbecue, dodo, carte postale à ma mémé, génial. Le plus gros pain au chocolat du monde (l’Homme en parle la nuit dans ses rêves, ce pain au chocolat m’a remplacée dans ses fantasmes).


En arrière-plan, ma vouature adorée, un véritable veau, je perds minimum 20km/h en montée, je me fais doubler par les poids lourds, elle commence à vibrer à 110, et si on la pousse plus haut, un voyant dit que faut faire gaffe, là les boulons se déboulonnent et on risque de la perdre. Je l'adore.
Mais restons sérieux, j’ai découvert deux blogs fabuleux.
La premier est le blog de Dieu.
Le deuxième, le blog de François Mitterrand.
J’ai lu l’intégralité du blog de Dieu, j’ai attaqué les archives de celui de feu Tonton, c’est incisif, fin, caustique, intelligent, dans les commentaires les gens s’adressent à « Monsieur le président » et le vouvoient, tout le monde veut y croire, l’auteur est très bien renseigné, certains détails sont époustouflants. Allez, mon dernier jour de glande, je lance des machines toute la journée et demain à 9h30 je suis à Belleville pour mon nouveau taf (9h30-18h et 17h30 le vendredi bordel, que demande le peuple ?)
Je vous embrasse fort les gens et pour les gens de gauche (je veux dire les vrais, pas les Besson et autres Roger Hanin) vous adorerez le blog de feu Tonton, pour les athées (les vrais, pas ceux qui se marient à l'églisent et baptisent leurs mômes parce que "ça se fait", moi y'a pas un curé qui posera ses sales pates sur mes bébés) vous savourerez le blog de Dieu.

Bisous


Fantomette
par Fantomette publié dans : Des textes qui me marquent
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Jeudi 26 avril 2007
Je vous préviens, j’aime me plaindre.
Dés que j’ai un pet de travers, je geins.
Alors là, je vous raconte pas comment je suis dégoutée que l’Homme bosse, j’aurais adoré me plaindre parce que j’ai mal, j’ai chaud, j’ai froid, j’ai de la fièvre, je transpire à grosses gouttes toute nue dans le courant d’air puis de grelotte en survet sous la couette, j’ai faim mais pas envie de faire à manger, j’ai pas bouffé depuis hier soir, pis de toutes façons j’ai même pas faim d’ailleurs, mais quand même je mangerais bien un morceau.
Finalement, j’y suis allée chercher mon permis, j’ai cru mourir, de chaud, de froid, d’étouffement (trop de gens), mais j’ai le papier.
Je me suis écroulée moitié morte en rentrant, et j’ai pas bougé jusqu’à 17h pour aller chez le doc, puis pharmacie, puis doc (j’y avais oublié mon portefeuille), bilan, en arrêt jusqu’à lundi (j’ai faille demander mon lundi également mais vu que mardi est ferié j’aurai le temps de récupérer.
Ah oui, à 14h j’ai eu l’appel que j’attendais depuis une semaine, je vous raconterai tout bientôt, j’ai un scoop qui tchue sa mère, j’ai failli danser (et puis je me suis levée du canapé et j’ai failli m’évanouir alors je me suis sagement rallongée).
J’ai mon permis


Bon, je vais reprendre une douche, limite je goutte sur le mac tellement j'ai chaud, le médoc ant-fièvre doit plus faire effet...
par Fantomette publié dans : Des textes qui me marquent
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Mardi 20 mars 2007
Voilà le journal de bord tenu à Méribel la semaine dernière... C'est décousu, incomplet, pas retouché...



Lundi 12 mars, 9h42, 1er jour.

Il y a une bonne demi-heure, tout le monde est parti sur les pistes. Pas moi.

Remontons dans le temps jusqu'au samedi 10 mars, arrivée à Méribel.

Après avoir écumé tous les magasins de location, on s'en tire pour 140€ chacuns pour une planche et deux chaussures. Ah oui, parce que les gens m'ont tous dit que si on partait qu'une semaine et que j'étais jamais allée sur la neige, fallait commencer par le surf, que ça s'apprend plus vite.

Bref, l'Homme lance une promesse qu'il regrettera (sans l'avouer parce faut bien dire que mon mec est exceptionnel) de nombreuses fois dans la journée.

« Je suis tout à toi toute la journée de demain en tant que coach personnel, tu verras, demain soir tu surferas déjà bien et lundi tu pourras commencer à t'éclater ».

Dimanche 11 mars, 9h45, sur une piste « débutants », je suis terrorisée par la pente au moins à 4 ou 5%. Au bout d'une heure, j'ai réussi à me relever sur ma planche.

Au bout de deux heures j'ai fait 5 mètres sans tomber.

Au bout de trois heures, je suis montée dans un téléphérique crispée à la poignée et morte de trouille (vertige...) et me suis étalée aux pieds du mec qui surveille à la sortie, j'ai fait 15 mètres sans tomber mais en freinant et sans dépasser les 10km/h et bu une pinte et un demi, mangé un sandwich au jambon, pleuré parce que je me suis fait mal.

Au bout de quatre heures, l'Homme me dit, diplomate « Au lieu que je te mette la pression, tu as la théorie, essaie de la mettre en pratique tranquillement, à ton rythme, je fais un tour de piste, le temps de remonter, je te rejoins, ok ? », je comprends le réel sens, à savoir « Euh... J'en ai un peu ras le bol de jouer les traîne-boulets, promis je reviens t'aider mais si je veux pas m'énerver, là, laisse-moi au moins faire une ou deux pistes que je m'amuse un peu ». Je fais un peu de vitesse, je freine. Je vais un peu plus vite, je freine. Je vais encore plus vite, je m'éclate en avant sur les poignets et les genoux, je serre les dents et remonte aussi sec, je tente de reprendre un peu de vitesse et m'éclate dans l'autre sens sur les fesses. Alors je déchausse et vais pleurer dans mon coin, l'Homme revient. On pique-nique, je mets longtemps à m'asseoir, puis je creuse un peu dans la neige et glisse mes fesses endolories dans le creux pour les engourdir un peu. Il retourne faire un tour de piste, je reste dans mon creux et appelle chez Maman et parle un peu à La Belle. L'Homme revient, tente une petite bosse, s'étale devant moi, ça me console. Mais comme je l'aime, je lui dis que le temps qu'il fasse sont tour, c'est hallucinant le nombre de gens que j'ai vu prendre des bûches ici, elle est petite mais vicieuse cette bosse. Il me croit.

Au bout de 5h, on se rend compte que vu le rythme, il est temps de commencer à rentrer si on veut arriver avant la nuit. Je tombe et me mets à chouiner « je suis trop nulle, j'y arrive pas, j'en ai marre, je te pourris la journée, j'en ai marre », je m'essuie les yeux, me mouche et on repart. Je commence enfin à mettre en pratique ce qu'il m'a dit, quand j'atteins les 10km/h au lieu de tomber je freine et garde le rythme mais me mange quand même un peu la montagne sur le côté parce que j'ai peur du ravin de l'autre côté. Je prends deux ou trois bûches, puis celle de trop, je craque, j'ai mal, mon corps n'est qu'une immensité douloureuse, je le laisse finir la dernière piste pour qu'il s'amuse un peu, je rejoins la télécabine et finis la journée sur un échec cuisant.

Au bout de 6h, j'ai abandonné, il m'accompagne et on rentre. En arrivant au chalet j'ai mal, j'ai mal, mes genoux ont doublé de volume et sont violacés, je peux plus m'asseoir, j'ai les poignets détruits.

Je prends un bain chaud à l'arnica mais je peux pas poser mes fesses au fond de la baignoire.

Je passe la soirée allongée sur le canapé ou prudemment assise avec un gros coussin avec une démarche en canard du fait de mes genoux en vrac.

Ce matin, le réveil sonne à 7h30. Impossible d'esquisser le moindre mouvement vers le réveil pour l'éteindre.

Les muscles qui ne me font pas mal sont ceux du cou et de la tête, ceux des chevilles et des pieds. Tout le reste est terriblement douloureux. Les bras, le dos, les pectoraux, les abdos, les fesses, les cuisses et les molets. Même les doigts.

Un énorme bleu violacé sur la fesse gauche qui explique mes douleurs quand je m'asseois.

Malgré l'antalgique et les étirements, je peux pas remonter sur une planche aujourd'hui. Je mettrai de longues minutes à me lever, à enfiler un jean et un tee-shirt, à m'asseoir sur un coussin pour le petit-déj.

Je suis atrocement déçue de pas pouvoir retourner surfer aujourd'hui. J'y retourne demain, mais sans l'Homme, qu'il s'amuse, moi je vais m'entrainer tranquillement, à mon rythme sans lui pourrir une deuxième journée, j'espère que les trois derniers jours se passeront mieux...

Putain, je suis découragée...


2ème et 3ème jour...

Bon, ben le lundi, donc, j'étais restée à l'appartement pour cause d'intenses courbatures...

Journée ma foi calme, entre un brin de rangement et la préparation des galettes pour le soir... Le soir monstrueusement arrosé, peut-être pour venger ma frustration de ne pas être allée sur les pistes... Bref, les bières s'enchaînent, et comme je passe la soirée devant la poêle à faire les galettes pour tout le monde, l'excitation me tient « éveillée », je fait un looong laïus sur l'amour à Mademoiselle L, lui expliquant avec force détails quel'important n'est pas de s'aimer pour la vie mais pour de vrai, de pas se mentir, que si c'est pour la vie, tant mieux, sinon, tant pis, l'important c'est d'aimer, j'ai roucoulé en voyant l'Homme raide bourré hurler sur tous les tons « Mets d'la Waaaax ! », bref je sais pas combien j'ai bu mais je crains avoir dépassé les 5 ou 6 bières. Alors quand l'Homme m'a demandé en hurlant si « Ma chérie, on va au pub ? » J'ai répondu « Ouais ! » et on est partis... Se coucher.

Recta, direct, au lieu d'aller vers la porte d'entrée à droite, ça a été le chambre tout droit.

Sans se concerter, sans prévenir, au milieu du repas, l'Homme avait déjà la clé de l'appart dans la poche pour le retour, moi le sac à la main (je le sais parce qu'au petit matin, l'Homme s'est rendu compte qu'il avait encore la clé dans la poche et moi que mon sac à main était dans mon lit). Bref, vers 4 ou 5 heures, je me suis réveillée avec les cheveux encore attachés de la veille, j'ai tendu une main vers l'Homme qui avait encore son tee-shirt.

La migraine, la nausée, bref, une belle gueule de bois...

Médoc, insomnie, traumatisme à cause du noir total et absolu au point de devoir ouvrir les volets pour laisser entrer un peu de luminosité...

Bref, je me suis pas rendormie, j'étais malaaaaade !

On est quand même partis sur les pistes, j'avais encore mal, je me suis vraiment améliorée mais bon... J'ai pris trop de bûches, j'étais pas assez motivée, j'aime pas me faire peur, j'aime pas la vitesse, j'ai pas réussi à apprécier. Et comme dimanche, j'ai pris la chute de trop, j'en boîte encore.

Donc pas envie de persister, je pense pas que je saurais m'éclater sur une planche, j'ai encore trop de progrès à faire, l'Homme se traîne avec moi, je l'ai vu deux ou trois fois partir devant moi, c'est évident qu'il se démerde vraiment bien et qu'il commençait à se faire ch*** à m'attendre tous les 15 mètres. Alors je suis redescendue en télécabine, lui en glissant et j'ai décidé d'abandonner. Je remonterai sur les pistes faire des photos, bronzer sur le balcon, acheter des produits locaux, je sais pas trop... Ah si, surtout... Me retaper, j'ai mal partout... Des bleus monstres, la moitié des muscles en vrac, les articulations qui pleurent, je vais passer mes journées dans des bains à l'arnica...

Je ne peux m'asseoir qu'avec un coussin, et une fois que je suis en place, plus moyen de bouger, ça va pas être drôle tout ça...


Jour 3, fin & jour 4.

Bref, mardi, après avoir convenu que :

-l'an prochain je partirai pouffer dans les pyrénées avec biquette pendant que lui retournerait faire son beau gosse sur les pistes alpines

-l'année suivante je partirais toujours dans les Pyrénées avec Biquette et le petit

-dés que le petit aurait trois ans il le prendrait avec lui en baby ski pendant que je déleguerais mon rôle de mère indigne au profit d'un moniteur de ski et un père qui joue le beau gosses sur les pistes, et je partirais avec Biquette et des bouteilles de vodka dans les Pyrénées pendant que son mec s'occuperait aussi de leur petit,

il a accepté qu'on rentre au chalet sans trop culpabiliser (« moi qui t'ai traîné ici en pensant qu'on se ferait de bons délires » le pauvre chéri culpabilise alors que je m'en fous et ne me considère pas comme punie d'avoir rendu mon surf et mes boots).

Ce matin, après un appel de l'Homme sur les 11h, je les ai rejoins à 2800 mètres d'altitude en terrasse où on a glandé, bu des bières et mangé un steak frites au prix du caviar et craché sur nos chefs/boîtes respectives de 11h30 à 15h30, rentrage tranquillement et petit cadeau avec en mémoire une phrase d'hier soir dite un peu sur le ton de la rigolade « Fantomette, j'ai trouvé un cadeau que tu pourrais m'offrir : une SwissCard, comme un couteau suisse mais en format carte de crédit », il m'a dit ça en rentrant de l'expédition supérette et clopes pour Mademoiselle L, alors vu qu'il le trouverait pas à la supérette, j'ai demandé au tabac le plus proche, ils en avaient... Et hop, inzepocket.

Il a pas mal aimé « le cadeau de Geek ! », d'un autre côté, comprend qui peut mais le hasard de la location lui a filé un surf « GNU »...


Jour 4 fin & jour 5

On est parti faire un tour hier soir, sous prétexte de se ballader mais je le sentais bizarre, l'Homme, hier...

Après avoir un peu insisté, il m'a dit qu'il me trouvait un peu... Inadaptée à la vie en communauté. Un peu agressive parfois, un peu renfermée. C'est vrai que je ne rentre pas facilement en contact, en gros, tant qu'on me parle pas, je dis rien. Et si on me parle trop (et que j'ai pas assez bu), je m'exile.

C'est vrai qu'une discussion sur un sujet délicat (comportement et normalité des enfants de parents homos, moi défendant becs et ongles que bordel, refuser aux homos d'adopter sous prétexte que le gosse pourrait se faire vanner à l'école c'est aussi con que refuser aux noirs de faire des enfants sous prétexte qu'ils seront confrontés au racisme) m'a un peu fait sortir de mes gonds et j'ai été agressive mais je m'en étais pas rendu compte. C'est vrai que quand tout le monde est rentré, moi qui étais déjà au chalet installée sur un fauteuil dans le salon, je me suis planquée derrière le bar quand la salle s'est remplie de gens, mon espace vital a été encombré...

Calme ce matin, terrasse ensoleillée avec un Elle à la main et un café allongé au sommet de Saulire (2738m !) cet après-midi, shopping gourmand (saucisson local...) et cadeaux pour les petites soeurs (coeurs en bronze), je me fatigue pas trop en ce moment...

 

That's all Folks !
par Fantomette publié dans : Des textes qui me marquent
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Jeudi 31 août 2006

« Pourquoi tu écris ?

-Oh, en fait je n’écris pas vraiment, j’écris ce que j’ai envie de faire avec toi… »

Il y avait des feuilles partout. Autour d’elle, à ses pieds, sur le lit. J’en ai pris une au hasard :

 

Pique-niquer, faire la sieste au bord d’une rivière, manger des pêches, des crevettes, des croissants, du riz gluant, nager, danser, m’acheter des chaussures, de la lingerie, du parfum, lire le journal, lécher les vitrines, prendre le métro, surveiller l’heure, te pousser quand tu prends toute la place, étendre le linge, aller à l’opéra, à Bayreuth, à Vienne, aux courses, au supermarché, faire des barbecues, râler parce que tu as oublié le charbon, me laver les dents en même temps que toi, t’acheter des caleçons, tondre la pelouse, lire le journal par dessus ton épaule, t’empêcher de manger trop de cacahuètes, visiter les caves de la Loire, et celles de la Hunter Valley, faire l’idiote, jacasser, te présenter Martha et Tino, cueillir des mûres, cuisiner, retourner au Vietnam, porter un sari, jardiner, te réveiller encore parce que tu ronfles, aller au zoo, aux puces, à Paris, à Londres, à Melrose, à Picadilly, te chanter des chansons, arrêter de fumer, te demander de me couper les ongles, acheter de la vaisselle, des bêtises, des choses qui ne servent à rien, manger des glaces, regarder les gens, te battre aux échecs, écouter du jazz, du reggae, danser le mambo, et le cha-cha-cha, m’ennuyer, faire des caprices, bouder, rire, t’entortiller autour de mon petit doigt, chercher une maison avec vue sur les vaches, remplir d’indécents caddies, repeindre un plafond, coudre des rideaux, rester des heures à table à discuter avec des gens intéressants, te tenir par la barbichette, te couper les cheveux, enlever les mauvaises herbes, laver la voiture, voir la mer, revoir de vieux nanars, t’appeler encore, te dire des mots crus, apprendre à tricoter, te tricoter une écharpe, défaire cette horreur, recueillir des chats, des chiens, des perroquets, des éléphants, louer des bicyclettes, ne pas s’en servir, rester dans un hamac, relire les Bicot de ma grand-mère, revoir les robes de Suzy, boire des margaritas à l’ombre, tricher, apprendre à me servir d’un fer à repasser, jeter le fer à repasser par la fenêtre, chanter sous la pluie, fuir les touristes, m’enivrer, te dire toute la vérité, me souvenir que toute vérité n’est pas bonne à dire, t’écouter, te donner la main, récupérer mon fer à repasser, écouter les paroles des chansons, mettre le réveil, oublier nos valises, m’arrêter de courir, descendre les poubelles, te demander si tu m’aimes toujours, discuter avec la voisine, te raconter mon enfance à Bahreïn, les bagues de ma nounou, l’odeur du henné et les boulettes d’ambre, faire des mouillettes, des étiquettes pour les pots de confiture…

 

Et ça continuait comme ça pendant des pages et des pages. Des pages et des pages… (…) C’était incroyable.

 

 

« Depuis combien de temps tu rédiges ça ?

-Depuis ton départ.

-Mais pourquoi ?

Parce que je m’ennuie m’a-t-elle répondu sur un ton joyeux, je meurs d’ennui figure-toi ! »

 

J’ai ramassé tout ce fourbi et je me suis assis sur le bord du lit pour y voir plus clair. Je souriais mais en vérité, tant de désir, tant d’énergie me paralysaient. Mais je souriais quand même. Elle savait dire les choses de façon si drôle, si spirituelle et puis elle guettait mes réactions. Sur une des pages, coincé entre « repartir à zéro » et « coller des photos », il y avait « un enfant », comme ça, sans commentaires. J’ai continué à inspecter cette immense liste sans moufter pendant qu’elle se mordait les joues.

« Alors ? Elle ne respirait plus. Qu’est-ce que tu en penses ? »

par Fantomette publié dans : Des textes qui me marquent
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Vendredi 18 août 2006


Incroyable !

 

 

Magazine ESPRIT FEMME sept 2006 page 102, article ‘Méfiez-vous des idées reçues’

« 10 : LES MOUSTIQUES PREFERENT LE SANG SUCRE

FAUX : sur les 270 substances émises par notre peau et susceptibles d’attirer les moustiques, les scientifiques n’ont pas découvert le moindre grain de sucre ! On sait que ces minivampires affectionnent l’acide lactique et repèrent la chaleur de notre corps grâce à leurs détecteurs à infrarouges et nos émissions de CO2 »




Voilà pourquoi je me fais plus piquer que mon-amoureux-que-j’aime, je suis une bouillotte et ai la peau toujours chaude. Donc tu vois, ma pieuvre, c’est pour ton bien et dans un souci de dévotion envers ta grandeur que je pique la couette, comme ça c’est moi qui me fais piquer et non ta peau douce et délicate (comment ça j’en fais trop ?..).
par Fantomette publié dans : Des textes qui me marquent
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Mardi 15 août 2006
Je suis de celles - Benabar

Tiens, qu'est-ce que tu fais là ?
C'est moi, c'est Nathalie
Quoi tu me reconnais pas ?
Mais si

On était ensemble au lycée
C'est vrai, j'ai changé
J'ai des enfants, un mari
Bah quoi, t'as l'air surpris

J'étais pas destinée
A une vie bien rangée
J'étais perdue
Mon mari m'a trouvée

J'étais de celles
Qui disent jamais non
Les "Marie couche-toi là"
Dont on oublie le nom

J'étais pas la jolie
Moi, j'étais sa copine
Celle qu'on voit à peine
Qu'on appelle machine

J'avais deux ans de plus
Peut-être deux ans de trop
Et j'aimais les garçons
Peut-être un peu trop

Bien sûr, vous aviez eu
Des dizaines de conquêtes
Que personnes n'avaient vues
Toujours pendant les fêtes

Pour beaucoup d'entre vous
Je suis la première fois
De celles qui comptent
Mais pas tant que ça

Je n'étais pas de celles
A qui l'on fait la cour
Moi, j'étais de celles
Qui sont déjà d'accord

Vous veniez chez moi
Mais dès le lendemain
Vous refusiez en public
De me tenir la main

Quand vous m'embrassiez
A l'abri des regards
Je savais pourquoi
Pour pas qu'on puisse nous voir

Alors je fermais les yeux
A m'en fendre les paupières
Pendant que pour guetter
Vous les gardiez ouverts

Je me répétai