Fausse rousse mais vraie peau de rousse...
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Désolée de mon absence, je ressors d’une longue semaine de rhume alakon. Déjà, à la base je voulais laisser en première page
l’article de ChocoFraise quelques jours histoire de pas remettre un article juste après et de le masquer, et en fin de compte je me suis retrouvée avec le cerveau embrumé, à avoir du mal à tenir
un raisonnement simple genre « j’ai faim, il est 13h, je pars déjeuner », tous les midis je partais déjeuner à 15h au bord de l’hypoglycémie quand je comprenais enfin que cet état
soudain d’extrême faiblesse n’était pas dû à mon rhume mais bien à mon estomac vide.
Cerveau embrumé, donc, nuits courtes car il est bien connu qu’une douleur tolérable le jour devient très pénible la nuit quand il n’y a plus aucune sollicitation extérieure et que le cerveau se
répète en boucle « j’ai mal, putain qu’est-ce que j’ai mal » (et rêves débiles, la fièvre peut-être, je me suis vue raconter à un copain les footings du dimanche matin à 7h30 de mon
ex-coloc et quiconque a déjà rencontré mon ex-coloc sait que le dimanche matin à 7h30 il est en train de s’enfiler des grands rails de coke en after et pas en train de faire un footing, ou des
autres rêves inavouables ici mais qui ont vachement intéressé l’Homme qui m’a harcelée pour que je les lui raconte en détails), du coup, la fatigue plus la perte subite de 80 points de QI ont
fait que j’ai préféré m’abstenir.
Non, en fait, c’est pas vrai, j’ai essayé mais j’ai pas réussi à écrire plus de trois lignes.
Ce week-end, après deux boîtes de mouchoirs, une inhalation d’huiles essentielles de pin, eucalyptus, citronnelle et autres dans un grand bol d’eau bouillante censées me décongestionner les voies
respiratoires, deux nuits de douze heures (moi qui ne dors jamais plus de 9 heures par peur de la migraine) et quelques grandes interrogations, genre « comment le corps humain peut-il
produire autant de ce que nous appellerons par pudeur sécrétions nasales ? » Parce que je sais pas combien, mais ça se chiffre en litres, là, bref, ça va mieux. Du moins, je n’ai plus
mal et mon cerveau semble retrouver toutes ses fonctionnalités. La preuve : ce matin j’ai pensé à éteindre mon moteur en sortant de la Fantomobile, ce qui m’a évité comme un matin de la
semaine dernière de me retrouver sceptique devant ma portière à chercher partout la clé pour la refermer avant de me rendre compte que la voiture tournait et que la clé était sur le contact.
Donc ce week-end j’ai fait plein de choses, j’ai tenu tête à une troupe de jeunes de banlieue dans toute leur splendeur (des vrais comme à TF1) qui ont voulu garer leur voiture (sans doute payée
avec l’argent de la drogue) à ma place, le temps que je me mette en place pour me garer en marche arrière, j’avais un gros con collé au cul qui refusait de bouger parce qu’il voulait se garer à
ma place que j’avais choisie avant lui, avec son pote en scooter (volé) qui toquait à la vitre pour me dire que j’étais « bête ou t’es conne ou t’as rien dans ta tête ou quoi ? »
ben je lui ai répondu que je sais pas, à ton avis ? Et j’ai pas bougé et le délinquant gars a fini par bouger sa poubelle et j’ai garé la mienne où j’avais décidé que j’allais la
garer. Même si j’étais pas fière (y’avait quand même tous ses complices amis sur le parking) et que j’ai eu un peu la trouille qu’ils m’envoient un coup de tournevis dans un pneu pour se
venger. Mon sale caractère me perdra.
Mais quelle victoire pour mon orgueil !
Mais bon, le principal est que ce week-end on a réservé nos vacances pour dans un mois.
Samedi soir après quatre heures d’hésitations et de comparaisons des différents hôtels sur les forums du routard et autres.
Dimanche dans 4 semaines on prend l’avion direction Corfou. Quand j’entends Corfou je pense à la chanson où Moustaki parle de son grand-père « Exilé de Corfou et de Constantinople », on
a trouvé un hôtel dans une jungle luxuriante un peu à l’écart du gros du tourisme de masse plus proche d’un village que d’une grosse ville (bon, faut pas rêver, 180 chambre l’hôtel, pas 12
bungalows non plus, et le petit village est plein de boutiques pièges à touristes, on sera en zone touristique, bien sûr, mais pas dans le rouleau compresseur, un peu en retrait), en demi-pension
pour profiter de la gastronomie locale (partir en vacances en Grèce pour bouffer la bouffe formatée d’un hôtel touristique, merci) (quoique les commentaires sur cet hôtel s’accordaient
globalement pour reconnaître la qualité de la bouffe mais de là à rivaliser avec un restau autochtone…)
On n’a pas eu de vacances depuis un an et demi, le 1er mai on part à Nantes, le 4 papa nous emmène à l’aéroport de Nantes et on se casse pour une semaine sous les faux cocotiers de la
plage privée de l’hôtel à se gaver de vraies pitas, de petits poissons frits et à ramener des douzaines de mètres cubes de conneries inutiles appelées « souvenirs », autant vous dire
que je compte les secondes qui nous séparent de ce départ.
3 semaines et 3 jours avant de partir pour Nantes.
J’ai reçu un mail hier disant entre autres « Je ne sais pas où tu trouves le temps de répondre à tout le monde, à chaque
commentaire, et de faire de nouveaux articles ! Tes nuits doivent être bien courtes... Ou ton travail est vraiment cool ».
Alors, cher Fred je te réponds, j’avais commencé à te répondre par mail, et vu que j’ai pas d’idées d’articles ce jour…
Comment je trouve le temps ?
Simple, en ce moment l'Homme part plus tôt que moi donc on petit-déjeune pas ensemble, je voudrais bien me lever en même temps que lui pour faire l’amoureuse « Mais non mon amour ça me
dérange pas du tout de me lever à 6h pour la beauté de tes yeux », mais non, à 6h, si j’esquisse un mouvement c’est un léger coup de latte because le réveil sonne et à 6h c’est à lui de s’en
charger, t’es gentil mais mon alarme à moi c’est 7h10. Donc à peine ouvert un œil à 7h10, je me sers un café (qu'il a préparé), je sors mon bébé pc qui boote en 30 secondes et je fais mon
café-internet, à 10 minutes de partir je me dis que merde me v'là en pyjama pas douchée pas habillée pas maquillée et que je vais encore sortir les cheveux trempés (pas le temps pour le
brushing), mal réveillée et devoir me maquiller en bagnole ce matin entre deux bouchons mais au moins j'ai eu le temps de bien répondre à tous mes commentaires et de lire les mises à jour de mes
flux. Je souffre du syndrome dit de Florence Foresti, alors que je dois partir à 8h, à 7h52 dans l’état dont je vous parle plus haut, je crois encore que je peux le faire. 9h29 je suis arrivée ce
matin, pile poil (départ à 8h22).
Je réponds à tous les commentaires (ou presque) parce sans hypocrisie, je trouve (et c'est flatteur pour moi) que j'ai des lecteurs intelligents qui font des remarques intéressantes, et si vous
prenez la peine de me dire des trucs au-delà du « lol mdr » du skyblog, c'est bien la moindre des choses que d'y répondre.
Arrivée au bureau, je boote le pc de mayrde hyper lent, je vais me chercher un café pendant que Môôôssieur Tête de Con daigne s’allumer, j’ouvre les mails du patron des fois qu’il y aurait un
truc important (oui, mon patron refuse de se servir d’un ordinateur, je lui imprime ses emails) je finis la lecture de mes flux (interrompue en voyant qu'il était l'heure de partir une heure et
demie plus tôt) et ouvre une page de traitement de texte que j'écris quand j'ai le temps, parfois deux lignes en une heure, et parfois j'en écris trois pages en une demi-heure parce que le
travail est calme et que le sujet m'inspire...
Genre là je me suis rendu compte que j’avais zappé le courrier du jour (15h30 quand même) alors le temps de courir à la boîte aux lettres, de revenir un peu surle PC, d’aller jeter un œil aux
commentaires de M’am’ Lynda
et Gally sur leurs
notes respectives concernant les réductions de tarif pour les femmes conductrices et d’en renvoyer un, un peu haineux à cause de l’infinie conneries de certains et de me dire que ah oui, tiens,
j’ai commencé à écrire un truc, j’y reviens…
Du coup, la page de traitement de texte reste ouverte une grosse partie de la journée jusqu'à ce que j’ai fini de fignoler telle virgule ou tel mot et que je me dise qu'il est temps de la
transférer sur over-blog et de me dire « Et si c'était pas intéressant ? Et si les gens trouvaient ça chiant ? Ca intéresse qui les états d'âme d'une gonzesse qui se prend pour Fantomette ?
Finalement j'm'en fous, ça m'a fait du bien de l'écrire… Mais quand même, si ça se trouve personne va remarquer cette phrase là dont je suis très fière, en fait y’a que moi qui me prends la tête
sur la sémantique, dommage. Remarque, même moi je m'intéresse plus au fond qu'à la forme chez les autres, hein, donc bon… Enfin quand même pas, je supporte pas les fautes... » pis j’arrête de me
poser des questions sinon je publie jamais… Et c’est pas fini, y’a un bouton « prévisualiser », alors je re-relis des fois qu’il y aurait une faute qui serait passée à travers les
mailles de mon regard correcteur orthographique ou une erreur de concordance des temps, ou un mot qui colle pas ou… Bref, un truc qui me défrise.
Et je me décide et je clique…
Sauf les jours où j’ai pas le temps de relire, corriger, relire, corriger, relire,… Alors je me l’envoie par email pour finir peinarde à la maison. Comme cet article commencé hier, tout s'est
accéléré en fin de journée alors je me le suis envoyé, et je le fignole ce matin, l'Homme dort encore, alors café-bébé pc... Mais c'est très rare que je blogue de la maison excepté la réponse aux
commentaires, vous aurez emarqué que la majorité des articles sont postés du lundi au vendredi...
Estimation du temps passé ? Les jours où j’écris 1h30 à 2h/jour parfois plus, rarement moins… Alors comme le souligne Fred dans son mail, j’ai un boulot cool parce que rien ni personne ne
pourra empiéter sur mes heures de sommeil…
Ce qui est dur à comprendre avec la migraine, c’est pour les non migraineux.
Quand tu arrives au bureau un matin avec les yeux en forme de goutte et la tronche un peu comme si tu avais le visage en cire et qu’il faisais trop chaud, tu as l’énergie d’un paresseux, tu
t’excuse auprès de tes collègues de ton manque d’enthousiasme « Je suis désolée, ça va pas, j’ai une grosse migraine », tu mets tes cheveux devant ton visage pour cacher la lumière et
baisses le son du téléphone au minimum.
Deux heures après, les médocs ont enfin fait effet, tu es présentable, le téléphone à un volume normal, les cheveux à leur place, la patate (enfon, non, t’as pas dormi de la nuit mais tu bois des
cafés, la caféine c’est bon pour la migraine, c’est le doc qui le dit).
Tes collègues te regardent, sceptiques, t’étais mourante y’a pas deux heures, te v’là pimpante. Faut leur expliquer que oui, tu peux rester 30h mourante, mais que parfois en 2h paf tu redeviens
normale, zéro cinéma là-dedans, c’est la magie du monde des migraineux, bienvenue dans mon univers petit padawan.
Bref.
Hier on a bouffé chez papa et sa fiancée. Plus exactement chez sa fiancée car papa était à Paris pour la semaine, j’avais ramené foie gras Fauchon et confiture d’oignon maison (hé hé hé oui, vous pouvez dire que je me la pète), mon bébé à présenter à son grand-père « On verra si je saurai y changer les couches » avait dit l’intéressé, qui a d’ailleurs eu l’air très intéressé par le bébé susnommé, si ça se trouve ses enfants vont finir avec un troisième ordinateur portable. Oui, les deux petits dernier de papa, MissCouette, bientôt 8 ans et Ptitdernier, tout juste 6 ans ont déjà deux Mac portables : un ibook et un palourde (« Bah quoi, dit papa, c’est les portables des enfants », mon père est un geek) (normal, me direz-vous, pour un prof d’électronique), mais le ibook tourne sous mac os 9, jamais personne n’a réussi à installer mac os x dessus, le palourde fait pas wifi (et la carte wifi est plus chère que l’ordinateur), mon petit doigt me dit que mes frangins vont se retrouver avec un eeepc dans un peu moins de pas longtemps.
Mais l’info la plus importante de la soirée, c’est quand même que en plus d’être un geek, mon père est un intello insomniaque accroché à France Culture de 4h30 du matin à minuit. Il a une culture assez hallucinante (surtout si vous le branchez sur Napoléon, il est fan absolu, papa il est du genre à acheter des trucs comme la biographie de la fille qui servait de servante à Napoléon sur l’île de Sainte-Hélène, genre le bouquin tiré à 4 exemplaires), et il me racontait des bricoles sur l’enregistrement d’une émission en direct à laquelle ils ont assisté, et là il me dit « Alors le présentateur il lance l’émission, et pendant les infos, de 18h à 18h30, il… », là je l’interromps brutalement, je sais pas si je vous ai raconté ma passion démentielle pour les infos mon programme préféré, j’adore, mon planning d’infos quotidien c’est celles de 8h ET 9h sur France Inter, je quitte le bureau à 17h58 pour avoir les infos de 18h, comme l’émission du soir ne m’intéresse pas souvent, bien souvent je zappe sur France Info et réécoute les infos à 18h30 et une fois de plus à 19h, puis à la télé sur la 3 à 19h30 et sur la 2 à 20h, autant les infos télé durent 25-30 minutes, autant à la radio, ça dure entre 3 et 15 minutes.
Je sais, on a les addictions qu’on peut. Mais quand papa a parlé d’infos qui durent une demi-heure, j’ai jubilé. L’émission du soir de France Inter me botte pas plus que ça, France Culture j’évitais, réservant ça aux intellos du genre de mon père, je me suis toujours dit que j’avais pas le niveau intellectuel pour ça, que ça allait m’emmerder (remarque, je devrais essayer au cas où). Mais je vais me le mettre en mémoire sur l’autoradio de la Fantomobile, mon dieu, des infos de 1/2h, j’ai eu un mal fou à me concentrer les minutes suivantes, je l’ai fait répéter tant j’avais peine à y croire, j’en suis encore émue, mais forcément le vendredi je finis à 17h30, ça roule bien vu que les parigots-tête-de-veau sont en vacances, donc je pourrai pas en profiter. Rhaaa, vivement lundi.
Fantomette ajoute une nouvelle corde à son arc (peut-être), le garagiste qui m’a fait ma vidange m’a dit qu’il fallait que je change mes freins avant. Faut dire que la Fantomobile, vous la verriez freiner, si je pile, on jurerait qu’un mur vient de se dresser devant moi, j’ai jamais vu des freins aussi efficaces. Devis : 290€. 170 € de disques les salauds.
Saloperie de bagnole de mayrde.
Papa m’a dit que ça c’est rien ma grande, tu la mets sur cric, tu retires ta roue, tu regardes déjà si faut vraiment les changer, tu vois si ton disque est rayé ou pas et si il fait un gros bourrelet en haut, si il fait un petit bourrelet c’est qu’il est pas trop usé et si il est pas trop rayé tu changes pas les disques, et tes plaquettes, pareil, si il te reste deux-trois millimètres, même pas tu réfléchis, tu les changes tout de suite, si il te reste un centimètre y’a pas le feu au lac, mais autant changer ton radiateur toute seule c’était peut-être un poil optimiste, autant ça, c’est pas dur et pas besoin de matos, faut une bonne pince et un cric.
Je sais que le moteur de ma bagnole est increvable, si je le bichonne il peut faire le double de kilométrage que ce qu’il a (246000km) (ouais, bon, ok, 500 000km, c'est peut-être UN PEU optimiste), mais si je veux pas laisser 10% de mon salaire annuel dans les réparations du reste va bien falloir un jour où l’autre que j’arrête de faire ma chochotte et que j’y mette les mains.
Mais je vous préviens, si je réussis à changer mes plaquettes de freins toute seule, je me la pète pendant 10 ans…
Sinon, papa et sa fiancée ont aménagé un studio meublé de 15m² en face du métro Anvers, au pied de Montmartre, à deux pas du Sacré Cœur, j’en profite donc pour leur faire de la pub, puisqu’ils vont le louer aux gens de passage à Paris, si vous cherchez un pied-à-terre pour un week-end ou une semaine romantique ou pas dans le plus beau quartier de Paris et faire la connaissance de l’exquise fiancée de mon papa, faites leur signe à montmartresacrecoeur[at]yahoo.com, leur site web est en construction, je vous donne le lien dés qu’il est fini !
En mai, on part donc en vacances après plus d’un an et demi sans congés à deux.
On est bien partis au ski mais… Non, je n’évoquerai pas ce douloureux épisode à 8 (dont 6 garçons) dans 45m² et… Bref.
En septembre 2006, avec la passion qui caractérise nos quelques mois tous frais de relation, on part en Tunisie se dorer la couenne au soleil.
Et depuis, rien.
Enfin…
Un week-end par ci à Nantes, un week-end par là à la maison de Vauville-La-Fabuleuse qui finira bientôt aux mains des requins du coin et que mes chers tontons et tatas commencent déjà à vider de
ses objets de valeur comme on arracherait ses dents en or à un vieux sur le point de crever, un week-end par ci à la mer et un week-end par là à Londres ou Honfleur, ça fait prendre l’air mais
c’est pas des vacances. Donc on attend avec impatience de faire une virée à deux dans le sud de l’Italie et aller boire un verre sur une plage à Capri, toute le nuit danser le Calypso, dans un
dancing avec vue sur l’amour, s’en aller tous les deux, en catimini, bref, vous excuserez mes références musicales pourries, mais pour vous dire qu’il me faut un passeport. Parce que vu combien
ça coûte d’aller se dorer la pilule au soleil, vu qu’on part en mai et pas en août et donc qu’il restera toujours de la place où qu’on parte, plutôt que de réserver deux mois à l’avance et payer
plein pot, on va partir n’importe où mais réserver trois jours à l’avance, au moment où ça brade à tout va, vu qu’on veut juste se barrer en vacances et que réflexion faite, on s’en fout un peu
d’où qu’on part du moment qu’on y va. Donc au cas où, il me faut un passeport. Et avec leur normes alakon, il faut que je fasse des photos, vendredi, je vais chez un photographe chinois faire des
photos.
« Vous voulez regarder vous dans miroir ?
-Bof, non…
-Ah… C’est messieurs qui se pas regarder normalement, mesdames toujours se regarder longtemps, c’est bien, c’est bien »
Ranafout’ de la tronche, je veux mon passeport, le truc qui me coûte 60€ de timbres fiscaux, 4,50€ de photos (pour 8 photos, j’en ai besoin de deux, je fais quoi des 6 autres ???) et une
grasse mat’ (because les horaires de la mairie le samedi), je peux ressembler à pas grand-chose c’est pas grave.
Ca surprend toujours quand un photographe vous dit « Attention, ne souriez pas ». Ben oui, normes internationales = pas sourire, expression neutre. Et il me tend les photos.
Je ressemble à un veau dessus. Regard bovin, vide, creux, gros bouton sur le menton.
Bon, c’est pas pour un concours de Miss Belleville, hein, c’est pour un passeport, peu importe.
Samedi matin, 10h, mairie de Limeil-Brévannes, services des passeports.
« Je suis désolée mademoiselle, regardez ce qui est écrit ici : pas de fond blanc à la photo… La sous-préfecture refuse systématiquement toutes les photos à fond blanc, il faut que vous
en refassiez…
-Bon, je vais aller incendier mon photographe…
-Vous les avez faites où vos photos ?
-A Paris.
-Bon, l’engueulez pas, à Paris c’est accepté les fonds blancs, les normes internationales ont des variantes locales, c’est juste ici que la préfecture refuse le fond blanc, pas à Paris…
-Bon…
-Sinon, vous avez l’opticien, là-bas qui fait les photos aux normes…
-A tout à l’heure »
J’arrive chez l’opticien, et là… En plein centre ville, une place se libère devant la boutique juste devant moi, ça arrive une fois dans une vie. Dommage que ça m’arrive le jour où il y a des
places dans le parking gratuit d’à côté vu que ça a ruiné mes chances que ça ré-arrive pour les 70 ans à venir, mais c’est sympa quand même, pareil :
« Vous voulez un miroir ?
-Non
-Ah…
-Je viens de me réveiller, j’ai encore les yeux gonflés et je suis pas coiffée, et ça je le sais parce que je le sens, alors m’en rendre compte en le voyant, je suis pas sûre que ça me
console…
-Comme vous voulez... Attention, ne souriez pas… Parfait.
-Bon, c’est chouette, le fond est bleu ici, j’ai fait des photos à fond blanc à Paris et ça a été refusé, avec leurs normes internationales remixées à la sauce locale c’est pénible.
-Oui, et y’a pire, ici ça part à la sous-préf de Nogent où ils acceptent pas le fond blanc, mais à la préfecture de Créteil ils l’acceptent.
-L’administration est vraiment une merveilleuse machine… »
En novembre 2004, j’ai perdu ma carte d’identité, un jour je cherchais un photomaton pour faire des photos en urgence un vendredi pour déposer mon dossier à la mairie le samedi, j’ai couru
partout, en panne, en panne, en panne, il pleuvait, j’étais trempée. Je me rappellerai donc pendant 10 ans qu’il pleuvait à verse ce jour, puisque sur la photo je ressemble à une serpillère mal
essorée.
Je me rappellerai pour les 10 prochaines années que j’étais pas réveillée le jour où j’ai fait faire mes photos de passeport, j’ai ce qu’on appelle communément une mine de papier mâché.
Sinon, la révélation du jour : ça m’arrache la gueule de l’admettre, mais à 22 et 30 ans nous sommes vieux.
Samedi soir après avoir dîné chez un copain de l’Homme à Meaux on décide sur la route allez hop un coup de folaïe d’aller danser. Rien que la formulation on aurait du se méfier, on s’est pas dit
« tiens si on allait en boîte », on s’est dit « tiens, si on allait danser », voyez la nuance ? On s’arrête en cours de route dans une boîte perdue dans une zone
industrielle (ou pas) du 77. Pis bon… Le 77 à l’échelle de l’Île de France c’est comme la Creuse à l’échelle de la France. On aurait du se méfier.
Boum boum de techno miousic qu’on entend de l’extérieur, déjà, c’était louche. Tu rentres direct en jean, entrée gratuite, pareil, louche tout ça. Surtout avec les 87 adolescents entre 12 et 14
ans qui fument dehors.
On était les seuls à être habillés comme des gens normaux, sans douze ceintures, sans 4 tee-shirts de tailles et de formes différentes tous superposés, sans robe en forme de mongolfière, j’ai
noté le retour très 80’s de la nuque longue qui se veut très tektonik-like mais qui fait plus disco fever Daddy cool & Cie, c’est terrifiant jusqu’où sont prêts à aller les gens pour la mode,
parce que franchement, le look tectonik c’est ce qu’il y a de pire, oui, pire que le fluo et le look de Madonna dans les années 80.
La musique je te raconte pas, on aurait dit une radio qui saute de station en station, un peu de techno, un peu de country, un peu de chant de supporter de foot (véridique).
Bref.
« Vous partez déjà » qu’elle a dit la pétasse dame du vestiaire.
On est restés 1/4h.
Et on s’est dit que reconnaître ses erreurs c’était aussi pas mal, et que il est quand même 1h30 du mat, on est des vieux il est temps de rentrer coucher nos vieux os, c’est plus de nos âges ces
conneries.
Du coup hier j’ai fait un gros Kouign Amann à 8000 calories, recette ultra facile pour les proportions : pâte à pain avec 500g de farine (310g d’eau 1 cube de levure 8g de sel), 250 de
beurre (aux cristaux de sel), 250g de sucre, t’étales la pâte à pain après sa première levée, tu étales le beurre (très froid coupé en tranches) et le sucre saupoudré par dessus et tu
feuillettes, tu feuillettes, tu feuillettes jusqu’à ce que la pâte soit trop feuilletée et que les couches trop fines se cassent (pas la peine de faire reposer 1h au frigo, la flemme, un Kouign
Amann ça s’attend pas, c’est trop bon, d’où l’intérêt du beurre froid) et que t’aies les mains pleines de beurre et de sucre, tu rajoutes du sucre et du beurre dessus pour la croute, 30-35
minutes à 180°C (une tuerie, il est hyyyper bon, cette croute caramélisée qui croustille et dégouline de beurre, ce feuilletage, mmmmh), comme ça en plus d’être vieux, on sera GROS.
Vous dîtes...