Fantomette est une héroïne idéaliste (un peu trop), amoureuse (jamais trop) qui veut croire que
non, le monde n’est pas si méchant, si on sait le regarder avec des yeux d’enfants et ne jamais vivre dedans mais tout près, juste un peu en parallèle, juste à côté.
Il fait encore nuit, la couette est chaude; le chat roulé en boule entre l'épaule et le cou ronronne juste ce qu'il faut pour attendrir sans déranger.
Le réveil a sonné.
Déranger le chat, appuyer sur "snooze" et rattrapper le rêve, replonger dans le nid moelleux, refermer les yeux et faire semblant de se rendormir. Ces moments volés à la journée, l'estimation précise faite en quelques secondes du temps qu'il reste à dormir (neuf minutes entre deux sonneries), du temps qu'il faudra pour se préparer, de ce qu'il faudra sacrifier pour dormir encore neuf minutes.
Le sèche-cheveux restera au placard, tant pis s'il fait froid dehors avec les cheveux mouillés, cinq minutes en plus. Le café ne sera pas pris assis confortablement mais préparé avant la douche le temps qu'il refroidisse et bu en vitesse entre l'habillage et le maquillage, cinq minutes de plus. La vaisselle du petit déjeuner sera faite ce soir (trois minutes), le lit plus tard (deux minutes). Les vêtements ont été préparés la veille (de longues minutes de perplexité devant le placard ouvert de gagnées). Le petit déjeuner des matins difficiles est prêt, des petits pains aux noisettes et des briques de jus d'orange. La gastronomie est un peu mise à mal mais c'est pratique pour déjeuner dans le métro en vitesse et se brosser les dents en arrivant au bureau (presqu'un quart d'heure). Ah oui, penser à mettre la brosse à dents et le dentifrice dans le sac.
Un peu plus d'une demi-heure de gagnée. Le réveil peut re-sonner quatre fois. Plus ce serait improbable et trop risqué.
Se lever en vitesse, allumer simultanément la lumière et la télé branchée sur les chaînes musicales, plonger sous la douche (oublier le café). La tentation de paresser sous l'eau chaude est intense, résister est tellement difficile. Propre et sèche, heureusement que les vêtements sont prêts, sauter dedans, vérifier que le tee-shirt est bien à l'endroit, les cheveux à démêler, le maquillage hâtif, le petit déjeuner dans le sac, la brosse à dents aussi, check-up: cigarettes, feu, carte orange, portefeuille, agenda, clés, mp3, portable, tout est là. Et dehors.
Il fait très froid, comme tous les matins, se dire que c'est ridicule de traîner autant, que le réveil n'est pas si difficile, qu'il a encore fallu courir pour être prête.
A force de la voir traîner un peu partout j'ai fini par l'attrapper.
Non, c'est pas la grippe aviaire.
Ni la grippe tout court d'ailleurs.
Mais la liste des "7 choses"...
Ai failli ne pas y répondre. Y ai répondu en pensant qu'il me faudrait une quinzaine de minutes à tout casser. Ai tout cassé. Y ai passé deux heures.
7 choses que vous voulez faire avant de mourir :
-parler tout plein de langues
-avoir voyagé un peu partout
-avoir l'esprit moins encombré
-faire du bien autour de moi
-savoir reconnaître les étoiles et les constellations
-avoir réglé mes dettes
-des bébés
7 choses que vous faites bien
- le café croustillant
- les gâteaux ratés
- dormir
- rire
- être gentille
- la cuisine à condition d'en prendre le temps
- des câlins à mon chat
7 choses que vous ne savez/pouvez pas faire
- m'organiser correctement
- regarder les gens autour de moi dans la rue
- exprimer ce que je ressens
- maintenir mon chez moi rangé plus de 24h
- être complètement lucide
- toucher mon nez avec ma langue
- faire semblant
7 choses qui vous attirent dans le sexe opposé
- les pieds sur Terre, être plus rationnels que nous
- ils peuvent attrapper ce qu'il y a en haut des armoires
- être dans leur bras
- le sens de l'humour
- l'excès
- un côté protecteur
- pouvoir surenchérir sur mes vannes minables et ne pas se moquer de moi tout de suite
7 choses qui vous attirent chez le même sexe
- Pouvoir très sérieusement analyser et décortiquer le moindre comportement ou la plus insignifiante des paroles
- les soirées nanas où ça jacasse
- leur façon parfois un peu ridicule d'avoir un point de vue et un avis sur tout
- pouvoir pleurer devant elles
- les futilités et la superficialité qu'ont même (voire surtout) les femmes très intelligentes/cultivées
- mes copines
- les conseils minables qu'on suit jamais et qu'elles suivent jamais mais qui sont toujours agréables à entendre
7 choses que vous dites souvent
- Tu mourras dans d'atroces souffrances (quand on me fait une crasse)
- Tous des salauds (à prendre au 8ème degré)
- J'adore jurer et employer des mots qui feraient me renier mon père
- Et merde on n'est pas dimanche
- Ma parole (vieux tic de langage dont je n'arrive pas à me défaire)
- Euh... T'es sûr(e) qu'on n'est pas dimanche ?
- Arrêêêête de miauler à 2h du mat, Divine !
7 béguins pour des célébrités
- Roberto Benigni, mon homme idéal, l'homme parfait où dois-je signer ? Promis, je lis pas les petits caractères en bas du contrat. Sans déconner, depuis que j'ai vu La Vie Est Belle, je suis amoureuse de Giosuè, son personnage.
Je me suis rendue compte que j’avais des TOCS. Oui, ces manies que plus de 90% d’entre nous avouent avoir. Bon, voyez, rien d’exceptionnel. Mais quand même, c’est pas très très agréable de s’en rendre compte. En fait, j’en ai lu la définition.
T.O.C. : souffrance psychique caractérisée par des pensées récurrentes, non souhaitées et déplaisantes (obsessions) et/ou des comportements répétitifs souvent absurdes (rituels) que la personne très anxieuse ressent le besoin irrépressible d'accomplir (compulsions). Les spécialistes diagnostiquent un véritable T.O.C. lorsque les obsessions ou rituels occupent la personne au moins 1 h par jour (pour les formes très sévères 6 voire 10 heures par jour).
Bon, j’en suis pas là non plus. Mais par exemple je compte et recompte et calcule tout. Le nombre de stations, de carreaux de carrelage chez moi, parfois je tente même de compter les carreaux de la station Concorde sur la ligne 12. Je divise, je calcule. Je travaille x heures aujourd’hui. Là j’en ai déjà travaillé y donc j’ai effectué z% de ma journée. 5 étages à monter. Au troisième, j’ai passé les 60%. Je marche toujours les pieds parallèles au trottoir et perpendiculaires quand je traverse (dans la mesure du possible). Je suis une passionnée de l’angle droit. Si deux murs font un angle obtus ou aigu, mentalement je vais le remettre droit et imaginer comment il pourrait être. Si je regarde la télé je suis capable de me lever pour remettre droit un truc que je vois du coin de l’œil et qui me gâche le programme. Pour de toutes façons rater le programme en me demandant si c’est bien droit. Compter mon nombre d’heures de sommeil prévues, me réveiller et compter combien d’heures il me reste à dormir. Quand je prends le train, guetter le moment où j’aurai fait plus de la moitié du trajet et ne pas regarder l’heure les dix dernières minutes mais juste en descendant voir si il est bien à l’heure ou combien de minutes de retard/d’avance il a.
J’adorais en cours de langue les sujets tels que « rédigez en 300 mots… ». Ô défi ! Jamais un mot de plus ou de moins alors qu’une marge de 10% était autorisée. J’ai adoré le passage à l’euro, calculant les conversions au centime (de franc ou d’euro) près. Ou ce matin avant de prendre mon poste deux collègues qui parlaient de l’euromillion. 150 millions à gagner, d’après je ne sais quelle source l’équivalent d’une chance sur 75 millions de gagner, 1,50€ la grille de loto. Le collègue dit en déconnant qu’il n’y a qu’à valider 75 millions de grilles pour être sûr de gagner. 150 millions – (75 millions x 1,50€) pour calculer le bénéfice net, j’aime bien.
Mais j’ai toujours haï les maths. Tout en adorant résoudre une équation et après deux pages de calculs acharnés et des gouttes de sueur qui coulent sur les tempes trouver la valeur de x et y.
Calculer le temps de marche, le temps probable d’attente du métro et de nouveau le temps de marche pour savoir s’il vaut mieux y aller à pied ou pas pour peu de stations.
A côté de ça, plus bordelique que moi y'a pas. Mais j'ai appris depuis longtemps que je ne suis plus à un paradoxe près.
Mais bon, je ne pense pas que ça me prenne une heure de mon temps quand même…
Hier matin, au réveil, je me suis dit qu’il était temps. J’ouvre le placard, remplis la grande valise, prend mon courage à deux mains et descends les sept étages. Remonte le boulevard de la Villette, emprunte la rue de Meaux.
En arrivant ma valise pleine et lourde comme un âne mort, pleine de confiance, je passe la porte. Déjà pleine. Plein de gens sont là et attendent comme moi. Plus de place. Quelques regards hostiles, je ne suis pas la première sur la liste d’attente. Peu importe. Encore à demi-ensommeillée, je pose fièrement ma valise et tente de me faire moi aussi ma place. Je n’y ai jamais vu autant de monde. Ca parle toutes les langues, c’est de toutes les couleurs, tous ont comme moi une valise, un sac de sport ou plus simplement la grande poche en plastique Ikéa ou autre. Chacun à sa place attend dans une chaleur moite et le vacarme des tambours. Certains fument, lisent, discutent ou regardent dans le vide. Pas possible de revenir en arrière, j’ai déjà trop attendu, ce sera ce matin.
D’autres arrivent, devant tant de monde, abandonnent. Ou restent selon le degré de courage et/ou de patience.
Plusieurs places se libèrent en même temps, d’autres personnes et moi nous jetons dessus et faisons la queue à la machine principale.
Puis nous installons et nous aussi attendons, fumant une cigarette, lisant, discutant ou regardant dans le vide. L’attente est longue. Certains attendent moins que d’autres, changent de place, retournent à la machine principale. Et de nouveau, attendent. La place se vide, les gens repartent un par un, leur valise ou sac à la main. Puis enfin mon tour de changer de place, l’endroit est à présent presque vide.
Et enfin, deux longues heures et demie plus tard, je sors. Ma valise encore plus lourde. Redescends la rue de Meaux, le boulevard de la Villette et remonte les sept étages. Rentre chez moi. Et enfin, étends le linge. Quelle jungle la laverie automatique le dimanche matin...
À l'"étudiant Parisien", "stagiaire New-Yorkais" et "Toulousain" avant tout. Je me doutais un peu quand même que c'était de toi que venaient le livre qui merendra définitivement folle et la fine fleur de la chanson Toulousaine (ah ces Toulousains, plus chauvins que les Marseillais...), mais j'attendais la réception pour confirmation. Donc, confirmation effectuée hier matin au retour du Monop', interpellée par le gardien "Mademoiselle, j'ai un paquet pour vous !".
Tu aimes qu'on aime Toulouse, sans basse flatterie, c'est une belle ville "un torrent de cailloux roule dans ton accent" chantait si merveilleusement bien l'ami Nougaro.
Des extraits de cette chanson donnent toute sa mesure à la ville rose "ici, même les mémés aiment la castagne", "on se traite de con à perdre qu'on se traite", la ville ou "con(ng)" est la virgule et "putain(ng)" le point. La ville des bouducon(ng). Les cousings du sud ont subi maintes railleries de la part de nous, pauvres Nantais à l'accent trop plat et le tontong putaingcong a épousé une "fille du nord" (et oui, pour eux Bordeaux est déjà le grand nord, imaginez Nantes...) qui depuis plus de dix ans parle Toulousain mais toujours sans l'accent.
Oh, depuis cette longue décennie je n'y ai mis que peu souvent les pieds, découvrant le nouveau cousin qui du haut de ses 5 ans a déjà l'accent et la verve de sa ville, nous sortant de ces "Bouducong !" remplis de toute la flamme paternelle; ou profitant à moindre frais de vacances familiales et ensoleillées, passant quelques huit heures avec ma soeur dans les dédales des trains Corail assises sur nos sacs entre deux wagons.
"Si tu te fais Paris / Moi je me ferai Toulouse / T'as le pouvoir t'as le flouze / Mais c'est moi qu'ai le génie", les Fabulous Troubadors qui m'ont entraînée à coups de leurs duels de tchatche dans la demi-heure que j'ai eue pour être fin prête pour partir au boulot.
Promis, Nantes-la-Magnifique et Paris-l'Eternelle, c'est ici la seule infidélité que je vous fais.
Il ne manque à ma missive qu'un grand merci et longue vie à la wishlist !
Ne vous êtes-vous jamais réveillée un matin en sentant que toute la journée rien n’irait ? Comme si tout le monde s’était juré de vous rendre cette journée impossible à commencer par vos chattes. Les pauvres bêtes sont en chaleur et ont passé la nuit à miauler à en fendre l’âme, vous n’avez pas dormi ou si peu. Si, au petit matin l’épuisement vous a fait sombrer dans un profond coma interrompu par votre réveil que vous aviez oublié de régler, vous commenciez tard ce matin. Il est 6h15, vous voilà réveillée et impossible de vous rendormir alors qu'en temps normal quand votre réveil sonne à cette heure vous vous rendormez aussi sec et arrivez en retard. Vous vous vengez en balançant votre oreiller sur vos deux félines, lesquelles ne s’arrêtent pas de miauler pour autant. Vous préparez un café et prenez une douche pendant qu’il coule, espérant ainsi vous réveiller, mais comme vous avez oublié de brancher le ballon d’eau chaude hier soir, la douche sera froide. Vous sortez de la salle de bain, réveillée mais frigorifiée et êtes accueillies par vos félines trop contentes de vous voir, elles vous font des huit entre les jambes et la moitié de leur fourrure se colle sur vos jambes encore humides, vous aurez bien du mal à retirer tous les poils de chat collés à vos mollets, l'été approchant elles muent et en perdent deux fois plus. Là, vous baissez les bras, de toutes façons, rien ne sera normal aujourd’hui, vous n’essayez même plus de lutter contre cette atroce journée et n’avez plus qu’une hâte : vous endormir ce soir, que tout soit fini. Vous passez un peignoir, regardez les stupidités que la télé vous diffuse à cette heure en attrapant la cafetière. Vous avez oublié le café. Vous regardez incrédule votre tasse d’eau chaude avec une atroce envie de pleurer et rageusement versez deux cuillérées de café soluble. Vous n’aimez pas tellement ça mais n’avez pas le courage d’attendre la cafetière. Et les chattes qui ne se calment pas… Quand vous réalisez que vous avez tout simplement oublié de leur donner des croquettes hier soir et qu’elles miaulent de faim, cette envie de pleurer vous remonte dans la gorge. Vous leur donnez la nourriture souhaitée, puis vous affalez, désespérée, sur le canapé. Où vous vous endormez. Où vous vous réveillez avec une heure de retard. Vous vous consolez en vous disant que vous êtes déjà douchée, entreprenez de vous habiller le plus vite possible et vous dites que tant pis, vous profiterez du métro pour vous maquiller en cours de route vous n’avez vraiment pas le temps ce matin. Evidemment vos cheveux ont séché alors que vous étiez allongée, vous vous rappelez vaguement les Jackson five dans le miroir. Votre moral retombe. Mais pas vos cheveux. Un chignon vite fait, personne n’y verra rien. Très serré le chignon, comme le café que vous avalez au distributeur de la station. Et là, le premier miracle se produit, contrairement à toute attente étant donné le commencement de cette journée, le café bouillant n’atterrira pas sur vos genoux ou ceux du voisin. Malgré les virages, vous maniez admirablement le mascara, le miroir, le café, et le rouge à lèvre ne bave même pas. Il faut dire que c’est comme ça quasiment tous les jours, le bon coup de main, le matériel adapté et roulez jeunesse ! En sortant du métro, vous avez repris confiance en vous, tous les matins ou presque vous faîtes ça et bien qu’habituel, ce tour de force vous laisse toujours un peu rêveuse. Mais ce matin ce n’est pas une bonne idée, vous êtes perdue dans vos pensées et c’est là que vous prenez sur la joue la porte que le voyageur précédent a lâchée à la dernière seconde. Vous vous ruez dans votre entreprise et courrez vers les toilettes pour évaluer les dégâts, deuxième miracle vu la violence du choc, il semblerait que tout aille plutôt bien, ça n’a pas tellement enflé, c’est un peu rouge mais raisonnablement. Vous prenez votre poste à l’accueil. Toutes les personnes entrant dans l’entreprise vous demandent comment vous allez, si vous n’avez pas mal, ce qu’il vous est arrivé, chacun y va de son idée pour soigner ça (les glaçons, les crèmes, tout y passe). Courtoise et remerciante au début, vous devenez vite inquiète et vérifiez discrètement dans votre miroir l’état de votre visage. Horreur ! Ce n'était pas un miracle... Si votre joue n’a en effet que peu gonflé depuis votre premier regard dans le miroir elle a en revanche changé de couleur. Elle a bleui. Plus exactement elle a une couleur rouge-violacée, plutôt jolie d’ailleurs. Bref, vous ressemblez à une petite fille qui aurait confondu le rouge à lèvres de sa maman avec du blush, et d’un coup vous avez très mal. Et honte.
Tout au long de la journée, vous trébuchez, raccrochez au nez de vos interlocuteurs au lieu de transférer les appels, le portillon de métro est bloqué et votre coupon ne passe plus. On vous le débloque au guichet. Il y a la queue. Vous ratez le rer, suite à un incident voyageur le trafic est interrompu. Vous reprenez le métro, un bus et arrivez plus d’une heure après l’heure habituelle. Furax.
Vous ne tentez même pas de vous faire à manger, certaine par avance que vous vous ébouillanterez avec l’eau ou poserez par inadvertance la main sur la plaque brûlante. Limitons les dégâts.
La joue brûlante dans laquelle vous entendez battre votre cœur, vous vous couchez une larme d’impuissance au coin de l’œil. Heureusement a posteriori qu’il y a des journées comme ça pour vous permettre d’apprécier le moindre petit truc le lendemain.
Je me suis fait une petite joie tiens. Je voulais changer de portable (le vieux 3410 j’en avais marre, je voulais du high-tech) Oui, mais le high-tech c’est cher. Surtout que j’avais quelques exigences. Pas moins de 1,3mp pour l’appareil photo, un qui fasse lecteur mp3, si possible un sony ericson (j’aime bien le fonctionnement de ces portables), un qui ait de la gueule, je sais pas, un pas 3410 tout vieux, quoi... Oui, pis un débloqué aussi mais bon, pour 10€ à Barbès, tout est possible.
Me voilà donc chez un genre de The Phone House qui fait tous les opérateurs. Il est là. Le téléphone de mes rêves. de Sony Ericson. Oui mais 79€ le téléphone et j’ai pas très très envie de payer.
Comment faire...
Un vendeur affiche son plus beau sourire “Madame, je peux vous aider ?”, là j’ai eu une idée “Mademoiselle” souriréponds-je au monsieur pour voir si ça marche. Gagné, il me dit qu’enchanté-moi-c’est-mickaël-a-qui-ai-je-l’honneur, je lui réponds qu’enchantée-aussi-je-m’appelle-fantomette-je-voudrais-changer d’opérateur-voui-vous-pouvez-m’aider-du-moins-j’espère. Je lui décris le portable que je veux. Tiens, c’est marrant, c’est exactement le W550i ! Non, vraiment ? Oui, vous avez eu de la chance dites-donc. Ah bah oui, mais ils n’en ont plus en stock. Je m’apprête à repartir le cœur serré et une larmouille au coin de l’œil. Si, si, je vous jure. Mais supervendeur court à la boutique d’à côté qui bosse avec eux (il a pas réussi à les avoir au téléphone) pour me trouver le portable de mes rêves. Je suis déjà dans une demi-transe à m’imaginer me la péter en répondant à cette petite merveille dans le métro ou au travail, à prendre des photos des gens et tout. Manque de bol, il me répond qu’à côté non plus ils n’en ont plus. J’hésite à verser des grosses larmes sur son épaule mais il me dit qu’il peut s’arranger. Il réfléchit (ou fait bien semblant), me dit “je reviens” et revient en me disant qu’il peut me le commander pour demain. Je veux ! Il ressort son portable et dit “ok, tu le commandes pour demain”, je veux pas savoir comment il l’a, je m’en fous.
C’est parti, j’opte pour Bouygues (non, je ne touche pas le moindre centime pour citer Sony Ericson ou Bouygues). Et j’hésite, “euh... En fait, euh...” “Oui, mademoiselle, un problème ?” “Ben il est à combien avec l’abonnement, le téléphone, là ?” en faisant mes grands-yeux-abandonnés-que-même-un-huissier-résiste-pas, il hésite et me sors “Bon, si je vous le fait à un euro ça ira ?” Re-gagné... Bon, son collègue est bien plus craquant mais il a l’air moins corruptible. “Oui, merci”. Et je recommence mon cirque pour savoir s’il y a des offres de bienvenue, théoriquement, là il y a juste les 2h+2h offertes pendant deux mois. Et je repars avec une nouvelle ligne sans changer de numéro, l’offre étudiante par une habile manœuvre (6h+60sms gratuits) et 10h gratuites vers tous les opérateurs soir et week-end, le tout pour toute la durée de l‘abonnement. Plus évidemment l’heure qui est offerte à tout nouveau client en attendant que mon ancien forfait finisse. Et il m’a même fait grâce de l’euro symbolique pour le portable qu'il me débloquera... Je passe demain chercher mon téléphone, je n’ai pas déboursé un centime. Bon, j’ai bien réussi à corrompre le pauvre vendeur à grands coups de cils mais cette fois-ci, je ne pourrai même pas laisser un faux numéro...
Encore heureuse, j’aurais péri dans d’atroces souffrances hier.
Mercredi, Fantomette était contente. Elle avait commencé sa journée à 11h ce qui lui avait permis d’aller chez l’Homme qui habite au fin fond du 94 et de ne pas se lever à 6h. Elle devait finir à 19h mais c’est une boîte chouette alors le temps serait passé vite. En arrivant, sur la main courante elle voit un petit mot de la collègue qu’elle remplace : « Coucou, il y a des gros mailings, si il y a beaucoup de courrier à affranchir, tu peux m’avancer ? Je pense arriver vers 14h. »
Euh…
« Allo Chef ? Fantomette à Suresnes, y’a un mot de la fixe sur la main courante, elle dit qu’elle arrive à 14h, je finis à quelle heure, moi, du coup ? Parce qu’il y a un seul poste ici. … Oui ? Vous l’appelez et vous me tenez au courant ? Merci ! »
« Fantomette ? C’est Chef, oui j’ai appelé la fixe, elle arrive bien à 14h, vous êtes libre dans 2h20. … Mais je vous en prie … Oui, bonne journée à vous aussi »
Chouette…
Mais pour rentrer de Suresnes à chez moi, je passe par La Défense. Et ne résiste pas à un brin de shopping dans ce temple de la consommation. Mais je reste calme, une seule jupe et un seul haut et même pas de chaussures.
Puis je rentre chez moi, fais des câlins à mon bébé fauve que je néglige quelque peu ces temps-ci passant le plus clair de mes nuits pas chez moi, je lui donne ses Friskies chaton, sa gamelle d’eau fraîche, et fais un brin de rangement. A savoir Virer les poils de chat du canapé, ranger ma minuscule table basse, passer l’aspirateur, changer la caisse de Divine, faire la vaisselle en plan depuis deux jours, ranger mon linge propre ramené de chez môman, ranger mon shopping du week-end et du jour, ranger les sacs en plastique, descendre les poubelles, laver la douche.
Et me faire une petite séance « institut » épilation/gommage/lait pour le corps à la pêche.
Je pars de chez moi à 18h. Prends la ligne 2 vers Nation, arrivée là je vais vers le RER A. L’écran me prévient « train à l’approche », je cavale, jupe et cheveux z’au vent, le talon léger. Vais acheter mon billet à la machine, et continue de voler vers le quai. En arrivant, la sonnerie est déjà en route, je plonge dans la rame. Et mon sac à main reste complètement bloqué, je n’ai que la lanière autour de l’épaule, tout le sac est à l’extérieur. Ma jupe aussi est coincée. Je suis collée à la porte. Il est 18h12, le RER est blindé. Je suis ridicule. Le coup de chaud me monte, je me sens rougir. Tente de garder la tête haute mais la lanière de mon sac me tire vers le bas et je me vois mal me contorsionner pour le retirer d’autant plus que ma jupe bloquée m’interdit tout mouvement. Je ne peux même pas me donner une contenance en remettant mes écouteurs sur les oreilles, ils sont du mauvais côté de la porte. La station est longue, mais longues… Ces trois minutes sont infinies. Quand enfin Vincennes arrive, je suis en tête de train, tout le quai peut distinctement voir un grand sac à main rouge dépasser de la porte avec juste dessous un morceau de tissu appartenant à ma jupe. J’entends des rires, tente de devenir invisible, n’y parviens pas, m’asseois dans le coin le plus solitaire du wagon et rumine ma honte en tentant de défroisser le pan de ma jupe maltraité par la porte de ce f*** RER. Ma plus grande trouille a été que les murs soient plus près des wagons et que mon sac s’explose dans un quelconque poteau. Puis envoie un sms à l’Homme « Suis là d’ici 20mn, heureusement que le ridicule ne tue pas, je t’expliquerai ». Il en rigole de la gare à l’appartement. Finalement moi aussi…
Mais il m’a fallu bien cinq ou dix minutes pour que la chaleur baisse et que mon visage reprenne une couleur normale. Fantomette se ridiculiser à ce point, heureusement que j’avais pas mon costume de super héroïne, personne ne m’a reconnue…
Alors la chef hôtesse appelle Chef. « Bonjour Chef, on a eu pas mal de déménagements ces derniers jours, il y a eu des changements de consignes importants….. Oui, encore….. Oui et en fait j’aurais besoin que Fantomette revienne en formation un jour ou deux pour qu’elle soit bien au point….. Je me doute qu’elle est pas mal prise mais le client me met la pression, là, pour que les volantes reviennent….. D’accord, lundi c’est parfait….. Entendu, je l’attends, merci Chef »
Lundi : « Coucou les filles alors ça a encore marché le coup du changement de consignes ? Alors, où en sont les potins ? »
POUR NE RIEN DIRE
Un soir avec deux compagnons de soirées trop arrosées chroniques. On avait remarqué que dans La Redoute il y avait un genre de chien vert parfois au fil des pages. On l’avait appelé Guingalou. Après trop d’alcool, pas assez de sommeil et il est possible que quelques substances vaguement illicites ait eu droit de cité ce soir-là. Il était vers les quatre heures du matin, chez Alex, vautrés (moi) sur le canapé, (Alex) sur le fauteuil « direction » qui pivote et (Bo’) sur le tapis.
Alex : Bo’, t’es plein de Guingalou
Bo’ : Beuuuuuh… C’est quoi ça Guingalou ?
Fantomette : C’est le chacal vert de La Redoute
Bo’ : Eh, mais chuis pas un chacal
Alex & Fantomette : Nan mais t’es vert.
CA M’A FAIT RIRE
Eté 2004, dans notre studio à mon ex-colloc et à moi. Fringale, frigo vide. Excepté un paquet de fraises tagada et un bocal de compote de pommes, rien à manger.
Fantomette : A ton avis, compote de pommes + fraises tagada ça rend quoi ?
Lui : Ca rend gros.
AU TRAVAIL (2)
Je dépanne sur un site qui ne dépend pas de mon équipe. Alors je suis pas contractuellement obligée. Mais les filles sont sympas et ça fait un an que j’y vais alors ça va, je suis au point. Pis Chefhôtesse je l’aime bien. Ce matin, après une nuit d’environ cinq heures, la énième nuit trop courte depuis quelques semaines, je me réveille avec pas la pleine patate quand même. Cheveux en étoile, drap tatoué sur le visage, yeux qui n’arrivent pas à s’ouvrir. En même temps, à 6h, faut pas en demander trop. Quand je pense que mon illustre papa tient la patate après des nuits de 3h… Je rêve d’avoir des besoins en sommeil aussi faibles. Bref, je me coiffe histoire que ma tignasse retrouve sa verticalité contrariée par une nuit de profond sommeil. Pour ce qui est des yeux, même après une tasse de café si forte que j’en fais la grimace, je laisse tomber et décide, trousse à maquillage dans mon sac, de faire ça plus tard. Arrivée au taf un poil en avance, je mets un poil de noir à z’yeux, de rose à joue, de rouge à lèvres, un élastique pour retenir la crinière qui menace de se ré-étoiler. Le tout a repris forme humaine, en forçant un poil sur les zygomatiques, un sourire d’hôtesse (pas naturel, donc) complète le tableau. Je monte à mon accueil au quatrième étage. Chefhôtesse arrive, on papote des dernier potins « ma chef c’est une conne », « Nomého-j’hallucine-elle-croit-quand-même-pas-que-je-vais-faire-son-boulot-cette-conne » etc. (Non, n’insistez pas, j’ai promis à l’Homme que je dirais pas de mal de lui dans son dos). Elle me dit que je suis mieux quand je mets moins de maquillage, que c’est joli et qu’elle aime bien mes cheveux aujourd’hui. Merciiiii.
Bref, une nana à l’œil inquisiteur, les narines pincées, la lippe serrée et un ventre énoooorme se pointe à l’accueil.
« Bonjour, Fantomette, je suis Chefdelautreéquipe, vous allez bien ?
-Oui, bonjour Chefdelautreéquipe, je ne vous avais pas reconnue.
-Ca se passe bien avec Responsabledelaccueil ?
-Très, vraiment, dîtes-moi, c’est pour bientôt !
-Oui, le 10 mai
-Ah oui, ça approche !
-Oui, j’ai hâte
-J’imagine
-Bon, je redescends, bonne journée.
-Merci, à vous aussi Chefdelautreéquipe ! »
Et là, j’apprends qu’elle a osé dire à Chefhôtesse « Comment pouvez-vous laisser Fantomette bosser dans cette tenue ? Pas maquillée, pas coiffée ? ». La collègue se démonte pas
« Ca va pas, oui ? Moi je l’ai vue ce matin, je lui ai même dit que j’aimais bien comme elle était coiffée et maquillée, elle l’était, elle est pas née la bouche rouge à ce que je sache
-Oui bah j’appelle sa responsable de sites, c’est inadmissible. »
Heureusement, Chefhôtesse me prévient par deux intermédiaires. Elle appelle en loucedé Filledurezdechaussée, qui appelle Collègueduquatrième, qui met en haut parleur et comme j’entends mal, elle me répète tout en détail. J’appelle Chef, pour lui dire que eh oh, elle dit que des vacheries Chefdelautreéquipe, sais pas si c’est ses hormones qui la travaillent ou si elle est frustrée de naissance mais elle a encore craché son venin, si vous voulez, je prends une photo de moi avec mon super portable sur le champ et je vous l’envoie par MMS en guise de preuve. Ca m’énerve ; Chef calme le jeu, me dit qu’elle va per-so-nel-le-ment s’en charger. Oui, en détachant chacune de ses syllabes. Elle va nous en faire un prématuré, la conne, Chef elle est sympa mais faut pas faire chier ses hôtesses.
A peine fini, un contrat tacite nous pousse à ne jamais plus en parler…
Tout a commencé vendredi soir.
Je devais manger chez mes ex-collocs avec l’Homme, jusque là, rien de très palpitant. On a mis plus d’une heure pour relier mon dixième arrondissement à Clamart. Périph bouché de chez bouché. Mais bon, ça pourrait paraître insignifiant sans le long week-end qui a suivi.
Samedi matin, alors que je savourais délicieusement cette grasse matinée après une semaine levée à 6h, un faux mouvement (je ne comprends toujours pas ce qui a pu se passer), et mon dos se bloque. En bas du dos, dans le creux des reins, à droite de la colonne vertébrale. Une douleur aiguë qui m’envoie des décharges de douleur qui iront même jusqu’à m’arracher une ou deux larmes. Je suis pas bien. L’Homme sait pas trop quoi faire, il est pas médecin, moi non plus. Après quelques tentatives pour échapper à cette atroce torture, je cède à l’idée de la poche de glaçons. Il fait chaud sous une couette. J’en ai mal tellement c’est froid, ça me brûle. On enveloppe (enfin, « on »… « il ») le tout dans une serviette, c’est moins douloureux mais c’est froid. Je crois qu’on appelle ça le comique de situation. Un samedi matin, moi gémissante de douleur allongée comme une flaque sur le ventre à respirer lentement et profondément pour me concentrer sur autre chose que la douleur, lui baillant tout ce qu’il peut de son sommeil à rattraper, me tenant ma poche de glaçons sur le bas du dos, menaçant de s’endormir à tout instant. Ca nous fait finalement rire. Enfin, moi ça m’arrache juste un rictus.
Mais ça passe pas. Je me lève, pliée en deux, la main appuyée sur le point douloureux et me traîne jusqu’à mon sac pour tenter une surdose d’antalgiques. On essaye des exercices d’assouplissement pour chauffer le muscle.
« Assieds-toi, reste bien droite et penche toi vers moi en restant droite.
-Comment tu veux que je me penche vers toi si je dois rester droite ?
-Non mais je veux dire tu gardes ton dos droit et tes épaules perpendiculaires à ta colonne mais tu te penches sur le côté vers moi.
-Je vois pas
-Assieds-toi, je te tiens les épaules, là, et tu fais comme si tu voulais poser ta tête sur moi mais sans tourner, juste en te penchant sur le côté
-Ah ok »
Je tombe, incapable de contracter mon muscle et m’écroule sur l’Homme.
Puis tente le tout pour le tout, les exercices de respiration et de massage par l’intérieur, je préfère qu’on ne touche pas à mon dos, si on n’est pas pro c’est un coup à vraiment finir bloquée pour de bon. Allongée sur le dos, les genoux sur la poitrine dans les bras à respirer très profondément. L’air qui entre et sort des poumons « masse » de l’intérieur.
Re-comique de situation, moi hyper-concentrée sur mes exercices, dans une position ridicule souffrant le martyre (j’exagère peut-être un tout petit peu), l’Homme soucieux se demandant un peu si je vais agoniser longtemps, si il va devoir jouer le chauffeur jusqu’aux urgences ou si c’est rien et que ça va passer. On se retrouve à rire. Enfin, la douleur passe. Surdose médicamenteuse ? Effet du massage ? Je m’endors comme une masse, épuisée d'avoir lutté (sans déc', ça fatigue d'avoir mal).
Vous dîtes...