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Mercredi 23 avril 2008
Bon, ben voilà, il est parti.
Ni loin (enfin, si, Lyon c’est loin), ni longtemps (il devrait rentrer demain ou vendredi, mais en attendant, y’a personne qui m’attendra à la maison ce soir. Même si d’habitude c’est plutôt moi qui l’attends, disons que j’aurai personne à attendre.
Oui, je sais,
BBK.mel, toi ton HommeDesBois, quand il part c’est pour deux mois, c’est à 10.000km… Bien heureusement, l’Homme, bien que digne descendant d’une famille d’immigrés polaks n’a pas de famille à l’étranger chez qui paser deux mois sans moi (le Nord c’est l’étranger ?). D’ailleurs à ce sujet, je suis étonnée qu’il ne cherche pas à en savoir plus sur cette histoire de grands-parents Polonais venus prendre le travail de nos bons Français et se tuer à notre place dans les mines de charbons du Nord-Pas-de-Calais, déjà qu’avec ma bête histoire de père pied-noir je trouve ça fascinant et suis terriblement malheureuse que mon père soit rentré en France à seulement trois ans et n’ait pas de souvenirs d’Alger, j’adore les histoires de famille.
Tenez, moi, par exemple, je suis la descendante illégitime de
Théodore Botrel. Ah, ça vous la coupe, hein ? Une arrière grand-mère a fricoté avec l’artiste et s’est retrouvé avec un petit polichinelle dans le tiroir alors on l’a épousée avec un autre pour que le petit ne soit pas bâtard. Du coup, admettons que je m’appelle Durand, ben j’ai zéro goutte de sang Durand dans les veines, c’est juste que le sieur Durand a reconnu le p’tit que mon ancêtre avait fait avec Théodore Botrel. C’est génial comme histoire, non ? Enfin, moi j’adore ce genre d’histoires familiales, et je tiens à rassurer la famille Botrel : je veux pas ma part d’héritage, hein, y’a prescription, et en tous cas votre Grand-Pépé était un sacré polisson.
Moi j’aurais des grands-parents immigrés, je les harcèlerais pour connaître toute l’histoire pourquoi, quand, comment, la vie là-bas, tout ça, quoi !
Tenez, je connais exactement comment mes parents se sont rencontrés, quel mois, quelle année, quelles circonstances, idem pour
la gonzesse Tchèque que mon père a épousée pour qu’elle devienne française, bref, j’adore, j’adore, j’adore les histoires comme ça.
Et l’Homme, rien, pas curieux pour un sou, explication « Mon père en a jamais trop parlé », mais moi mon père m’en parle pas, je le fais accoucher de son histoire au forceps, je veux tout savoir !
En fait, c’est ce qui est rocambolesque qui m’intéresse, la seconde femme de mon grand-père paternel, par exemple, d’après ce qu’on m’en a dit était amoureuse de lui depuis des années, et quand il a divorcé d’avec ma grand-mère et qu’elle a pu enfin l’épouser, il est mort un an après d’un cancer foudroyant, elle aura à peine eu le temps de devenir sa femme qu’elle était déjà sa veuve. Bon, c’est vrai que c’est pas joyeux joyeux. Mais c’est digne d’une tragédie Grecque, non ?
Ou encore quand mon oncle est né, dans les années 50 en Algérie pendant les bombardements avec trois mois d’avance, ma grand-mère a été renvoyée chez elle au bout de trois jours, pas de couveuse à disposition, avec un bébé grand comme une bouteille d’eau (dixit mon papa) qui a bien failli y passer.
Bref, tout ça pour vous dire que ce soir et peut-être même demain soir, je vais me retrouver en tête à tête avec Fulbert.
C’est pas que je l’aime pas, hein, il est pas méchant, mais il manque sérieusement de conversation.
Mais il va bien, la preuve :
Il bulle comme un fou, d'ici pas longtemps je vais pouvoir me faire mon pain au levain...
par Fantomette publié dans : La famille
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Mardi 15 avril 2008

A la rentrée 2008, elle reprend le boulot parce que son dernier bébé aura 8 ans et que t’as le droit qu’à 3 ans de congé parental + 5 ans de disponibilité après tu retournes au turbin sinon tu perds ton boulot.

Ma mère est instit. Ah ces fonctionnaires, toussa, je vous rassure, quand on s’arrête 8 ans (pour la dernière, je compte pas les congés des autres), instit ou pas instit, après faut bosser jusqu’à 75 ans pour avoir une retraite, un jour elle a regardé ses piou-pious et elle s’est dit « Bon, pour la retraite on verra plus tard, voyons déjà les bébés », elle le regrettera peut-être dans 15 ans. Ou pas, elle sait que ça se paye cher d’élever ses enfants. Elle me l’a dit y’a longtemps. Pis avec son mec qui est intermittent du spectacle, ils sont mal barrés niveau retraite, c’est moi qui vous le dit.

Mais ils ont de jolis bébés.

Bref.

Maman reprend les chemins de l’école en septembre prochain. Je me rappelle quand on était petites aves ma sœur, on corrigeait ses copies. On était vachement douées en calcul et en orthographe, alors on harcelait ma mère pour corriger ses copies. Et bien souvent elle nous laissait faire, mais au crayon de bois, pas au crayon rouge, t’imagines un parent qui regarde le devoir de son enfant corrigé par une écriture d’enfant ? Ca la fout mal, hein ?

Et des parents dans l’enseignement c’est génial, avec Papa on allait au Lycée avec lui, ou à la fac ou à l’IUFM, c’était chouette, pis quand t’es la fille du prof, les élèves sont ’ach’ment sympas avec toi. T’es comme qui dirait la star du bahut. Pis faut dire que mon père comme prof il est… Différent. Le genre de mec qui en voyage scolaire à Paris fait un concours de grimpage au sommet de l’arc de Triomphe avec bière à la clé pour le vainqueur ou des concours de qui c’est qui saute le plus haut et touche le plafond en cours (et fait la gueule quand un élève plus grand que lui réussit mieux). Et ses chemises… Les chemises de mon père. La faute de goût incarné. Des motifs qui se font plus depuis les années 80, ou des chemises qu’il a cousues lui-même dans un tissu aux couleurs d’une foret tropicales avec force fruits colorés et toucans et feuillages. Bref, le prof dont tu te rappelles, pis en plus je crois que c’est un très bon prof très apprécié, alors c’était marrant.
Mais revenons-en à ma mère la rebelle.

Qui a appelé la hot-line informatique hier (à savoir a appelé à la maison pour parler à l’Homme), et je lui ai parlé après, on a parlé de la rentrée prochaine, elle m’a parlé du programme, tu retires le français et les maths, il te reste 5,5h de cours sur la semaine, tu rajoutes du sport, de la morale et toutes les cochoncetés que nous a pondu ce crétin de ministre, bref, à quand les 35h à l’école pour vos enfants de 6 ans ? Parce que là, c’est bourrage de crâne à mort et pas le temps d’apprendre ou de comprendre, par cœur, par cœur, y’a une chanson de Renaud qui fait parler sa fille et il chante « Veulent me gaver comme une oie avec des matières indigestes, j’aurai oublié tout ça quand j’aurai appris tout le reste, soulève un peu mon cartable, l’est lourd comme un cheval mort, 10 kilos indispensables, théorème de Pythagore » et surtout cette phrase puissante et qui devient de plus en plus vraie « Ben si l'école ça rendait les hommes libres et égaux, l'gouvernement décid'rait qu'c'est pas bon pour les marmots! » Ecoutez cette chanson « C’est quand qu’on va où » de Renaud ici et vu que c’est un peu comme ça que dérive notre système éducatif, une sorte de pensée unique vu qu’il n’y a plus le temps pour la réflexion, des programmes incohérents et un peu moins de profs encore. On va en revenir à ces classes de campagnes d’avant-guerre à 50 gamins menés à la baguette qui répètent en chœur des « B. A. ba », c’est ça le but ?

On a évoqué mon article de jeudi dernier (oui, ma mère lit mon blog, je ne sais foutrement pas comment elle est elle aussi arrivée là), à se demander s’il fallait se révolter ou se résigner « Je me suis résignée assez longtemps, je pouvais pas avec mes enfants, maintenant j’arrête la résignation, je monte au créneau » « Tu sais, quand il a fallu les 500 postes en Loire-Atlantique, avec les parents d’élèves on s’est mobilisés, on a bloqué les établissements et on les a eus nos 500 postes » « Demain je vais à une intersyndicale » « J’ai décidé de me joindre au mouvement, c’est pas possible d’enseigner comme ça », on a parlé de la pensée unique qui nous guette quand 10 millions de français lisent tous en même temps la même chose (les journaux gratuits genre Métro et 20 minutes, presse la plus lue et la moins complète) et allument le JT de TF1 en rentrant chez eux le soir et qu’être journaliste indépendant sert à rien vu que quand tu dis la vérité t’es pas publié, on se disait que dérembourser l’optique c’était la porte ouverte au déremboursement des soins dentaires, puis de la contraception, et tout ce qui n’est pas « vital », déjà que le « vital » on te le fait payer à 50€/an, t’avais qu’à pas être diabétique ou migraineux ou vieux, non mais je te jure, y’en a qui ont de ces idées, avoir une maladie chronique c’est vraiment une idée à la con, bien fait les vieux pauvres malades myopes, z’aviez qu’à être jeune, riche et en bonne santé avec des bons zyeux.

Alors Mamounette se rebelle contre ce gouvernement alakon (même si c’est pas vrai qu’elle pouvait pas se rebeller avec les mômes, quand j’étais gamine je suis régulièrement allée à des manifs, et pendant les manifs anti CPE j’ai vu au dessus de la cheminée trois dossards « NON AU CPE » qu’avaient fièrement porté mes trois petites), fait des réunions avec ses ex et futurs collègues, va aux AG, bref, va tenter de faire son boulot dans des pas trop mauvaises conditions, déjà qu’elle pétoche que les gamins aient beaucoup changé, si en plus faut les traiter comme y’a 50 ans on est pas dans la merde.

Je suis fière de ma mère. 49 ans et 8 mois dans 11 jours, 6 bébés au compteur, reprend le boulot dans 6 mois, 1m58 ½, dans les 45kg,  révolutionnaire.

par Fantomette publié dans : La famille
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Mercredi 26 mars 2008
Pour commencer ces photos... Une prise dimanche soir en me balladant avec l'Homme dans les rues du quartier Bouffay (qui porte bien son nom puisqu'il accueille 95% des restaurants de la ville) (j'exagère à peine, un rez-de-chaussée sur deux est un restaurant, l'autre est un bar)... Chouette, non ? Furie, tu cherchais des idées de faire-part ???
Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit
Pour les Nantais qui voudraient la voir, il me semble que c'est aux environs de la rue de la Juiverie...

Et les autres photos sont d'une banalité terrifiante, puisqu'il ne s'agit que des nouveaux coeurs apparus chez ma mère depuis mon dernier passage, chez elle, les coeurs, c'est comme de la mauvaise herbe : ça pousse de partout, t'en retires un y'en a 12 qui viennent prendre sa place...
Des dessous de verre...

Un truc accroché

Un autre truc accroché à l'escalier (envoyé par moi de Méribel, la ville-coeur)

Un aimant fait maison sur un tableau noir

Un post-il sur le même tableau noir...

Un coeur-soleil accroché au frigo

Des aimants pas-maison...

Le bloc de post-it avec en arrière-plan La Crevette quand elle était bébée

Carte accrochée au mur...

Détail d'un dessin accroché au mur

Carte accrochée au plafond...
Carte accrochée au plafond aussi...
Coeurs accrochés à la vitre...

Méribel, deuxième, j'en avais envoyé trois à mes trois petites soeurs

Marque-page... Ca se passe de commentaires, hein ?

Sorte de... Truc violet...

Porte-photos...

Bis...

Coussin moche... Mais en forme de coeur...

Couverture d'un carnet...

Petit chat trop mignon...

Oui, moi aussi je me suis demandé ce qu'elle foutait sur le mur de la chambre de mes frangines au dessus du lit... Une sorte de vocation précoce ?

Détail d'un dessin accroché au mur...

Couvercle d'une petite boîte en terre...

Oeuvre d'art...

Autre petit chat trop mignon...

Détail d'un tableau accroché au mur...

Détail d'une carte posée sur un bureau...

Mains de La Belle, ma Frérotte (O...) ayant eu la lumineuse idée de se trouver un amoureux qui a le même prénom que le mien...

Carte de voeux 2005 accrochée aux portes-manteaux...

Détail d'un dessin accroché au mur...


Je m'arrête provisoirement, la page commence à être bien lourde et mon PC du bureau est faiblard de la RAM... Mais ne comptez pas pour autant échapper à la suite, il m'en reste une poignée...
par Fantomette publié dans : La famille
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Mercredi 26 mars 2008
Un bonbon.... Bien trop précieux pour être mangé !

Une petite bougie du marché de Noël...

Un cadeau que j'ai offert à Mèrepoule : les 6 pioupiou sont au rendez-vous...

Une carte posée sur un meuble...

Une carte posée sur un autre meuble...

Que voulez-vous, c'est une maison de filles... Et je me rends compte que moi aussi, à l'insu de mon plein gré je suis irrésistiblement attirée par tout ce qui est en forme de coeur, mais je crois bien que l'Homme fera de la résistance, il n'est pas prêt à se laisser envahir de coeurs comme chez ma mère...
Dommage *soupir*...
par Fantomette publié dans : La famille
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Jeudi 18 octobre 2007
Il y a de ces coïncidences amusantes.
Comme recevoir un mail d’une Maria Irinovskaya via le site Copains d’Avant.
Sur lequel je suis inscrite comme tout le monde.
Première interrogation, « C’est qui ? ».
Elle me répond dans son mail « Te rappelles-tu  de la chorale Wesna ? » un peu que je m’en rappelle « Est-ce bien toi qui nous avait gentiment hébergées à Bouguenais ? » un peu que c’était moi !
Enfin, c’était mon papa.
Wesna c’est un chœur d’enfants Russes de 10 à 15 ans venus en France deux fois de suite deux années consécutives et qui avaient besoin d’être hébergés, alors la commune cherchait des familles, et Madame le maire c’est une copine à papa alors elle lui a demandé.
Papa a dit oui, évidemment, il adore les étrangers, papa (on a aussi reçu des choristes Roumaines, une étudiante Argentine,…) pis comme il parle un peu Russe c’était l’occase de réviser.
On a nous aussi révisé, répétant religieusement « Dobrie dien, minia zavout Fantomette, kak tibia zavout ? » pour les accueillir correctement, elles savaient dire « Bonjour, comment allez-vous merci de votre accueil »
Passés ces quelques mots, on avait aucune langue en commun. Mais pour des mômes c’est rarement un frein alors on est devenues copines, la première année il y avait Maria, Darina et leur chef de chœur dont je me rappelle pas le prénom, le frangin dormait avec Papa, la chef de chœur dans la chambre du frangin et les deux filles dans notre chambre à ma sœur et moi, les filles étaient un peu coincées, faut dire qu’avec ta chef à portée de main t’évites les conneries. La seconde année, il y avait Maria, Leira, Darina et une deuxième Maria dont les couchages étaient répartis entre matelas par terre dans les chambres et matelas par terre dans le couloir, un mec de la DDASS serait venu il aurait cru à une colonie de vacances clandestine, des gosses partout je vous dis. Et bien qu’on avait poussé un peu les murs vu que Atrocedragon s’était installée à la maison avec ses trois gamins, je te vous raconte pas le bordel à la maison, 6 mômes + 4 Russes sans compter les parents et les copains souvent là, on a grandi dans une maison aux portes ouvertes.
Mais c’était marrant, comme le papier peint était pas posé on écrivait sur les murs en placo avec des marqueurs, on a appris à écrire nos prénoms en alphabet cyrillique, on mangeait assis en rond par terre avec un grand drap sur les genoux en guise de nappe/serviette et les plats au milieu et on rigolait bien, les Russes étaient un peu hallucinées mais elles suivaient le mouvement, elle étaient pas habituées à la vie de bohème qu’on menait avec papa.
Nos voisins ont accueilli deux des cinq garçons russes de la chorale, très charmants, d’ailleurs, ils nous avaient tenu la main à ma sœur et moi pour traverser un ruisseau en marchant sur des grosses pierres, on en avait rougi d’émotion, dites-donc, ça crée des vocations de russophone des trucs pareils.
Et là ce mail qui m’arrive de Moscou, ça me touche, je trouve ça aussi amusant qu’improbable, ça me renvoie à mes 9 ans…
par Fantomette publié dans : La famille
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Mardi 9 octobre 2007
Déjà, je vous préviens tout de suite que je suis saoule.
Papachéri est à Paris chez sa fiancée et je suis partie déjeuner avec eux.
Tous deux sont de bons vivants, et un repas c’est apéro, vin et trois plats, même le midi.
Donc du raki à l’apéro (je crois que ça s’appelle comme ça, un alcool turc à l’anis), et deux (ou trois) (ou quatre) verres de vin à table.
Et tous les deux c’est des traitres, le genre qui te dis en te remplissant ton verre « je te ressers ? », trop tard, le genre qui te retient « attends, on va te trouver des excuses pour ton retard au boulot ».
Alors on a reparlé des 20 ans de Papachéri.
Enfin, il avait 25 ans ½.
Quand il a épousé une tchécoslovaque (oui, en 82 c’était la tchécoslovaquie), un mariage blanc.
Il y était parti comme ça avec des copains à lui (oui, il existait au début des années 80 des gens qui allaient dans ce pays en tant que touristes, je les soupçonne d’avoir voulu profiter de la bière à bas prix).
Et un soir, bourré, il a promis à une tchécoslovaque qu’il l’épouserait.
Le matin, elle le réveille angoissée
« Tu te rappelles ce que tu m’as dit hier ?
-Oui
-Tu te maries toujours avec moi, hein ?
-Oui, mais laisse moi dormir »
C’était le rideau de fer, alors ils se sont écrit des lettres d’amour enflammées pour tromper les autorités.
Il l’a épousée en mars 82, en avril il rencontrait ma mère, en juin sa femme débarque en France.
Ma mère passe deux jours enfermée dans sa chambre.
Il emmène sa femme à la préfecture, ils roucoulent tous les deux expliquant qu’ils partent en voyage de noces à Venise mais qu’il faut que Madame ait des papiers sinon elle pourra pas partir.
Le mec en face est attendri par ce couple si croquignolet, ½ h après, elle a sa carte d’identité française, ils se quittent en se serrant la main sur le parvis de la préfecture, elle commence sa vie de française, lui va tenter de se rabibocher avec ma mère (qui est elle-même mariée, d’ailleurs).
Résultat des courses, ma grande sœur naît le 2 mai 84, papa est marié (blanc) avec une Tchécoslovaque, maman avec son ex.
Tant bien que mal, ils réussissent quelques mois plus tard à ne plus être mariés à un autre, ça fait désordre, surtout que le mari de ma mère a lui aussi eu un petit avec une autre, ça commence à être compliqué.
Cette histoire m’amuse, même si mon père m’a expliqué ce midi qu’il n’avait pas tiré des griffes des vilains communistes une pauvre petite malheureuse dans un pays sans perspectives d’avenir, mais que sans trop le savoir, il avait sorti un espionne.
Peu importe, comme le dit Biquette, ça fait héros quand même quand on fait comme si on croyait que c’était une pauvre petite en galère et qu’on savait pas qu’elle bouffait à tous les râteliers y compris ceux des gouvernements qu’elle croisait en cours de route.
Quoique… « mon père a épousé une espionne soviétique pendant le rideau de fer », ça en jette aussi, non ?
par Fantomette publié dans : La famille
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Lundi 6 août 2007
Souvent, la nuance entre week-end idyllique et week-end atroce n'est pas si claire que ça.
Voire franchement floue dans mon cas.

Voyons les arguments en faveur du week-end idyllique :
-Toute la famille, excepté Frelot (au chantier) et Frérotte (à Bordeaux), soit Mèrepoule, Beaupère, Papachéri, les 5 derniers enfants des sus-cités, l'Homme, Mémé, Mini-Tatie (je crois qu'elle atteint même pas le mètre 50) Biquette et son mec (ouais, ils sont pas de la famille, et alors ?!?) et moi.
-Moules cueillies avec amour et cuisinées à merveille par Mèrepoule en prévision de ma venue « tu te rappelles quand tu allais à la cueillette des moules avec ta mémé ? » Oh oui, et j'en garde un souvenir ému.
-Température parfaite, bien chaud mais pas trop, la mer est bonne, la baignade en drapeau vert et le parasol à rayures.
-Plage à 5 minutes de marche et maillot de bain tout neuf (maillot noir sur peau extra-blanche)
-Les pieds sous la table bicôze Mamounette-Mamita gère tout, de la bouffe à l'approvisionnement en serviettes de bain en passant par la préparation du goûter à la plage ou du pique-nique pour le retour à Paname-city (qui sera en réalité Limeil-Brévannes-city mais c'est un peu moins la classe)
-Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, y compris le gentil médecin de garde du dimanche et la gentille pharmacienne de garde aussi.

Voyons donc à présent les arguments en faveur du week-end pourri :
-Migraine de samedi 5h à dimanche 16h.

Oui, c'est tout. Mais une migraine comme rarement. Le prenez pas mal, mais si vous êtes pas migraineux ou ne vivez pas depuis 10 ans avec un(e) migraineu(se)x, vous pouvez pas comprendre la douleur et le handicap que c'est. Passé mon samedi à tester les médocs de maman (migraineuse aussi) aussi inefficaces que les miens, me suis endormie sous le parasol et mon chapeau à la plage. Le soleil a tourné, l'ombre a bougé, mon chapeau s'est envolé, j'ai crâmé et me suis trop ensoleillée, je me suis sur-migrainée et ai passé ma nuit à gerber. On pourrait en faire un poème mais dimanche matin, Mèrepoule a appelé le samu et m'a emmenée, moi et ma bassine, pantelante, la tête pendouillant à la fenêtre de la voiture pour avoir de l'air chez un doc d'urgence, j'étais livide, complètement amorphe en train de pleurer de douleur et de gémir sur une table d'examen à essayer de m'endormir par tous les moyens pendant qu'il me faisait une piqûre dans la fesse gauche (heureusement que Mèrepoule, migraineuse aussi, traduisait mes râles et disait quoi faire au médecin pas migraineux et ne vivant pas depuis 10 ans avec une migraineuse, elle savait exactement ce qu'il fallait m'injecter et à quelle dose et quoi mettre sur mon ordonnance) et j'ai joyeusement fini en frôlant le malaise dans la pharmacie bondée (la gentille pharmacienne m'a gentiment emmenée dans les toilettes de l'arrière boutique pour pas que je vomisse sur son étalage) et j'ai fini par vomir mon médicament anti-nausées dans ma bassine sur le parking de l'intermarché.

Piqûre du doc' (10h30) + anti-nauséeux vomi (11h30) + cachets (12h) + anti-nauséeux pas vomis (12h30) = migraine qui passe à 16h…

C’est con, mais vous pouvez pas comprendre l’angoisse (et je pèse mes mots) qui peut vous saisir à la moindre nausée injutifiée, le moindre trouble de la vue, un soleil trop présent ou pas assez de vent, une odeur, de la pollution. Le réveil qui doit sonner même le week-end puisqu’une grasse matinée provoque une migraine. Se lever quand même en cas de réveil impromptu à 6h un dimanche puisque se rendormir après un réveil provoque une migraine. Ne pas oser boire un verre de plus ou manger une part de gâteau au chocolat ou zapper le café du matin ou le fromage puisque tout ça peut provoquer une migraine.
On se bourre de médocs par trouille, samedi j’ai pris deux Zomig, deux Imigrane, 1,5g d’aspirine, dimanche, 1 injection d’anti-inflamatoire, un mélange antalgiques-opiacés, 6 anti-nauséeux (dont deux que j’ai pas gardés…), et on se fait des migraines médicamenteuses parce qu’on prend trop de médocs. On nous apprend qu’on est des fainéants quand on ne va pas travailler à cause d’une migraine, que c’est pas grave et qu’on n’a qu’à se secouer. Un peu comme la dépression il y a encore pas si longtemps. Les dépressif, c’était une maladie de riches qui avaient que ça à faire, c’étaient des fainéants.
On se sent incompris quand on est migraineux. Vous imaginez pas la douleur que provoque un escalier à monter en crise, la différence de niveau, l’effort physique. Sortir du métro autrement qu’en escalator en pleine crise c’est atroce. On est comme des asthmatiques. C’est une maladie chronique. Il y a des déclencheurs de crises, parfois des crises inattendues, on a un traitement ponctuel, et parfois un traitement de fond, on redoute les crises. Bien sûr, la majorité des crises sont moins violentes, les traitements sont plus ou moins efficaces mais on s’en sort, et bon an mal an, ça passe. Pour tout le monde, une migraine c’est un mal de tête. En fait, c’est juste un symptôme, le mal de tête. Une migraine, c’est une narine bouchée du côté de la crise, des pulsations de sang dans une tempe, la moindre lumière qui devient insupportable et le moindre bruit devient 10 fois plus puissant qu’il ne l’est, une seule personne qui parle donne l’impression d’une foule qui parle tout le monde en même temps. C’est une sensation de « nerf bloqué » dans le cou ou les épaules, et un écoeurement devant un aliment d’habitude apprécié, une nausée persistante, une grosse fatigue sans raison.

Et surtout, quand la migraine passe, une impression de ressuciter. Une envie de chanter tellement ça fait du bien, envie de rire quand ça passe, enfin. Une joie intense d’être libre, libéré.

Ne prenez pas les migraineux pour des gens qui ont mal à la tête. Si un collègue sèche le bureau pour cause de migraine, le traitez pas de fainéant. Si un guichetier à la banque vous regarde avec l'air de rien comprendre et en se passant la main sur la temps, ne vous dites pas qu'il est payé à rien foutre et qu'il s'ennuie. J’ai bossé avec 40°C de fièvre et une otite, et ai quitté mon poste pour me planquer dans un coin sombre et silencieux en cas de crise de migraine. Mais à tous les migraineux qui souffrent, contactez les centres de lutte contre la douleur, allez au CHU de votre secteur et demandez un dossier à remplir, demandez à votre médecin traitant de vous envoyer chez un neurologue, n’ayez pas honte d’avoir la migraine. C’est une maladie chronique, on peut se soigner.

Depuis ce matin j'appelle tous les centres de traitement et de prise en charge de la migraine, je dois trouver un traitement et une vraie prise en charge. Migraineux (franciliens) qui me comprenez, j'ai pas mal de numéros de téléphones si ça vous botte…
par Fantomette publié dans : La famille
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Dimanche 15 juillet 2007
Je vous expliquerai dans quelles circonstances plus tard, mais on a fait une fête surprise pour les 30 ans de l'Homme et ma famille est montée à Paris, j'ai offert une Wii à l'Homme.
Mes soeurs ont découvert le jeu de boxe.
Ma coeurette si tendre, si douce, si jolie et si délicate a tout simplement mis KO une demi douzaine de gaillards, elle a THE technique.
Voyez plutôt...

par Fantomette publié dans : La famille
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Vendredi 13 juillet 2007

Quelle trouille… Je viens d’appeler ma mère au bord des larmes (je veux dire, les larmes au bord du menton, je m’entends).

C’est pas notre fort, le rein, chez nous.

Maman, ma frérotte et moi on se tape des cystites dont la moitié dégénère en infection du rein (c’est quand ma mère m’a dit qu’elle aussi et frérotte aussi que ça m’a rassurée, depuis le temps elle n’est ni stérile, ni morte donc c’est juste chiant et douloureux mais pas grave).

Mon frangin, lui se tape un rein hyper dilaté, mais vraiment gros avec une bosse dessus, apparemment une des cavités interne du rein est tellement dilatée qu’elle dépasse du rein, d’où la bosse.

D’où hier pour le frangin doc’ => écho => urgences, et heureusement que la voisine infirmière connaissait un doc d’astreinte qui a pris le frelot avant tout le monde sinon il y passait la nuit.

Extraits du mail de ma mère

« chez le toubib, ton frère ne sachant plus comment se mettre tellement il avait mal au dos, ne pouvant plus tenir sur sa chaise, a préféré le sol, il se tortillait dans tout les sens »

« il y a un problème de jonction à la sortie du rein, si bien qu'il est très gros car dilaté, mais ce n'est pas d'aujourd'hui vu l'état »

« Nous sommes quand même rentrés car l'hosto déborde et je l'ai gardé sous mon aile, je ne suis pas sûre de bien dormir cette nuit, il est allé se coucher avec 37°7 et ce n'est pas bon signe car si la fièvre continue de monter il faudra retourner aux urgences pour qu'on lui pose une sonde pour libérer son rein sinon il risque de le perdre. »


Moi, je lis ça, je panique.

Bon, c’est pas grave, la fièvre n’est pas remontée donc ça va.

Maman elle est comme moi. Elle écrit d’abord pour elle, pour coucher toutes ses émotions, faire le tri, remettre dans l’ordre et se soulager, l’écriture ça soulage, ça permet de faire le vide.

Alors elle m’a envoyé un mail très très chargé en émotions, elle m’a envoyé toute son inquiétude de la journée de mère poule (« je l’ai gardé sous mon aile » et un peu plus haut dans le texte « J'ai ramené mon pioupiou à la maison »), sa peur, son angoisse de mal dormir de peur de se faire réveiller par un fils brûlant de fièvre à amener d’urgence aux urgences, je vous raconte pas, moi je suis une éponge…

J’ai appelé paniquée.

Pis ce qui me fait flipper, aussi, c’est que le père de maman est mort d’un cancer du rein qui s’est généralisé. Frérotte en a parlé à l’urologue qui a eu beau jurer que ça a rien à voir avec ce qui nous arrive, dans le fond, ça reste une trouille, si il y avait une fragilité génétique de ce côté-là dans la famille ?

Bref, Frelot risque pas de mourir, il devrait même garder ses deux reins vu que la fièvre est pas remontée, moi aussi j’écris pour me soulager…

par Fantomette publié dans : La famille
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Vendredi 15 juin 2007

Si vous avez un peu suivi, pour la fête des mères le repas a dégénéré en crise parce que le plus grand neveu de l’Homme a fait un caprice ; ses parents l’ayant grondé il n’y a eu que sa grand-mère pour l’écouter alors il a déversé un flot d’horreurs comme quoi il était malheureux, pas assez aimé comparé à son petit frère, à la limite de la maltraitance, quoi. Et sa grand-mère sûrement émue de voir un gamin raconter de telles horreurs avec toute la conviction de sa vexation a pété un plomb en faisant irruption dans la salle à manger en hurlant à la maltraitance.

Ce qui fait qu’après deux bouchées d’entrée, tout le monde a mis les voiles, le grand-père à la pétanque, les neveux sous le coude de leurs parents, moi j’étais réfugiée dans la Fantomobile attendant l’Homme qui jouant les médiateurs ne m’a finalement pas rejointe.

Malgré les craintes de l’Homme face à la situation et aux risques (rupture des liens, par exemple) moi je suis assez sereine, pour deux raisons :

-Ce n’est pas ma famille

-Il n’y a pas de vieux dossiers ou de rancœurs cachées, ce qui fait que cette crise ne servira pas de prétexte à d’autres reproches, les choses se tasseront aves le temps.

Et surtout, surtout…..

Les crises familiales, j’ai mon diplôme dans le domaine, de mes 10 à mes 18 ans, ça a été du non-stop ou presque. Des coups bas, des vacheries, des tentatives de nous monter les uns contre les autres, des insultes,…

Bon, surtout de la part de la connasse d’ex-femme de papa (puisse-t-elle être dévorée vivante par des rats galeux et crever dans d’atroces souffrances) mais bon, tout le monde s’y est mis et heureusement qu’avec les frangins on a joué les mousquetaires un pour tous-tous pour un sinon on y aurait laissé plus de plumes que ça. Après, faut pas dramatiser, on avait un contexte familial pas évident mais on se faisait pas cogner ou maltraiter, les adultes ont juste pas assuré à 100% dans leur rôle de « devoir de neutralité » envers les enfants (prendre des mômes à témoins ou à parti pour leurs engueulades à eux c’est limite). Alors nous, petits cons  bien élevés (« œil pour œil, dent pour dent », tel était le mot d’ordre), selon l’humeur et le caractère de chacun, on gueulait plus fort que les adultes et courrions nous réfugier dans le giron maternel en jurant que « cette fois, maman, je te jure que je vais la tuer cette salope », maman réconfortait, donnait des mouchoirs « oui, oui, t’oublieras pas d’appeler ton père pour lui dire que tu es chez moi, d’accord ? », Beaupère se foutait un peu de la gueule de l’Autre comme nous l’avions appelée, les petites sœurs venaient se coller à nous en sanglotant « Quand tu pleures ça me rend triste alors je pleure aussi » et ça finissait par en rire tout l’hiver, une fois elle avait dit que maman faisait des gosses pour les allocs, à compter de ce jour, maman nous a ostensiblement appelés « mes gagne-pains ». Et pendant des heures, on préparait les répliques qui tuent. Si possible blessantes et vachardes. Qu’on sortait dés que l’occasion se présentait. Ce qui envenimait la situation et créait une nouvelles crise alors on allait pleurer dans le giron maternel en jurant que…

Bref, mouvementé tout ça, jusqu’à la crise finale en octobre 2003 où je suis partie définitivement de chez lui pour vivre exclusivement chez ma mère, je n’ai pas vu mon père pendant des mois, il m’avait fait trop mal à ne défendre que sa femme, il flippait qu’elle se barre alors elle avait tous les droits pourvu qu’elle reste et nous, rien, je n’ai plus supporté, j’en ai eu marre de me faire pourrir la vie.

Alors qu’aujourd’hui, de l’eau a coulé sous les ponts, il a divorcé, est enfin redevenu superpapa, je suis la fifille fan de son pôpa qui l’appelle et le voit dés que possible et trouve que franchement, il assure avec ses deux petits à Nantes, sa fiancée à Paris, son boulot où il fout pas grand-chose grassement payé par l’Etat (j’adore ceux qui sont scandalisés (jaloux ??) par ça, qu’ils y aillent ! 5 ans post-bac, concours de prof, agreg et enjoy !) et que même s’il a déconné, je vais pas perdre mon temps à lui en vouloir…

Bref, comment dire…

Je ne m’inquiète pas sur l’unité de la famille de l’Homme, je sais que dans quelques semaines/quelques mois (le plus vite possible évidemment mais laissons le temps au temps), tous sera redevenu comme avant…

par Fantomette publié dans : La famille
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