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La famille

Samedi 28 janvier 2006 6 28 /01 /2006 14:48

Chouette retour en arrière hier... Appel vers 14h, ma cousine que je savais être à Paris pour ses études depuis septembre mais on n’avait pas eu l’occasion de se voir. Elle arrive prendre le thé à la maison, on parle de tout et de rien. Et on se rappelle. Elle et sa soeur ont été adoptées il y aura 15 ans cet été, 15 ans... Elles étaient toutes petites, nous aussi d’ailleurs mais bon. Elle bafouillaient quelques mots d’anglais mais ne parlaient pas français et nous ne parlions pas éthiopien. Alors ma soeur et moi avons répété religieusement “This is a present for you” pendant des heures. Nous avions nos belles robes, notre petit paquet à la main, un gilet pour chacune. Elles les ont portés jusqu’à ce que les manches leur arrive au niveau des coudes et le bas au dessus des côtes. Nous avons bredouillé nos quelques mots en tendant les paquets, fait de la balançoire Presque surprises de voir des petites filles noires, dans la petite ville où on est nées il y en a si peu. Mais bon, finalement, elles n’ont pas l’air si différentes de nous, excepté cette langue étrange qu’elles parlent entre elles, ça ne ressemble à rien de connu mais c’est impressionnant, elles ont l’air de se comprendre ! Mais bon an mal an, on se comprend un peu et elles ont plutôt l’air sympas malgré leur timidité et leur langage bizarre. Et puis vous dîtes à un enfant de cinq ou six ans qu’il a deux nouvelles cousines qui vont arriver par le prochain vol en provenance d’Ethiopie, ça lui paraît presque normal, les secrets de la conception des bébés n’étant pas tout à fait assimilés. Et elles ne sont pas de la même couleur, il paraît qu’il y a beaucoup de soleil en Afrique, elles ont du vachement bronzer pour être aussi noires. Mais c’est chouette d’avoir des nouvelles cousines qui arrivent déjà de notre âge et avec qui on peut jouer tout de suite, ce ne sont pas des bébés qui doivent grandir avant de pouvoir jouer. C’est plutôt sympa ! Nous on est fières à l’école à la rentrée ! On a des nouvelles cousines et en plus, elles sont noires ! Il y en a qui ne nous croient pas. Oui mais nous on a les photos. Oui mais “ça se peut pas que ça soit ta cousine”. Pfff, bande de jaloux. On grandit ensemble, on s’éloigne un peu, on se croise aux repas de famille ou en ville mais même si on ne se voit pas très très souvent, le lien reste fort.

Et là, elle débarque chez moi, me raconte. Ces quinze années, le retour en Ethiopie à plusieurs reprises, la grande soeur là-bas, la maison, la famille biologique, la famille adoptive, la vie de ses parents biologiques, la marraine, les voisins, la double histoire en fait.

Quelle richesse. Elle est là, si française et si éthiopienne. Quand on y pense, c’est incroyable. Une histoire familiale plutôt triste. Et les voilà. Dans leur jolie robe du dimanche, des tresses plein les cheveux, comme des petites antennes d‘extra-terrestres qui bougent dans tous les sens à chaque mouvement. Les robes à fleurs ont laissé la place aux jeans et les tresses aux dread locks.

Mais c’est vraiment les mêmes qu’il y a quinze ans, en fait, comme nous, je trouve ça magique.

Par Fantomette - Publié dans : La famille
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Dimanche 5 février 2006 7 05 /02 /2006 09:12

Vous connaissez Daniel Pennac ?

Auteur virtuose, papa virtuel de la famille Malaussène (dont les pères biologiques sont désespérément absents), créateur de l’histoire invraisemblable d’une famille de Belleville dirigée par le grand frère protecteur à qui la mère ne rend visite que pour accoucher et repart vers un nouvel amour et un nouvel enfant. Famille inhabituelle, improbable mais harmonieuse et aimante. Famille dont un des enfants inlassablement baptise tous les nouveaux-nés de la famille selon la première impression que l’enfant donne sur son entourage. Ainsi vont grandir au sein de cette famille entre autres, C’Est Un Ange Malaussène, Verdun Malaussène, Monsieur Malaussène Malaussène. Les amours du grand frère, les catastrophes à répétition, les morts, les drames et tout ça qui vit sa vie avec le chien épileptique dans leur maison « la quincaillerie » de Belleville.

J’ai toujours adoré les histoires de familles compliquées la mienne n’étant pas mal dans ce genre.

 

1982, papa et maman se rencontrent

1984, naissance de ma grande soeur

1985, ma naissance

1988, naissance de mon frère

1991 ils se séparent

1991 maman rencontre celui qui partage sa vie depuis 15 ans

1994 papa rencontre celle avec qui il restera 10 ans déjà mère de trois enfants

1994 naissance de la première fille maman/beau-père

1998 naissance de la deuxième fille maman/beau-père

1998 papa épouse celle qui est désormais son ex-femme

2000 naissance de la fille papa/belle-mère

2000 naissance de la troisième fille maman/beau-père

2002 naissance du fils papa/belle-mère

2004 départ du domicile familial de la grande

2004 mon départ du domicile familial

2005 mariage maman/beau-père

2005 divorce papa/belle-mère

2005 papa reconnaît enfin dans une amie de fac la femme de sa vie qui l’attend depuis pas loin de 25 ans.

 

Et encore, je résume. J'oublie volontairement le premier mariage des deux parents, l'un était blanc, l'autre était une erreur de jeunesse (dont les deux divorces ont été prononcés si mes souvenirs sont bons après la naissance de ma grande soeur, compliquant évidemment un peu les choses), les baby-sitters à qui on en a fait voir de toutes les couleurs jusqu'à celle qui a su nous mater et devenir notre nounou préférée, et pas mal de péripéties qui ont accopagné ces 24 années.

 

Comme chez les Malaussène, un beau bordel. Ca piaille, ça s’aime, ça s’engueule, ça veut plus se voir, ça se manque, ça se dit "je t'aime" et ça se fait des bisous. Une famille au sens très large du terme. Tant bien que mal tout ce petit monde cohabite plus ou moins selon les fratries, les départs de la maison, avec parfois en plus les (petit(e)s-)ami(e)s ou les cousin(e)s. Quand on fait à manger pour 8, si on est 10 à table c’est pas un problème. Enfin, pas chez nous.

 

D’aucuns pourraient penser que ça encourage pas vraiment. Eh ben si, ça donne confiance en l’avenir. Je sais pas trop pourquoi mais ça donne envie de vivre vraiment. De se faire des Brother&Sisters parties, de profiter du moindre moment de calme et de tous les moments d’effervescence, de profiter que la grande sœur soit étudiante pour avoir des réducs sur les forfaits de portables et payer des clopes en loucedé au p’tit frangin pour que l’argent de poche puisse lui servir à payer des cadeaux à sa nana. Se laisser aduler par la petite de onze ans pour qui « la grande sœur de Paris » est parfaite et lui donne au passage un prétexte pour flamber auprès des copines, surprotéger les petits surtout  celle de huit ans parce qu’elle est tellement belle que c’en est scandaleux, et écouter les élucubrations et les épanchements loufoques et si justes de la petite dernière babillant inlassablement sur tout et rien (la preuve… mais ce n’est qu’un minuscule extrait de son potentiel). A chaque nouvel agenda noter toutes les dates d’anniversaire et de fêtes des frères et sœurs, parents et beaux-parents ; se recompter aux repas de famille pour se dire que oui, on est bien tous là et que tant d’enfants ne prennent pas tant de place en fait ; quand les petits reçoivent un dvd Disney aux anniversaires, se jeter dessus avec les deux grands pour être les premiers à le regarder.

 

C’est tellement tout...

Par Fantomette - Publié dans : La famille
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Jeudi 16 février 2006 4 16 /02 /2006 06:30

A ce qu’il se dit, les rapports sont proches entre une file et son père, entre un fils et sa mère. Ne parviendrions-nous pas à digérer ce complexe Oedipien dont on nous rabat les oreilles depuis Freud ?

Il semblerait bien que oui. Moi j’ai pas juste un père. Mais j’ai Mon Pôpa. Pasque d’abord, objectivement, il faut bien admettre que c’est le meilleur du monde. Mais si je me penche sur le plan subjectif, il est encore mieux !!!

Il est marrant, dans ses yeux j’ai encore huit ans.

Pis ma frérotte et mon frérot et la gonzesse de mon frérot et le futur mec de ma frérotte et une copine à eux sont venus à paris ce week-end. Of course, il lui ont dit qu’ils passaient à Paris, dans le quart de seconde il envoyait sa voiture plus grande que celle de ma frangine chez le garagiste pour qu’elle soit prête à temps (alors qu’elle ne lui avait rien demandé), fait un plein (on connaît le prix de l’essence, ma sœur est étudiante mais elle ne lui avait rien demandé), laisse une « enveloppe » contenant de quoi payer l’autoroute pour au moins cinq allers/retours (l’autoroute coûte 46€ aller/retour, à cinq ça reste correct mais elle ne lui avait rien demandé), du coup on est allés au restau tous ensemble, ça a payé les tickets de métro de toute la troupe ainsi que les bières et la montée tout en haut de la Tour Eiffel (ah, ces provinciaux…) et le reste a payé les clopes, la troupe sus-désignée a daigné se payer elle-même sa tasse de thé au petit bistrot Marocain près du Père Lachaise. Enfin… J’ai bien tenté de la jouer princesse en payant ma tournée mais on m’avait précédé.

Quand ils sont partis en Hollande, non seulement il n’a posé aucune question quant au but bien évidemment non-avoué de ce voyage (les paysages du bas pays n’intéressant que peu les voyageurs) mais a fait la même, voiture + plein d’essence.

Et là, il est amoureux. On dirait qu’il a 15 ans. Quand sa fiancée l’appelle « Mon amour », il a un sourire bêta et rougit.

C’est une vraie petite femme des années 50, qui fait la cuisine (comme un dieu), les courses (comme tout le monde), le ménage (comme il peut), le linge (comme il a récupéré ma machine parce qu’il y avait pas la place chez moi), s’occupe des enfants (comme ils sont adorables…), tout ça et c’est mignon.

Ma sœur qui cafte que j’ai un nouvel amoureux chez qui j’ai passé mon week-end leur laissant profiter de mon placard avec balcon en guise d’hôtel, dans les quinze secondes il m’appelle l’air de rien «Ca va ? Alors, le boulot ? Tes frères et sœurs m’ont dit qu’ils n’avaient pas eu beaucoup le temps de te voir ce week-end ? », je fais exprès de pas comprendre et réponds qu’effectivement je n’étais pas chez moi parce qu’à partir de trois ça devient un peu juste comme surface. « Oui, Ta sœur m’a dit que… Enfin… Que tu étais allée passer ta soirée… Hum… ta nuit… bref, que tu étais en charmante compagnie, quoi », moi innocente « Ah oui, tiens, les nouvelles vont vite ! Oui c’est vrai, sinon les petits vont bien ? Tu seras à Nantes ce week-end parce que je rentre ? » Il s’est résigné à s’en tenir aux banalités d’usage. Mais avec cette petite pointe d’inquiétude, sa toute petite fille à peine sortie de ses langes qui pourrait aimer un autre homme que lui ?

C'est le meilleur...

Par Fantomette - Publié dans : La famille
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Lundi 20 février 2006 1 20 /02 /2006 14:58

Ca devait être un week-end tranquille.

Juste des retrouvailles comme environ une fois par mois.

Sauf qu’en plus un ami m’accompagnait, depuis le temps que je lui parle de la famille… Il voulait voir Nantes-la-Magnifique, mes quelques 7 frères et sœurs, et partir pour une fois loin de Paris, seule ville qu’il connaît de la France. Prendre le TGV pour la première fois.

C’est parti, vendredi, on se retrouve à 20h30 devant le Quick de Montparnasse, et on décolle.

Deux longues heures de train, « Mesdames, messieurs, dans quelques instant nous arrivons en gare de Nantes. Nantes, terminus des voitures 1 à 10, veillez à ne rien oublier à votre place ».

Quelques minutes plus tôt « mais non, il ne pleut pas tant que ça en Bretagne ». Quoique certains esprits chagrins m'objecteront que Nantes n'est pas en Bretagne. Et le château de la Duchesse Anne de Bretagne il est où ? Séparons la Bretagne géographique de la Bretagne historique ainsi que les Nantais qui comme moi osent se prétendent Bretons des stupides partisans du rattachement de ma belle ville à la Bretagne. Pis d’abord mon nom finit en –ec, si ça c’est pas une preuve… Mais je m’égare. Bref, on sort sous une averse qui m’empêche d’allumer la première clope post TGV, ça m’énerve. A la sortie, des millions de personnes se tassent sous le minuscule abri. Fièrement, je décide de braver les intempéries et de quitter cette masse grouillante afin de repérer au loin la voiture de mon beau-père ou de ma sœur (je ne sais pas qui doit venir nous chercher). Non mais oh, j’ai grandi entre la Bretagne et la Normandie, je suis pas en sucre, moi. La pluie me trempe jusqu’aux os, je résiste, j’ai un peu d’amour propre.

Enfin la voiture, direction la maison où je suis née. Et là, ils se sont mis en tête de faire un arbre généalogique, avec de la famille que je savais même pas qu’ils existaient, des cousins en veux-tu en voilà, des grands-oncles à n’en plus finir. Une nappe en papier déroulée sur la grande table, allez… Un mètre de large sur 2,5 de longueur. Le temps de me jeter sur les petits plats de ma maman (ce genre de personne est horripilant, vous savez, ces gens qui transforment en or tout ce qu'ils touchent. Vous lui laissez un paquet de pâtes (complètes et bio, s'il vous plaît sinon elle ne le regardera même pas), trois carottes et elle est capable de décrocher trois étoiles dans le Michelin), la voilà qui commence à me gâcher mon week-end.

« C’est quoi le nom de jeune fille de l’ex-femme de ton père ?

-Quoi ? Tu comptes quand même pas la mettre sur l’arbre généalogique cette conne !

-C’est une conne, certes, mais c’est aussi la mère de ton frère et ta sœur

-Non, ils sont nés de mère inconnue, ça arrive parfois

-Arrête ton char, comment elle s’appelle ?

-T’as qu’à écrire « L’autre » ou « La Salope »

-Fantomette, c’est bon, c’est quoi son nom de jeune fille ?

-Pfff… « Connasse B*l*a*g*r »

-Son prénom je le connaissais déjà, je voulais juste son nom, merci. »

*grognon*

Bon, vais aller me coucher, moi c’est que j’ai quelques semaines de sommeil en retard, il est temps de rattraper tout ça. Un frémissement de plaisir me parcourt l’échine en pensant au bon matelas moelleux, à la montagne d’oreillers, à l’édredon en plumes et à l’odeur inimitable qu’a le linge dans cette maison, à la grasse matinée de demain, et à ce plongeon dans un sommeil si profond quand je dors ici, sans chat qui me réveille en pleine nuit, les petites sœurs pas loin, enfin…

Je range mon assiette dans le lave-vaisselle avec cette pincée d’appréhension. Et merde, il est plein. De vaisselle propre.

*re-grognon*

Je le vide en ronchonnant.

Et monte dans « ma » chambre en ayant montré à L’Amico sa chambre à lui « Tiens, tu verras qu’ici on dort comme nulle part ailleurs ».

« Mon » lit est dans la mezzanine de « ma » chambre, Coeurette (5 ans) et La Crevette (8 ans) dorment au rez-de-chaussée, La Belle (11 ans) dort en haut. Il y a largement assez chambres dans cette maison, elles s’obstinent à dormir toutes les trois ensemble. Je me mets en chemise de nuit sans bruit dans la salle de bain, vais dans la chambre sur la pointe des pieds, tâtonne pour trouver l’escalier, mes yeux s’habituent à l’obscurité. Oh, les garces ! Elles sont dans mon lit-à-l’édredon-moelleux-à-la-montagne-d’oreillers-à-l’odeur-parfaite… Elles m’ont attendue espérant que je me glisserai au milieu pour dormir avec elles. Mais elles oublient qu’à déjà trois entre 5 et 11 ans dans un lit deux places, fallait pas non plus qu’elles s’attendent que mes 20 ans et mon mètre soixante-dix puissent se glisser au milieu.

Dépitée, je me dirige vers le lit de La Crevette. Huit ans, haute comme trois pommes et une crêpe, le poids d’un oiseau qui mange pas. Et le lit en conséquence. Quatre vingt centimètres de large, dans les un mètre quatre vingt de long et un matelas dur, mais dur… Et une toute petite couette et un seul oreiller Je dois pas avoir l’air fine, tiens, pliée en huit, toute ronchon sous une couette rose avec des fées. Les lits des deux autres disparaissaient sous une épaisse couche de livres, peluches, vêtements et corps étrangers incompatibles avec le sommeil en tous genres.

Suis si fatiguée que je m’endors en quelques secondes. Pour être réveillée par trois furies le lendemain à 8h. HUIT HEURES !!! MAIS BORDEL JE SUIS EN WEEK-END !!!

Suite demain

Par Fantomette - Publié dans : La famille
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Mardi 21 février 2006 2 21 /02 /2006 06:30

Mais je ne me rends pas compte de l’heure tout de suite. Je descends,  m’apprête à préparer le petit déj, quand mes yeux se posent sur le réveil. Le pain n’est même pas fini de cuire, je transgresse la règle number one, envoie mes sœurs devant la télé, préviens la grande « Réveille-moi quand le pain est prêt, je retourne me coucher ». Une heure plus tard « Eh, tu te réveilles ? Le pain est cuit » Bon, 9h, c’est moins indécent mais ça reste très matinal. Je me venge sur le pain maison tout chaud et croustillant noyé dans le Nutella. Mon frère, ma sœur doivent arriver pour 11h15 à la maison, appel de la frangine, il est vers les 11h10.

« Je serai peut-être pas là pour 11h15 pile, tu préviens les parents que je serai un peu en retard ? 

-En retard genre 11h16-17 ou genre 11h 35-40 ?

-Ben… Un peu en retard, quoi »

Bon. Et qui la dépose en voiture juste sous nos yeux à Tous à 11h37 ? Eh ben ça y est, depuis le temps qu’on disait « le futur mec de ma sœur », on y est, c’est officiel. Elle a les yeux explosés de n’avoir dormi qu’une heure et demie, le sourire jusqu’aux oreilles et plus si elle pouvait.

Pause clope tous les trois, Chacun y va de son couplet sur « comment ça a commencé avec mon mec/ma nana », avec force détails à l’appui.

Elle appelle son homme, il vient manger à la maison, tant qu’à faire plus on est de fous plus on rit, j’appelle mon père, il vient prendre le café avec ses deux petits, quand il arrive, nous sommes 14 à la maison. Les huit enfants, les trois parents, le mec de la grande sœur, la nana du petit frère, L’Amico. Une photo de nous huit me fait enfin prendre conscience que nous sommes une famille nombreuse. De nous voir là, tous côté à côté par ordre de naissance m’émeut et me fait drôle. Putain, huit… de 22 à 4 ans, deux pères, deux mères, trois fratries. Alors que comme ça, ça paraît pas tant que ça finalement, on doit souvent se recompter pour être sûr, on est au milieu, on n’a aucun recul sur nous. Mais de nous voir… Ben… Je sais pas, j’étais toute chose…

Bref, let’s go shopping, allons visiter Nantes-la-Magnifique, on est quand même un peu venus pour ça à la base. On commence par le classique Place du Commerce, Passage Pommeraye, la rue du Calvaire, moi pensant naïvement qu’on enchaînera sur la Place Royale, Le Château Des Ducs, Et tous ces coins qui valent le coup d’œil. Oui mais dans la rue du Calvaire, il y a un H&M… Et mon instinct féminin ainsi que l’instinct pd de L’Amico nous poussent irrésistiblement à l’intérieur. Deux pulls, une jupe et un top plus tard, nous arrivons à décoller. Ca me rappelle que mon chargeur est mort (rongé par mon animal féroce), encore un petit investissement. Ah, une parfumerie, j’ai besoin de quelques trucs justement, je repars avec une poche qui pèse un âne mort remplie de crèmes, lotions et autres gommages et gels douches parfumés.

Le Bennetton est pas loin, L’Amico y trouve le pull de ses rêves. En taille S. Définitivement non. Une larme à l’œil on repart vers de nouveaux horizons. Le temps de se rendre compte qu’il est déjà 20h et qu’on va arriver en retard pour les bonnes galettes de la Reine-Mère et ça, c’est hors de question.

Mais qu’est-ce que c’est bon, les vraies de vraies galettes maison bien grillées, fondantes avec du beurre aux cristaux de sel qui fond dessus… La classique appelée « galette mamita » (spécialité maternelle) et la non moins classique dessert, galette beurre salé/sucre. Je pourrais tuer pour un seul de ces repas. Et on repart dans mon ancien QG, un bar gay du centre ville. C’était un bouge avant, sombre, éclairage bleuté, la back-room au sous-sol et qu’à moitié bien fréquenté mais on connaissait le patron et les tournées gratuites n’étaient pas rare. Et on y avait les pass pour l’entrée en boîte ou on passait selon les périodes entre une nuit sur trois et toutes les nuits. Et là… Clair, lumineux, super déco, une baignoire avec deux sièges à l’intérieur, des couleurs, chaleureux et accueillant. Je demande les ingrédients du cocktail du bar, quand le serveur m’annonce « rhum/vin blanc » et autres, je me rabats sur un demi, essayant de rentrer entière chez mes parents. Il m’apporte mon demi et… Un bon demi-verre du cocktail pour que je teste quand même. Bref, pas tout à fait en pleine forme, nous réintégrons mummy’s home, dodo à 2h. Le téléphone sonne. Croyant d’abord à une hallucination auditive due au mélange de rhum, vin blanc et bière, je laisse. Mais non. Mon père qui cherche un dictionnaire.

« Eh, p’pa, il est quelle heure

-Là il est 8h30, je pars au marché avec les enfants

-Dimanche matin, il est 8h30… Non mais ça va pas ?

-Tu as vu mon dictionnaire de Russe ? D’ailleurs j’ai un matelas pneumatique à ta grand-mère, tes sœurs en auront besoin pour la Bretagne, tu crois ?

-Sais pas, sais plus rien, plus de cerveau, il est trop tôt pour les pas insomniaques, j’te rappelle si j’ai un souvenir de cette conversation en me réveillant pour de vrai »

Je me rendors pas. Evidemment.

Suite et fin demain

Par Fantomette - Publié dans : La famille
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Mercredi 22 février 2006 3 22 /02 /2006 06:30

Je me console comme la veille, et noie ma tristesse dans le Nutella. Et le pain frais croustillant. Mais faut qu’on se dépêche, la grand-mère a loué un gîte dans un bled au nom bretonnisant imprononçable et veut à tout prix qu’on aille y passer la journée, une heure et demie de route. Branle bas de combat. Le beau-père s’occupe de la table du petit déj, je tente de faire s’habiller en même temps les trois monstres, elles se coiffent je charge les bagages (les filles y passent la semaine), la maman gémit « mais on devait être partis à 10h ». On décolle à 10h53, ce qui est plus qu’honorable. Au dernier moment, petit contretemps, Coeurette a oublié sa fée, on court chercher l’immonde petit jouet en plastique et le décollage.

 

 

Une très longue heure et demie de route. Coeurette dort. La Crevette dort. La Belle joue avec mon portable. L’Amico écoute à-fond-qu’on-l’entend-de-devant-alors-qu’il-est-tout-derrière Hang up de Madonna en boucle, j’écoute Birkin. La maman et le beau-père écoutent France Inter. Je tente de m’endormir en douce, pas moyen. Je renonce. On arrive enfin, Coeurette dort toujours, je l’amène dans les bras jusqu’au gîte. Tente d’appeler l’Homme, mais il vient de passer à table au repas familial et dominical, il me rappelle. Et là… J’avais oublié que les femmes qui ont vécu la guerre, une fois qu’elles ont tout ce qu’il faut ont toujours peur de manquer. Rien que l’apéro aurait nourri une famille de somaliens pendant quinze jours. Et le repas…  Je tiens plus debout, à l’heure du café je m’écroule sur le canapé, me rends vaguement compte que L’Amico pose son manteau sur moi pour que je ne prenne pas froid et m’endors. Réveillée d’un bond par la sonnerie de mon téléphone c’est l’Homme, on discute une petite demi-heure pendant laquelle les autres partent en ballade. Et reviennent aussi sec, le doux ciel du Morbihan étant un poil trop humide à leur goût. Les enfants cassent un carreau, vident un flacon de produit à bulles, braillent. On attaque le goûter, Thé vert et Kouing Amann, juste après je me rendors. Pour digérer un Kouing Amann, il faut du repos. L’Amico dort, la tata comate. Nous décidons de réintégrer Nantes-la-Magnifique, j’achète un Kouing Amann pour Paris. Et dors une heure et demie. Arrivés, le temps de tout remballer le linge propre, de remplir la valise et d’envoyer quelques photos de la journée par mail (vive le numérique), il est temps de partir.

Deux heures et demie de train, le métro, je me couche épuisée à 1h. Pour me lever à 6h30, et apprendre à 10h que je ne finirai pas à 12h30 comme prévu mais à 20h. Et mon repas breton de prévu pour ce soir pour faire découvrir la gastronomie de mon enfance à l’Homme ?

 

 

Je suis dégoûtée.

 

 

Moi qui croyais naïvement que les week-ends étaient faits pour se reposer…

 

 

Par Fantomette - Publié dans : La famille
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Mardi 7 mars 2006 2 07 /03 /2006 06:30
L’Homme est passé dimanche soir à la maison. Enfin, dimanche soir, dimanche après-midi, quoi. On risque de pas se croiser ou si peu cette semaine.
Alors on a tenté de rattraper d’avance le futur temps perdu. On discute en fumant une cigarette, mon téléphone sonne. C’est Papachéri au bout du fil
“Oui papaaaaa ?
-Bonjour ma grande tu vas bien ?
-Très, toujours en Russie ?
-Non, on vient de rentrer, tu es où là ?
Nus comme des vers dans mon appart, regard affolé à l’Homme, définitivement c’est pas possible.
-Ben... Je... En f... Tu sais, là... Je suis pas chez moi là, je suis pas à Paris, et... je...
-On est dans le RER, on arrive, ça te dirait de manger avec nous ce soir ?
-Tu sais quoi ? Je te rappelle d’ici une demi-heure quand tu seras sorti du RER, je t’entends mal.
-A tout à l’heure, bisous ma grande
-Bisous”
A l’Homme
“C’tait p’pa. Il veut que je mange avec lui ce soir, j’ai eu vachement peur qu’il veuille passer à l’improviste alors j’ai dit que j’étais pas chez moi. Comme un gros problème de décence... Je sais pas quoi faire.
-Comme tu le sens...
-Euh... Tesenssurtoutpasobligémaisçatediraitdeveniravecnous ?
D’un côté je me serais sentie malpolie de pas proposer mais d’un autre, je sens mal le côté “je te présente papa”, je sais pas, c’est pas du tout le moment.
-Je préfère vous laisser en famille.
Ouf ! *Désolée l’Homme*
-Bon, je le rappelle, je reste avec toi, je le verrai plus tard
-T’es sûre ?
-Vi”
Petit sms
‘Suis pas sur Paris, le temps de rentrer c’est trop juste, si mon planning varie pas demain on se verra avant que tu partes, bisous à vous 2’
Un poil de mauvaise conscience, ça fait un bail que j’ai pas vu Papachéri mais...

Hé hé hé, viens par là, toi...
Par Fantomette - Publié dans : La famille
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Jeudi 9 mars 2006 4 09 /03 /2006 06:30

Lundi matin, pause café clope bien méritée entre deux averses et pendant les bourrasques. Mon fidèle portable en main pour appeler Papachéri et me faire pardonner le lapin de la veille.

 

"Coucou papa, ça va ?

-Oui et toi ma grande ?

J'adore quand il m'appelle ma grande

-Oui, ton train part à quelle heure ?

-à 15h

-Et ta fiancée travaille aujourd'hui ?

-Non

-Bon, je finis à 12h30, je passe chez elle vers 13h15 et on mange tous les trois ensemble, ça te dit ?

-Samedi dimanche, à tout à l'heure

-Bisous p'pa

-Bisous ma grande"

 

 

 

 

A 12h30, je vole l'oeil vif et le talon frétillant vers le métro, 13h15 je suis à la station Anvers, 13h17 je frappe. Je me jette au cou de Papachéri qui pour le coup oublie complètement le rendez-vous raté de la veille (il est si corruptible, c'est mignon), et il part, intarrissable sur les charmes de St Petersbourg, le plus grand musée du monde avec ses trois millions d'oeuvres, la café "L'diot" qui se fait sa pub en écrivant dessus "Dostoïevski adorait cet endroit", le café avec des livres, des jeux de société où on vous sert une vodka offerte avec le goûter, la température "Il y a des moments on a frôlé les -15°C, je te promets que j'ai failli mettre un pull et même un jour j'ai mis un bonnet, regarde j'ai pris une photo pour preuve" c'est un reptile mon père...

 

 

 

 

Et il sert l'apéro. Vodka bien fraîche, caviar sur toasts, avec un exemplaire du très parisien (du moins était-ce ce que je pensais) Métro mais en alphabet cyrillique, un catalogue Ikea en russe aussi (à vue de prix, ça vaut pas grand chose un rouble). Qu'est-ce qu'elle est bonne cette vodka, parfumée, très forte mais elle a pas goût de white spirit et elle se sirote comme du petit lait, pure bien entendu. Tu me ressers encore un peu ? Steuplèèè une dernière fois Papachéri ? Merci !

 

 

 

 

Il me file aussi un paquet de clopes Russes (30cts le paquet... 1€ et quelques les Marlboro...), la marque c'est Piotr Aydinn, un paquet de petits beurres avec écrit en alphabet cyrillique ce qui littéralement se prononce pétite bior (mais s'écrit "nemim bëp" et encore, il y a une petite barre horizontale en haut du "b"), ce genre de connerie et se lance à sortir quelques phrases en russe que je tente de comprendre, et j'y parviens mais ça reste basique "St Petersbourg est une belle ville", "Tu veux du pain ?". Mais ma phrase préférée traduite en alphabet latin ça donne ça :

Ya nié gavariou   pa-rouskii  patamuchtcho ya  nié  znayou

Je  ne  parle pas  russe         parce que       je   ne  sais pas

 

Ca fait toujours son petit effet.

 

 

 

 

Toujours est-il que je rentre complètement bourrée chez moi, trop de vodka, de vin blanc à table, je décide de rentrer à pied, seulement quatres stations c'est faisable j'en ai pour une petite demi-heure. Malheur, je longe le boulevard Rochechouart et passe devant Tati et plein de couleurs, dans élan d'alcoolisme, je rentre et en arrivant chez moi, j'ai un nouveau balai serpillère avec éponge amovible et réservoir intégré, un flexible de douche, des pinces à linge, un miroir, des piles, un masque pour les cheveux aux extraits de moêle, et que sais-je encore.

 

 

 

 

Après une grosse frayeur où je ne retrouve plus mon portable, je n'ai pas de ligne fixe pour m'appeler, personne de connecté sur msn, j'envoie un mail affolée à Ma Zaza Adorée "Au scouuuuurs ! Mon portable a disparu, appelle-moi en urgence dés que tu vois ce mail, j'ai du mal à respirer, je m'inquiète, mon extension, mon sixième doigt, ma troisième main, mon morceau de moi a disparu"

 

Je le retrouve aussi sec

 

Deuxième mail "Euh, Zaza, te casse pas, je l'ai retrouvé en fait, sous mon lit, j'ai un poil tendance à m'affoler un peu vite quand il s'agit de mon téléphone"

 

Et décide de faire la sieste avant de re perdre ou casser un truc, quand l'alcool prend le pouvoir sur le cerveau, le meilleur moyen de le calmer c'est encore de dormir. Surtout ces vodkas russes trop alcoolisées...

Par Fantomette - Publié dans : La famille
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Mercredi 22 mars 2006 3 22 /03 /2006 10:03

Ma maman elle est chouette.

C’est une femme exceptionelle.

Elle a quarante sept ans et demi ans, elle mesure un mètre cinquante huit et demi, elle plafonne à quarante cinq kilos, c’est une crevette.

Elle est belle. Je veux dire, elle est vraiment belle. Pas belle comme Adriana Karembeu, belle comme Jeanne Moreau ou Isabelle Huppert. Belle comme si elle savait pas qu’elle l’était. Comme une maman.

Elle a toujours raison. Ou du moins fait bien semblant, ce qui est parfois horripilant. Mais on lui pardonne et après tout… Elle a raison…

Elle a eu six bébés. De vingt-deux à cinq ans. De vingt-six à quarante-deux ans. Trois avec mon papa, trois avec mon beau-père. Deux filles, un garçon, trois filles.

« Il me reste dix minutes de forfait à utiliser avant demain, comment vas-tu ? »

« C’est con, hein ? Mais mes trois grands sont amoureux, majeurs (enfin, le frangin le sera le 3 avril), ça me fait drôle, la première tournée, hop, c’est presque fait, je suis émue, ça me touche, ça passe si vite… »

« Où sont mes piou-pious ? » Syndrôme de la mère-poule…

« Recomptez-vous ! » Syndrôme de la mère de famille nombreuse…

« Toujours dépressive la connasse ? » traduction= l’ex de mon père…Oui, toujours…

« Ca te dirait un jour de congé à l’œil ? On se marie ! » Il y a un an, ça fait plus de 15 ans qu’ils sont ensemble, avec trois enfants, c’était plus que surprenant.

« C’est pas facile de partager ses gamins avec quelqu’un avec qui on les a pas eus » …Merci pour papa… Pourtant elle l’aime son mec mais merci pour cette reconnaissance à une période où les relations entre mes deux parents étaient plus que conflictuelles.

« Faire des concessions ce serait renoncer. Se modeler, c’est s’adapter, comme l’eau qui peut épouser tous les contours, elle ne renonce jamais à sa forme première » J’aime parler des hommes avec elle, elle en a connu plus, elle ‘maîtrise’ mieux le sujet…

Elle a un sens de la vengeance exceptionnel. Elle sait dire « Je t’aime, salaud » en offrant un flacon de parfum « Egoïste » de Chanel à son mec.

Elle sait trouver les mots. Pas toujours mais parfois. Je m’étais faite larguer comme une vieille chaussette. Je rentre en larme, elle me demande ce qui va pas. « Y’a plus de prince charmant » Elle me répond tout simplement « Alors c’est que c’était pas lui le prince charmant ». Et elle avait une fois de plus raison.

Elle dit qu’elle fume mais en fait c’est juste pour accompagner son mec sur la terrasse le soir pour ses trois clopes quotidiennes et elle, elle crapote sa demi-clope. Mais avec lui.

C’est pas facile tous les jours d’avoir une femme comme elle à la maison, de se sentir à la hauteur, de trouver sa place. C’est peut-être aussi pour elle que je suis partie de chez mes parents à dux-huit ans. Mais c’était surtout pour moi. Et c’est la meilleure...

 

« Elle est tellement pure, un concentré de femme idéale

En la diluant dans l’eau on pourrait faire dix filles normales »

Benabar

Par Fantomette - Publié dans : La famille
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Jeudi 23 mars 2006 4 23 /03 /2006 10:21

Mon téléphone sonne hier soir.

 

Avec le photo de mon pôpa qui d’affiche sur l’écran. Il voulait savoir si c’était bien ce week-end que je venais à nantes. Voui, c’est bien ce week-end, on s’organise une bouffe tous ensemble ? Moi je propose le samedi midi, parce que Connasse récupère ses enfants (mon frère et ma sœur) le dimanche matin et que p’pa part à Paris juste après. Mais samedi soir ce serait mieux mais à tous les coups, les frangins auront un truc de prévu. Objection de papa : si ils ont un truc de prévu, c’est avec leurs amoureux respectifs qui ne sont jamais à plus de vingt centimètres d’eux donc si ils viennent manger avec nous, c’est réglé. Frérotte met son homme sur le siège passager de sa R19, Frérot sa gonzesse sur le porte-bagage de sa mobylette, direction le QG paternel dans ma petite banlieue nantaise et c’est réglé. Objection retenue, on se dit samedi soir. Et puis, ajoute-t-il, Frérot a son bac blanc de français le samedi matin. Mais vu comme c’est bloqué à Nantes en ce moment, peu probable que ce soit maintenu…

 

Waaaaaa….. Nantes est bloquée…. Et lui de renchérir qu’il emmène mon frangin tous les matins au lycée à sept heures pour faire le blocus avec grévistes et pions et empêcher l’accès au bâtiment, qu’une nuit sur deux il campe sur les espaces verts de la cour de récréation, qu’il a embarqué un réchaud et des conserves, une bouilloire électrique et du café soluble. Il prend le relais de sa Fantomette de frangine, il joue les Zorros révoltés, il manifeste, s’engage, fait des blocages, des banderoles et braille devant les caméras. On se fera une réunion lui et moi, je lui donnerai mes trucs, mes contacts de la presse, il me reste quelques numéros de ligne directe dans un vieux calepin moitié mort et imbibé de bière et de café. Et on se fera un grand cadre avec nos articles de journaux jaunis.

 

Je me rappelle de cette phrase de papa, il disait que quels que soient nos idées politiques plus tard, il avait du mal à concevoir qu’une personne n’ait pas été communiste ou anarchiste entre 15 et 25 ans. Il disait que si à cet âge on n’arrive pas à croire à un idéal de ce type, si on est déjà réaliste ou désabusé, ça craint. « Pis un ado qui a pas des idées à la Woodstock, c’est pas possible, c’est comme des oranges bleues, un vélo à roues carrées ou un membre de l’UMP humaniste ».

 

 

Ca, c’est fait.

 

 

 

J’aime passionnément ma famille.

 

Par Fantomette - Publié dans : La famille
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