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Lundi 12 novembre 2007
Bon ben ça y est, voilà, c’est fait.
On est le 12 novembre, j’ai 22 ans et une crise de la trentaine.
A cause de Beaupère.
Pour récapituler, Beaupère a rencontré maman il y a 17 ans, j’en avais 5 donc il m’a vue grandir, on se connaît depuis un bail lui et moi.
Pis ce matin, au téléphone « C’est dingue, quand je vois vos vies à toi et ta sœur, je me dis que vous êtes des adultes, mais quand je pense à ton âge, 22 ans, je me dis « merde, c’est des gamines », ça fait drôle ! ». Oui, moi aussi je trouve que ma vie et mon âge ne sont pas en adéquation.
Mais ça y est, le doute, est-ce que c’est vraiment ça qu’il faut vivre à 22 ans ? Est-ce que je ne suis pas un peu trop posée à mon âge ? Pourquoi est-ce que je me pose ces pu*ain de questions alors qu’il n’y a pas de vérité en la matière ? Bref, ça promet de longs monologues avec la machine à laver ou le tuyau de douche pour analyser tout ça.
Ou avec l’Homme, remarquez, qui a eu sa crise de la trentaine aussi (mais pour ses 30 ans, ce qui a plus de sens qu’à 22) donc qui peut me comprendre.
Ou avec moi-même dans ma tête en me demandant pourquoi je suis aussi déstabilisée par des remarques anodines. J’ai voulu acheter des gants en cuir pour conduire. Le volant de ma voiture est glacial le matin et c’est désagréable, et des gants en laine glisseraient sur le volant. Je trouve une petite paire toute jolie, noire, liseré blanc, un peu ouverte sur le dos de la main.
L’Homme rigole et dit « Ca me choquerait moins si tu étais une vraie pilote ».
Vexée comme un pou, je l’ai reposée dés qu’il a tourné le dos et je comprends toujours pas pourquoi il a dit ça, je vois toujours pas le rapport entre avoir froid aux mains et être un pilote. Mais si je râle je passe pour une emmerdeuse. Ah, c’est compliqué les filles [tentative de déculpabilisation genre « c’est pas ma faute c’est parce que je suis une fille »]
Bref, habile transition, cette scène se déroulait à Londres à Primark, le magasin à la culotte à 1£*. Et au manteau à 15£, le pull à 4£, l’ensemble de lingerie à 3£, les deux taies d’oreiller à 1,50£ mais je vous dis pas tout, on est rentrés nazes hier et j’ai pas eu le temps de transférer les photos, je vous raconte ça plus tard…
Les milliards de kilomètres…
Les 4m² de la chambre d’hôtel…
Le shopping à outrance…
Les punks…
Les puces de Camden et le cuir Hugo Boss à 10£…
Le ‘Light meal’ qui aurait calé une armée de rugbymen…
Les litres de bière…
Le réveil 1h plus tôt que prévu parce que l’Homme a oublié que son portable était resté à l’heure française…
Le breakfast comme j’aimerais en manger tous les matins…
Bref, pas le temps de s’ennuyer, pas le temps de se reposer, un retour les bras chargés, épuisés mais heureux.
Le réveil n’avait jamais été aussi pénible que ce matin, j’avais l’impression qu’il était 2h du matin (à 7h), une difficulté terrible à émerger, c’était dur, une fatigue intense comme rarement après une nuit de 8h…
Promis, les photos bientôt (j'essaie demain !)…

*Tout le monde n’étant pas censé connaître par cœur le cours des monnaies étrangères, en gros 1£ = 1,5€ = 10F
i_bug_fck
par Fantomette publié dans : Le premier jour
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Mercredi 31 octobre 2007
Je vous préviens d’avance que faut pas se foutre de moi.
Je me suis rappelée brutalement que j’allais avoir 22 ans, soit pas grand-chose, on est d’accord. En fait, mon anniversaire à tendance à m’indifférer  étant donné que l’âge n’est pas intéressant.
Déjà, j’y pense pas, j’ai rien réclamé comme cadeau (des sous !), pis de toutes façons, le jour de mon anniversaire, toute la famille m’appelle pour savoir ce que je veux qu’on m’offre… à Noël… Alors moi qui suis pas mal branchée misanthropie, avoir 25 appels persos dans la journée, ça me perturbe. Faut répondre à chacun ou rappeler sous peine d’avoir l’air malpoli, savoir quoi répondre quand on te dit « quoi de neuf ? », remarquez, pour une fois y’a une différence depuis l’an passé, j’ai changé de boulot. Soit.
Ah si, une idée cadeau pour la famille (ou tout autre bienfaiteur) qui me lit et je sais que vous êtes là (qui tape « fantomette vauville » sur Google pour arriver ici ? Je te vois dans mes stats tous les jours ou presque) (Ah ah ah, Big Brother is watching you, je suis machiavélique), bref, je veux bien une oreillette bluetooth pour mon portable quand je téléphone en voiture because mon kit main libre est merdique et tient pas et que ça me force à faire des acrobaties entre l’oreillette vagabondeuse, la bouteille d’eau, la pelure de mandarine (je mange dans ma voiture ce qui explique que le sol soit constellé de miettes et divers débris alimentaires, mais j’ai toujours des lingettes pour me laver les mains et mon volant avant et après) ou à hurler dans le vide « ATTA QUITTE PAS, QUITTE PAS, J’AI PERDU MON CASQUE, JE ME GARE AU FEU ROUGE ET JE TE REPRENDS », et vu que je respecte le code de la route, je conduis pas portable à la main.
Voilà, merci à vous amis lecteurs, j’ai trouvé ce que je veux à mon anniversaire c’est une oreillette bluetooth, (si vous trouvez la rose à strass, je prends, sinon j’en veux au moins une rouge ou une originale, quoi, genre en forme d’animaux, toussa, mon portable est un Sony Ericsson W550i).
Bref, j’allais vous parler d’un truc qui est que j’ai l’impression de vieillir pour la première fois depuis 22 ans et que ça me chamboule, je commence à faire gaffe à pas froncer les sourcils (risque de rides moches), par contre je souris beaucoup (tant qu’à avoir des rides autant qu’elles soient  jolies), je hausse pas les sourcils (risque de rides moches), et commence à mettre de la crème matin et soir et à me démaquiller nickel (à cause des rides), je pense à l’avenir, à des trucs genre « est-ce que je vais avoir des enfants ? », surtout cette question d’ailleurs qui me travaille, parce que plus le temps passe et moins je suis sûre que j’en voudrai. Disons que le concept de la mère de famille me botte mais faire des bébés pour de vrai, être enceinte (et choper des vergetures), accoucher dans le sang et la douleur, élever un vrai bébé que tu peux pas refiler à ta mère quand t’as plus envie de jouer avec (concept du petit frère/sœur), à qui faut changer ses couches pour de vrai, ne plus jamais avoir le temps de prendre un bain avant ses 18 ans, te rendre compte aux 6 mois du bébé que t’as pas échangé un mot avec ton mec qui ne soit pas en rapport avec ton petit, ça me fait pas envie. Alors que d’un autre côté, je me vois trop bien avec un bébé, un vrai, on saurait si on peut avoir des bébés aux yeux bleus vu que lui a les yeux bleus et moi marrons, l’idée d’un mélange de lui et moi me plait vachement, en plus je le vois trop en papa, lui, pis je nous vois bien avec une fille amoureuse de son père, fiers de notre progéniture, bref, je nous vois bien avec l’image de la famille de carte postale, mais la réalité me fait flipper. C’est con vu que j’ai plus d’une demi-douzaine de frangins, la réalité je devrais la connaître, mais non, j’ai que la technique. Techniquement, je sais m’occuper d’un bébé, lui changer une couche en moins de 4 minutes boutons de body compris, je sais comment les tenir, les porter, les endormir, les calmer, les nourrir, forcément, je l’ai fait des milliards de fois. Mais la réalité d’être à la tête d’une troupe de 1 ou 12 mômes me botte pas plus que ça.
‘Fin, vous me direz « Mais non, t’es juste pas prête, t’as le temps », ça faut avouer que j’ai pas encore le tic tac dans le ventre, je suis large. Mais c’est la faute à une remarque banale « Oui, toi t’as 22 ans, t’es pas pressée, mais lui ? Peut-être qu’il te le dit pas pour pas t’inquiéter mais qu’il a a pas envie d’attendre 35 ans avant d’avoir un bébé, qu’il a pas envie d’être un vieux papa », d’abord mon père a moi a eu son petit dernier à 46 ans et le premier qui me dit qu’il est vieux je lui colle un pain. Mais cette remarque à la mords-moi le nœud, m’a collé une pression, et chaque fois que je me sens contrainte j’ai plus envie. Pour tout, par esprit de contradiction, je sais pas, mais si je sens quelqu’un pressant que je fasse un truc, faut à tout prix que je fasse l’inverse. Depuis cette remarque insouciante et innocente d’une copine, je vois que les inconvénients, je trouve ça nul, bruyant, ruineux, envahissant, esclavageant, tue-l’amour, bref, à éviter à tout prix.
Ben mon vieux, on est pas sortis de l’auberge avec mes crises existentielles post-ado.
ti_bug_fck
par Fantomette publié dans : Le premier jour
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Jeudi 26 avril 2007
Je l’ai !
J’étais inquiète, rien de reçu à ce jour alors que l’examen était lundi, j’appelle l’auto-école, je lui dis que comment ça se fait ?
C’est eux qui ont reçu le papier…
Je dois aller le récupérer.
Le problème c’est que je suis malade comme un chien, depuis hier j’ai de la fièvre, mal partout, la migraine, la peau à 45°C (l’Homme a failli se brûler quand sa main imprudente s’est approchée de mon dos cette nuit).
Comme une grippe, quoi.
Je pense sérieusement à m’assommer d’antalgiques et anti-fières et mettre le nez dehors mais je veux avoir mes symptômes bien réveillés pour mon rdv chez le doc…
Et là, rien qu’enfiler un jean ou me trainer du lit au canapé sont des efforts quasi-insurmontables, j’ai mal…
Je supporte pas que la mécanique interne de mon corps ne marche pas nickel, je suis une hypocrite hypocondriaque, je ferme les yeux sur mes dysfonctionnements de peur que ça soit trop grave et m’en inquiète quand je peux plus faire semblant que tout va bien comme là. Couchée à 22h30, réveillée à 1h30, rendormie à 7h45, réveillée à 11h15, avec impossibilité de manger, mouvements douloureux, planage à cause de la température…
Mais bon, je retiendrai principalement de cette journée la secrétaire à qui je dis « Ah bon, c’est toi qui l’as reçu… Et le résultat ? » et elle qui me répond « Fantomette, tu viens récupérer ton permis. »
J’y vais, j’y vais pas ?
Je vais essayer de trouver la force d’y aller quand même…
par Fantomette publié dans : Le premier jour
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Lundi 26 mars 2007

Maintenant ils envoient les résultats par courrier, alors je sais pas encore.

Je suis pessimiste.

Je suis allée pleurer un peu dans les jupes de ma mère parce que je crois bien que j’ai tout foiré mon permis, stress de dingue, je me souviens presque pas de ce qu’il s’est passé tellement j’étais nerveuse, alors j’ai appelé maman juste après, j’ai chouiné en me cachant un peu quand même parce que bordel j’aime pas hyper chialer en public je suis une Super Héroïne quand même nomého, et mon mascara allait se barrer si ça continue à couler, ça allait mieux après ma mère (décidément, comment font-elles les mamans ?) alors j’ai appelé l’Homme pour me faire consoler parce que j’aime bien me faire dorloter même au téléphone même quand ça va mieux, j’ai chouiné auprès de ma collègue qui m’ a envoyée chier « Ah non, ça te ressemble pas, tu te laisses pas aller, relève-toi c’est pas la mort, tu vas l’avoir ton permis, cette fois ou la prochaine je veux pas te voir te laisser aller comme ça, compte pas sur moi pour te plaindre » mais euh…

Alors je la joue vaillante.

Pis bon, je ne suis sûre qu’à 95% de l’avoir merdé après tout.

Il me reste 5% de chances que mon dossier ait été égaré et que je sois ajournée.

Le problème, c'est que toutes mes émotions, positives ou négatives passent chez moi par les larmes (amour, colère, déception, joie, tristesse,... Je suis une vraie fontaine, je pleure tout le temps) et cette déception je l'ai pas assez pleurée... Pourvu que ça passe, je sens un gros potentiel lacrymal dans cette vexation qui ne s'est pas encore exprimé, faut juste pas qu'il sorte au bureau...

par Fantomette publié dans : Le premier jour
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Lundi 26 mars 2007

Juin 1999, Brevet des collèges.

Mon brevet, je l'ai passé à Bouguenais-Les-Couëts.

Rigolez pas, c'est là que j'ai grandi.

Une rumeur avait circulé comme quoi on pouvait cloper ce jour-là dans l'enceinte du bahut, j'avais acheté deux paquets de News par 30 (22fr à l'époque), j'avais dealé mes clopes 1 franc pièce, parce que personne n'y avait pensé, et régulièrement dans la journée j'ai entendu « Euh, Fantomette, on peut causer business deux minutes ? », j'ai fait un chouette bénéfice (dans les 30%).

Ah oui, le brevet... Rienafout', je savais que j'allais l'avoir, j'ai jamais bossé de ma vie à l'école avec des putain de notes à la clé, on faisait des concours avec Frérotte « Allez hop, 15 de moyenne », on négociait nos bonnes notes contre des trucs avec maman (mini-chaîne,...), c'est pas pour autant qu'on bossait, on écoutait un peu plus en cours, on prenait les cours en note et c'était bon.

Bref, je suis arrivée les mains dans les poches, poche droite : les clopes, poce gauche : le porte-monnaie, je l'ai eu. Mais je le savais.


Juin 2003, Baccalauréat.

Ca fait trois semaines que Miquel, un ami espagnol est en France, ça fait un mois que je vais plus en cours, dans la cour du lycée il y a des grandes étendues de pelouse, des arbres qui font de l'ombre, un beau soleil. Pis vu que je passe mes nuits avec Miquel en boîte, je vais pas en plus aller en cours le jour, je dors (et récupère) sur la pelouse à l'ombre des platanes avec les profs qui passent « C'est pas comme ça que t'auras ton bac ». Réponse qui fuse de la Fantomette endormie « On verra ! ».

Pour calmer les réprimandes maternelles, je me pose sur la terrasse avec Miquel et des piles de cahier, et planqués derrière, on prend l'apéro en roulant des clopes comme des pétards (3 feuilles, carton roulé au bout) en parlant dans un anglais approximatif et en pouffant comme des dindes.

La veille des épreuves, il doit rentrer en Espagne, je retombe dans le monde réel, ça me fait drôle, de toutes façons il est trop tard pour réviser alors pourquoi me fatiguer ?

Je bosse dans un camping l'été, je me suis pas posé la question du rattrapage (et devoir faire l'aller-retour de 160km dans la journée en plantant mon taf 24h), j'ai bien fait, puisque le 4 juillet au soir, ma mère m'envoie un texto laconique « T'as ton bac, une mention, je suis pas sûre que tu le mérites mais bon ».

Octobre 2003, les bacheliers sont invités à récupérer leur dossier scolaire avec jus d'orange et petits gâteaux au lycée, je remercierai ma prof de lettres qui passait son temps à me descendre, à me dire que j'aurai jamais mon bac, que j'étais une glandeuse et à me coller des 9 et des 10, et je lui dirai avec un sourire jaune que j'ai eu mon bac, avec mention et que j'ai eu 15 en lettres. Alors que l'amour de cette matière c'est M. Brigandat mon prof de français de l'année précédente qui me l'a donné, j'étais amoureuse de lui, comme toutes les filles de la classe (et j'avais eu 16 à mon bac de français, merci M. Brigandat).

Ce serait des concours je culpabiliserais d'avoir piqué la place d'un autre. En fait non mais c'est ce que je dirais pour le côté politiquement correct. Mais là, un examen, je l'ai volé à personne, donc ça m'amuse même si je suis consciente que je ne méritais aucun de ces diplômes.


Fantomette, exemple de zénitude, de calme et de patience.


Alors bordeldemerde, POURQUOI je flippe pour mon permis moi qui n'ai JAMAIS stressé pour un examen ???


Et Chef qui me rappelle pas malgré mes deux messages, bon sang... Ah oui, je devais passer le matin, mon instructeur m'a appris il y a deux jours que je passe l'après-midi et que je suis convoquée à 13h30 au lieu de 8h30, depuis samedi, impossible de joindre Chef pour lui annoncer que je ne pourrai pas être en poste à 14h...


Bon, je vais attaquer les ongles de la main gauche...

par Fantomette publié dans : Le premier jour
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Jeudi 15 février 2007

Ca aurait fait 7 ans le 28 février.

Si si si si si, j’ai vérifié mes archives.

Je l’aimais bien, je la tapais plus vite que mon ombre.

J’étais la pro de la page d’accueil d’hotmail (tiens, c’est marrant, hotmail qui est une marque de microsoft n’est pas reconnu par word qui est aussi microsoft… Pitêtre à cause du pas de majuscule).

Bref, j’ai bazardé mon adresse email hotmail que j’utilisais depuis le 28 février 2000, j’ai pas pu clôturer le compte à cause des 7 ans d’archives de mails dessus (avec un tri sévère régulièrement genre je vire tous les mails avec des pièces jointes qui prennent trop de place et d’espace), je sais pas jeter. Mais bon, j’y répondrai plus pis j’ai envoyé un mail à tout mon carnet d’adresses.

Ca me fait tout drôle d’avoir mon adresse perso sur gmail.

L’adresse de Fantomette, j’y était habituée, ma page d’accueil Fantomette, tout ça, mais quitter mon adresse mail d’avant ça me fait bizarre. Depuis mes 14 ans que je l’utilisais, le 28 février 2000 j’étais en seconde.

Avant j’avais eu une ma toute première adresse @ifrance.com pendant quelques semaines, puis @caramail.com en même temps que @aol.com puis finalement je m’étais posée sur hotmail.

J’aime pas, ça me donne l’impression de grandir, j’aime pas grandir.

Pis j’ai appelé maman dont j’ai des nouvelles tous les 36 du mois et on a parlé du fait qu’on s’appelait jamais :

« C’est marrant je pensais justement à toi, je me disais que je t’appelais jamais… Tu comprends, vous êtes tous les deux, on se demande quand appeler pour pas vous déranger, et du coup on appelle pas…

-C’est pas grave, on calcule pas combien on s’aime au nombre de minutes passées au tel…

-Oui et je vois à quel point ma mère m’a bouffé au début au téléphone, même maintenant avec Valérie (sa petite sœur), elle l’a appelée de Russie pour dire que l’avion était bien arrivé, si il y avait eu un problème on l’aurait su, tous les jours elles passent des heures à s’appeler, j’ai pas envie de te bouffer ou de me faire bouffer par ça. »

Je me sens vieille quand elle me dit ça, elle me place à sa génération et elle à celle de sa mère, j’ai eu beau partir de chez mes parents et me démerder comme une grande à 400 bornes d’eux à 18 ans, j’arrive pas à me faire à l’idée que je grandis…

J’ai quitté les mails de mon adolescence…

Bref, trois fois rien, j’ai changé d’adresse de messagerie et ça me fait tout chose, désolée pour mes pauvres état d’âmes.

Oui, je sais, en comparaison, des enfants meurent de faim et ne savent pas ce que c’est un ordinateur… Les pauvres…

par Fantomette publié dans : Le premier jour
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Mercredi 14 février 2007

J’aime pas beaucoup plus la Saint Valentin que l’an passé.

Mais cette année j’y pense.

D’ailleurs il y a un an, il me semble que c’était la première fois que j’évoquais l’Homme sur ce blog.

Ca faisait deux semaines…

Ca fait un an et deux semaines maintenant.

12 mois, 2 semaines et 1 jour.

Je vous épargne les heures.

Bref.

Hier je bossais pas, j’avais pris ma journée. Je suis allée acheter son cadeau. Cadeau qu’il a involontairement choisi, y’avait qu’à voir ses yeux devant la pub… Ecarquillés et la bouche ouverte… Je me suis dit que j’étais peinarde jusqu’à 19h pour emballer et planquer le tout, à 18h16 je me rends compte que le cadeau en question est en évidence dans mon sac à main grand ouvert dans l’entrée et qu’au plus tard il sera là dans 45mn. Au plus tôt dans 25-30mn.

Alors je l’emballe, je le cache (dans mes fringues, c’est toujours le bordel dans les étagères qui me sont imparties).

Question, que peut-on offrir à un homme grand, beau, fort, viril et sexy, véritable pigeon (assumé) devant les pubs télés qui a envie de tout ce qui est nouveau et vanté comme LE produit révolutionnaire-et-indispensable ?

Réponse :

Cette année c'est lui qui avait rien prévu.

Je lui ai quand même dit que je lui épargnait la queue d'une demi-heure chez le fleuriste ce soir avec 50 autres bonhommes devant lui et autant derrière venus acheter eux aussi une rose rouge, après tout, il y a un an, c'est moi qui avais les mains vides... 

par Fantomette publié dans : Le premier jour
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Vendredi 26 janvier 2007

Voilà, un an aujourd'hui et je voudrais vous remercier, vous qui êtes toujours de plus en plus nombreux aussi nombreux tous les quatre de venir chaque jour.

Bilan de cette année de blogage ?

Principale nouveauté dans ma vie : l’Homme, évidemment qui m’apparut à 15h34 le 30 janvier dernier avec ses yeux bleus et son sourire et son fameux « tu crois qu’on pourrait continuer cette discussion dans un lieu un peu moins professionnel ? », mon bégaiement, mes mains collées au bureau pour noter son n° parce que mes mains tremblaient, j’étais toute troublée. Beau grand fort et sexy, moi qui venais de me faire larguer par email comme une malpropre par un journaliste lyonnais raté qui plafonnait à 1,70m et m’empêchait de porter des talons, j’ai rendu leurs lettres d’honneur aux escarpins vertigineux. C’est dommage, vérification faite, de rage j’ai supprimé tous ses mails (au journaliste miteux), c’était une rupture belle, romancée expliquant qu’il était un gros chat fainéant cloué au sol pendant que moi, petit écureuil habile sautais de branche en branche, vous voyez le registre ?

Bref, l’Homme a sauvé ma vie sentimentale qui ressemblait plus à une bouche d’égout qu’à Barbara Cartland quand je me penche sur mes ex j’ai presque honte du ramassis de loosers qui ont traversé mon existence, y’en a un pour qui je garde une grande estime, un seul, c’est Rodolphe en seconde qui est un mec exceptionnel, gentil, intelligent et tout (oui, oui c’est moi qui l’ai quitté pourtant alors que je me suis souvent faite larguer par des ratés). Mais le reste…

Bref, conséquence directe de cette rencontre, première saint Valentin en couple avec des cadeaux gnan gnan de l’ordre de tout ce qui a une forme de cœur de couleur rouge (j’adore !).

Ce blog m’a fait tomber nez à nez avec un copain de lycée (en fait, l’ex de LaChérie)qui a retrouvé mon prénom dans les archives et a fini par se douter qu’il devait pas y en avoir des masses avec le même et que oh ! étrange, sa vie correspond à celle que je connais  (le « passé une nuit » n’inclut rien de sexuel, j’avais 15 ou 16 ans et un pyjama bleu à faire débander Rocco Siffredi) depuis, il s’est avéré qu’on n’avait pas plus d’atomes crochus qu’il y a quelques années et paf, plus de nouvelles. Mais anecdote chouette.

Puis papa a appris eu cours d’une conversation entre lui, sa fiancée, L’Amico et moi que je tenais ce blog, a envoyé un petit mail à l’Homme pour en avoir l’adresse mais l’Homme ne l’avait pas… J’ai fini par lui donner, n’ayant eu aucune nouvelle quelle qu’elle soit, je n’ai aucune idée de s’il passe parfois ici ou non. Puis je l’ai filée à l’Homme, c’est vite lourd de passer ma vie à supprimer tout l’historique du navigateur, les fichiers temporaires, et tout à chaque passage. Il avait d’ailleurs ouvert le sien, maintenant, si lui est à peu près certain d’avoir en moyenne une mise à jour tous les deux ou trois jours au grand max chez moi, je passe ma vie à guetter et espérer une note chez lui… Surtout quand il parlait de nos engueulades, avoir pendant des semaines en page d’accueil qu’on s’était frités est un peu désagréable, mais j’allais pas lui dire « par pitié, écris n’importe quoi mais vire-moi ça », il fait ce qu’il veut.

En fait à trois ou quatre jours près, ce blog a l’âge de ma relation avec l’Homme…

On fête notre année mardi 30 lui et moi !

Bref, j’avais des dizaines de textes que je m’envoyais par email pour être sûre d’en garder une trace, certains complètement obsolètes, d’autres trop intimes qui atterriront peut-être là un jour de trou d’inspiration ou que sais-je... Y’en a que je trouve chouettes mais j’y parle d’autres hommes alors ça peut manquer de délicatesse envers l’exemplaire d’homo erectus le plus séduisant que je connaisse (oui, je parle de toi grand fou).

Je blogue du bureau, rarement de la maison, j’ai autre chose à y faire comme des *** à l’Homme ou le repassage ou autre d'où ma fréquente absence le week-end.

Bon, je repars pour une année, peut-être serez-vous 8 ou 9 dans un an à venir tous les jours ici. Je déconne, il y a sept ou huit mois,  vous étiez environ une centaine, voire 120-130 à passer chaque jour puis vous m'avez boycotté sauvagement sans m'expliquer pourquoi, aujourd'hui c'est à peine 75 ou 80. Je m'en remets, la preuve, je suis toujours là. Et même si je ne me résous pas à raconter ma vie sexuelle pour augmenter mes stats je reste rêveuse face à ceux qui comme Laurel ou Boulet plafonnent aux environs de 20 000/jour.

J'ai me bien relire les archives, je suis bien, là, j'y reste, je montrerai peut-être ça un jour à mes gosses, mes frangins, ma mère, que sais-je...

Dans 4 jours on fête notre année, mon cadeau a beau être prévu depuis un moment, je flaire le retard indépendant de ma propre volonté, pas grave, en attendant le vrai j'en ai un petit pour faire patienter.

 

Pour l'année à venir, je me prédis :

une année de plus dans les bras de l'Homme pour qui je me consume d'amour depuis le premier jour

une photo de moi ici

des névroses et peut-être un retour chez le psy (je sens que ça me ferait du bien)

et qui sait, peut-être un déménagement, une taille de moins, un filleul (tu me l'as promis en seconde que je serais la marraine de ton premier), un nouveau boulot, enfin, ces choses banales et pas vraiment rares qui arrivent à tout le monde mais deviennent importantes quand elle nous touchent nous perso.

 

 

 

Bien à vous,

 

 

 

 

Fantomette

 

par Fantomette publié dans : Le premier jour
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Jeudi 17 août 2006

Vous l’attendiez depuis longtemps, vous en aviez rêvé, Fantomette et l’Homme l’ont fait. Je n’avais plus le cœur de refuser à La Belle le neveu ou la nièce qu’elle me réclamait avec insistance alors nous avons pris une grande décision, l’Homme et moi, et nous sommes transformés en PapaPieuvre et MamanPieuvre.

Et oui, Bébépieuvre est né mardi soir sur les coups de 20h30, un chouette bébé de 52,55cm, 3,250 kg, un petit garçon, donc. Nous en prenons le plus grand soin, PapaPieuvre est tout ému et choisit ses jouets et vêtements avec amour, pense dés l’heure suivant sa naissance à lui donner une petite soeur et insiste en me disant que le fiston de son papa doit avoir un appétit énorme et augmente donc les doses de lait contrairement à mon avis, même en tant que farouchement contre le biberon, je connais les dosages. Hier après-midi, Bébépieuvre étant un poil moins bien que dimanche, il est revenu aux bons dosages préconisés par le pédiatre et MamanPieuvre.

A noter cette perle de l’Homme

« Bah quoi, un bébé faut lui changer la couche trois fois par jour à la naissance, non ? », non seulement il va au devant de grandes désillusions mais il a de la chance que les changements de couche et les biberons soient automatiques. Et Bébépieuvre grandissant au rythme de une semaine par jour, c’est toujours ça de gagné, vous imaginez, vous, les couches de toute une semaine dans la même journée ???

On a quand même envoyé un petit mail au webmaster pour prévenir que

« Bonjour,

Dans un souci que notre bébé grandisse avec de bonnes notions d’orthographe et de grammaire, nous tenons à vous signaler que lors de sa visite chez le pédiatre, Bébépieuvre a été Osculté et non AUsculté comme il aurait dû l’être.

Bien cordialement, de nouveaux parents

M. & Mme Octopus »

 

 

Ah oui, je vous avais pas dit, Bébépieuvre est né ici

 

 

Regardez donc ce qu’il vient de m’envoyer si c’est pas meuuugnon

 

 

« J en suis deja tout emu,,, bientot il attrapera les gros dindons avec ses tentacules lui aussi ..... ça passe decidemment trop vite !!!!!!!

je viens d aller lui faire un p'tit bonjour…

 

Et devines quoi?? une nutrtion a 78% !!!!!!!!!!

 

Scandalise par cette nouvelle, PapaPieuvre a revu et corrige son apport nutritif quotidien ! je suis revenu au dosage preconise (et a priori adequate) de MamanPieuvre avec 6 bibs de 4 doses,, je guette toutes les 30 minutes pour voir l evolution de sa nutrition... »

 

 

 

Je/Nous vous tiendrai/tiendrons au courant de sa santé, de ses progrès, tout ça.

Fais risette Bébépieuvre !

par Fantomette publié dans : Le premier jour
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Samedi 17 juin 2006

La toute première fois que j’ai roulé une pelle.

 

 

J’avais précisément 13 ans et 3 mois, c’était juste avant la saint valentin 1999 genre le 12 ou le 13 février. Le type était atrocement moche et avait 23 ans. Ses amis l’appelaient « gueule de singe », c’est vous dire comment l’appelaient ses ennemis. Plus petit que moi alors que moi-même j’avais pas fini de grandir à cet âge. Mais à force de me la péter d’avoir soi-disant moi aussi eu des mecs et de « l’avoir fait avec la langue », fallait bien s’y mettre un jour où l’autre, pis ce plan foireux arrangé après tout, comme ça j’avais pas à me fatiguer à en chercher un volontaire, j’avais celui-là qui était prêt à emmener ma langue valser alors lui ou un autre, après tout… Comme ça le jour où j’aurais été face à un qui me plaît vraiment j’aurai eu des vagues notions de comment on fait.

Bref, ça discute, je veux bien me laisser me faire emballer par l’horrible Mickaël mais laissez-moi le temps de m’habituer à son visage que diantre, un choc psychologique pareil c’est pas facile visuellement alors labialement il me faut un délai. Mais farouchement décidée à le faire ce coup-ci, je me concentre et tente de me convaincre qu’après tout c’est qu’un sale moment à passer. On se retrouve chez lui, dans sa chambre. Je vais passer pour je-sais-pas-quoi mais c’est atroce chez lui, c’est pauvre (je critique pas les gens qui ont pas d’argent, quand j’étais parfois on n’est pas partis en vacances pour cause de budget insuffisant et à part le jambon on mangeait pas souvent de la viande) et c’est moche. C’est sale, c’est immondément kitsh, c’est oppressant. Le genre de famille où toutes les femmes sont énormes, habillées n’importe comment, à parler n’importe comment, à faire des fautes de français toutes les deux phrases, à vivre entassés à 15 dans trois pièces mais à acheter des nike à leurs gamins et un 4X4 à crédit. On avait pas de blé quand on était mômes mais on était propres, à force d’économies de bouts de chandelles Mèrepoule réussissait à nous faire partir en vacances et à avoir une maison toujours propre, la bagnole elle est pourrie ? Eh ben elle roule donc on se démerde avec, on met l’argent là où il doit aller, pas en trucs inutiles (je vis très bien le fait de n’avoir JAMAIS eu un vêtement de marque, d’avoir roulé des années dans une 305 beige pourrie de 20 ans en ruine avec 2cm d’eau dedans de novembre à mars et d’être partie en vacances avec les bagages dans des sacs poubelles pour traverser la France dans la bagnole pourrie citée ci-dessus et passer des vacances de rêves dans une vieille ferme délabrée du cœur de l’Ariège au milieu des ânes qu’on pouvait monter, moutons et babacools fumeurs de pétards bio).

Bref, cette maison c’est une maison de beaufs, elle pue, elle est pas belle, Mickaël et son frère partagent une chambre moche, mal décorée, triste, sale, j’ai du mal avec ça, je comprends le manque d’argent mais j’ai du mal avec la médiocrité.

Le moment arrive, la copine qui sort avec le frangin de Mickaël (à peine moins moche mais tout aussi nul) lui balance devant tout le monde « Bah alors, tu l’embrasses pas ? », ce con obéit.

Beuark, l’impression d’avoir échangé un demi-litre de salive avec ce porc, vu de près il est encore plus moche mais faut que je m’entraîne alors j’y vais. Je comprends pas où est le plaisir, j’aime pas ça, je trouve ça dégueulasse, pas agréable, baveux, l’impression de rouler une pelle à une limace. Beuark. Mais mon orgueil est sans limite, j’ai 13 ans, il en a 23, je me la pète grave au collège en prenant soin de dissimuler à tout le monde son visage mais de hurler sur les toits son âge. Pis je me lasse assez vite des pelles baveuses en fait, pas moyen d’affiner sa technique avec un baveur pareil (après « gueule de singe » par ses amis, monsieur a été rebaptisé « langue de limace » par sa petite-amie, la nature ne peut pas être parfaite).

Et il commençait à être plus insistant genre « si tu veux samedi soir je t’invite au mc do et tu dors à la maison après » pour me faire prendre par un babouin raté dans la même piaule que son frère, merci et si à 13 ans on veut bien se la péter, pour passer aux choses sérieuses, y’a plus personne (enfin, dans mon cas).

Donc lapin sur lapin, raccrochage au nez sur raccrochage au nez, je le largue magnifiquement sur

« Bah t’es pas bien avec moi ?

-Perspicace

-Depuis le début ?

-Ouais

-Fallait le dire

-Ouais » [raccroché]

« Oui c’est moi, tu me largues, là ?

-Ouais » [raccroché]

M’enfin, j’ai fait mieux « Euh, David, ça tourne en jus de boudin notre histoire », hein, Biquette ?..

Et depuis je suis devenue plus exigeante sur le choix de mes hommes, l’Homme en est la preuve parfaite, il m’en a fallu 35 mais j’en tiens un chouette là.

par Fantomette publié dans : Le premier jour
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