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Vendredi 30 mai 2008

Je pouvais pas laisser passer l’info sans hurler au scandale.

On en a causé avec l’Homme hier, on était globalement d'accord avec trois-quatre divergeances sur les détails.

Mais l’histoire de cette nana que son mari a répudiée pour cause de non-virginité…

Je vais essayer de rester polie, mais c’est pas gagné.

« C’est pas la question qu’elle soit vierge, c’est qu’elle lui ait menti »

Et la demoiselle lui aurait caché qu’elle n’aimait pas les asperges, ça se serait passé comment ?

Ha bah, c’est bien un mensonge aussi, hein ? Elle lui a caché qu’elle n’était pas vierge parce qu’elle savait que sans ça il ne l’épouserait pas, imaginez un mec dont la grande passion c’est l’asperge, le prince du soufflé aux asperge, l’archiduc de la tarte aux asperge, le baron de l’asperge vinaigrette, sa fiancée se force à en bouffer pour lui plaire et une fois mariés elle lui avoue qu’en fait elle aime pas ça, ça revient au même.

Ah oui, c’est ridicule, vu comme ça, hein ?

Mais aimer les asperges ou être vierge, c’est pareil, c’est un truc personnel, j’aime pas les asperges pour plaire à l’Homme et la première fois que j’ai couché avec un mec je l’ai fait pour moi, pas pour la société, pas pour le mec, pas en pensant à l’homme avec qui je ferais ma vie un jour en me demandant si ça lui plairait que je ne sois plus vierge.

Parce que pour la petite histoire (maman et papa, regardez ailleurs), j’avais 17 ans et 2 mois, un pote aussi puceau que moi, et on s’est dit qu’on allait se dépuceler ensemble comme ça on désacraliserait le truc histoire qu’on se sente pas tout cons face à la personne avec qui on aurait vraiment envie. Résultat des courses, on a bu une bonne partie de la soirée et on a fini comme vous vous doutez, et on est restés potes, ça a rien changé entre nous, une sorte de service rendu. Comme ça, la fois où je me suis retrouvée face à un mec dont j’étais amoureuse, j’ai pu me laisser aller et ne pas avoir peur d’avoir mal, de saigner, ou que sais-je.

D’ailleurs, en réponse au connard de mari, moi j’ai jamais saigné, alors c’est absolument pas une preuve de non-virginité l’absence de saignements.

C’est les cliniques où on refait les hymens qui vont être contentes vu la masse de clientèle que ça va leur apporter.

Un mec il tronche qui il veut, c’est même encouragé de se déniaiser avant le mariage, il y a pas si longtemps, les hommes emmenaient leur aîné aux putes histoire de.

Mais une femme, ouh là là, non, méchante, malheur !

On est vierge ou non pour soi, pas pour les autres, on « offre » pas sa virginité, c’est pas un cadeau, bordel. La première fois qu’on couche avec quelqu’un, on le fait pour soi.

Ah, ça le marié, il est content. Donc non seulement il a tronché sa femme, donc là on est bien sûr qu’il est plus vierge, mais en plus il va épouser une autre femme (ah non, il épousera pas une femme, il épousera une « jeune vierge ») et ça posera de problèmes à personne que lui, ne soit plus vierge.

Mais la mariée, vous y avez pensé ? Vous avez pensé à la jeune fille répudiée, humiliée, parce que cette salope impure a osé prendre du plaisir ? Vous m’excuserez de la violence de mes termes, mais putain c’est comme ça que je le ressens. On lui reproche d’avoir assez aimé, ou d’avoir assez eu envie d’un homme pour faire l’amour avec. Et son petit mari, tout vexé dans son orgueil de mâle que cet homme-là, ça n’ait pas été lui a décidé de demander l’annulation de son mariage.

Putain, faut vraiment avoir un problème avec sa virilité pour en arriver là. Faut vraiment pas avoir confiance en sa performance sexuelle pour avoir à ce point la trouille qu’elle puisse comparer au point d’en annuler son mariage.

Ou si ça se trouve, on lui reproche même de s’être faite violer, allez savoir, on sait pas ce qu’il s’est passé.


Mademoiselle, je suis de tout cœur avec vous, ne le regrettez pas, c’était un con. Et trouvez-vous un homme qui saura vous aimer et vous respecter, vous, en tant que femme et non en tant qu’hymen et symbole de sa toute puissance et de son emprise sur vous.


Comme si ça suffisait pas que dés les premiers rayons de soleil les femmes se fassent siffler comme on sifflerait un chien, oui mais vous comprenez, la montée de sève de ces messieurs, tout ça, les mêmes mecs qui te sifflent sont ceux qui iraient péter la gueule au mec qui sifflerait leur propre fille comme ça. Les mecs qui se frottent la bite en érection contre tes fesses dans le métro bondé, ceux qui te suivent en bande dans la rue en ricanant et en t’interpellant si tu as un jean qui te moule les fesses ou un décolleté, ceux qui te traitent de salope si tu refuses leurs avances, celles qui se font violer si elles osent mettre une mini-jupe « elle l’a bien cherché », ils vivent pas ça au quotidien les hauts magistrats qui le cul dans leur fauteuil du haut de leur assise sociale ont estimé qu’en plus de tout ça, une femme méritait d’être répudiée si elle arrive non vierge à son mariage.


Je sais pas si ça les empêche de dormir, mais moi j’ai le cœur qui se serre pour cette jeune fille.

Ce qui est dommage, c'est que ça donnera du grain à moudre aux racistes (oui, je vous avais pas dit, c'est un couple musulman), qui auront déjà oublié que dans notre France blanche et catholique, ça se passait aussi comme ça il n'y a pas si longtemps, une de mes grand-mères a du se marier en urgence parce qu'elle a flirté et est tombée enceinte, et si elle a accouché 7 mois après son mariage, c'est que son bébé était prématuré.

Alors juste à ceux tentés de faire des raccourcis trop rapides, les religions, quelles qu'elles soient ne valent pas plus les unes que les autres si elles sont vécues dans l'excès, et ne sont pas plus dangereuses les unes que les autres si elles sont vécues modérément, avec bon sens.

Un petit mot pour finir, histoire d'illustrer mon propos :

Une célèbre animatrice radio US (Dr Laura Schlessinger) fit remarquer que l'homosexualité est une perversion. "C'est ce que dit la Bible dans le livre du Lévitique, chapitre 18, verset 22 : "Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : ce serait une abomination". La Bible le dit. Un point c'est tout", affirma-t-elle.
Quelques jours plus tard, un auditeur lui adressa une lettre ouverte qui disait : Merci de mettre autant de ferveur à éduquer les gens à la Loi de Dieu. J'apprends beaucoup à l'écoute de votre programme et j'essaie d'en faire profiter tout le monde. Mais j'aurais besoin de conseils quant à d'autres lois bibliques.
- Par exemple, je souhaiterais vendre ma fille comme servante, tel que c'est indiqué dans le livre de l'Exode, chapitre 21, verset 7. A votre avis, quel serait le meilleur prix ?
- Le Lévitique aussi, chapitre 25, verset 44, enseigne que je peux posséder des esclaves, hommes ou femmes, à condition qu'ils soient achetés dans des nations voisines. Un ami affirme que ceci est applicable aux mexicains,mais pas aux canadiens. Pourriez-vous m'éclairer sur ce point ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas posséder des esclaves canadiens ?
- J'ai un voisin qui tient à travailler le samedi. L'Exode, Chapitre 35, verset 2, dit clairement qu'il doit être condamné à mort. Suis-je obligé de le tuer moi-même ? Pourriez-vous me soulager de cette question gênante d'une quelconque manière ?
- Autre chose : le Lévitique, chapitre 21, verset 18, dit qu'on ne peut pas s'approcher de l'autel de Dieu si on a des problèmes de vue. J'ai besoin de lunettes pour lire. Mon acuité visuelle doit-elle être de 100% ? Serait-il possible de revoir cette exigence à la baisse ?
- Un dernier conseil. Mon oncle ne respecte pas ce que dit le Lévitique, chapitre 19, verset 19, en plantant deux types de culture différents dans le même champ, de même que sa femme qui porte des vêtements faits de différents tissus, coton et polyester. De plus, il passe ses journées à médire et à blasphémer. Est-il nécessaire d'aller jusqu'au bout de la procédure embarrassante de réunir tous les habitants du village pour lapider mon oncle et ma tante, comme le prescrit le Lévitique, chapitre 24, verset 10 à 16 ? On ne pourrait pas plutôt les brûler vifs au cours d'une simple réunion familiale privée, comme ça se fait avec ceux qui dorment avec des parents proches, tel qu'il est indiqué dans le livre sacré, chapitre 20, verset 14?
Je me confie pleinement à votre aide."

 

Pas de raccourcis hâtifs au sujet des musulmans, n'est-ce pas ? Z'êtes bien aimables...

 

Et il va sans dire que je censure quiconque tiendra un propos raciste ou misogyne.

par Fantomette publié dans : Fantomette a encore frappé
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Jeudi 22 mai 2008

Aujourd'hui je vais vous raconter comment ma mère me sert de conscience. Ma mère est une rebelle, je vous en avais déjà parlé.
Elle est toujours révolutionnaire, quand l'autre jour au petit déj alors que j'avais la tronche enfarinée, elle met son sac sur l'épaule et s'apprête à partir, je lui demande entre deux gorgées de café
« M'man, tu vas où ?
-A une réunion
-Où ? Pour quoi ?
-Avec les collègues, pour faire tomber le gouvernement… »
Jeudi, pendant que je gerbais tripes et boyaux, elle manifestait. Mais Mèrepoule n'est pas qu'une rebelle, c'est une écolo. Compost, pain bio maison, jamais un fruit/légume pas de saison et compagnie.

Ma mère prend soin de sa planète, qu'elle dit. Elle utilise du shampooing bio. Que j'ai utilisé. Pour vous donner une idée, j'ai les cheveux qui m'arrivent, pour le dire poétiquement, au ras-du-cul, alors je me jette sur les démêlants divers, histoire de ne pas trop me coiffer. Pis bon, mes cheveux ils sont cools, parfois je me coiffe pas et ça se voit pas. Et le shampooing bio sans silicone ni hydrocarbures divers, ben va te coiffer après quand y'a zéro lubrifiant pour te démêler tout ça, faut le moral, du temps et un poignet vaillant. Alors j'y ai dit que oui, mais non. Elle m'a dit que non, mais si.
« Regarde les cheveux de Crevette, ben ça prend trois minutes de plus, mais ça évite de lui coller des machins cancérigènes sur la peau »
Pour info, les cheveux de Crevette :
Alors moi aussi.
J'ai réfléchi un peu. Ca sert à quoi de bouffer bio et éviter les pesticides cancérigènes si c'est pour s'en coller d'autres sur la peau ? Faire pénétrer du nocif dans son corps par l'alimentation ou par les pores de la peau c'est pas plus sain l'un que l'autre. Savez-vous qu'une trop grande partie des cancers du sein chez la femme sont situés sur la partie du sein la plus proche de l'aisselle, là où on se colle du déo ? Les parabènes dont on parle beaucoup sont des conservateurs qui ont une fonction œstro-je-ne-sais-quoi, bref, qui favorise les cancers hormonaux (sein, donc). Pas de parano, ces produits ont une autorisation de mise sur le marché, mais ils ne sont pas anodins. On vous vend bien légalement des graisses trans qui vous bouchent les artères à une vitesse fabuleuse. Ca veut pas dire qu'en bouffer une fois de temps en temps va vous tuer, mais bon, autant pas tenter le diable, hein ? Alors je me suis dit que tiens, si j'essayais. J'ai emprunté pour une journée le déo 100% pierre d'alun de La Belle. Ca marche, pas d'odeurs, pas de gène, alors qu'un jour en vacances j'ai pas mis de déo, j'ai été gênée toute la journée, là, rien. A noter sur ma liste, le déo Pierre d’Alun (7,90€, mais il dure plein de mois).
J'ai acheté du shampooing bio (moins cher que le Fructis) et du démêlant bio (plus cher que le Fructis), déjà, ça sent divinement bon les huiles essentielles utilisées à la place des parabènes pour leurs propriétés conservatrices et antibactériennes. Ensuite, on en utilise moins, je trouve, l'après-shampooing démêle bien, pas aussi bien que ceux pleins de silicone, mais bien, par contre il faut en utiliser pas mal.
Et ce matin, après un lever à la maxi-bourre (l'Homme étant parti bosser depuis un moment, personne pour me tirer du lit alors je me suis levée 1/2h avant de partir alors que j'avais un shampooing à prendre ce matin), j'ai pas eu le temps pour l'après-shampooing, finalement il m'a pas fallu vraiment plus de temps que d'habitude pour me démêler les tifs, donc je pense pas en racheter (de l'après-shampooing). Le shampooing-douche, c'est 8,47€ le litre (comparez en supermarché le prix au litre des autres), miel-lavandin, une odeur tellement fabuleuse que même l'Homme qui me vanne gentiment « Ouais, manger bio, je dis pas, mais le shampooing bio je trouve ça un peu ridicule », ben il l'utilise quand même, si c'est pas pour la planète, faites-le pour vous, moins cher qu'au Leclerc, ça sent meilleur et c'est plus sain. Autre choses : les fruits de saison. Savez-vous que la saison des tomates françaises ne commence réellement qu'en juillet ! Celle des fraises débute gentiment ces temps-ci, mais uniquement la gariguette, la mara des bois par exemple, attendra juillet…
Le concombre, quant à lui, si savoureux sous le soleil de l'été termine malheureusement sa très courte saison en août Alors oui, on vous en parle, de la fameuse tomate d'Espagne, bouh pas bonne. Mais plus sérieusement, si vous avez acheté des fraises en février, avez-vous réellement essayé de les manger natures, sans sucre, sans rien ? Elles n'ont pas de goût. Et savez-vous qui les plante ? Des immigrés moitié esclavagisés, en général les producteurs embauchent des femmes marocaines qui ont laissé leurs enfants chez elles afin d'être sûrs qu'elle ne resteront pas, cette main d'œuvre bien pratique dort dans des cabanons et se réchauffe en brûlant les restes des bâches des serres (et respire joyeusement les émanations d'hydrocarbures), tout ça pour un fruit sans goût, bourré de pesticides à un point inimaginable (culture hors-sol, fruits abreuvés d'eau bourrée d'agents chimiques, pas comme nos pommes traitées qu'il suffit d'éplucher, là épluchez ce que vous voulez, vous avalerez quand même des horreurs). Savez-vous pourquoi la France a du exporter de l'eau vers l'Espagne ? Toute leur eau potable part dans ces cultures intensives qui flinguent la faune et la flore, ils ont vidé ou pollué leurs nappes phréatiques, 40% des plantations sont illégales (mais tolérées). Alors bon, ça vaut le coup d'attendre un peu nos fraises locales, nos tomates locales qui auront mûri au soleil et non artificiellement, nos asperges, bref, tous ces produits bien meilleurs au goût, et pas beaucoup plus cher (au prix du gasoil, un fruit de saison du producteur local vous coûtera moins cher que celui poussé hors-sol plein de produits chimiques dont on ne connaît pas les effets et qui a parcouru 8000km).
Alors oui, on porte aussi des fringues faites par des mômes, des chouettes nike, c'est sûrement un gamin de 6 ans qui a cousu la jolie virgule qui fait que vous avez offert à l'industriel une marge de 90% sur la godasse, idem pour le jean pas cher ou les petits tee-chorts à 1€ chez Tati; on peut pas forcément vivre 100% éthique, à un moment les idéaux se confrontent à la réalité du portefeuille, on peut pas forcément bouffer 100% bio ou éthique ou zéro carbone dépensé (sinon ni chocolat ni café qui ne poussent pas dans nos contrées). Mais ça vaut le coup de pas habituer vos gamins aux fraises en hiver et de pas les forcer à bouffer les tomates qu'ils n'aiment pas. Soyez honnêtes, vous les aimez vraiment, vous, les tomates gorgées de flotte qui n'ont aucun goût ? Vous les mangez nature, à la croque ? Non, vous les étouffez de vinaigrette, d'herbes aromatiques et les noyez dans une salade. Alors fruits et légumes de saison, et on épluche si c'est pas du bio, si vous saviez ce qu'il y a dans la peau des pommes, mon père qui bouffe des pommes comme il respire s'estime chanceux de pas avoir chopé de cancer et bouffe plus que des bio, manger une pomme épluchée en quartier il prendrait ça pour une punition, pour y croquer, pas de mystère. Enfin, moins cher que la pomme bio : la pomme dont seule la fleur a été traitée, et jamais le fruit. Renseignez-vous sur le marché et privilégiez les producteurs locaux plutôt que les grossistes de Rungis, ils savent l'histoire du fruit.
Arf, voilà l'influence, chaque fois que je rentre de chez ma mère je deviens écolo, j'ai même acheté une poubelle bi-bac chez Lidl (12,99€ ! Foncez) pour trier… Et je laisse ma Fantomobile au garage dés juin (enfin, ça c'est pas l'écologie, mais l'économie, le gasoil à 1,40€ c'est mort).

C'est toujours un peu compliqué de tenir ce genre de discours, on me dit souvent qu'il faut y croire, un peu comme l'homéopathie (des granulés d'eau sucrée qui vous terrassent un rhume en à peine 6 mois...), je vois pas où est la croyance dans le fait de reconnaître que la bouffe bio est meilleure pour la santé et pour la planète, mais tout de suite ça fait hippie intégriste baba cool qui veut vivre dans sa communauté dans le Larzac et est totallement anti société de consommation, bref, l'image qu'on véhicule de soi en tenant ce disours est souvent un peu exagérée... C'est pas plus cher si on achète du produit de saison. Les magasins bio à Paris sont hors de prix, mais en banlieue et en province, préférez ceux excentrés ou dans les zones industrielles, moins de logistique, loyers plus bas, produits en vrac... Vous verrez que le prix est pas plus élevé que le riz du tonton Ben. J'insiste, ça vaut le coup !

Et pis allez, c’est cadeau, allez jeter un oeil ici, j'ai pas mal discuté de nutrition avec la demoiselle qui le tient sur le blog de Ron, là, ici (en commentaires), et je crois que ça vaut le coup de se pencher sur la question...

Je reviendrai régulièrement vous abreuver de mes réflexion altermondialiste modérée (hu hu hu, mes 40 paires de chaussure...), le sujet m'intéresse...


Liens :


Tu as un jardin ? C'est ici : http://www.kokopelli.asso.fr/

Pourquoi je t'interdis les fruits et légumes hors saison d'Espagne ou du Maroc : Chez Lilo de Cuisine Campagne

Et tu peux toujours aller faire un tour ici : Ras la Fraise et signer leur pétition.


par Fantomette publié dans : Fantomette a encore frappé
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Mardi 22 avril 2008
On est tout le temps à la bourre quand on part à la même heure.
Quand l’Homme commence avant moi, il est levé à 6h, à 6h40 il est parti, moi je me lève à 7h30, à 8h et des brouettes je suis partie.
Quand on part à la même heure, le réveil sonne plein de fois, on glandouille au lit, au petit déj, sous la douche et ça se finit en course contre la montre.
Ce matin, miracle, à 7h40 on était tous les deux propres, habillés, caféinés, parfumés et prêts à décoller.
« Gérer notre temps ? Tu veux dire que ce truc dont parlent plein de gens on aurait réussi à le faire ce matin ?? » m’a-t-il dit.
Pour le moins surprenant.
Alors je change le lit de Fulbert (je le change de bocal) et lui donne plein de bonne farine bio à manger pour qu’il épaississe, il sent déjà bon, le bougre, je me repasse deux-trois fringues et je me change.
Je regarde sytadin.fr pour voir la circulation. Nobody on ze rode. C’est les vacances, les parigots-tête-de-veaux sont partis avec bobonne et les lardons chez leur belle-mère à la campagne, la rue est à nous, ça signifie, mais oui, mais oui, l’école est finie. Alors je décide de partir plus tard que prévu et de finir de me maquiller à la maison plutôt que dans mon rétroviseur dans ma Fantomobile (39,73 litres, 50€ de gasoil hier, je suis dég’). Alors je me maquille, glandouille sur mon bébé pc, me ressers un café, et me dis qu’à 8h15 il est temps de partir, je récupère ma clé de vouature dans mon jean d’hier et je décolle. Ah non, elle est pas là, ma clé. J’avoue, j’ai déjà perdu ma première clé, et celle-là c’est un double.
Et je voudrais bien retrouver mon double de clés, sinon je pars pas.
Je retourne tout l’appart, pas de clé.
Je vide mon sac à main, fais le tour des lieux improbables (toilettes, salle de bain), rien. Je cherche entre les coussins du canapé, sur le lit, dans mon jean de ce week-end (alors que je le portais pas hier et que je suis allée bosser en vouature hier).
J’appelle l’homme pour hululer mon désespoir et lui demander si je peux prendre sa voiture des fois que je retrouverais pas ma clé.
Il veut bien.
Il est 8h30, je suis un peu moins en avance que prévu.
Et j’ai un doute, je prend sa clé de sa voiture et descends, et vais voir ma Fantomobile.
La clé est sur le contact.
Tout simplement, ma voiture est en mode prêt-à-partir, tu rentres, tu démarres (le plein est fait) et tu te casses.
Parce que je ferme jamais ma voiture à clé, c’est pas parce qu’elle est verrouillée qu’on me la piquera moins, c’est juste que si elle est ouverte le voleur il ouvre la porte et hop, si elle est pas ouverte, le voleur il envoie un coup de tournevis dans ma serrure ou plie ma portière et hop. Alors tant qu’à faire, autant qu’on me pète pas ma serrure ou ma portière alors je la laisse ouverte. Et du coup je pense pas à vérifier ma clé en sortant pour verrouiller, du coup c’est la deuxième fois que je laisse la clé sur le contact.
Si vous voyez une Fantomobile, tentez le coup, hein, elle sent juste un peu bizarre rapport au doggy bag du couscous de Mme Mamandelhomme d’il y a 15 jours, le jus des légumes a coulé et ça fermente tranquillement par terre côté passager mais le matin quand il fait froid, ça va et de toutes façons au bout de 5 minutes on sent plus rien, c’est juste un peu dur quand on rerentre dedans après une après-midi au soleil, mais tentez quand même le coup, avec un peu de bol le plein sera fait et y’aura la clé sur le contact, elle consomme pas grand-chose, ça vous laisse deux semaines de trajet maison-bureau ou un bon aller-retour Paris-Nantes, au choix (marche avec toutes les communes dans un rayon de 400km de votre point de départ).

Je suis un boulet.
par Fantomette publié dans : Fantomette a encore frappé
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Jeudi 10 avril 2008

Il y a tellement de trucs que j’arrive pas, j’arrive plus à être indignée, juste lasse, triste.
Le prix du baril de pétrole augmente en dollars, mais le dollar chute face à l’euro, on nous dit que ouh-là-là, heureusement qu’on a l’euro qui absorbe une partie de la hausse du prix parce que dites donc, sinon qu’est-ce qu’on prendrait dans la face. Oui mais. La baisse du dollar, la force de l’euro absorbe la quasi-totalité de la hausse du prix du dollar.
Le pétrole on l’achète en dollar. Converti en euros, au cours du jour, 111$, ça fait… 70€.
Autant vous dire que le prix du pétrole en euros n’a pas augmenté autant que ce qu’il n’y paraît depuis un an « grâce » au cassage de gueule du dollar.
Mais le prix du plein augmente de façon vertigineuse.
Les bénéfices de Total aussi je suppose.
Et sous peu de Gaz de France.
Dans ta gueule petit consommateur, même les nouilles c’est un plat de riches.
Pauvre petit actionnaire qui n’a pas assez de sous.
Un peu comme les hausses des prix en grande surface, « Mais ma pauv’ dame, les matières premières augmentent, on est désolés, pas not’ faute » qu’on te dit en te vendant tes quatre tranches de jambon à 4,50€ quand le prix du porc est justement en train de chuter et qu’on l’a payé une petite misère au producteur. Marges arrières ? Y’a pas. Augmentations de prix qu’on te passe en loucedé sur le lait ou les yaourts ? Meuh non, voyons…
Un autre truc qui m’énerve : les tibétains. En fait je suis très satisfaite de voir que tout le monde y met du sien, fout le dawa sur le passage de la flamme, gueule enfin un peu contre la Chine, mais soyons honnêtes, si le Tibet ne n’était pas révolté, personne n’en aurait parlé sauf deux ou trois illuminés par ci par là défenseurs de longue date de cette cause, nous nous sommes tous plus ou moins réveillés, non le Tibet c’est pas la bd de Tintin, et j’ai peur que tout ça ne retombe comme une tombe justement, il faut agir vite, très vite tant qu’il y a un moyen de pression : les JO, après ce sera trop tard. Et quand j’entends les chinois eux-mêmes, les chinois émigrés donc hors de la pression de leur gouvernement, hors de la censure, ayant accès à toutes les informations sur ce qu’il se passe vraiment tenir le même discours, on se dit que ce gouvernement a vraiment réussit son boulot puisqu’il réussit même hors de ses frontières… Ecoutez-les, ils utilisent tous la même expression « la clique du Dalaï Lama »… Mais ne rêvez pas, la tombe s’est refermée sur la Birmanie qui va bourrer les urnes pour faire voter une parodie de constitution, elle se refermera bientôt sur le Tibet et le génocide culturel se finira tranquillement dans l’indifférence générale. Vous ne croyiez quand même pas que les choses allaient changer ?
Les familles nombreuses… Déjà qu’ils nous emmerdent à pondre, on va pas en plus leur payer leurs lardons, ils ont pas assez de leurs allocs, allez, on va leur sucrer leur carte sncf, alors qu’on vient de dire au Grenelle des transports qu’on allait faire en sorte de privilégier au maximum les transports ferroviaires, et que la sncf vient de mettre en place une politique tarifaire qui rend le train hors de prix, notre dernier week-end à Nantes, en regardant deux mois et demi à l’avance, on en avait pour 140€ chacun de train en seconde classe… On est venus en voiture, avec deux passagers à l’aller en covoiturage, ça nous est revenu à 80€ en tout. Si vous saviez ce qu’on a pu se balader avec les frangins grâce à cette carte, on enferme un peu plus les gens chez eux. En fait, quand tu choisis de faire moins de deux enfants ou plus de trois tu es pénalisé, les allocations commencent à deux enfants il me semble, et à plus de trois, on t’interdit maintenant d’attacher ensemble deux enfants sur le même siège pour les emmener à l’école. Sors pas du rang, français moyen,
« Travaille, consomme et tais-toi ».
Y’a un truc qui me plaît en ce moment : les manifs lycéennes. Les jeunes n’ont pas perdu la flamme, la flamme, la vraie (ceux qui laisseront un commentaire peuvent laisser leur adresse mail dans la case s’ils le souhaitent, je leur enverrai un mp3 de deux minutes extrait d’une émission de France Inter intitulé La Flamme (chronique : Cartier libre de Caroline Cartier) que j’ai beaucoup aimé, j’ai passé une heure à télécharger itunes, le podcast de l’émission, un logiciel pour bricoler les mp3 pour sélectionner uniquement l’extrait… Bref, c’est si vous voulez, moi j’ai adoré), les lycéens, donc : allez-y, vous avez plus de pouvoir que vous ne l’imaginez, vous avez raison, entièrement raison, mille fois raison, moi aussi j’ai campé dans des salles de cours, des sous-sols de fac, bloqué des entrées de cours, fait des unes de journaux et braillé dans des mégaphones, continuez le combat, la cause que vous défendez est juste, des économies, pas à tout prix, il y a plus d’argent à prendre dans le train de vie de l’état que dans l’enseignement, vous êtes bien les seuls qui mettez un peu de rose dans l’actualité de ces jours-ci.
Allez, votre Fantomette chérie est désabusée, elle a besoin de vacances et d’un peu de bon sens
dans ce monde de brutes de cons d’humains.

par Fantomette publié dans : Fantomette a encore frappé
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Jeudi 20 mars 2008
De temps en temps j'aime bien lancer un sujet polémique.
Là celui dotn je vais vous parler est dans l'air du temps.
Je veux bien évidemment vous parler de l’euthanasie, qu’on l’appelle comme on veut, suicide médicalement assisté, mourir dans la dignité ; tout comme je n’appelle pas un sourd un malentendant, on va appeler ça euthanasie.
Ca fait deux matins de suite que les invités sur France Inter sont là pour parler de l’euthanasie, une remarque du président de l’association pour mourir dans la dignité faisait remarquer que si trois enfants par an se noient dans leur piscine, on légifère. Si dix enfants sont tués chaque année par un molosse, on légifère. Si trois pédophiles récidivent par an à leur sortie de taule, on légifère (d’ailleurs à ce sujet, je vous ferais bien remarquer que quand on les prend correctement en charge en prison la récidive baisse à 2% comme au Québec, on évite ainsi de violer la constitution française, mais il est bien plus simple d’enfermer tout ce bas-monde dans des hôpitaux psychiatriques à vie plutôt que de faire son boulot et de les soigner, faites une petite recherche sur une loi votée en 1998 à l’initiative d’Elizabeth Guigou sur l’obligation de soins en prison mais jamais mise en application faute de moyens) (j’ajoute à ce sujet l'hospitalisation d'office, dispositif qui existe depuis 1938 dans notre législation, et qui permet au préfet, sur avis médical, d'hospitaliser quelqu'un qui est dangereux, soit pour soi-même, soit pour autrui, soit pour l'ordre public, bordel, les lois existent déjà) (excusez-moi de digresser mais l’hypocrisie des politiques et voter des lois pour montrer que « regardez, je fais quelque chose » alors que tout ça a déjà été fait par d’autres m’énèèèèrveuh).
Mais on laisse crever ou souffrir dans le silence et l’hypocrisie des centaines de personnes par an. En Belgique, c’est environ 40 personnes par mois qui sont euthanasiées, à l’échelle de la France ça en fait du monde qui pourrait mourir dans son lit plutôt qu’entre 4 murs d’hôpital (80% des français meurent à l’hôpital/maison de retraite, proportion inverse en Hollande par exemple).
Quand j’étais gamine, je me rappelle que mon père avait dit qu’il ne voudrait jamais être une charge pour ses proches et jamais être un légume en lit médicalisé des tuyaux qui sortent de partout, qu’avec son meilleur ami ils s’étaient promis de ne jamais se laisser finir comme ça (il me semble que l’expression c’était « Si j’en arrive à même plus être capable de me suicider tout seul, je voudrais qu’il me balance du haut d’une falaise »), bref, un genre de pacte d’adolescents.
Une psychiatre en soins intensifs disait ce matin que l’euthanasie était une monstruosité dans le sens où faire participer ou assister ses proches à sa mort c’était une horreur qui allait empêcher le deuil et créer des désordres psychiatriques insurmontables.
Alors que vivre avec un parent, un frère, un enfant, à moitié végétatif plein de tuyaux qui se chie dessus et ne te reconnaît même plus c’est quand même bien moins traumatisant. Ou avoir ta mère déformée par une atroce maladie qui la condamne à brève échéance et qui souffre comme une bête et que tu risques tous les jours de retrouver morte dans son sang dans la cuisine, c’est moins grave. Après tout, Christine Boutin l’avait bien dit, cette femme n’était pas en détresse, mais juste malheureuse parce qu’elle se trouvait pas belle. Connasse, va. Et cette charmante personne est ministre. Homophobe à mort. Je ne sais pas si elle se trouve belle, mais je peux vous jurer qu’elle est beaucoup plus laide que ne l’était celle qu’elle injure.
Admettons le principe de la psychiatre dont je parle plus haut, déjà, dénonçons tout de suite à la Cour Européenne des Droits de l’Homme les agissements dangereux de la Belgique, de la Suisse et de la Hollande qui en même temps qu’ils pensent aider des gens à mourir dans la dignité ne font en fait que traumatiser des familles entières et les rendre définitivement atteints psychiatriquement.
Selon ce principe, toujours, je devrais laisser mon père (je garde cet exemple, mon papa va très bien, merci) souffrir, perdre la boule et ne plus reconnaître ses gamins pour mon petit plaisir perso de ne pas avoir un choc du à sa mort plutôt que l’euthanasier et mettre fin à des souffrances inutiles puisque sans chances de rémission. Genre je serai moins triste s’il meurt après quelques années d’agonie. Genre je trouverais ça mieux de le laisser souffrir encore un peu parce que attends, là je suis pas encore prête pour qu’il meure. Non mais y’en a, tu te demandes si ils en ont pas marre de dire des conneries.
Et pourtant je serais du genre à réclamer de mourir la première tellement surmonter la douleur de la disparition d’un proche me paraît impossible, rien que d’imaginer qu’un de mes frangins, parents, ma dernière grand-mère ou mon mec puisse mourir avant moi j’en ai déjà envie de pleurer. Mais si mon frère/père/mec choppe un Alzheimer précoce et veut être débranché avant de se mettre à baver partout ou à manger la nappe au restaurant ben j’irai le débrancher avec les dents.
J’ai le même point de vue là-dessus que sur l’avortement, c’est autorisé, c’est pas pour autant que c’est obligatoire et que 80% des grossesses se soldent par un avortement.
Alors comme ici on n’est pas dans un espace de libre discussion et que c’est chez moi, je veux bien entendre tous les points de vue sauf ceux qui sont pas d’accord avec moi. Plus sérieusement, sauf les points de vue dictés par la religion, quelle qu’elle soit, après Christine Boutin y’a rien qui me file plus de boutons, et je n’aurai aucun cas de conscience à les censurer.
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Lundi 17 mars 2008



C'est vrai, ça ne fait pas avancer les choses. Mais qu'est-ce que j'aime faire ça... Etape suivante : envoyer son adresse à ce site : http://fj28.free.fr/spam/spam.html .
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Mardi 26 février 2008

[Préambule]
Y’a quelques années de ça, Chirac sort de la messe du petit village de Tataouine-Les-Oies-Sur-Seine-En-Josas un individu l’invective et lance  « Connard ! », ce à quoi Chirac répond « Enchanté, moi c’est Jacques Chirac. »
[fin du préambule]


Comme j’ai pas énormément de choses à vous raconter, je vais surtout meubler avec
deux-trois photos une photo (qui a dit que j’avais posté cet article uniquement pour son préambule ? Pfff z’êtes vraiment des mauvaises langues).
Ca a commencé quand La Belle était bébée, on partait en vacances en Ariège, et vu que Nantes-St Girons la route est longue, on s’arrête au Leclerc pour faire des courses et acheter de quoi faire un pique-nique, du bon vieux temps où le prix du jambon augmentait quand le prix du porc montait et non pas quand il baissait, et sur le parking maman cherchait ses enfants en disant « Où sont mes piou-pious ? Mère Poule cherche ses piou-pious ! Venez sous mon aile ! » Et c’était resté… Mèrepoule et ses pioupious, on a passé un mois en Ariège à pioupiouter, elle à glousser, je vous raconte pas la basse-cour.
L’autre jour, j’épluchais mes 3kg d’oignons (que j’achète en gros au marché, c’est moins cher et j’émince et je congèle, ça me fait du picard à moindre frais), l’Homme passe et me dit « Oh, c’est trop mignon tes oignons, on dirait des p’tits pioupious » et il me photographie (non, le masque c’est pas pour l’anonymat, mais pour le chagrin consécutif à l’épluchage-éminçage-rangeage correctement pour pas que ça fasse un gros bloc quand ça congèle de 3kg d’oignon). Autant vous dire que je l’ai envoyée par mail avec le commentaire de l'Homme à ma mère (la photo).
DSC00234.JPGElle m'a répondu.mail.JPG
Allez, c'est tout pour aujourd'hui mes poussins, après l'article-fleuve d'hier votre Fantomette-fille-poulette en reste à son préambule et à cette photo, que j'aime vraiment beaucoup (z'avez vu notre chouette tapisserie ?).
Je vous embrasse, et mort aux pauvres cons.

par Fantomette publié dans : Fantomette a encore frappé
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Vendredi 15 février 2008
Faut que je vous raconte un truc. D’avant, quand je n’étais qu’une jeune conne rebelle. Quand je manifestais comme je respirais (un jour je vous scannerai les articles où on voit ma tronche en première page des journaux en tête de manif, je passais à la télé et tout, et quand je séchais les cours pour manifester, je ramenais pas un mot d’absence mais le journal pour justifier de où j’étais, vu que j’étais quasi toujours en photo) (ouais, j’étais une rebelle j’vous dis, le prof qui te dit « Tu as un mot ? » à qui tu tends le journal où tu apparais en une en tête de manif, ça vaut son pesant d’or comme situation)
J’aimais bien être des délégations reçues par les préfets, recteurs et autres.
J’aimais bien les emmerder, leur casser leur plan « langue de bois », je les titillais, leur reposais la question dix fois s’il le fallait, leurs réponses de politicien m’ennuyaient au plus haut point, moi je voulais des réponses concrètes, je ne savais pas encore qu’un homme politique ne répond jamais à la question qu’on lui pose.
Et un jour, vers fin 2003 début 2004, le chef de cabinet du préfet en a eu marre et m’a envoyée péter « Mademoiselle, vous n’avez pas la maturité politique et intellectuelle pour me parler comme ça ».
Bon, j’étais allée un peu loin, je lui demandais poliment « Concrètement, que se passe-t-il à la rentrée 2004 ? », il a éludé un bon quart d’heure, il voulait pas me répondre, alors j’insistais « S’il vous plaît, pouvons-nous nous recentrer sur le sujet de la prochaine rentrée ? » et, énervé, il a fini par me dire « je ne sais pas », je lui ai dit « Décidément, le recteur ne savais pas non plus, l’ignorance est une épidémie chez les hauts-fonctionnaires ». Paraît qu’on parle pas comme ça aux chefs de cabinet, moi on m’a appris qu’on parle pareil à tout le monde, que c’est pas ton grade hiérarchique qui t’apporte le respect et qu’en l’occurrence un mec qui passe une demi-heure à se foutre de ta gueule et à te faire des réponses de langue de bois, tu lui lèches pas les bottes.
Bref.
« Mademoiselle, vous n’avez pas la maturité politique et intellectuelle pour me parler comme ça ».
On était deux lycéens dans la délégation, inutile de te dire que le lendemain, j’étais la star du lycée, j’ai rien dit, j’ai laissé l’autre lancer la rumeur et les commentaires me revenir « Y’a Martin qui dit a tout le monde que t’a envoyé chier le préfet ?.. » Bon, c’était son directeur de cabinet, je jouais les modestes et jubilais intérieurement.
Mais il m’a fait réfléchir avec sa remarque, il avait pas tort, j’ai pris la résolution de ne plus envoyer bouler de haut fonctionnaire tant que je n’avais pas un muri dans le domaine intellectuel et politique.
Et puis, et puis… Les quelques rares hauts fonctionnaires que j’ai recroisés j’ai pas eu l’occasion de les insulter.
D’abord, celui que j’ai bien aimé, il y a eu Jean-Marc Ayrault à la fête de la musique à Nantes il y a 4 ou 5 ans, je tenais le stand des Restaus du Cœur, un couple « habillé » qui tranche un peu avec la masse plutôt jeune et cool arrive, monsieur prend une barquette de frites pour madame, je lui explique que le groupe qui joue est 100% bénévole et que ses bénéfices iront en totalité aux restaus, il a pris un cd et a refusé que je lui rende ses 9€ de monnaie, je l’ai remercié chaleureusement et lui ai dit que je trouvais ça très sympa. C’est les autres bénévoles qui m’ont dit qui c’était, je le savais pas, je l’avais pas reconnu, depuis ce jour, je l’aime bien Ayrault.
L’autre, c’est André Santini. J’ai bossé occasionnellement à sa mairie d’Issy. Il passe pour un gars sympa à la télé. Tout le monde le craint là où il bosse, la trouille a remplacé le respect, avant d’y aller mon patron m’a avertie, parler très poliment, l’appeler « Monsieur le maire » et pas juste « monsieur », ne jamais le contredire, « Faites attention au moindre de vos mots, Fantomette, il est extrêmement susceptible ». Le mec il te passe devant à 8h du mat à l’accueil avec son barreau de chaise pourtant je fumais à l’époque, mais c’était dur, et il dit à peine bonjour. Quand il arrive, au moment où les portes de l’ascenseur se referment sur lui (pas avant pour pas qu’il entende) il faut illico appeler son secrétariat et chuchoter « IL arrive » pour que la cour soit prête à accueillir le roi comme il se doit, il n’a jamais été aussi cordial avec moi que les jours où il était accompagné d’un journaliste, et je me rappelle encore de m’être faite consoler par le gardien parce qu’il m’avais insultée un jour où j’avais mis une seconde de trop à ouvrir la grille à la superbe berline diplomatique d’un ambassadeur américain venu lui rendre visite, et de la réaction de son directeur de cabinet « Il est comme ça avec tout le monde, essayez de ne pas le prendre personnellement, je trouve ça lamentable ».
Tenez, je parle déjà de sa mairie ici, et à la fin de cet article là.
On peut pas dire que j’aie la cote avec les hauts-fonctionnaires, hein ?
A l’origine je comptais vous raconter la conception Dallas de la politique de ma petite ville, les papiers qu’on reçoit dans la boîte à lettres, les attaques personnelles, le gaspillage de papier, les réponses des mère-courage « je ne répondrai pas à ces infamies » alors pourquoi tu réponds ?? Le papier estampillé « qualité écologique » pour te faire croire qu’il est recyclé alors que « qualité écologique » ça veut rien dire et surtout pas que le papier est recyclé, bref, patience, d’ici lundi j’aurai encore de belles perles dans ma boîte à lettres, je crois que tous les candidats à la mairie de Limeil-Brévannes jouaient ensemble au bac à sable quand ils étaient enfants et devaient déjà à l’époque se détruire leurs pâtés, parce que dans leur programme, pas un mot de politique de la ville, mais plutôt « untel est un con » et « unetelle est une menteuse » (houuu la meuteuuuse elle est amoureuuuuse, voyez le niveau ?? Ca fait peur).
Monsieur l’ex-chef de cabinet du préfet de Nantes à l’époque dont je parle plus haut, tu vois, je t’en veux pas, t’avais pas tort (mais putain, quelle langue de bois !), je suis tes conseils. Mais plus je muris dans le domaine, plus j’ai envie de voter anarchiste.
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Lundi 4 février 2008
Des jours, mon côté communiste révolutionnaire ressort plus que d’autres. Comme l’autre matin où je commence dés le réveil à travailler l’Homme au corps avec la réflexion que m’a inspirée cette remarque « anodine » d’un journaliste de France Inter sur les chiffres du chômage « Vous savez que ces chiffres sont les chiffres officiels et qu’ils sont régulièrement contestés ». L’utilisation du mot « officiel » m’ fait froid dans le dos. Je lui ai parlé de fait que la candidature du dernier opposant à Poutine a été officiellement invalidée pour des raisons obscures, et que donc il n’y aura pas d’opposition aux prochaines élection là-bas, qu’on peu bien causer, mais qu’on ne vaut pas mieux (enfin, si, mais quand je suis énervée je suis sujette aux jugements tranchés, expéditifs et excessifs), qu’on manipule les chiffres, les médias, qu’on se permet de donner des leçons aux autres, et que ce jour-là, le mot « officiel » avait le même goût que quand on l’utilise en dictature, parfois ce pays me dégoûte. L’Homme m’a ronchonné que merde, chérie, je viens de me réveiller, là, je bois mon café et on en reparle plus tard ? Tu me beurres ma tartine ?
Outrée par ce cruel manque de sens civique, je suis allée jouer avec mon nouveau bébé acheté à un grand monstre capitaliste qui exploite la misère des peuples (bébé made in Taiwan, je t’aime).
Et puis il y a des jours comme ce matin, où la radio passe un extrait du discours du grand Jacquot d’après le référendum de 2005 où j’avais pas voté parce que mon bureau de vote et moi-même étions à Bouguenais-Les-Couëts, et ma carte d’identité était restée à Paris, et ce malgré les menaces de Biquette (« Si tu vas pas voter ‘Oui’ la France devra quitter l’UE »)(Voter à droite rend stérile)(On peut attraper le SIDA sur les toilettes)(même si c’est pas là que c’est le plus confortable), et je me suis prise à être nostalgique. Nostalgique de Chirac. J’aurais jamais cru que ça puisse m’arriver à moi. Mais sa voix si caractéristique, ça m’a rappelé quand on était encore gouverné par un mec qui même s’il piquait dans les caisses, même si j’étais pas d’accord avec lui, avait un fond humain et aimait sincèrement les gens et la vie, le pinard, et la bouffe, aimait la France, la diversité et que le racisme faisait gerber. Chirac j'ai toujours dit de lui que j’aimerais un jour bouffer et discuter avec lui parce que c’est un mec qui humainement et intellectuellement valait le détour même si politiquement je le trouvait nul. Voilà où m’a mené Nabotléon, à regretter Chirac, qui l’eût cru ?
Révolutionnaire un jour, nostalgique de Chirac le lendemain.
Enfin bon, je sais d’avance que je finirai jamais nostalgique de Nabotléon, ce mec c’est comme la clope où la gastro, quand on s'en débarrasse on est soulagé, on regrette pas.
par Fantomette publié dans : Fantomette a encore frappé
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Lundi 7 janvier 2008

J’ai revu samedi soir Maria, la Russe dont je vous avais déjà parlé.
Après les banalités d’usage, les « comment va la famille, le boulot, ton mec, les chats ? » on passe à du plus varié genre « Tiens, là on est en plein Marais, tu connais ? Le quartier gay, bon, là il est tôt mais parfois la nuit tu y croises de drôles de créatures ».
Ce que je craignais c’était de tomber sur une obscure Poutinienne, mais la donzelle est plutôt ouverte, elle bosse dans une très grande compagnie internationale, est maquée avec un Italien, intelligente, cultivée, tout ça me pousse à tenter l’ouverture. Elle me dit que son pays a beaucoup changé, je réponds que globalement, la France a une image assez négative de la politique Russe. A cause de Poutine et de sa conception particulière de la démocratie et de la liberté de la presse. Elle ne me regarde pas de travers, mieux, elle approuve, elle a voté contre lui. La télé fait de la propagande, annonce qu’il sera le Président parce que la Russie a besoin de lui, sans faire allusion au fait que son élection est soumise au vote du peuple. Je lui dit que j’ai été choquée que pour une manifestation opposée au pouvoir « non autorisée » Gary Kasparov soit jeté en prison.
Elle me fait des yeux ronds : elle n’était pas au courant.
Je lui ai expliqué ce qu’il s’était passé, ça la désole, mais bon… Elle peut pas s’empêcher de se dire que bon, faut bien quelqu’un de fort au pouvoir après tout, la propagande fait bien son boulot.
Mais je lui ai quand même dit que c’était délicat de filer des leçons de politique à la Russie quand t’as un président qui joue les anti-robins des bois et fait le joli cœur sous les flashs à Petra avec sa pétasse (Rumeur infondée* : surnommée « la traînée » dans le 8ème d’après un collègue qui m’expliquait que tout Paris-Ouest lui est passé dessus (lui y compris), c’est un peu le jeu des mecs du quartier de l’accrocher à leur tableau de chasse et c’est pas dur visiblement mais je suppose que ces allégations sûrement mensongères ne sont que l’œuvre de mauvaises langues jalouses*) tout en quasi-triplant son salaire, et que finalement nous on était libres de dire que Sarko est un con (avis personnel) doublé d’un menteur (dixit l’intéressé « Je n’exposerai plus ma vie privée ») mais uniquement dans le Canard Enchaîné parce que sinon les médias sont non pas muselés comme en Russie, mais quand même tenus en laisse vu que les grands patrons des groupes d’information sont les amis « intimes » de Nabotléon et que par exemple personne t’as dit que la pauvreté avait augmenté d’un point à part Libé et que si y’avait pas le Canard, Bollufert jouerait encore les Hervé Gaymard à nous faire la leçon, c’est comme l’autre, là, Lagarde qui nous dit « prenez vos vélos pour moins polluer, et moi je rentre chez moi dans ma grosse berline achetée en urgence avant le 1er janvier pour pas payer l’écotaxe ».
Après avoir laminé la politique Russe et Française, on a bu à notre santé et à celle de son Italien qui était en fait là depuis le début mais dans le tourbillon des retrouvailles on l’a un peu ignoré pendant une heure. Ravi qu’on s’intéresse enfin à lui, il en a profité pour cracher un peu sur Berlusconi histoire de pas être en reste et de montrer qu’il suivait.
Sinon, j’ai pas été déçue, elle a enquillé deux pintes sans faiblir et a levé un sourcil interrogateur quand j’ai refusé la deuxième au prétexte que je dois conduire pour rentrer…
On s’est fait accoster par le traditionnel mec avec ses roses, et quand je lui ai dit le tout aussi traditionnel « Non merci on a déjà baisé » j’ai pas osé leur traduire (vu qu’elle parlait pas français, lui à peine, moi pas Russe et à peine Italien on parlait en anglais).
On était dans un micro bar de 15m² tenu par des Irlandais où tu vas te servir au bar et tu parles anglais because le serveur parle pas français et si tu réclames « half-a-pint » le gars rigole et te sers une pinte en te disant qu’elle est bien bonne celle-là ça faisait un bail qu’on lui avait pas faite, idem quand j’ai refusé la seconde pinte sous prétexte de conduire (ça avait pas l’air de le choquer de boire 1 litre de bière et de rentrer en voiture) et que je lui ai expliqué que ok pour la half-a-pint, je déconnais, mais là je suis vraiment sérieuse, si, si, arrêtez de rire, vous êtes vexant.

 

 

 

Bilan :
- Je suis priée de disparaître tous les samedis soirs pour permettre à l’Homme-de-mes-pensées de regarder Turbo et des films avec du bruit, de l’action, des bastons, voire un peu d’horreur, choses qui sont intolérées en ma présence
- La liberté de la presse en Russie c’est pire que ce que vous imaginiez.

Allez, amour gloire et beauté à tous, je reviens bientôt pour l’article en retard de la semaine dernière qui est tapé et prêt-à-publier mais je voulais d’abord vous dire ça.

*Je veux pas de procès pour diffamation…

par Fantomette publié dans : Fantomette a encore frappé
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