J’ai vu le neurologue mercredi dernier, quatre mois après notre premier rendez-vous, le second traitement de fond avait l’air
efficace.
[Apparté (je sais, je passe mon temps à faire des digressions, ne mentez pas, vous adorez ça) Papa m’a dit que son père que je n’ai pas
connu est mort à l’hôpital où je vois le neurologue, c’est une partie de mon histoire qui me manque, quand j’y vais j’aime bien me dire que les couloirs où je marche mon grand-père les a
peut-être arpentés à la fin de sa vie, comme un lien ténu de rien du tout, comme si son fantôme m’y tenait compagnie, ça peut faire drôle dit comme ça, dans mon esprit ce n’est pas
glauque.]
Le premier traitement, c’était des bêta-bloquants, la comparaison avant après a juste fait apparaître une chute de tension et un rythme cardiaque
qui passe de 80 pulsations secondes à 60 pulsations secondes mais pas de baisse du nombre de migraines (le médecin traitant que j’ai vu entre mes deux rendez-vous avec le neurologue a été surpris
que je ne lui signale pas une forte fatigue –que j’avais ressentie mais mise sur le dos de l’hiver et de la lassitude de ne pas avoir de vacances– et m’a tout arrêté), on passe donc au
suivant : un antiépileptique (prescrit par le généraliste sur les conseils du neurologue).
Bon, au début ça m’a fait marrer, parce que quand j’étais petite j’ai fait une crise d’épilepsie. Enfin, une crise épileptiforme. C’est plus classe. C’est pareil mais c’est pas pareil, c’est une
crise d’épilepsie sans être épileptique, c’est comme quand j’ai fait une bronchite asthmatiforme, 4 mois sous ventoline sans être asthmatique. (Je te vous raconte pas ma mère tout juste enceinte
de mon frère quand son bébé de 22 mois (votre Fantomette adorée) a fini à l’hosto pleine d’épilepsie, mon père a planté lycée et élèves en leur disant de se démerder vu que sa fille allait mal et
que sa femme enceinte partait à l’hôpital avec sa fille et que mais merde, débrouillez-vous comme vous voulez, moi je me casse, et il s’est barré).
Bref.
Il m’a mise sous antiépileptique, donc. Effet secondaire principal : engourdissement désagréable aux extrémités. Un mois et demi plus tard, retour chez le neurologue. Je dois arriver à
100mg/jour mais pas d’un coup, alors première semaine 25mg/jour, et on augmente de 25mg par semaine la dose quotidienne jusqu’à la 4è semaine, c’est donc difficile de dire après seulement un mois
et demi de traitement dont seulement trois semaines à la dose maximale s’il est efficace ou non, mais il a l’air. Bon, on continue, 50mg matin et soir, plutôt que d’être à 2 gélules de 25, il me
prescrit directement la posologie de 50mg.
Logique.
Et là c’est le drame, nous sommes mercredi 27 février 2008, il est 16h25, Fantomette sort de chez le neurologue, Hôpital Henri Mondor, Créteil [arrêt sur image un peu flouté pour montrer le mouvement type photo volée de magazine people].
Non, je déconne, le drame c’est après. Quand la pharmacienne me dit qu’elle les a pas en gélules comme ceux de 25mg mais en comprimés, je préfère les petites bocaux en plastique des gélules qui
sont très pratiques pour le sac à main, mais bon, je prends les comprimés.
Vendredi matin, après un dîner chez la fiancée de mon père je me réveille avec une migraine terrible. Je demande à l’Homme s’il trouve que j’ai beaucoup bu car il ne me semblait pas avoir
exagéré, il me dit que non mais il ne m’a évidemment pas surveillée, et vu que c’est lui qui me ramenait, aurais-je trop bu sans m’en rendre compte ? Possible.
Malgré les médicaments ça me traine vaguement toute la journée, je suis pas très bien et surtout épuisée en rentrant le soir, heureusement que c’est le week-end. Samedi matin, je me réveille avec
la migraine. Médicament, ça me passe un peu, je ne reprendrai rien jusqu’à lundi matin, mais tout le week-end je sens que je ne suis pas en grande forme, vaguement les tempes qui battent, un peu
trop fatiguée. Depuis ça n’arrête pas j’ai la migraine tous les jours. Je ne compte bien évidemment pas les brouettes d’antalgiques divers que je m’envoie derrière la cravate pour faire passer la
douleur, rien que d’y penser, je... préfère ne pas y penser.
Il y a un composant dans le comprimé qu’il n’y a pas dans la gélule, composant que je ne tolère visiblement pas, je ne vois rien d’autre dans cette semaine qui aurait pu me provoquer des crises.
Sinon c’est problématique cette semaine de migraine si elle n’est pas due à ce « nouveau » médicament, je ne comprends pas.
Parfois je me dis que je devrais accepter ce que m’a un jour proposé mon généraliste : un stage de « désintox » en hôpital, zéro médocs, à force de trop en prendre le corps se
rebelle et on fait des migraines médicamenteuses, un peu comme les bonnes femmes qui font des cures de jeûne à Benodet pour 600€ la semaine à boire du bouillon, ben moi je ferais la même mais
dans un lit d’hôpital, le tout remboursé par la sécu.
Mais c’est plus fort que moi, l’idée même de me retrouver une semaine (ou 5 jours ou 10 jours, j’en sais rien) toute seule dans une chambre d’hôpital me terrifie, je voudrais que ce soit fait
mais je ne voudrais pas le faire. C’est étrange cette sensation quand j’ai la migraine qu’il faut non pas que la douleur « disparaisse » mais qu’elle « sorte », j’ai du mal à
comparer avec un autre type de douleur, je suis pas une douillette au quotidien, j’ai rarement mal (disons qu'après une migraine, tu relativises), et je me suis écorchée au coupe-scotch
avant-hier un joli bobo en zig-zag (à cause des dents du truc) sans trop broncher parce que bon, ça pique, mais c’est pas grave, ça se répare en trois-quatre jour, on va pas en mourir,
hein ? Mais la douleur classique comme celle-là, il faut qu’elle s’estompe, qu’elle diminue, qu’elle disparaisse progressivement comme elle le fait, la migraine, j’ai vraiment l’impression
qu’il faut qu’elle sorte, c’est pour ça que certaines migraines on va mieux après avoir vomi, comme si on la sortait cette douleur, il faut purifier, éliminer, quand j’ai la migraine je bois, je
bois, je bois, je me douche, comme si je pouvais l’éliminer aux toilettes ou avec l’eau de la douche, depuis le temps je sais que ça sert pas à grand-chose, mais je continue, c’est bizarre.
Un exemple que j’hésite à verbaliser, je vous rassure, je n’ai nullement l’intention de le faire : mais quand la douleur cogne aux tempes, c’est très dur à imaginer pour les non migraineux
(quoique je suppose que ça se compare à une bonne gueule de bois), mais en gros la sensation est que 150 litres de sang veulent passer d’un coup dans une toute petite veine et qu’il y a une
pression énorme dans la veine d’une des tempes avec la sensation de sentir son cœur qui bat très fort dedans, c’est très douloureux, ça donne envie, pas seulement que
la pression s’arrête mais de faire une saignée à l’ancienne sur la veine en surpression pour que le trop plein sorte et que la pression retombe, combien de fois j’ai imaginé ça. En sachant que ça
ne servira à rien puisque c’est une sensation de surpression et pas une réalité, c’est la douleur qui fait ça, mais c’est un besoin de faire sortir la douleur, de s’en débarrasser, comme si elle
ne pouvait pas réellement disparaitre, juste partir.
Enfin bon, j’intellectualise un peu trop, peut-être mais c’est comme ça que je le ressens, pis ces jours-ci, je vous raconte pas, j’aile temps de l’analyser cette putain de douleur, toujours
est-il que j’en ai pas fini avec la migraine, encore du boulot avant de trouver the remède miracle si tant est qu’il existe un jour. C’est quand même dingue qu’il n’existe quasiment rien pour la
migraine, je me soigne avec des antiépileptiques, des anti-inflammatoires, des antalgiques divers et variés, rien de spécifique à la migraine.
Allez, j'arrête, fin des lamentations, j’en ai juste un peu marre ou d’avoir mal ou d’être shootée par les cachets depuis une
semaine.
Vous dîtes...