Vous connaissez les cannelés ? Ces petites merveilles caramélisées bordelaises, une sorte de pâte à crêpes vanillée au rhum assez sucrée qui
caramélise donc superbement à la cuisson…
J’ai voulu en faire hier. Et sans trop savoir ce qui m’a pris, j’ai fait la recette telle que je l’ai trouvée, à savoir des quantités telles que un
litre de lait, 4 gousses de vanille (que papa m’a ramenées de Madagascar) 5 œufs + 4 jaunes (me reste 4 blancs, je ferai des langues de chat, rien que pour le nom du gâteau…), 100g de rhum, 500g
de sucre, bref, des ingrédients en grande quantité, tellement que j’ai pas pu faire le mélange final (lait vanillé + œufs/farine/sucre,…) dans le mixer. Trop petit. J’ai du sortir le
méga-mahousse saladier ikéa en mélangeant prudemment les deux appareils vu que le mélange arrivait à 5cm du bord.
Et je me suis retrouvée toute conne avec mes deux ou trois litres de pâte sachant que cette merveille cuit minimum 45 minutes et que je n’ai qu’une
plaque de moules à cannelés, soit 12 cannelés… Je peux en faire facile 10 fois plus, là.
Je me suis résolue à faire des cannelés pas en forme de cannelés, j’ai sorti les moules en forme de cœurs et les moules à muffins, préchauffé le four
et rempli les moules. Il me reste facile les 2/3 de la pâte, il est 20h, 45mn de cuisson minimum par fournée, j’ai aussi des madeleines à faire.
Je me couche à 4h, obligé. Ma valise est pas prête.
En repassant amoureusement la 15ème chemise de l’Homme (on devrait obliger les mecs qui ont le format bucheron à ne
porter que du tee-shirt infroissable, les chemises XXL j’en peux plus) je guette du coin de l’œil ce qu’il se passe dans le four, y’en a qui repassent en regardant la télé, moi je repasse en
regardant le four.
Ca gonfle doucement, ça caramélise, ça sent bon, une odeur enivrante de rhum, de caramel et de vanille se diffuse dans l’appart, et je commence à
fredonner le fameux « donne du rhum à ton homme, du miel et du tabac (mais surtout du rhum), donne du rhum à ton homme et tu verras comme il t’aimera », pour un peu j’écouterais la
compagnie créole, dis donc !
Au bout de 45mn, je me dis que je passe aux madeleines, comme ça cuit rapidement, pendant qu’elles cuisent les cannelés refroidissent, je les goûte
(ils sont bien brunis et très prometteurs) pour voir si 45mn c’est bon où si il faut plus.
Je remplis mes moules à madeleines, je reste accrochée à la poignée du four le nez collé à la vitre. 220°C, dés que les bords commencent à dorer et
que le milieu fait un creux (3 à 5 minutes) je baisse à 190°C pour encore environ 5 minutes.
Mes madeleines ont une bosse sublime, elles sont belles, j’ai le truc, j’ai une main d’or, je sais faire des madeleines à bosses, elles sont dorées,
je suis fière, je chante, c’est beau.
Mes cannelés sont ratés.
Ils sont retombés, ils sont tout plats.
Deux croûtes avec un truc gluant dedans.
Il me reste 2 litres de pâte.
Je dois jeter deux plaques de gâteaux.
Je retente, 20 minutes de plus au four, toujours raté. Mes madeleines, sublimes, me narguent du haut de leur bosse.
Vexée, je jette tous les cannelés ratés mais un élan de sauvegarde me fait mettre la pâte au frigo, je ressaierai plus tard.
Je me voyais déjà me la péter avec ma copine avec qui je prends mon goûter à ma correspondance à Nantes, je me voyais bien genre la super nanny du
goûter ultra organized avec ses talons vertigineux (achetés avant-hier, ils sont sublimissimes), sa petite valise à roulettes de pétasse et ses madeleines et ses cannelés maison dans le sac à
main à côté du thermos de café et des petites serviettes en papier (mon sac à main est immense).
Vous me direz, manque que les cannelés dans cette description, mais ça me ruine un peu mon groove quand même…
Je sais pas comment vous raconter mon indescriptible plaisir d’avoir de jolies bosses à mes madeleines et qu’un collègue venu rôder autour de mon
bureau parce qu’il a faim (et qu’il sait que j’ai souvent une bricole à manger dans mon sac à main) m’a dit un truc dans le genre « Mais c’est TOI qui les as faites ? Mais elles sont
trop bonnes ! » Et j’ai du l’arrêter pour en garder pour mon goûter.
Bref, dans une heure je décolle du bureau, dans deux heures je quitte Paris, j’ai hâte…
Vous dîtes...