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Fantomette enceinte

Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /2009 19:44



Oui, oui, c'est bien le notre !!! On l'attend pour le 1er novembre et on est raides dingues de joie...
Par Fantomette - Publié dans : Fantomette enceinte
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Lundi 4 mai 2009 1 04 /05 /2009 00:00
(Oui c'est bien un mini chaton que j'ai entre les nichons, il y a passé l'après-midi, pour tout vous dire, l'Homme aurait bien voulu être à sa place) (pour être honnête, moi aussi)


[Take care ami lecteur, billet très, très long]
Déjà, je couve chez ma mère jusqu'au 10, donc j'ai pas souvent accès au net, donc je peux trainasser à répondre à tout le monde.
Vous vous rappelez quand j'ai commencé à ne plus rien avoir à vous dire en janvier ? Je vous l'avais même écrit, ici. D'ailleurs, l'anecdote avec le bouquin balancé à travers la pièce, ben va comprendre, le lendemain il disait oui.
Je vous le dis, les hommes aiment les emmerdeuses.
Bref, lors de ma période "j'ai rien à dire", on venait de décider qu'on s'y mettait. Ca faisait un moment que j'attendais que ça, j'avais deux solutions : ne parler que de ça ou ne rien dire puisque je ne pensais qu'à ça. Alors j'ai rien dit. On a fêté nos trois ans le 30 janvier. Et pas que. Mais on savait pas encore...
Bon, ok, pas tout à fait le 30 janvier, deux jour après. Mais c'est plus romantique de dire que c'était le jour de nos trois ans, chacun ses petits arrangements avec la vérité.
15 jours après samedi 14 février, un jour de retard (moi, Fantomette, réglée comme une horloge, jamais une heure de retard). Test négatif le dimanche.
Ah mais ça se passera pas comme ça, hein, je suis impatiente, moi, je veux être enceinte.
Prise de sang le lundi.
Positif.
Nomého, je le savais ! Jamais en retard je vous dis !
Je me retrouve le soir-même chez mon médecin à ricaner bêtement, je lui demande une ordonnance pour refaire une prise de sang pour être sûre (la première j'avais pas d'ordonnance, j'ai du la payer), je veux la faire le surlendemain, le taux est censé doubler en 48h, il me dit que ce n'est pas une science exacte et qu'il vaut mieux attendre encore un peu sinon je vais être déçue. Il me fait promettre d'attendre le vendredi, je promets en ronchonnant, c'est d'ailleurs à cette occasion qu'il refusera de me faire payer sa consultation.
4 jours plus tard, le taux devra donc théoriquement avoir quadruplé. Il aura été multiplié par plus de 11 (passant de 56 à 645).
Je jubile.
A compter de ce moment, je n'aurai plus jamais peur de la fausse couche.
Regard dubitatif de l'Homme "Euh... Ils sont combien ?"
Vous comprendrez aisément que j'avais la tête ailleurs.

Du premier coup.
Quelque part on est super fiers de nos gamètes d'avoir réussi du premier coup (oui, c'est con, je sais...), je repense aux histoires de certains d'entre vous pour qui ça a été un parcours du combattant (Clem, Régis), j'en avais tellement peur que le soulagement, quelque part, se mêle à la joie (ouf ! La machine fonctionne).
D'un autre côté on balise, on s'était préparés à attendre, et d'un coup on se demande si c'était pas une idée à la con finalement, comme il dit "je comprends pas pourquoi on est pas euphorique en train de courir tous nus sous la pluie", on a un peu culpabilisé de pas irradier de bonheur sur le coup. D'avoir des pensées indignes de futurs parents genre "est-ce que c'était vraiment une bonne idée ? Après tout on est bien tous les deux... On est pas allés un peu vite ?".

On s'est rattrapés depuis, je vous rassure, hein. C'est venu doucement, le temps de se faire à l'idée d'être parents (j'ai envie de ricaner bêtement en l'écrivant, là) (je ricane bêtement en fait), de se dire qu'on était peut-être pas dans une merde noire finalement, que ça signait pas forcément l'arrêt de mort de notre vie se... euh... sentimentale (même si je vous cache pas que depuis trois mois je me sens plus attirée par mon oreiller que par les galipettes), et qu'en plus j'allais avoir des énormes nichons (pouvant aider pour le maintien de la vie se... sentimentale ci-dessus) (non mais regardez-moi ça la photo en haut si c'est pas du nichon de compèt, je partais quasi de rien quand même).

Alors quoi de neuf ?

Une faim saisissante violente, un truc que j'avais jamais connu, un besoin impérieux de manger, là, tout de suite, n'importe quoi, sous peine de violentes nausées et vertiges ultra désagréables. Conséquence directe : rééquilibrage de l'alimentation histoire de pas finir énorme, et sac à main rempli de barres de céréales, noisettes, abricots secs (j'adore les abricots secs, mais là je pourrais plus en manger un, j'aime plus, allez comprendre), pomme, galettes de riz (idem que les abricots secs) et autres histoires de pallier aux grosses dalles subites genre dans le RER (ça se fait pas de voler le goûter du gosse à côté et je vous jure que dans ces moments je m'en sens capable), une nouvelle devise "J'ai faim !" braillée à toute heure du jour et de la nuit (je me réveille la nuit pour manger...), idem pour la soif, je tourne à trois litres par jour par là, et du coup une sensation pénible de ne pas manger mais "me remplir", moi qui adore manger c'est très pénible comme sensation de ne pas prendre le temps de se préparer un truc sympa mais se jeter sur le premier truc comestible qui passe sous peine de grosses nausées qui dureraient tout le temps de la préparation, nausées qui gâcheront de toutes façons le plaisir. Ah oui, moi qui ai toujours eu le réflexe "envie de gerber = pas manger ou au pire manger un peu de coca" (les migraineux connaissent bien les nausées, même pas peur), c'est très pénible de se dire "Tiens, j'ai une gerbe monumentale, je vais aller m'enfiler une grosse tartine de rillettes-de-mémé avec des cornichons", la première bouchée est douloureuse.

Je n'aime plus les olives, ni le café, ni l'anis, ni les abricots secs j'ai des pulsions alimentaires brutales "Là je mangerais bien un carpaccio de tomates avec de l'huile d'olive, de la fleur de sel et des cornichons en rondelles" (resté au stade de fantasme, les bonnes tomates en mars ça existe pas), "Il me faut une part de far breton aux pruneaux, je reviens, je vais acheter des pruneaux" (une fois les pruneaux en main je n'en avais plus envie, bien sûr, c'est fulgurant comme envie, hic et nunc ou jamais), "tu irais m'acheter un litre de lait de soja pour faire un flan pâtissier, il reste que du lait de vache et JE VEUX UN FLAN PÂTISSIER" (une fois le lait de soja en main, ... vous connaissez la suite), "des pommes, oui mais des Pink Lady sinon rien, je ne veux manger rien d'autre qu'une pomme Pink Lady, je sais qu'il est 20h30 mais le Leclerc ferme à 21h on a encore le temps" (on y est allés, les 2 kilos de pommes ont fait 5 jours), "écoute, chéri, là je te jure qu'il faut qu'on s'arrête à Mc Do, j'ai besoin de frites" (moi qui n'ai jamais mangé autre chose que des potatoes au mac do depuis au moins 5 ans), et une nouvelle passion des cornichons, je mange un bocal entier à moi toute seule à l'apéro (enfin, je le ferais si l'Homme ne tentait pas à chaque fois de me faire partager) (il réussit en général).
Je m'arrête là, vous voyez le genre (c'est donc vrai ces putains de clichés sur les femmes enceintes ! #1)

Un cancer de la fesse gauche délicatement appelé sciatique. Une sciatique, c'est quand tu te bloques le nerf sciatique je sais pas trop entre quoi et quoi, et tu douilles ta race entre le coccyx et la cheville du côté concerné quand ça tire sur le nerf, soit dans tous les mouvements qui tirent sur l'arrière de la jambe (lancer la jambe en avant pour marcher, monter un escalier, s'asseoir, se relever, récupérer un objet tombé à terre,...) dans mon malheur j'ai la chance que la douleur s'arrête avant le genou et ne me prenne pas toute la jambe. Dans 80% des cas c'est une hernie discale et faut opérer. Le reste, c'est un rétablissement spontané en 3 à 6 mois. Putain, 3 à 6 mois, quoi !!! Sciatique à 4 semaines de grossesse, donc. Regard dubitatif du doc "C'est à dire que généralement c'est plus tard, quand le ventre pèse, quoi... Là deux solution, où les choses s'arrangent car le poids de votre ventre vous forcera à vous cambrer, ou... Ou ça empire, c'est possible aussi. Parce que bon, c'est pas que poids du ventre en soi, c'est les hormones de grossesses qui provoquent la sciatalgie, aggravée par le poids du ventre. Enfin, vous pourrez déléguer les tâches ménagères, parce qu'il vous faut éviter les efforts". Un anti-inflammatoire pour éviter le coup de poignard ? Que nenni, déconseillés. Les anti-inflammatoire. Pendant la grossesse. Fuck. Surtout que ça fait archi mal, surtout quand tu te bloques la fesse gauche en faisant un calin à ton mec et que tu te retrouves comme une conne suspendue à son cou, en appui sur le pied droit (en talons aiguille de 12cm) sans pouvoir poser le pied gauche par terre. La garce m'a lâchée à 3 mois, j'ai quand même passé deux mois avec mon cancer de la fesse gauche.

Une fatigue en journée terrible, je suis over naze toute la journée, mon nouveau meilleur ami est mon oreiller, je me retrouve à devoir sortir prendre l'air pour ne pas m'endormir le nez sur mon clavier au bureau, je passe la journée à bailler avec les yeux qui piquent, et ma fatigue s'évanouit en arrivant à la maison. Bon, faut pas rêver, je suis couchée tous les soirs entre 22h et 22h30 et jamais levée avant 7h15, je fais des grosses nuits de 9h la semaine et 10-11h le week-end, mais je m'attendais à pire (j'ai une copine enceinte en même temps que moi, elle elle a du être arrêtée tellement elle s'endormait n'importe où n'importe quand).

Je pleure pour à peu près tout et n'importe quoi (c'est donc vrai ces putains de clichés sur les femmes enceintes ! #2) :
-Dire à table que "Et dire que mon Ptitdernier va être tonton à 7 ans !" *sanglot* (Ben oui, ça m'émeut, que voulez-vous, d'ailleurs rien que de l'écrire, je... Bref) (mes frangins vont être tontons, bordel !!!)
-Regarder le body taille trois mois que je viens d'acheter et dire à l'Homme "putain c'est vachement petit quand même, tu te rends compte que... *sanglot*" (on a pas acheté de taille naissance, on dit bien que les enfants sont plus grands que leurs parents, 54cm chacun à la naissance, 3,9kg pour lui, 5,1kg pour moi, si il naît à terme ça sera un monstre, la sage-femme confirme) (l'idée d'avoir un bébé énorme genre bouddha nous éclate) (non, je n'ai pas peur à l'idée d'accoucher d'un baleineau, j'envisage même très sérieusement l'absence de péridurale)
-"C'est dingue de devoir acheter un putain de pantalon de grossesse à à peine 5 semaines, ça me fait tout drôle quand même et je...*sanglot*"
-"Mais pourquoi ce putain de poulet au caramel veut pas caraméliser, j'en ai marre *sanglot*"
-Entendre à la radio que 64% des français sont optimistes pour leur avenir, et que quand on leur demande ce qui les rend optimiste, la première réponse c'est "les enfants", et j'ai un sanglot qui monte "Oooooh, c'est trop mignon"
-Avoir une faim terrifiante et une envie de briochette au beurre, je m'attendais à une petite brioche format muffin, à la boulangerie ils ne vendaient que des "briochette individuelles" rondes d'environ 20cm de diamètre pour 6-7cm de haut, et un bon 350g pour 1,25€, j'étais tellement éperdue de reconnaissance devant l'énormité de la brioche, son odeur enivrante de beurre frais, qu'en voulant le dire à l'Homme qui m'attendait au volant, en revenant dans la voiture, je me suis mise à sangloter de joie derrière mes lunettes en disant "oh la honte quand même, je chiale pour une brioche, putain d'hormones... La honte..." et il rigolait, lui..
-Lire un article de l'Homme sur le blog du bébé intitulé "Arrête de faire pleurer ta mère !" qui raconte le coup de la brioche et j'ai les larmes qui montent aux yeux.
-Voir sur le dossier périnatal que me donne la sage-femme où elle a écrit "utérus gros comme une orange", décharge électrique "oh putain, c'est donc vrai !!!" et sanglots...
-Écouter la chanson "les Tontons" de la Rue Kétanou écrite par deux membres du groupe pour le troisième, ils disent "à force de parcourir les forêts, on se doutait bien qu'il parlait aux chevreuils... Mais les cigognes, ça on savait pas, il va être papa !" et je me suis mise à pleurer dans ma vaisselle, mon Homme, mon amour, il va être papa et c'est moi qui porte son bébé...
-La chanson "Belle, belle, belle" de Cloclo en écoutant "Comme j'ai dit à ta maman, Tu lui diras en l'embrassant : Tu es, belle belle belle comme le jour, Belle belle belle comme l'amour", mais ça c'est autre chose qui a vachement intéressé mon psy (il a fait "hmmmmmm ?").
-La chanson de Corneille "Le Bon Dieu est une Femme" quand il dit "Si c'est vrai qu'elles donnent aux hommes le jour", je me suis mise à pleurer à chaudes larmes sur l'autoroute à m'en brouiller la vue "Si ça se trouve je vais avoir un fils, omondieu c'est merveilleux", franchement, rien que de vous l'écrire...

Bref, vous avez saisi, j'ai une bonne base lacrymale, déjà, je pleure souvent et facilement, mais là c'est le déluge Miss Madeleine 2009 toutes catégories.

Ceci dit, l'honnêteté me pousse à avouer que je ricane bêtement autant sinon plus que je ne pleure. Je suis un peu nunuche, quoi. Je lance des machines sans lessive, genre. J'ai toujours pas appelé l'assurance pour ma vignette alors que celle de ma Fantomobile est périmée du 31 mars. J'ai passé mon contrôle technique à 3 jours de la date limite (et elle est passée ! La Fantomobile de 15 ans et 257 000km est passée au CT comme qui rigole !).

Et je dis souvent "putain".

Un coup de stress vers les 5 semaines "Ohmondieu, ça fait deux jours que je ne suis pas nauséeuse, c'est hyper mauvais signe, si ça se trouve il a arrêté de se développer, vite, je vais appeler mon médecin, je veux une écho de contrôle" (mon médecin qui me dira gentiment que "tiens, mais ça ne correspondrait pas au début de votre traitement anti-nauséeux que je vous ai donné ? Si ça peut vous rassurer, arrêtez-le une journée et vous verrez comment ça va", une journée de nausées plus tard, j'admets qu'il a raison et que je me suis peut-être affolée pour rien). Du coup, j'ai pétoché une fois qu'il ait arrêté de se développer à cause de l'absence de nausées ci-dessus décrite, mais je n'ai pas peur de faire une fausse couche, je suis la seule primipare over zen si j'en crois les copines, allez comprendre. D'un autre côté je rentrais plus dans mes fringues à 6 semaines, et j'avais sacrément l'air enceinte à à peine deux mois, ça donne confiance. Si on l'a dit à personne avant trois mois c'est pas pour être sûrs que le Barbatruc s'est accroché, c'est juste pour être peinards, on sait que tout le monde va nous assommer avec des bons conseils à la noix, alors si on peut grapiller quelques mois de paix, trois mois c'est le délai acceptable par la famille et les proches, si on l'annonce plus tard ils comprendront pas qu'on "leur cache" (pis avec ma bedaine proéminente, va le cacher, j'ai même pas eu à le dire à ma famille, j'ai juste dit "on est pas venus seuls !" j'aurais pu rien dire ils auraient compris pareil) (si, si, c'est bien moi la photo au début de l'article, je jure que je n'en suis qu'à 3 mois) alors on s'est dit que c'était un bon compromis. Y'a que ma copine Biquette qu'était au courant, forcément, on se tenait au courant de nos essais, de nos dates de règles et elle est tombée enceinte 8 jours avant moi.

On se demande souvent à quel moment il faut faire gaffe à son vocabulaire devant un môme sous peine de honte suprême devant les grands-parents et l'instit. Enfin, rien que ça, ça implique qu'il parle, on a encore au moins deux ans devant nous. Quoique, le môme est contrariant par nature, t'as beau le gaver de "allez, dis maman", jamais il répète, mais à peine tu lâches un "putain", il repère que c'est le truc à retenir et il babille des "putain" baveux toute la journée. P'tit(e) con(ne).

Des jeux d'esquive avec l'alcool avant les trois mois règlementaires, remplacer en douce le ricard par du sirop d'anis dans mon verre quand il y a des copains à la maison, prétendre aux beaux-parents que j'ai pris une cuite la veille et que "là, vraiment, je préfère rester au coca", "j'ai bu un pot de départ d'une collègue au bureau, donc là un coca c'est bien sinon j'ai peur d'avoir la migraine si je bois trop d'alcool", sortir les verres à pied noirs à table et me servir ostentatoirement un verre de vin comme ça personne peut voir le niveau qui baisse pas...

Un autre problème, c'est notre degré de compatibilité niveau prénom. Zéro. Quasi. Malgré la lecture intensive d'un énorme dictionnaire des prénoms et les menaces plus ou moins explicites ("je te préviens pas quand j'accouche et je vais le/la déclarer la première" vs "A moins que t'accouches en heures ouvrables en moins de 8h c'est mort, et c'est moi qui vais le/la déclarer le premier avec le prénom que je veux"), notre terrain d'entente reste faible. Et comme il n'est pas prévu de connaître le genre du bébé avant début novembre et donc de s'épargner 50% du boulot, on n'a pas fini de s'engueuler. Quand on tombe d'accord sur un prénom, dans l'heure qui suit il y en a un de nous deux à qui ça ne plaît plus. C'est pas gagné j'vous dis.

Que voulez-vous, je me damnerais pour Suzon ("j'ai perdu la tête"...), il ne jure que par Hippolyte (j'aime pas Hippolyte, il aime pas Suzon).

Enfin bon, j'ai oublié le principal de ces trois derniers mois : la première échographie, le moment où les jeunes futurs parents impatients se prennent la claque de leur vie dans la gueule en voyant leur minuscule bébé faire des bonds sur l'écran qu'ils ont sous les yeux. Déjà on était impatients. Très. Au point qu'on a failli inventer des keunneries pour passer une écho plus tôt, genre arriver aux urgence l'air paniqué "je suis tombée dans l'escalier, peut-on vérifier que tout va bien ?", et pis bon, superstition ou pas, on a attendu sagement jusqu'au 20 avril...
20/04/09, 9h, pas une seconde de retard, je m'allonge, l'échographe met le gel sur la "douchette", et la pose sur mon ventre... Il cherche à droite, rien, il cherche à gauche et notre bébé apparaît sur l'écran pouf d'un coup, ça me coupe le souffle ! On le voit si bien, il l'examine sous toutes les coutures ("Vous êtes sûre de vos dates de règles ? Il m'a l'air bien gros ce bébé..."), date la grossesse au premier février, mesure tout ce qu'il y a à mesurer, on le voit bouger ses bras, ses jambes, on le voit si bien bouger, il arrête pas de gigoter, c'est incroyable, on le voit si bien qu'on pourrait lui compter les orteils, je ne pensais pas qu'on verrait si bien, je suis hypnotisée par l'écran en face de moi, je me mets à pleurer tellement je suis émue, du coup l'échographe a du mal à capter les battements de son coeur à cause des contractions de mes abdominaux, et enfin il les capte, 141 battements par minute, je pensais que l'entendre m'émouvrait plus mais c'est surtout de voir ce minuscule bébé qui m'a retournée, si petit mais déjà si bien formé, une grosse tête, un ventre rond, deux petites jambes de grenouille qui se sont détendues comme pour prendre appui du fond d'une piscine pour remonter à la surface, des petits bras qui gigotent, et moi qui faisais la madeleine, lui qui était mal installé, derrière l'échographe devant regarder son écran par dessus son épaule et qui me caressait la jambe...
A la fin de l'échographie, le médecin m'a dit quelque chose que je n'ai pas compris, que je n'ai pas écouté, j'ai juste entendu que tout allait bien, et je me suis essuyé le ventre et ai fondu en larmes dans les bras du futur papa, l'échographe m'a dit, surpris, "vous mettez pas dans cet état, tout va bien... C'est votre premier enfant ?", j'ai bafouillé que oui, et que depuis que j'étais enceinte je faisais que pleurer, que tout allait bien, il m'a fallu un moment pour m'en remettre, l'Homme m'a avoué plus tard qu'il avait serré les dents parce qu'il était sacrément ému de son côté aussi, et qu'il avait retenu ses larmes "A un moment j'ai quand même réalisé qu'il y avait 50% de moi là-dedans..."
Un moment magique, un truc incroyable, une puissance émotionnelle de dingue, on en était tout retournés, au moment de partir bosser 4h plus tard on était toujours pas bien remis... Je trouve tellement incroyable d'avoir vu ce tout petit bébé (7,13cm de la tête aux fesses, environ 10cm en tout) faire des bonds dans mon ventre, j'ai eu tellement du mal à réaliser... Mon tout petit bébé... Mille fois plus fort en émotions que le + sur le test, c'est moi qui vous le dis ! On en est restés niais une partie de la journée avec une grosse difficulté à se remettre dans le boulot...

Putain on est en train de faire un bébé, quoi !!! Un BÉBÉ !!!!!!

Je vous préviens, j'ai des zilliards d'autres trucs à raconter, ça fait trois mois que je me mords le clavier pour rien dire, j'ai du me mordre les lèvres pour pas lâcher le morceau à Clem quand on a déjeuné ensemble début avril, j'ai failli l'écrire à ChocoFraise dans un mail en mars, vous allez en bouffer de la Fantomette enceinte, maintenant que je peux en parler !!!



Et merci pour vos petits mots sur le billet d'avant-hier, je ne prends pas le temps de vous répondre individuellement mais le coeur y est, je suis vraiment touchée !

Par Fantomette - Publié dans : Fantomette enceinte
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Jeudi 14 mai 2009 4 14 /05 /2009 08:58
*Je lis parfois sur des blogs des gonzesses qui annoncent leur grossesse et enchaînent direct sur "vous inquiétez pas, je vais pas vous souler avec ça", ben moi autant vous dire qu'étant nombrilocentrée ces temps ci, et ayant envie de chialer chaque fois que mon bébé m'envoie des petits coups dans le ventre et ayant eu une larmouille quand l'Homme exténué après une grosse journée s'est endormi la joue et la main sur mon ventre avec son bébé qui tambourinait à mort derrière genre "houhou, papa, je suis làààà !", ben je vous épargnerai rien ! C'est trop bon à raconter...
Et si vous voulez vous épancher sur vos bébés en commentaires, c'est là pour ça, dites pas "enfin bon je vais pas te souler avec ça, hein, c'est TON blog". C'est trop bon de se souvenir, non ?
Bref.



Dans la catégorie des petites joies de la grossesse, j'ai nommé la sérologie rubéole/toxoplasmose.
La doc qui m'a retiré mon stérilet le 17 janvier m'avait prescrit dans la foulée une sérologie rubéole histoire de. Je la fais le 29 janvier (oui, bon, j'avais pas le temps) (ok, j'avais le temps, j'avais juste oublié) (grand bien m'en a pris, z'allez comprendre plus bas). Le mardi suivant elle me rappelle "Mme SuperHéroïne, je suis navrée mais votre sérologie n'est pas bonne, vous n'êtes pas immunisée, il faut tout arrêter, vous vacciner, vous mettre sous contraceptif trois mois le temps que le vaccin fasse effet et recommencer après, rendez-vous compte, c'est très dangereux !", elle me panique totalement, me culpabilise à mort.
L'autre, eh.
Genre alors que j'attends le feu vert de l'Homme depuis des mois je vais tout arrêter pour une maladie qui touche 40 femmes enceintes par an ? Mon *u*, ouais. Mais je lui dis pas. Je lui dis "oui, je comprends, j'attends la fin de mon cycle pour voir où j'en suis et je vous rappelle".
Ni elle ni moi ne savions que la petite graine était en train de faire son nid depuis deux jours, alors le vaccin rubéole, hop, à la trappe. Pis mon médecin-chéri que j'ai appelé aussi sec totalement paniquée, m'a tout expliqué.
Donc...
"
Votre sérologie elle est pas mauvaise, elle est équivoque. Vous avez très certainement reçu la première injection et pas le rappel (vous êtes à 8,99 on considère quelqu'un comme immunisé à partir de 10, et comme pas immunisé en dessous de 5), donc tout va bien, de plus vous ne travaillez pas au contact de jeunes enfants, c'est une maladie très grave pour une femme enceinte, certes, mais aussi très rare, entre 20 et 40 femmes enceintes par an en France, et je vous dis que moi, au vu de votre sérologie, vous êtes très certainement encore immunisée car vous êtes jeune et votre vaccin est relativement récent, si vous aviez 35 ans avec un vaccin fait 30 ans plus tôt, vous auriez courru plus de risques, cependant au vu des risques très importants d'IMG si vous l'attrapiez en cours de grossesse, je vous invite fortement à le faire en suites de couches comme ça vous serez tout à fait sereine pour envisager une seconde grossesse, de plus sachez que tous les mois vous ferez une prise de sang vérifiant votre sérologie afin de réagir tout de suite si vous l'attrappiez, même si, honnêtement, l'issue est rarement positive en cas de contamination. Voilà toutes les infos objectives que je peux vous donner, n'hésitez pas à me rappeler !"
Dingue comme ce mec peut tout dédramatiser un quart de seconde.
Rubéole, ça c'est fait.
Toxoplasmose, pour moi c'était une formalité. A l'annonce du test de grossesse positif, par acquis de conscience, j'ai arrêté viandes, poissons et laits crus, en me disant que faut quand même pas se leurrer, quand j'étais gamine :
-J'ai grandi entourée de chats qui m'ont griffée, mordue, léchée, j'ai dormi avec des chats, j'ai changé des tas de fois des litières et nettoyé des cacas/vomis atomiques de chats malades
-J'ai mangé de la terre
-J'ai mangé des carottes tout juste sorties de leur trou sans les rincer (à peine frottées sur la manche)
-J'aime passionnément le fromage, et les fromage au lait cru n'ont pas de secret pour moi
-Je pourrais ne me nourrir que de charcuterie et mon plus grand fantasme reste un kit avec un vrai jambon de parme entier et une trancheuse électrique
-...
En gros, je rentre dans les cases du parfait immunisé contre la toxoplasmose.
Eh ben tintin.
Pas immunisée.
Comment est-ce possible ?
En gros j'ai vécu 23 ans en courant tous les risques qui auraient pu me faire choper la toxoplasmose en vain, et là, sous prétexte d'un bébé qui à cette période était à peine gros comme mon ongle et qu'il pourrait ne pas supporter un pauvre petit virus (5mm et déjà casse-couille) je dois laisser le reste de viande des grisons à l'Homme, oublier les carpaccio, les tartares, ne manger que du fromage en plastique au lait pasteurisé, rayer de mon assiette les jambons crus, saucissons,... qui faisaient la base de mon alimentation. J'étais tellement sûre de moi que je fanfaronnais avec l'Homme au téléphone en allant chercher mes résultats, j'ai cru pleurer en voyant l'impitoyable "toxoplasmose : absence d'anticorps - pas d'immunité". Lui il se fendait la gueule, l'animal.
Envisager 8 mois et demi sans charcuterie ni fromage au lait cru, c'est là que j'ai commencé à trouver le temps long (je savais pas encore que deux semaines plus  tard, le simple fait d'envisager manger autre chose que du riz blanc pas assaisonné ou de l'ananas me filerait une nausée sévère).
Vivement le 1er novembre, comme cadeau de naissance je veux un jambon cru entier, une rosette de lyon entière et une trancheuse électrique.
Mais bon, il y a de vraies grandes joies dans la grossesse.
Par exemple quand un 90C devient trop petit (et que l'Homme ne me regarde plus dans les yeux).
Par Fantomette - Publié dans : Fantomette enceinte
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Mercredi 20 mai 2009 3 20 /05 /2009 11:59

[ça va peut-être être chiant pour ceusses qui sont pas concernés de près ou de loin par le sujet de la grossesse/accouchement, because ça cause que de ça et c'est très long]


Que fait la femme enceinte, moderne et un brin écolo quand elle apprend l'heureux évènement ? Elle réalise qu'elle est en région parisienne et qu'il va falloir se magner le train pour s'inscrire à la maternité si possible avant la fin de la troisième semaine de grossesse, et il serait temps de savoir qui va pouvoir la suivre si elle veux être sûre d'avoir un rendez-vous avant l'accouchement. Du coup, elle file sur internet pour voir comment tout ça pourrait se passer sympathiquement, naturellement, hors parcours sur-médicalisé, et elle prend des gros coups de flip.
Va accoucher naturellement, toi, en 2009...
Pas gagné.
Dans la majorité hôpitaux, ils ont des procédures à la con anti-physiologiques qui te font traiter avec mépris par le personnel si tu les refuses (voire dénoncer au juge d'instruction local pour une mère -Ô combien inconsciente- qui a fait appliquer à la lettre les recommandations de l'OMS incompatibles avec la politique médicale locale, elle a failli se faire placer son bébé à cause d'un chef de service chatouilleux) (putain, l'OMS, quoi, c'est pas des charlots, quand même !). Dans l'absolu, j'en veux pas au personnel, ils sont en sous-effectifs, ça permet pas un accompagnement suffisant, plutôt à la politique globale du service, donc du chef de service.
Et puis il y a quelques cases qui se sont imbriquées dans mon petit cerveau.
Direction internet, études sérieuses, fiables, sur les études de risques entre la surmédicalisation de l'accouchement et l'absence totale grde médicalisation.
Vous allez rire, hein, mais dans le cadre d'une grossesse non pathologique (un seul bébé, tête en bas, pas de diabète, d'hypertension, pas de prématurité supérieure à 1 mois,...), le médical n'apporte rien. Que dalle, nada.
Alors c'est décidé, je ferai sans.
A la maison.
Hurlez pas, partez pas.
J'en ai parlé avec l'Homme because je peux/veux rien faire sans lui, j'ai besoin de lui à 100%.
Il est devenu un peu vert et me bredouille « mais c'est hyper dangereux, je veux pas ». Je m'en doutais un peu, alors j'ai sorti l'artillerie lourde.
Les études, les preuves, le pourquoi c'est mieux, pourquoi on prend moins de risques en étant peinards chez nous sans stress plutôt que dans un hôpital plein de bip bip et de blouses blanches.

Le pourquoi avant tout, ce sera une sage-femme qui me suivra et pas un gynéco-obtétricien. Un détail : personne ne m'a fait de toucher vaginal à ce jour, et c'est pas demain la veille qu'un inconnu se permettra d'y mettre une main sans raison supplémentaire que le contrôle de routine, c'est pas open bar de ce côté là (par contre, le doppler sur le ventre pour écouter le cœur du bébé, c'est où tu veux, quand tu veux).

Le pourquoi l'hôpital j'en veux pas : les épisiotomies quasi-systématiques pour un premier bébé par exemple : premier bébé : 38% de périnées intacts à la maison, 9% en structure médicale, tapez un peu épisiotomie sur google image et prévoyez une bassine (ça ne réduit pas le risque de déchirure contrairement à la croyance, ma sage-femme n'en a pas fait depuis 12 ans quelle est en libéral), l'aspiration systématique des bébés (de quoi j'me mêle ? Z'imaginez un peu l'arrivée sur Terre avec des tuyaux dans le nez alors que c'est inutile dans 99% des cas ? Ma sage-femme l'a fait 4 ou 5 fois en 12 ans...).

Le pourquoi on est vachement plus en sécurité à la maison avec une sage femme présente à 100% pour moi du début à la fin qui te repère une anomalie en direct live, et pas une pour 5 femmes qui accouchent en même temps à l'hosto.

Le pourquoi je veux pas qu'on me colle une perf de glucose à l'arrivée et qu'on m'empêche ensuite de boire ou manger (alors que l'OMS recommande de laisser les femmes boire ou manger si elles en ont envie).

Le pourquoi j'ai besoin de lui à mes côtés pour m'aider moralement et physiquement tout le long, je veux pas une plante verte coincée entre l'obstétricien et l'arbre à perf avec son caméscope et son pulvérisateur d'eau.

Je veux pas qu'une puéricultrice donne des bains ou change les couches de notre bébé, je veux que ce soit lui ou moi, je veux pas manger la bouffe lyophilisée, je veux qu'il me fasse des nouilles ou du poulet au curry (spécialités culinaires de l'Homme).

Je suis pas malade, je suis enceinte, j'ai pas besoin de médecins, de perfusions, de médicaments, j'ai juste besoin d'une sage-femme et de lui.

Je veux pas rester toute seule entre 20h et 13h dans une chambre blanche en pyjama à l'attendre.

Je serai évidemment inscrite dans une maternité parce qu'on sait jamais ce qu'il peut se passer, travail trop long, épuisant, je craque; bébé resté en siège; prématuré; problème quelconque; ...

Je ne peux pas partir du principe qu'il n'y aura aucun souci et ne pas assurer mes arrières (de toutes façons la sage-femme refuse de me suivre si je ne suis pas inscrite dans une maternité)... Mais si tout va bien, ça ne pourra jamais se passer aussi bien qu'à la maison, dans notre petite maison à nous, tous les deux (enfin, trois avec la sage-femme), se retrouver tous seuls avec notre bébé chez nous, faire connaissance tranquillement, à peine quelques heures après la naissance (la sage-femme reste juste deux ou trois heures pour être sûre que la suite se passe bien, que le placenta est sorti en entier,... et elle revient faire le suivi des suites de couches en hospitalisation à domicile pendant deux semaines).

Pour prévenir certaines objection, la sage-femme a une formation médicale, elle ne vient pas les mains vides, elle a un coffre plein ras la gueule de matos, elle sait réanimer un bébé, l'intuber, l'oxygéner, recoudre une déchirure, faire une perf d'ocytocine de synthèse si besoin est,...
Et aussi pourquoi j'ai envie de vivre ça en cercle restreint, hors lieu médical, je n'ai pas peur de la douleur, ma mère a fait la quasi totalité de ses bébés sans péridurale et ça a été supportable parce qu'on l'a laissée faire comme elle le sentait, je vois l'accouchement comme une sorte de rite initiatique, des milliers de générations de femme ont donné naissance à leurs petits avant moi, donc je sais que c'est possible de réussir, j'ai besoin de m'inscrire dans cette lignée, et je sais aussi que si la douleur était trop importante je pourrais aller à la maternité recevoir une péridurale, j'ai une immense curiosité sur le ressenti, l'intensité, je voudrais connaître ça sans anesthésie, j'ai envie d'essayer, je veux qu'on me laisse cette chance d'essayer donner la vie à mon bébé de façon instinctive, comme une chatte qui va se cacher dans son coin pour accoucher. C'est dur à décrire, c'est comme l'envie de faire un bébé, c'est un truc qui me vient du fond des tripes.
Bref, tout doucement l'idée germe chez lui.
Et il finit par être partant. Par être super partant, genre on nous annonce des jumeaux, lui il y va, on accouche des jumeaux à la maison (je dis « on » accouche, il a tendance à dire « on » est enceinte, « notre » grossesse, j'adore)
A mon immense soulagement.
Alors sauf problème, notre petit Super-Héros naîtra à la maison.
Alors oui, la douleur « tu accoucheras dans la douleur » a dit l'autre. Comment voulez-vous supporter la douleur allongée sur le dos reliée d'un côté à la perf et de l'autre au monito qui vous interdit tout mouvement ? Ma sage-femme estimait en gros que sur 10 femmes qui veulent accoucher de leur premier bébé à la maison, 7 le feront, 2 renonceront pendant le travail (transfert à la demande de la femme (envie d'une péridurale) ou de la sage-femme (problème quelconque)), 1 pendant la grossesse (changement d'avis de la femme ou refus de la sage-femme (diabète, siège,...)).
La douleur est réelle (quoique là encore ça dépend des femmes) mais supportable à condition qu'on soit libres de nos mouvements. Libres de hurler, de se mettre à quatre pattes, de prendre un bain, de changer de position toutes les 5 minutes sans s'emmêler les pinceaux dans une perfusion ou un monito. Les risques sont plus faibles qu'à l'hôpital pour une raison toute simple : la sage-femme n'accepte que des grossesses sans soucis, elle n'est pas à même d'accoucher à domicile une femme qui vit une grossesse pathologique ou à risque. Et les risques iatrogènes sont, par définition, inexistants @ home (ce sont ceux que je crains le plus étant d'une nature méfiante et un brin parano, j'ai pas confiance de remettre mon accouchement entre les mains de personnes que je ne connais pas, rien que d'y penser ça me stresse, la sage-femme je la connais, elle me connaît, je ne serai suivie que par elle, je lui fais confiance).

Une étude danoise (1/3 d'accouchements à domicile au Danemark) estime le taux de transferts en cours d'accouchement à 4%... Donc si il y a le moindre souci, ça se passera à la maternité. Sinon, on accouchera peinards chez nous sans blouses blanches ni bip-bip, sans aucun acte inutile, sans personne pour me dire ce que je dois faire. Et si un acte médical ou chirurgical est pratiqué, c'est parce qu'il sera indispensable, et pas protocolaire (quand je vous disais l'autre jour que l'épisiotomie ne passerait pas par moi, c'était pas de la fanfaronnade, ma sage-femme n'en a jamais fait en 12 ans d'exercice libéral).
Le chef du service de gynéco-obstétrique de la maternité où je suis inscrite est largement moins con que la moyenne, il file même un imprimé quand tu t'inscris disant que la « position gynéco » (mais comme c'est un pro il appelle ça décubitus dorsal), sur le dos, pieds dans les étriers, est à proscrire, et que quand tu viendras accoucher chez eux ils te ficheront la paix et te laisseront accoucher tranquillement et comme tu veux tant qu'il n'y a pas de souci et il a fait un rapport expliquant que le gros du boulot, c'est pas le travail, c'est l'état d'esprit de la mère, si elle est relaxée, en confiance, alors ça se passera mieux, le travail évoluera plus vite, il y aura moins besoin d'interventions médicales, moi, c'est dans ma maison avec vue sur les fraisiers entourée de la sage-femme qui me suit depuis 9 mois et de mon mec que je serai en confiance.
Me faites pas dire ce que j'ai pas dit, les femmes qui ont eu des césariennes ou pour qui les choses se sont mal passées, c'est pas de votre faute parce que vous avez pas su vous détendre, hein, ça limite les risques, ça les réduit mais ça ne les supprime pas pour autant, nos grand-mères qui mourraient en couches, ce n'était pas de la mauvaise volonté (et l'idée qu'on me réclame de me détendre avec des contractions douloureuse à plus en reconnaître ma mère me paraît un peu utopique).
Tenez, dans la majorité des maternités on vous interdit de manger ou boire pendant le travail. Pourquoi ? Parce que si ça se passe mal et que vous devez subir un accouchement sous anesthésie générale, il y a un risque de régurgitations, et la régurgitation entraîne le risque de se noyer dans son vomi. En France, 1,4% (à 0,2 point près, j'ai un doute sur le chiffre) des accouchements se finissent par une AG. Alors qu'il suffit d'anticiper ce risque, on ne refuse pas d'opérer une urgence sous anesthésie générale sous prétexte qu'il a mangé avant de se crasher en moto, on fait juste gaffe à ce qu'il ne vomisse pas, le cas échéant on réagit en conséquence. Ben là, non, on interdit à tout le monde de manger ou boire pendant un effort conséquent, et on remplace ça par une perfusion d'eau glucosée (c'est contraire aux recommandations de l'OMS).
Bref, je pourrais vous faire la liste de ce qui me pose problème à l'hôpital, si ça en intéresse certains j'ai un rapport du chef de service gynéco-obstétrique de la maternité où je suis inscrite (donc un mec qu'a un pedigree long comme le bras genre professeur machin chose de la faculté truchouette qu'on peut pas accuser de pas savoir de quoi il parle ou d'être un babacool illuminé) où, entre autres, il classe tous les gestes médicaux habituels dans les accouchements en structure médicale du meilleur (pas de risque, efficacité prouvée) au pire (risques potentiels, efficacité nulle voire négative) en passant par l'intermédiaire (pas de risque connu, pas d'efficacité connue), ben c'est édifiant, et passionnant pour peu qu'on soit concerné par le sujet.
Du coup, si il doit y avoir un transfert vers la maternité, quelle qu'en soit la raison, j'ai au moins cette satisfaction de me dire que j'aurai pas l'épisio systématique offerte en cadeau de bienvenue à la primipare ou le monito en continu.
En cliquant ici vous avez le lien vers le rapport, c'est 16 pages au format pdf, si vous trouvez ça trop long, filez direct page 15, là où il y a le détail bénéfice/risque des pratiques routinières. Rapport que je relis chaque fois que j'entends un peu trop de « mais tu te rends pas compte, c'est dangereux, et si il y a un problème,... », je crois que je vais l'imprimer en une dizaine d'exemplaire et le distribuer à ceux qui me lourderont avec ça (il y a toutes les références des études sur l'inutilité de l'épisiotomie et autres).
Alors on a le droit d'avoir un avis, je suis pas une ayatollah de l'accouchement à domicile et c'est clair que ça convient pas à tout le monde, donc le droit d'avoir un avis, disais-je,  et même un avis opposé au mien, mais pas celui de juger ou de critiquer sa SuperHéroïne préférée qui sur ce sujet a tendance à être un peu chatouilleuse (pardonnez-moi, hein, mais j'anticipe), je refuse de m'entendre dire que c'est dangereux (surtout par des personnes qui y connaissent généralement rien ou ne s'appuient sur aucune donnée réelle).

Par Fantomette - Publié dans : Fantomette enceinte
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Vendredi 29 mai 2009 5 29 /05 /2009 17:41

Bon, j'ai plein de trucs à vous dire.

Déjà, je suis en arrêt jusqu'au 22 juin, et prolongation probable jusqu'à la fin de ma grossesse, c'est con mais tout va bien sauf un détail : la fatigue, j'ai besoin au bas mot de 12h par nuit plus une sieste, c'est incompatible avec le boulot, plus plein de petits détails chiants gérables un par un mais qui en cumulé rendent les choses compliquées. Tenez, par exemple, le parking relais est en contrebas de la gare, du coup quand je gare la Fantomobile le matin, j'ai un escalier de 3 x 20 marches pour rejoindre le quai. Jusque là, ça allait, mais maintenant je dois faire une pause pour reprendre mon souffle au milieu et j'ai des contractions arrivée en haut. C'est con. Et flippant, un peu, aussi. Tenez, le RER, cette magnifique boîte de conserve pas climatisée où tu as des places assise une fois sur trois et où tout le monde regarde ailleurs du moment où il t'a vu toi et ta protubérance pour ne SURTOUT pas te laisser sa place. C'est con, j'ose pas réclamer. Et un RER où qu'il fait chaud et où que tu dois rester debout, c'est dur.

Bref, j'osais pas aller réclamer une pause au doc, l'Homme m'a poussée à y aller « Tu t'es vue ? T'es naze, t'en peux plus, arrête de forcer, c'est aussi mon p'tit alors t'en prends soin, tu prends rdv chez le médecin et tu te fais arrêter ».

J'ai fini par y aller.

Et mon médecin-chéri il adore les femmes enceinte.

Et « comment vous allez ? », et « vous le sentez bien bouger ? » et « c'est merveilleux la grossesse », et « faites-vous chouchouter par votre conjoint surtout », m'est avis qu'il doit regretter que sa femme ne soit plus en âge de, sinon il lui aurait fait une demi-douzaine de lardons supplémentaires.

Bref, médecin-chéri m'a reçue quasiment une heure comme d'hab, a vérifié tout ce qu'il y avait à vérifier, et m'a mise en arrêt pour un mois, « revenez dans 15 jours et reposez-vous bien ».

Depuis, je fais la baleine à la maison (copyright Biquette) (qui fait aussi la baleine dans sa maison, on comparait le bonheur de voir nos bonhommes partir travailler « allez, à ce soir mon chéri, bon courage, travaille bien... »)

Je fais de l'haptonomie avec mon bébé, j'ai essayé pour la première fois hier matin. Dans la nuit d'avant-avant-hier à avant-hier, j'avais cauchemardé que le bébé allait mal, ne grandissait plus et que j'allais accoucher avec le même ventre qu'en ce moment (pour certaines femmes ça correspond quasiment à un ventre à terme, mais moi je vous rappelle que j'ai l'air enceinte de quadruplés), bref toute la journée qui suit je le sens pas bouger. La nuit suivante non plus. Alors hier matin, je mets ma main sur mon ventre et je lui parle dans ma tête, je lui demande de venir faire une caresse sous ma main, de me dire qu'il est bien là, de me faire signe, quoi. Il s'est fait prier trois bonnes minutes. Puis il est venu, il est venu gigoter comme rarement je l'ai senti gigoter, il faisait la macarena sous ma main, ça m'a arraché une larme c't'affaire (oui je me fendrai moins la gueule quand dans quatre mois je le supplierai d'arrêter de bouger bordel que je puisse dormir,  putain il est deux heures du mat là féchié, mais pour le moment, wahou)...

On a réessayé à deux le soir, il bougeait encore plus que le matin avec la main de l'Homme à la place de la mienne (ce bébé adore déjà son père, voire même le préfère à sa mère, ça promet, ça doit être une fille, tiens), mais l'Homme n'a pas réussi à le sentir au travers de mon ventre... Bientôt, sûrement...

Bref je couve avec amour mon p'tit oeuf, je cueille les fraises du jardin, j'arrose les tomates, je couds, je dors un nombre d'heures indécent, je passe des heures en ligne avec le standard de la sécu et de la caf (bah oui, me suis rendu compte que j'avais pas affranchi ma déclaration de grossesse, je veux être sûre que c'est bien arrivé...), et j'engueule mon assurance auto qui m'a ajouté en loucedé diverses garanties ce qui fait qu'ils prétendent me faire payer 50% du prix de ma bagnole par an, et je suis contre, j'appelle le centre d'imagerie médicale pour prendre rendez-vous pour la seconde échographie, le 23 juin à 8h30... Une date de plus à ajouter au calendrier 2009, on a un calendrier avec les douze mois d'un seul côté et tout y est, de la conception à la date d'accouchement prévu en passant par les rdv avec la sage-femme, puisque c'est un bébé 100% 2009...

Allez, petites photos de l'héritier et de sa mère, à même pas quatre mois de grossesse, les montgolfières n'ont qu'à bien se tenir...

Par Fantomette - Publié dans : Fantomette enceinte
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Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /2009 19:51
Je couds pas mal en ce moment, je m'y remets. Autant je ne veux pas acheter de neuf (ou le moins possible) pour l'héritier et récupérer au max les affaires de l'entourage (j'adore les choses qui ont une histoire, le frère de l'Homme va nous filer le lit de ses fils, j'aime l'idée que mon bébé dorme dans le lit de ses cousins, dans le pyjama de ses tatas,...) autant j'ai envie de faire, de coudre.

Alors je.

J'ai commencé par le plus simple : les sorties de bain en éponge, plus facile tu meurs, histoire de me remettre dans le bain (sortie de bain, se remettre dans le bain... Ok j'arrête) avec les chutes j'ai fait des lingettes lavables en pagaille (pour les fesses du p'tit et les joues de sa mère)

encouragée par ces franches réussites, je me suis lâchée, hop là, la douillette d'hiver rembourrée bicolore à la doublure flashy, rien ne m'arrête, moi !

Je sais, c'est pas dur mais ça impressionne toujours ceusses qui ont jamais touché une machine à coudre.

Emportée dans mon élan, j'ai sorti le bouquin co-réalisé par une copine de ma mère qui me l'a offert en avant première avant sa sortie officielle, Créations Maternage que ça s'appelle, ça se trouve ici et ça a un blog là, et c'est plein d'idées que ça en donne envie de faire des bébés rien que pour leur faire porter ce joli short bloomer ou ces mignons chaussons en cuir (que l'Homme m'a commandés en taille 46). Histoire de compléter ma page de pub, les photos sont de Myriam Gauthier-Moreau donc superbes, et toutes les planches de patron sont dedans en taille réelle.

Bref, je me suis dit que j'allais me mettre à tenter les couches, quand tu vois le prix d'une couche lavable, t'as beau te dire que c'est rentabilisé en pas longtemps, ça coûte la peau des fesses de la mère pour protéger celles du p'tit (dépenser 1000€ en couches jetables, tu t'en rends pas compte, c'est le concept du crédit, c'est un peu tous les mois, lâcher 300€ d'un coup pour une vingtaine de couches lavables, t'as beau te dire que oui mais pas de produits chimiques, oui mais écolo, oui mais rentabilisé rapidement, oui mais... ça reste quand même en travers de la gorge), donc je vais les coudre.

Même pas peur.

Tadaaaaam !!!

Limite plus facile qu'une sortie de bain en éponge les gens, je suis z'émue, je veins de coudre ma première couche en moins d'une heure, polaire pour l'effet fesses au sec, double couche d'éponge et noyau caché en éponge pour être aussi absorbant qu'une pamp*rs (ok, manque le velcro, j'en ai pas de assez large à la maison, mais ça prend pas plus de cinq minutes à faire, ça), et encore, pour la première fallait découper le patron à la bonne taille et c'est plus long. Les rabats-oije me signaleront qu'il manque la tulotte de protection, oui mais j'ai pas encore reçu le tissu imperméable que j'ai commandé sur le ouèbe.

M'est avis que ça va jouer de la machine, mon salon va devenir une annexe du sentier, pic pic pic écartez-vous Fantomette is in the place et elle coud treize couches à la douzaine, tellement la patate que j'ai proposé à ma copine Biquette (enceinte de 8 jours de plus que moi pour ceuses qui suivent pas) de faire les siennes.

Si vous voulez vous lancer là-dedans et que vous en avez marre des sites écolos français qui sous prétexte que ce qu'il te vous vende est estampillé bio/écolo ils en profitent pour gonfler le prix, faisez-moi signe, j'ai acheté mes tissus à l'étranger, le cours du dollar rendent les tissus deux à trois fois moins chers qu'en France, donc malgré les frais de port z'êtes gagnants.

Allez, je vous laisse, j'y ai pris goût, j'y retourne...

Par Fantomette - Publié dans : Fantomette enceinte
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Lundi 15 juin 2009 1 15 /06 /2009 13:13
C'est fou comme le temps peut influer sur le moral.

Pis en plus, le grand kapital l'a encore envoyé loin de moi, il est parti à 6h30. Alors certes, il rentre demain soir. Mais déjà, me priver de mon homme pendant 48h en ces temps où mon corps bourré d'hormones sanglote devant les photos des bébés animaux de ce site (non mais sans déconner, ils sont TROP MIGNONS, quoi), eh ben c'est pas sympa, mais en plus, il part à Lyon et il peut pas ramener de rosette comme la dernière fois, jusqu'à la naissance de l'héritier, pas de charcuterie par ici.

Alors je couds, tristement.

Pas des couches, j'attends mes nouveaux tissus d'Australie et des Etats-Unis.

Non, je couds une « combi-nomade », un genre de truc que si tu veux sortir avec un bébé qui dort, tu le réveilles pas, tu le poses au milieu et tu l'emballes comme un rôti : (normalement ça tient avec des velcros que j'ai pas encore cousus, j'en ai que du marron)

Je voulais le faire en laine bouille pour le dehors et j'vais pas d'idée pour le dedans, et finalement, au mondial tissu local ils avaient pas de laine bouillie, donc j'ai fait l'extérieur et la doublure en coton tissé classique et une troisième épaisseur cachée au milieu en polaire pour tenir chaud. Ca vient du bouuqin Créations et Maternage dont à propos duquel je vous ai causé il y a pas longtemps.

Et j'attaque une liquette trouvée dans ce bouquin qui m'a coûté le prix d'un tee-shirt pour femmes enceintes et va me permettre de m'habiller de pied en cap jusqu'à l'arrivée de l'héritier, quand tu vois les prix pratiqués pour les vêtements de grossesse, faut limite vendre le premier au marché noir (ou sur ebay) pour avoir les moyens de te payer des fringues quand tu attendras le deuxième, et je déteste l'idée d'être habillée comme un sac sous prétexte de locataire utérin, alors je me couds ça dans le même rouge que l'extérieur de la combi-nomade, et sans le ruban ni les fleurs (ça fait cucul je trouve), mais je conseille en tous cas, ce ne sont que des basiques, que de l'intemporel comme le dit si bien le titre du bouquin, des fringues simples, bien coupées, jolies, basiques, j'ai craqué sur la quasi intégralité des modèles du bouquin, et je suis en virée chez Ikea vendredi prochain pour acheter des tissus à des prix défiant toute concurrence...

Bref, je vais coudre tristement pendant 48h en hurlant à la lune pour qu'on me rende mon homme et en croisant les doigts pour qu'aucune araignée ne pointe le bout de ses paires d'yeux, après deux maousses que l'homme a du assassiner à grand coup d'aspirateur à moins d'1/4h d'écart samedi, j'ai un peu peur.

Le bruit de la machine à coudre devrait les faire fuir.

Par Fantomette - Publié dans : Fantomette enceinte
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Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /2009 12:20

J'ai réfléchi un peu ce matin, au lit, juste après que j'ai renoncé à esquiver les assauts d'une des chattes. L'Homme a du mal fermer la porte (en même temps, elle ferme mal), une des chattes a trouvé le chemin jusqu'au lit et est venue me ronronner dans les oreilles. Réclamant le câlin qui lui revient de droit après une nuit sans moi. C'est pas prétentieux, hein, mais faut être réaliste, ces chattes m'adorent. Qu'elles dorment, jouent ou se battent, elles le font dans la pièce où je suis, voire dans la partie de pièce où je suis. Là, je petit-déjeune, elles se chicanent autour de la table. Hier soir, sur le canapé, elles étaient là aussi. Tout à l'heure, je me préparais mon petit déj (costaud because je me lève vers 11h et déjeune rarement à midi, je mange le soir avec l'Homme, alors english breakfast qui tient au corps pour la journée), elles se chicanaient autour de moi dans la cuisine. Ce matin, les deux faisaient les folles sur le lit. L'Homme est perduadé qu'elles sentent la grossesse, moi j'en sais rien meme si je sens bien qu'elles se comportent avec moi comme jamais un chat ne s'est comporté avec moi et niveau chats j'ai une expérience non négligeable dans le domaine. Elles sont très câlines, très présentes, un peu collantes, bon, c'est que des chats, hein, mais elles ont un côté presque bienveillantes.

Et j'aime cette toute petite présence presque infantile, c'est là, ça veut un câlin hic et nunc et ça sait exactement où aller pour signaler sans ambiguïté son désir (sur le clavier quand on est devant le pc, au niveau du visage quand on essaie de dormir, sur les mains quand on essaie de coudre,...), et non finalement ça veut jouer, quoique ça mangerait bien un morceau, ou alors ça s'ennuie et ça vous regarde fixement, mais toujours dans un rayon de moins de 5 mètres.

Ce matin, donc, je réfléchissais à tout ça, la gueule enfarinée, l'héritier survolté et la chatte ronronnante qui regardait intriguée mon ventre tressauter en posant une patte sans griffes sur les bosses avant de s'installer en boule autour de mon nombril, bercée par les coups.

J'ai pas grand chose à bloguer, parce qu'il ne se passe rien de facilement verbalisable, objectivement, mes journées sont ternes évènementiellement parlant, je ne bosse plus, reste toute la journée enfermée chez moi face à un bouquin, mon pc ou ma machine à coudre, j'ai pas envie de partager avec grand monde, ça fait terriblement cliché, mais je vis intérieurement, je vis d'émotions, en tête à tête avec moi-même, ma maison de plus en plus belle dans laquelle chaque étape de rénovation me rapproche un peu plus de mon bébé, et ce bébé, d'ailleurs, où naîtra-t-il ? Notre lit ? Le canapé ? La baignoire ? J'ai toujours été une solitaire, et c'est dur de se faire une place ans mon entourage, je suis excessivement méfiante, et bien souvent, avant de réussir à créer un lien avec mois les personnes ont du s'accrocher, me relancer par téléphone plusieurs fois quand je ne rappelle pas, me faire bouger de ma tanière de force (encore plus dur depuis que je partage ma tanière avec l'Homme qui me donne encore moins envie d'aller voir ailleurs ce qu'il s'y passe), je vois mes amis souvent à leur demande plus qu'à la mienne... Du coup, la grossesse est l'excuse pour ne pas trop bouger je reste dans mon coin, à manger mes courgettes géantes et regarder mes tomates pousser, à coudre des culottes imperméables tête de mort pour les couches de l'héritier (non mais sérieux, c'est-y pas adorable ? Belle-maman va hurler... "On est pas obligés de lui montrer" j'ai dit à l'Homme, "Tu parles, on va lui montrer dés qu'on aura l'occaze, on pourra pas se retenir !" qu'il a dit... Faut dire qu'elle réagit au quart de tour à la provoc, c'est tentant)

en me disant qu'il serait temps que j'aille à la piscine, c'est bon pour la mobilité du bassin, c'est bon pour l'accouchement (et accessoirement pour mon gros cul), mais non, je reste là, en boule sur mon canapé à ne rien faire, j'adore ne rien faire. J'imagine plus tard la même situation avec un bébé endormi sur le canapé à côté de moi, et pourquoi pas deux chattes en plus en train de dormir.

« Là, tout n'est qu'ordre et beauté

Luxe, calme et volupté »

Merci de ne pas me signaler que la réalité est toute autre avec un bébé, moi je pars du postulat qu'un bébé ne pleure pas, tout comme je suis partie du postulat qu'arrêter de fumer est facile il y a bientôt trois ans. Et ça l'était, et si j'avais su à quel point ça le serait j'aurais arrêté bien plus tôt.

La batterie de mon pc était faible, je suis venue sur le canapé pour le brancher, le câble d'alimentation est branché ici. Les deux chattes qui dormaient sur un fauteuil à côté de la table dorment désormais sur un coussin du canapé...

Quand on me parle de nuits hâchées, de sommeil manquant, d'impossibilité de faire des trucs quand le bébé sera là, ça me hérisse le poil et je fuis la discussion pourquoi diable les gens veulent partager le pire plutôt que le meilleur ? Genre « j'ai subi le pire et je ferai en sorte que t'y échappes pas, comme ça tu seras bien stressée à l'idée de pas dormir et que ton bébé pleure pour rien, ton bébé absorbera bien ton stress et comme ça il ne dormira effectivement pas, et tu pourras toi aussi raconter aux futurs parents que attention les mecs, rigolez, mais vous verrez bien dans quelques mois qui c'est qui va plus rire ». C'est l'effet que ça me fait à chaque fois, les « avertissement », genre quand je dis que je dors énormément « profite maintenant parce qu'après... » avec les points de suspension qui ne disent pas la menace.

Je fuis un peu ça aussi, les « bons » conseils des autres et les remarques des « je suis passé par là je sais ce que c'est » dont j'ai rien à carrer, j'aime bien qu'on me raconte sa vie, j'aime pas qu'on me donne de leçons ou qu'on la joue « je sais mieux que toi, tu verras ».

Je suis bien dans mon coin à ne pas me nourrir des angoisses et difficultés des autres, ça m'évite de projeter les peurs et histoires des autres sur mon petit, je suis persuadée que ça nous fait le plus grand bien à tous les deux. Je lui fais entièrement confiance à mon bébé, et quand le doc me dit l'air soucieux qu'il n'entend pas son coeur au stéthoscope « et vous le sentez bouger ? », je sais que c'est juste que l'héritier le connaît pas et se planque dans un coin en attendant que cet inconnu retire ses mains de là. La preuve, quand il arrête de le chercher et se met à me parler, imperceptiblement, il bouge et hop, une cavalcade arrive dans le stéthoscope « Ah oui, je l'entends ! ». Il était plus inquiet que moi.

Mon bébé rebelle qui se laisse pas ausculter comme ça...

Allez, je file, des instances supérieures tentent de m'empêcher de bloguer...

Par Fantomette - Publié dans : Fantomette enceinte
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Lundi 3 août 2009 1 03 /08 /2009 12:55

Putain, 6 mois.

« Je trouve ça dingue de me dire que tu vas grossir encore 3 mois, vu le ventre que t'as déjà » disait un copain venu prendre l'apéro vendredi soir.

Oui, moi aussi.

On commence doucement à réaliser qu'on va être trois bientôt. S'rai temps vous m'direz.

« J'aime bien le sentir » qu'il me murmure à l'oreille une main sur on ventre avant de s'endormir. Et hier soir il avait le hoquet, sous la main, ça faisait comme un battement de coeur...

Je suis hyper pressée d'accoucher, mais en même temps j'ai des trouilles très... Comment dire... Disons que j'ai globalement du mal avec mon apparence physique, trop grosse, trop ceci, pas assez cela, et là enfin je me trouve belle dans la glace, mon reflet dans le miroir me plaît, mon corps est harmonieux, il n'est plus cette enveloppe contre laquelle je me bats parce qu'elle n'est jamais comme je la voudrais, il fonctionne, il abrite une petite vie, c'est un véritable état de grâce pour moi d'être enceinte. Malgré le manque de souffle, les palpitations, la difficulté à me relever, à me tourner dans mon lit la nuit, les insomnies, la fatigue... Je n'ai pas envie de quitter cet état, de retrouver mon corps d'avant... Enfin, dans trois mois, quand je ne pourrai plus bouger, marcher plus de 5 minutes, les jambes comme des poteaux... Peut-être changerai-je d'avis... Mais là, autant la perspective de rencontrer notre bébé, de voir mon mini-héritier dans les bras de son papa géant me ravit, autant j'appréhende le changement d'état. Quand on tombe enceinte, il faut un moment pour que les hormones montent, que les changements physiques apparaissent, là, le changement sera brutal...

 

Allez, je vais me changer les idées en posant les joints des 3m² de carrelage qu'on a posés hier, on attendait d'avoir la nouvelle porte avant de carreler l'entrée (l'ancienne porte était trop basse, on n'aurait plus pu l'ouvrir avec les 1,5cm d'épaisseur supplémentaire du carrelage), donc là, ça y est, on a une vraie porte d'entrée (l'ancienne avait une vitre fendue, était pas droite, le vent passait, elle isolait rien du tout, avec les -18°C de cet hiver, je vous raconte pas la facture de chauffage)


un salon entièrement carrelé, y'a plus qu'à poser les plinthes, je vais les commander demain...

Par Fantomette - Publié dans : Fantomette enceinte
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Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /2009 17:17

Je suis convaincue qu'il y a moyen de faire plus simple en matière de bébé que ce qu'on entend/lit partout, et je cherche des solutions type partisan du moindre effort à appliquer (ou pas, hein, je suis pas en train de me faire un mode d'emploi à suivre à la lettre, je cherche juste des idées de parents indignes qui ont réussi à limiter la casse avec un bébé)...


Commençons par les bréves de ces derniers jours...


Entre la sage-femme remplaçante de la mienne qui est en vacances et moi :

-Sinon, je sais pas si la sage-femme qui te suit te l'a dit mais je suis conseillère en lactation, tu as des questions sur l'allaitement ?

-Euh... Non...

-Non, tu sais tout, ou non tu t'es jamais posé la question ?

-Euh... Un peu les deux, quoi, ma mère est à la Leche League et je l'ai vue allaiter mes frères et soeurs, en plus j'ai passé mon enfance à rôder dans ses réunions et à lire ses bouquins sur le sujet, alors bon, j'ai pas trop d'inquiétudes ou de questions, je sais que ça se passera bien, j'idéalise pas, je dramatise pas, comme l'accouchement et la grossesse, quoi, pas de questions, on verra bien en temps voulu les interrogations si y'en a, mais je suis pas du tout dans l'optique « j'essaierai et je verrai si j'arrive », je sais que je ferai et que je réussirai, mes ancêtres se posaient pas des questions métaphysiques sur la qualité ou la quantité de leur lait, ça a quand même permis la perpétuation de l'espèce humaine pendant quelques millénaires alors je pars confiante, je suis une mammifère, ou bien ? Mes chattes elles ont jamais manqué de lait pour leurs petits...

-T'as raison, c'est bien. Bon, ben je te laisse reprendre rdv avec ta sage-femme habituelle pour ton suivi, je sais qu'elle est en vacances en ce moment mais elle répond au téléphone, en tous cas, ne change rien, c'est rare de voir une première grossesse aussi sereine, vraiment.



Entre ma mère et moi :

-Maman, juste une question, je suis pas obligée de me lever la nuit pour changer une couche, si il macère quelques heures c'est pas grave, non ?

-Non, ça fait belle lurette que je me suis pas levée changer une couche, tu mets juste une alèse pour les débordements, les couches sont rarement prévues pour passer 8h sur les fesses d'un bébé allaité, pour tes petites soeurs je ne me levais plus, elles ne s'en sont pas portées plus mal et moi je m'en portais mieux, a force j'ai fait mes nuits avant elles.

-Ca me rassure, dormir avec le bébé me permettait d'éviter d'avoir à me lever pour l'allaiter, ça me soulait d'avance de devoir imaginer me lever pour changer une couche.

-Prévois juste l'alèse au cas où ça déborde (et au cas où toi aussi tu débordes, les engorgements ça arrive pas que pendant les heures ouvrables), ça suffit.


C'est vrai que j'ai déjà vu ma mère endormie avec une de mes soeurs en train de téter, pas con le bébé, elle a trouvé le chemin toute seule sans réveiller personne, je revois ma mère se soupeser les seins le matin pour vérifier si le bébé du moment avait fait sa nuit ou non. Niveau plan de feignasse, ça me botte pas mal je dois dire.


Entre l'Homme et moi :

-Quand même, ils sont pas très sexy les soutien-gorges d'allaitement que t'as récupérés chez ta mère...

-Ouais mais c'est du 95D alors je serais toi, je croiserais quand même les doigts pour qu'ils me servent et que j'aie pas à en acheter des plus petits.


Entre ma Biquette et moi :

-J'ai honte, j'avais totalement oublié le tissu pour les couches, je crois que je suis une mère indigne, la chambre est pas prête, j'ai pas de baignoire, il peut naître dans trois semaines et rien n'est prêt...

-C'est pas grave, fuis les mères parfaites, fuis les gonzesses qui ont la layette, la chambre finie, la salle de bain transformée en pouponnière dés 5 mois de grossesse, elles sont pas humaines, il s'en fout le p'tit, tant qu'il a à manger, qu'il a des câlins et est au chaud, il peut dormir dans un bête couffin dans une pièce sans meubles, il s'en fiche, te laisse pas culpabiliser, ici non plus rien n'est prêt, la chambre est pas commencée, c'est un débarras plein de cartons, si il naissait demain on devrait le changer sur un carton et le baigner dans l'évier...

-Bon, ben on sera des mères indignes alors, je me sens moins seule...



Pour être tout à fait honnête avec vous, je dois avouer que pas mal de mes points de vue sur le sujet sont dictés par ma radinerie et ma fainéantise notoires, le sein c'est gratuit (enfin, presque, faut bien nourrir la nourricière, hein, il sort pas de nulle part le lait), les couches lavables c'est pas cher, ne pas se lever la nuit c'est chouette, accoucher à la maison c'est plus simple qu'à l'hôpital, pas d'inconnu, pas de médecins pour vous dire quoi faire (je déteste qu'on me donne des ordres/des conseils non sollicités), pas de gens qui débarquent à l'improviste sous prétexte que c'est visite à volonté de 13h à 20h (je le rehurle un coup sur les toits, mais pour venir à la maison, faut prévenir, sinon on ouvre pas, quand t'as un nourrisson de quelques heures/jour, tu laisses pas entrer tout le monde comme dans un moulin) c'est comme mes grandes théories sur la surconsommation de masse qu'on impose à nos nouveaux-nés en achetant du neuf, du haut de gamme, l'attirail complet du super bébé de lusque que même la prime de la CAF te suffit pas à te payer la poussette alors que toute ta famille a au grenier des cartons pleins ras la tronche de vêtements et layette, de poussettes utilisées deux ans, de couffins quasi neufs, mais que dans le guide du bon parent il est écrit que si tu aimes ton bébé tu dois te saigner aux quatre veines et acheter du neuf sinon t'es indigne, disons que je tiens ce discours officiellement mais bon, faut juste avouer que je trouve indécent de payer 15€ un pyjama qu'il portera trois semaines alors que j'en trouve un quasi neuf en brocante pour 1€ voire moins, ça fait 14€ en plus pour ma pomme et la satisfaction d'avoir dépensé que 32€ en une matinée tout en ayant rempli ras la gueule un sac bleu ikea de fringues de bébé (mais ça fait plus sérieux d'être altermondialiste et écolo que juste radin) (quoique les deux ne sont pas incompatibles, quand t'es radin, t'es par la force des choses écolo) et en plus j'ai horreur de me sentir prisonnière d'un système où tu payes les choses cinq fois leur valeur et où tu fais les choses en suivant un modèle bien établi, j'ai l'impression de (pardonnez l'expression) « bien leur niquer la gueule » en faisant un bébé zéro consommation de masse avec des pyjamas de brocante et un lit de récup (l'économie ne repartira pas grâce à moi).

Bref.

Comme je disais à ma copine Biquette dans un mail hier soir sur les couches que je ne comptais pas changer la nuit et que j'avais prévu en conséquence des couches over confortables sans élastiques aux cuisses et une culotte de protection respirante et douillette et lui refilais le tuyau « Après, si vous voulez le changer la nuit, c'est pas forcément utile d'investir dedans, mais moi je suis une mère indigne et fainéante ;) ! » hein, vaut mieux le laisser macérer avec amour que changer une couche à contre coeur, mais l'inverse est vrai aussi, ça peut vous faire culpabiliser et faut pas (je veux dire si vous culpabilisez, changez lui la couche, je dis pas de pas culpabiliser, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a, moi par exemple, je culpabiliserais à mort de lui filer un biberon de lait artificiel alors que bon, hein, y'a plus grave quand même mais voilà, c'est quasi un sacerdoce l'allaitement pour moi, tant que mon petit aura besoin de lait il boira pas une goutte de lait de vache trafiqué) (dit-elle avec une tartine dégoulinante de fromage qui pue) (que voulez-vous, déjà à trois ans, j'aurais vendu ma mère pour un roquefort).


[apparté : j'ai un bébé chat sur le ventre et un héritier qui a le hoquet, le chat tressaute toutes les deux à trois secondes, c'est marrant]


Putain, trois jours que je suis sur ce billet, ma mère avait raison, grossesse et intellect ne font pas bon ménage. A ma décharge, j'ai mes couches à finir vu que je suis plutôt dans l'enduit et le collage de plinthes que la layette en ce moment (et quand je bricole pas, j'ai deux bébées chattes fantometto-dépendantes qui me collent au train comme jamais j'ai vu un chat aussi collant, d'ailleurs je les prend régulièrement en photo avec la webcam du pc, z'ont même pas peur de dormir sur la table de la machine à coudre en fonctionnement tant qu'elles sont dans un rayon de 40cm de là où je suis, c'est adorable mais un poil relou parfois),

JE SAIS, je porte quasi toujours le même haut, c'est à peu de choses près le dernier qui me va et la qualité de la webcam laisse à désirer...


bref j'arrête pas de me dire « tiens, je devrais écrire un billet sur ça, sur ça, tiens, ça ferait un bon article, tiens, ça c'est blogable » et en fait en ce moment j'ai une difficulté folle à mettre mes actes en concordance avec mes pensées, genre je fais un truc pas très prenant (= je glande sur les forum doctissimo) et je me dis que faudrait étendre le linge lavé depuis hier pour pas qu'il sente mauvais mais j'en suis incapable et quand je vois l'Homme le faire le soir je suis presque étonnée de pas l'avoir fait, je me dis qu'il fait sombre et qu'il faudrait allumer mais je le fais pas (et je suis surprise quand quelqu'un allume de me rendre compte que je vois mieux et qu'en effet, je l'avais pas fait), bref mes actes restent bien théoriques au chaud dans ma p'tite tête, c'est pareil pour le blog. Genre j'ai fermé la chatière pour pas que les bestiaus se fassent la malle avant le rendez-vous chez le véto et j'ai pensé à la rouvrir en rentrant. Juste pensé. Je l'ai pas fait. Et j'ai osé me foutre de la goule de Brutus arrivant pas à sortir genre « Hin hin hin, mais kéléconne c'te chatte, r'garde moi ça l'Homme, elle a toujours pas compris qu'il faut y envoyer un coup de boule et pas gratter avec ses p'tites pattes, hin hin hin, tiens, elle abandonne, mais kéléconne, kéléconne », il a vérifié au cas où, c'était fermé, j'ai fermé ma gueule. Bien fait pour moi.

Bon, je vais finir mes couches, je devrais penser à publier cet article d'ici deux ou trois jours...


(je viens de me relire, mon dieu je suis devenue une femme enceinte chiante donneuse de leçons qui ne cause que de son nombril et de son chiard, ayé mes neurones ont officiellement fondu)

Par Fantomette - Publié dans : Fantomette enceinte
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