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(Oui c'est bien un mini chaton que j'ai entre les nichons, il y a passé l'après-midi, pour tout vous dire, l'Homme aurait bien voulu être à sa place) (pour
être honnête, moi aussi)[ça va peut-être être chiant pour ceusses qui sont pas concernés de près ou de loin par le sujet de la grossesse/accouchement, because ça cause que de ça et c'est très long]
Que fait la femme enceinte, moderne et un brin écolo quand elle apprend
l'heureux évènement ? Elle réalise qu'elle est en région parisienne et qu'il va falloir se magner le train pour s'inscrire à la maternité si possible avant la fin de la troisième semaine de
grossesse, et il serait temps de savoir qui va pouvoir la suivre si elle veux être sûre d'avoir un rendez-vous avant l'accouchement. Du coup, elle file sur internet pour voir comment tout ça
pourrait se passer sympathiquement, naturellement, hors parcours sur-médicalisé, et elle prend des gros coups de flip.
Va accoucher naturellement, toi, en 2009...
Pas gagné.
Dans la majorité hôpitaux, ils ont des procédures à la con anti-physiologiques qui te font traiter avec mépris par le personnel si tu les refuses (voire dénoncer au juge d'instruction local pour
une mère -Ô combien inconsciente- qui a fait appliquer à la lettre les recommandations de l'OMS incompatibles avec la politique médicale locale, elle a failli se faire placer son bébé à cause
d'un chef de service chatouilleux) (putain, l'OMS, quoi, c'est pas des charlots, quand même !). Dans l'absolu, j'en veux pas au personnel, ils sont en sous-effectifs, ça permet pas un
accompagnement suffisant, plutôt à la politique globale du service, donc du chef de service.
Et puis il y a quelques cases qui se sont imbriquées dans mon petit cerveau.
Direction internet, études sérieuses, fiables, sur les études de risques entre la surmédicalisation de l'accouchement et l'absence totale grde médicalisation.
Vous allez rire, hein, mais dans le cadre d'une grossesse non pathologique (un seul bébé, tête en bas, pas de diabète, d'hypertension, pas de prématurité supérieure à 1 mois,...), le médical
n'apporte rien. Que dalle, nada.
Alors c'est décidé, je ferai sans.
A la maison.
Hurlez pas, partez pas.
J'en ai parlé avec l'Homme because je peux/veux rien faire sans lui, j'ai besoin de lui à 100%.
Il est devenu un peu vert et me bredouille « mais c'est hyper dangereux, je veux pas ». Je m'en doutais un peu, alors j'ai sorti l'artillerie lourde.
Les études, les preuves, le pourquoi c'est mieux, pourquoi on prend moins de risques en étant peinards chez nous sans stress plutôt que dans un hôpital plein de bip bip et de blouses
blanches.
Le pourquoi avant tout, ce sera une sage-femme qui me suivra et pas un gynéco-obtétricien. Un détail : personne ne m'a fait de toucher vaginal à ce jour, et c'est pas demain la veille qu'un inconnu se permettra d'y mettre une main sans raison supplémentaire que le contrôle de routine, c'est pas open bar de ce côté là (par contre, le doppler sur le ventre pour écouter le cœur du bébé, c'est où tu veux, quand tu veux).
Le pourquoi l'hôpital j'en veux pas : les épisiotomies quasi-systématiques pour un premier bébé par exemple : premier bébé : 38% de périnées intacts à la maison, 9% en structure médicale, tapez un peu épisiotomie sur google image et prévoyez une bassine (ça ne réduit pas le risque de déchirure contrairement à la croyance, ma sage-femme n'en a pas fait depuis 12 ans quelle est en libéral), l'aspiration systématique des bébés (de quoi j'me mêle ? Z'imaginez un peu l'arrivée sur Terre avec des tuyaux dans le nez alors que c'est inutile dans 99% des cas ? Ma sage-femme l'a fait 4 ou 5 fois en 12 ans...).
Le pourquoi on est vachement plus en sécurité à la maison avec une sage femme présente à 100% pour moi du début à la fin qui te repère une anomalie en direct live, et pas une pour 5 femmes qui accouchent en même temps à l'hosto.
Le pourquoi je veux pas qu'on me colle une perf de glucose à l'arrivée et qu'on m'empêche ensuite de boire ou manger (alors que l'OMS recommande de laisser les femmes boire ou manger si elles en ont envie).
Le pourquoi j'ai besoin de lui à mes côtés pour m'aider moralement et physiquement tout le long, je veux pas une plante verte coincée entre l'obstétricien et l'arbre à perf avec son caméscope et son pulvérisateur d'eau.
Je veux pas qu'une puéricultrice donne des bains ou change les couches de notre bébé, je veux que ce soit lui ou moi, je veux pas manger la bouffe lyophilisée, je veux qu'il me fasse des nouilles ou du poulet au curry (spécialités culinaires de l'Homme).
Je suis pas malade, je suis enceinte, j'ai pas besoin de médecins, de perfusions, de médicaments, j'ai juste besoin d'une sage-femme et de lui.
Je veux pas rester toute seule entre 20h et 13h dans une chambre blanche en pyjama à l'attendre.
Je serai évidemment inscrite dans une maternité parce qu'on sait jamais ce qu'il peut se passer, travail trop long, épuisant, je craque; bébé resté en siège; prématuré; problème quelconque; ...
Je ne peux pas partir du principe qu'il n'y aura aucun souci et ne pas assurer mes arrières (de toutes façons la sage-femme refuse de me suivre si je ne suis pas inscrite dans une maternité)... Mais si tout va bien, ça ne pourra jamais se passer aussi bien qu'à la maison, dans notre petite maison à nous, tous les deux (enfin, trois avec la sage-femme), se retrouver tous seuls avec notre bébé chez nous, faire connaissance tranquillement, à peine quelques heures après la naissance (la sage-femme reste juste deux ou trois heures pour être sûre que la suite se passe bien, que le placenta est sorti en entier,... et elle revient faire le suivi des suites de couches en hospitalisation à domicile pendant deux semaines).
Pour prévenir certaines objection, la sage-femme a une formation
médicale, elle ne vient pas les mains vides, elle a un coffre plein ras la gueule de matos, elle sait réanimer un bébé, l'intuber, l'oxygéner, recoudre une déchirure, faire une perf d'ocytocine
de synthèse si besoin est,...
Et aussi pourquoi j'ai envie de vivre ça en cercle restreint, hors lieu médical, je n'ai pas peur de la douleur, ma mère a fait la quasi totalité de ses bébés sans péridurale et ça a été
supportable parce qu'on l'a laissée faire comme elle le sentait, je vois l'accouchement comme une sorte de rite initiatique, des milliers de générations de femme ont donné naissance à leurs
petits avant moi, donc je sais que c'est possible de réussir, j'ai besoin de m'inscrire dans cette lignée, et je sais aussi que si la douleur était trop importante je pourrais aller à la
maternité recevoir une péridurale, j'ai une immense curiosité sur le ressenti, l'intensité, je voudrais connaître ça sans anesthésie, j'ai envie d'essayer, je veux qu'on me laisse cette chance
d'essayer donner la vie à mon bébé de façon instinctive, comme une chatte qui va se cacher dans son coin pour accoucher. C'est dur à décrire, c'est comme l'envie de faire un bébé, c'est un truc
qui me vient du fond des tripes.
Bref, tout doucement l'idée germe chez lui.
Et il finit par être partant. Par être super partant, genre on nous annonce des jumeaux, lui il y va, on accouche des jumeaux à la maison (je dis « on » accouche, il a tendance à dire
« on » est enceinte, « notre » grossesse, j'adore)
A mon immense soulagement.
Alors sauf problème, notre petit Super-Héros naîtra à la maison.
Alors oui, la douleur « tu accoucheras dans la douleur » a dit l'autre. Comment voulez-vous supporter la douleur allongée sur le dos reliée d'un côté à la perf et de l'autre au monito
qui vous interdit tout mouvement ? Ma sage-femme estimait en gros que sur 10 femmes qui veulent accoucher de leur premier bébé à la maison, 7 le feront, 2 renonceront pendant le travail
(transfert à la demande de la femme (envie d'une péridurale) ou de la sage-femme (problème quelconque)), 1 pendant la grossesse (changement d'avis de la femme ou refus de la sage-femme (diabète,
siège,...)).
La douleur est réelle (quoique là encore ça dépend des femmes) mais supportable à condition qu'on soit libres de nos mouvements. Libres de hurler, de se mettre à quatre pattes, de prendre un
bain, de changer de position toutes les 5 minutes sans s'emmêler les pinceaux dans une perfusion ou un monito. Les risques sont plus faibles qu'à l'hôpital pour une raison toute simple : la
sage-femme n'accepte que des grossesses sans soucis, elle n'est pas à même d'accoucher à domicile une femme qui vit une grossesse pathologique ou à risque. Et les risques iatrogènes sont, par
définition, inexistants @ home (ce sont ceux que je crains le plus étant d'une nature méfiante et un brin parano, j'ai pas confiance de remettre mon accouchement entre les mains de personnes que
je ne connais pas, rien que d'y penser ça me stresse, la sage-femme je la connais, elle me connaît, je ne serai suivie que par elle, je lui fais confiance).
Une étude danoise (1/3 d'accouchements à domicile au Danemark) estime le
taux de transferts en cours d'accouchement à 4%... Donc si il y a le moindre souci, ça se passera à la maternité. Sinon, on accouchera peinards chez nous sans blouses blanches ni bip-bip, sans
aucun acte inutile, sans personne pour me dire ce que je dois faire. Et si un acte médical ou chirurgical est pratiqué, c'est parce qu'il sera indispensable, et pas protocolaire (quand je vous
disais l'autre jour que l'épisiotomie ne passerait pas par moi, c'était pas de la fanfaronnade, ma sage-femme n'en a jamais fait en 12 ans d'exercice libéral).
Le chef du service de gynéco-obstétrique de la maternité où je suis inscrite est largement moins con que la moyenne, il file même un imprimé quand tu t'inscris disant que la « position
gynéco » (mais comme c'est un pro il appelle ça décubitus dorsal), sur le dos, pieds dans les étriers, est à proscrire, et que quand tu viendras accoucher chez eux ils te ficheront
la paix et te laisseront accoucher tranquillement et comme tu veux tant qu'il n'y a pas de souci et il a fait un rapport expliquant que le gros du boulot, c'est pas le travail, c'est l'état
d'esprit de la mère, si elle est relaxée, en confiance, alors ça se passera mieux, le travail évoluera plus vite, il y aura moins besoin d'interventions médicales, moi, c'est dans ma maison avec
vue sur les fraisiers entourée de la sage-femme qui me suit depuis 9 mois et de mon mec que je serai en confiance.
Me faites pas dire ce que j'ai pas dit, les femmes qui ont eu des césariennes ou pour qui les choses se sont mal passées, c'est pas de votre faute parce que vous avez pas su vous détendre, hein,
ça limite les risques, ça les réduit mais ça ne les supprime pas pour autant, nos grand-mères qui mourraient en couches, ce n'était pas de la mauvaise volonté (et l'idée qu'on me réclame de me
détendre avec des contractions douloureuse à plus en reconnaître ma mère me paraît un peu utopique).
Tenez, dans la majorité des maternités on vous interdit de manger ou boire pendant le travail. Pourquoi ? Parce que si ça se passe mal et que vous devez subir un accouchement sous anesthésie
générale, il y a un risque de régurgitations, et la régurgitation entraîne le risque de se noyer dans son vomi. En France, 1,4% (à 0,2 point près, j'ai un doute sur le chiffre) des accouchements
se finissent par une AG. Alors qu'il suffit d'anticiper ce risque, on ne refuse pas d'opérer une urgence sous anesthésie générale sous prétexte qu'il a mangé avant de se crasher en moto, on fait
juste gaffe à ce qu'il ne vomisse pas, le cas échéant on réagit en conséquence. Ben là, non, on interdit à tout le monde de manger ou boire pendant un effort conséquent, et on remplace ça par une
perfusion d'eau glucosée (c'est contraire aux recommandations de l'OMS).
Bref, je pourrais vous faire la liste de ce qui me pose problème à l'hôpital, si ça en intéresse certains j'ai un rapport du chef de service gynéco-obstétrique de la maternité où je suis inscrite
(donc un mec qu'a un pedigree long comme le bras genre professeur machin chose de la faculté truchouette qu'on peut pas accuser de pas savoir de quoi il parle ou d'être un babacool illuminé) où,
entre autres, il classe tous les gestes médicaux habituels dans les accouchements en structure médicale du meilleur (pas de risque, efficacité prouvée) au pire (risques potentiels, efficacité
nulle voire négative) en passant par l'intermédiaire (pas de risque connu, pas d'efficacité connue), ben c'est édifiant, et passionnant pour peu qu'on soit concerné par le sujet.
Du coup, si il doit y avoir un transfert vers la maternité, quelle qu'en soit la raison, j'ai au moins cette satisfaction de me dire que j'aurai pas l'épisio systématique offerte en cadeau de
bienvenue à la primipare ou le monito en continu.
En cliquant ici vous avez le lien vers le rapport, c'est 16 pages au format pdf, si vous trouvez ça
trop long, filez direct page 15, là où il y a le détail bénéfice/risque des pratiques routinières. Rapport que je relis chaque fois que j'entends un peu trop de « mais tu te rends pas
compte, c'est dangereux, et si il y a un problème,... », je crois que je vais l'imprimer en une dizaine d'exemplaire et le distribuer à ceux qui me lourderont avec ça (il y a toutes les
références des études sur l'inutilité de l'épisiotomie et autres).
Alors on a le droit d'avoir un avis, je suis pas une ayatollah de l'accouchement à domicile et c'est clair que ça convient pas à tout le monde, donc le droit d'avoir un avis,
disais-je, et même un avis opposé au mien, mais pas celui de juger ou de critiquer sa SuperHéroïne préférée qui sur ce sujet a tendance à être un peu chatouilleuse (pardonnez-moi, hein,
mais j'anticipe), je refuse de m'entendre dire que c'est dangereux (surtout par des personnes qui y connaissent généralement rien ou ne s'appuient sur aucune donnée réelle).
Bon, j'ai plein de trucs à vous dire.
Déjà, je suis en arrêt jusqu'au 22 juin, et prolongation probable jusqu'à la fin de ma grossesse, c'est con mais tout va bien sauf un détail : la fatigue, j'ai besoin au bas mot de 12h par nuit plus une sieste, c'est incompatible avec le boulot, plus plein de petits détails chiants gérables un par un mais qui en cumulé rendent les choses compliquées. Tenez, par exemple, le parking relais est en contrebas de la gare, du coup quand je gare la Fantomobile le matin, j'ai un escalier de 3 x 20 marches pour rejoindre le quai. Jusque là, ça allait, mais maintenant je dois faire une pause pour reprendre mon souffle au milieu et j'ai des contractions arrivée en haut. C'est con. Et flippant, un peu, aussi. Tenez, le RER, cette magnifique boîte de conserve pas climatisée où tu as des places assise une fois sur trois et où tout le monde regarde ailleurs du moment où il t'a vu toi et ta protubérance pour ne SURTOUT pas te laisser sa place. C'est con, j'ose pas réclamer. Et un RER où qu'il fait chaud et où que tu dois rester debout, c'est dur.
Bref, j'osais pas aller réclamer une pause au doc, l'Homme m'a poussée à y aller « Tu t'es vue ? T'es naze, t'en peux plus, arrête de forcer, c'est aussi mon p'tit alors t'en prends soin, tu prends rdv chez le médecin et tu te fais arrêter ».
J'ai fini par y aller.
Et mon médecin-chéri il adore les femmes enceinte.
Et « comment vous allez ? », et « vous le sentez bien bouger ? » et « c'est merveilleux la grossesse », et « faites-vous chouchouter par votre conjoint surtout », m'est avis qu'il doit regretter que sa femme ne soit plus en âge de, sinon il lui aurait fait une demi-douzaine de lardons supplémentaires.
Bref, médecin-chéri m'a reçue quasiment une heure comme d'hab, a vérifié tout ce qu'il y avait à vérifier, et m'a mise en arrêt pour un mois, « revenez dans 15 jours et reposez-vous bien ».
Depuis, je fais la baleine à la maison (copyright Biquette) (qui fait aussi la baleine dans sa maison, on comparait le bonheur de voir nos bonhommes partir travailler « allez, à ce soir mon chéri, bon courage, travaille bien... »)
Je fais de l'haptonomie avec mon bébé, j'ai essayé pour la première fois
hier matin. Dans la nuit d'avant-avant-hier à avant-hier, j'avais cauchemardé que le bébé allait mal, ne grandissait plus et que j'allais accoucher avec le même ventre qu'en ce moment (pour
certaines femmes ça correspond quasiment à un ventre à terme, mais moi je vous rappelle que j'ai l'air enceinte de quadruplés), bref toute la journée qui suit je le sens pas bouger. La nuit
suivante non plus. Alors hier matin, je mets ma main sur mon ventre et je lui parle dans ma tête, je lui demande de venir faire une caresse sous ma main, de me dire qu'il est bien là, de me faire
signe, quoi. Il s'est fait prier trois bonnes minutes. Puis il est venu, il est venu gigoter comme rarement je l'ai senti gigoter, il faisait la macarena sous ma main, ça m'a arraché une larme
c't'affaire (oui je me fendrai moins la gueule quand dans quatre mois je le supplierai d'arrêter de bouger bordel que je puisse dormir, putain il est deux heures du mat là féchié, mais pour
le moment, wahou)...
On a réessayé à deux le soir, il bougeait encore plus que le matin avec la main de l'Homme à la place de la mienne (ce bébé adore déjà son père, voire même le préfère à sa mère, ça promet, ça doit être une fille, tiens), mais l'Homme n'a pas réussi à le sentir au travers de mon ventre... Bientôt, sûrement...
Bref je couve avec amour mon p'tit oeuf, je cueille les fraises du jardin, j'arrose les tomates, je couds, je dors un nombre d'heures indécent, je passe des heures en ligne avec le standard de la sécu et de la caf (bah oui, me suis rendu compte que j'avais pas affranchi ma déclaration de grossesse, je veux être sûre que c'est bien arrivé...), et j'engueule mon assurance auto qui m'a ajouté en loucedé diverses garanties ce qui fait qu'ils prétendent me faire payer 50% du prix de ma bagnole par an, et je suis contre, j'appelle le centre d'imagerie médicale pour prendre rendez-vous pour la seconde échographie, le 23 juin à 8h30... Une date de plus à ajouter au calendrier 2009, on a un calendrier avec les douze mois d'un seul côté et tout y est, de la conception à la date d'accouchement prévu en passant par les rdv avec la sage-femme, puisque c'est un bébé 100% 2009...
Allez, petites photos de l'héritier et de sa mère, à même pas quatre
mois de grossesse, les montgolfières n'ont qu'à bien se tenir...
Alors je.
J'ai commencé par le plus simple : les sorties de bain en éponge, plus
facile tu meurs, histoire de me remettre dans le bain (sortie de bain, se remettre dans le bain... Ok j'arrête)
avec les chutes j'ai fait des lingettes lavables en pagaille (pour les fesses du p'tit et les joues de sa mère)
encouragée par ces franches réussites, je me suis lâchée, hop là, la douillette d'hiver rembourrée bicolore à la doublure flashy, rien ne m'arrête, moi
!
Je sais, c'est pas dur mais ça impressionne toujours ceusses qui ont jamais touché une machine à coudre.
Emportée dans mon élan, j'ai sorti le bouquin co-réalisé par une copine de ma mère qui me l'a offert en avant première avant sa sortie officielle, Créations Maternage que ça s'appelle, ça se trouve ici et ça a un blog là, et c'est plein d'idées que ça en donne envie de faire des bébés rien que pour leur faire porter ce joli short bloomer ou ces mignons chaussons en cuir (que l'Homme m'a commandés en taille 46). Histoire de compléter ma page de pub, les photos sont de Myriam Gauthier-Moreau donc superbes, et toutes les planches de patron sont dedans en taille réelle.
Bref, je me suis dit que j'allais me mettre à tenter les couches, quand tu vois le prix d'une couche lavable, t'as beau te dire que c'est rentabilisé en pas longtemps, ça coûte la peau des fesses de la mère pour protéger celles du p'tit (dépenser 1000€ en couches jetables, tu t'en rends pas compte, c'est le concept du crédit, c'est un peu tous les mois, lâcher 300€ d'un coup pour une vingtaine de couches lavables, t'as beau te dire que oui mais pas de produits chimiques, oui mais écolo, oui mais rentabilisé rapidement, oui mais... ça reste quand même en travers de la gorge), donc je vais les coudre.
Même pas peur.
Tadaaaaam !!!
Limite plus facile qu'une sortie de bain en
éponge les gens, je suis z'émue, je veins de coudre ma première couche en moins d'une heure, polaire pour l'effet fesses au sec, double couche d'éponge et noyau caché en éponge pour être aussi
absorbant qu'une pamp*rs (ok, manque le velcro, j'en ai pas de assez large à la maison, mais ça prend pas plus de cinq minutes à faire, ça), et encore, pour la première fallait découper le patron
à la bonne taille et c'est plus long. Les rabats-oije me signaleront qu'il manque la tulotte de protection, oui mais j'ai pas encore reçu le tissu imperméable que j'ai commandé sur le
ouèbe.
M'est avis que ça va jouer de la machine, mon salon va devenir une annexe du sentier, pic pic pic écartez-vous Fantomette is in the place et elle coud treize couches à la douzaine, tellement la patate que j'ai proposé à ma copine Biquette (enceinte de 8 jours de plus que moi pour ceuses qui suivent pas) de faire les siennes.
Si vous voulez vous lancer là-dedans et que vous en avez marre des sites écolos français qui sous prétexte que ce qu'il te vous vende est estampillé bio/écolo ils en profitent pour gonfler le prix, faisez-moi signe, j'ai acheté mes tissus à l'étranger, le cours du dollar rendent les tissus deux à trois fois moins chers qu'en France, donc malgré les frais de port z'êtes gagnants.
Allez, je vous laisse, j'y ai pris goût, j'y retourne...
Pis en plus, le grand kapital l'a encore envoyé loin de moi, il est parti à 6h30. Alors certes, il rentre demain soir. Mais déjà, me priver de mon homme pendant 48h en ces temps où mon corps bourré d'hormones sanglote devant les photos des bébés animaux de ce site (non mais sans déconner, ils sont TROP MIGNONS, quoi), eh ben c'est pas sympa, mais en plus, il part à Lyon et il peut pas ramener de rosette comme la dernière fois, jusqu'à la naissance de l'héritier, pas de charcuterie par ici.
Alors je couds, tristement.
Pas des couches, j'attends mes nouveaux tissus d'Australie et des Etats-Unis.
Non, je couds une « combi-nomade », un genre de truc que si tu
veux sortir avec un bébé qui dort, tu le réveilles pas, tu le poses au milieu et tu l'emballes comme un rôti :
(normalement ça tient avec des velcros que j'ai pas encore cousus, j'en ai que du marron)
Je voulais le faire en laine bouille pour le dehors et j'vais pas d'idée
pour le dedans, et finalement, au mondial tissu local ils avaient pas de laine bouillie, donc j'ai fait l'extérieur et la doublure en coton tissé classique et une troisième épaisseur cachée au
milieu en polaire pour tenir chaud. Ca vient du bouuqin Créations et Maternage dont à propos duquel je vous ai causé il y a pas longtemps.
Et j'attaque une liquette trouvée dans ce bouquin
qui m'a coûté le prix d'un tee-shirt pour
femmes enceintes et va me permettre de m'habiller de pied en cap jusqu'à l'arrivée de l'héritier, quand tu vois les prix pratiqués pour les vêtements de grossesse, faut limite vendre le premier
au marché noir (ou sur ebay) pour avoir les moyens de te payer des fringues quand tu attendras le deuxième, et je déteste l'idée d'être habillée comme un sac sous prétexte de locataire utérin,
alors je me couds ça
dans le même rouge que l'extérieur de la combi-nomade, et sans
le ruban ni les fleurs (ça fait cucul je trouve), mais je conseille en tous cas, ce ne sont que des basiques, que de l'intemporel comme le dit si bien le titre du bouquin, des fringues simples,
bien coupées, jolies, basiques, j'ai craqué sur la quasi intégralité des modèles du bouquin, et je suis en virée chez Ikea vendredi prochain pour acheter des tissus à des prix défiant toute
concurrence...
Bref, je vais coudre tristement pendant 48h en hurlant à la lune pour qu'on me rende mon homme et en croisant les doigts pour qu'aucune araignée ne pointe le bout de ses paires d'yeux, après deux maousses que l'homme a du assassiner à grand coup d'aspirateur à moins d'1/4h d'écart samedi, j'ai un peu peur.
Le bruit de la machine à coudre devrait les faire
fuir.
J'ai réfléchi un peu ce matin, au lit, juste après que j'ai renoncé à esquiver les assauts d'une des chattes. L'Homme a du mal fermer la porte (en même temps, elle ferme mal), une des chattes a trouvé le chemin jusqu'au lit et est venue me ronronner dans les oreilles. Réclamant le câlin qui lui revient de droit après une nuit sans moi. C'est pas prétentieux, hein, mais faut être réaliste, ces chattes m'adorent. Qu'elles dorment, jouent ou se battent, elles le font dans la pièce où je suis, voire dans la partie de pièce où je suis. Là, je petit-déjeune, elles se chicanent autour de la table. Hier soir, sur le canapé, elles étaient là aussi. Tout à l'heure, je me préparais mon petit déj (costaud because je me lève vers 11h et déjeune rarement à midi, je mange le soir avec l'Homme, alors english breakfast qui tient au corps pour la journée), elles se chicanaient autour de moi dans la cuisine. Ce matin, les deux faisaient les folles sur le lit. L'Homme est perduadé qu'elles sentent la grossesse, moi j'en sais rien meme si je sens bien qu'elles se comportent avec moi comme jamais un chat ne s'est comporté avec moi et niveau chats j'ai une expérience non négligeable dans le domaine. Elles sont très câlines, très présentes, un peu collantes, bon, c'est que des chats, hein, mais elles ont un côté presque bienveillantes.
Et j'aime cette toute petite présence presque infantile, c'est là, ça veut un câlin hic et nunc et ça sait exactement où aller pour signaler sans ambiguïté son désir (sur le clavier quand on est devant le pc, au niveau du visage quand on essaie de dormir, sur les mains quand on essaie de coudre,...), et non finalement ça veut jouer, quoique ça mangerait bien un morceau, ou alors ça s'ennuie et ça vous regarde fixement, mais toujours dans un rayon de moins de 5 mètres.
Ce matin, donc, je réfléchissais à tout ça, la gueule enfarinée, l'héritier survolté et la chatte ronronnante qui regardait intriguée mon ventre tressauter en posant une patte sans griffes sur les bosses avant de s'installer en boule autour de mon nombril, bercée par les coups.
J'ai pas grand chose à bloguer, parce qu'il ne se passe rien de
facilement verbalisable, objectivement, mes journées sont ternes évènementiellement parlant, je ne bosse plus, reste toute la journée enfermée chez moi face à un bouquin, mon pc ou ma machine à
coudre, j'ai pas envie de partager avec grand monde, ça fait terriblement cliché, mais je vis intérieurement, je vis d'émotions, en tête à tête avec moi-même, ma maison de plus en plus belle dans
laquelle chaque étape de rénovation me rapproche un peu plus de mon bébé, et ce bébé, d'ailleurs, où naîtra-t-il ? Notre lit ? Le canapé ? La baignoire ? J'ai toujours été une solitaire, et c'est
dur de se faire une place ans mon entourage, je suis excessivement méfiante, et bien souvent, avant de réussir à créer un lien avec mois les personnes ont du s'accrocher, me relancer par
téléphone plusieurs fois quand je ne rappelle pas, me faire bouger de ma tanière de force (encore plus dur depuis que je partage ma tanière avec l'Homme qui me donne encore moins envie d'aller
voir ailleurs ce qu'il s'y passe), je vois mes amis souvent à leur demande plus qu'à la mienne... Du coup, la grossesse est l'excuse pour ne pas trop bouger je reste dans mon coin, à manger mes
courgettes géantes et regarder mes tomates pousser, à coudre des culottes imperméables tête de mort pour les couches de l'héritier
(non mais sérieux, c'est-y pas adorable ?
Belle-maman va hurler... "On est pas obligés de lui montrer" j'ai dit à l'Homme, "Tu parles, on va lui montrer dés qu'on aura l'occaze, on pourra pas se retenir !" qu'il a dit... Faut dire
qu'elle réagit au quart de tour à la provoc, c'est tentant)
en me disant qu'il serait temps que j'aille à la piscine, c'est bon pour la mobilité du bassin, c'est bon pour l'accouchement (et accessoirement pour mon gros cul), mais non, je reste là, en boule sur mon canapé à ne rien faire, j'adore ne rien faire. J'imagine plus tard la même situation avec un bébé endormi sur le canapé à côté de moi, et pourquoi pas deux chattes en plus en train de dormir.
« Là, tout n'est qu'ordre et beauté
Luxe, calme et volupté »
Merci de ne pas me signaler que la réalité est toute autre avec un bébé, moi je pars du postulat qu'un bébé ne pleure pas, tout comme je suis partie du postulat qu'arrêter de fumer est facile il y a bientôt trois ans. Et ça l'était, et si j'avais su à quel point ça le serait j'aurais arrêté bien plus tôt.
La batterie de mon pc était faible, je suis venue sur le canapé pour le brancher, le câble d'alimentation est branché ici. Les deux chattes qui dormaient sur un fauteuil à côté de la table dorment désormais sur un coussin du canapé...
Quand on me parle de nuits hâchées, de sommeil manquant, d'impossibilité de faire des trucs quand le bébé sera là, ça me hérisse le poil et je fuis la discussion pourquoi diable les gens veulent partager le pire plutôt que le meilleur ? Genre « j'ai subi le pire et je ferai en sorte que t'y échappes pas, comme ça tu seras bien stressée à l'idée de pas dormir et que ton bébé pleure pour rien, ton bébé absorbera bien ton stress et comme ça il ne dormira effectivement pas, et tu pourras toi aussi raconter aux futurs parents que attention les mecs, rigolez, mais vous verrez bien dans quelques mois qui c'est qui va plus rire ». C'est l'effet que ça me fait à chaque fois, les « avertissement », genre quand je dis que je dors énormément « profite maintenant parce qu'après... » avec les points de suspension qui ne disent pas la menace.
Je fuis un peu ça aussi, les « bons » conseils des autres et les remarques des « je suis passé par là je sais ce que c'est » dont j'ai rien à carrer, j'aime bien qu'on me raconte sa vie, j'aime pas qu'on me donne de leçons ou qu'on la joue « je sais mieux que toi, tu verras ».
Je suis bien dans mon coin à ne pas me nourrir des angoisses et difficultés des autres, ça m'évite de projeter les peurs et histoires des autres sur mon petit, je suis persuadée que ça nous fait le plus grand bien à tous les deux. Je lui fais entièrement confiance à mon bébé, et quand le doc me dit l'air soucieux qu'il n'entend pas son coeur au stéthoscope « et vous le sentez bouger ? », je sais que c'est juste que l'héritier le connaît pas et se planque dans un coin en attendant que cet inconnu retire ses mains de là. La preuve, quand il arrête de le chercher et se met à me parler, imperceptiblement, il bouge et hop, une cavalcade arrive dans le stéthoscope « Ah oui, je l'entends ! ». Il était plus inquiet que moi.
Mon bébé rebelle qui se laisse pas ausculter comme ça...
Allez, je file, des instances supérieures tentent de m'empêcher de
bloguer...
Putain, 6 mois.
« Je trouve ça dingue de me dire que tu vas grossir encore 3 mois, vu le ventre que t'as déjà » disait un copain venu prendre l'apéro vendredi soir.
Oui, moi aussi.
On commence doucement à réaliser qu'on va être trois bientôt. S'rai temps vous m'direz.
« J'aime bien le sentir » qu'il me murmure à l'oreille une main sur on ventre avant de s'endormir. Et hier soir il avait le hoquet, sous la main, ça faisait comme un battement de coeur...
Je suis hyper pressée d'accoucher, mais en même temps j'ai des trouilles très... Comment dire... Disons que j'ai globalement du mal avec mon apparence physique, trop grosse, trop ceci, pas assez cela, et là enfin je me trouve belle dans la glace, mon reflet dans le miroir me plaît, mon corps est harmonieux, il n'est plus cette enveloppe contre laquelle je me bats parce qu'elle n'est jamais comme je la voudrais, il fonctionne, il abrite une petite vie, c'est un véritable état de grâce pour moi d'être enceinte. Malgré le manque de souffle, les palpitations, la difficulté à me relever, à me tourner dans mon lit la nuit, les insomnies, la fatigue... Je n'ai pas envie de quitter cet état, de retrouver mon corps d'avant... Enfin, dans trois mois, quand je ne pourrai plus bouger, marcher plus de 5 minutes, les jambes comme des poteaux... Peut-être changerai-je d'avis... Mais là, autant la perspective de rencontrer notre bébé, de voir mon mini-héritier dans les bras de son papa géant me ravit, autant j'appréhende le changement d'état. Quand on tombe enceinte, il faut un moment pour que les hormones montent, que les changements physiques apparaissent, là, le changement sera brutal...
Allez, je vais me changer les idées en posant les joints des 3m² de carrelage qu'on a posés hier, on attendait d'avoir la nouvelle porte avant de carreler l'entrée (l'ancienne porte était trop basse, on n'aurait plus pu l'ouvrir avec les 1,5cm d'épaisseur supplémentaire du carrelage), donc là, ça y est, on a une vraie porte d'entrée (l'ancienne avait une vitre fendue, était pas droite, le vent passait, elle isolait rien du tout, avec les -18°C de cet hiver, je vous raconte pas la facture de chauffage)
un salon entièrement carrelé, y'a plus qu'à poser les plinthes, je vais les commander demain...
Je suis convaincue qu'il y a moyen de faire plus simple en matière de bébé que ce qu'on entend/lit partout, et je cherche des solutions type partisan du moindre effort à appliquer (ou pas, hein, je suis pas en train de me faire un mode d'emploi à suivre à la lettre, je cherche juste des idées de parents indignes qui ont réussi à limiter la casse avec un bébé)...
Commençons par les bréves de ces derniers jours...
Entre la sage-femme remplaçante de la mienne qui est en vacances et moi :
-Sinon, je sais pas si la sage-femme qui te suit te l'a dit mais je suis conseillère en lactation, tu as des questions sur l'allaitement ?
-Euh... Non...
-Non, tu sais tout, ou non tu t'es jamais posé la question ?
-Euh... Un peu les deux, quoi, ma mère est à la Leche League et je l'ai vue allaiter mes frères et soeurs, en plus j'ai passé mon enfance à rôder dans ses réunions et à lire ses bouquins sur le sujet, alors bon, j'ai pas trop d'inquiétudes ou de questions, je sais que ça se passera bien, j'idéalise pas, je dramatise pas, comme l'accouchement et la grossesse, quoi, pas de questions, on verra bien en temps voulu les interrogations si y'en a, mais je suis pas du tout dans l'optique « j'essaierai et je verrai si j'arrive », je sais que je ferai et que je réussirai, mes ancêtres se posaient pas des questions métaphysiques sur la qualité ou la quantité de leur lait, ça a quand même permis la perpétuation de l'espèce humaine pendant quelques millénaires alors je pars confiante, je suis une mammifère, ou bien ? Mes chattes elles ont jamais manqué de lait pour leurs petits...
-T'as raison, c'est bien. Bon, ben je te laisse reprendre rdv avec ta sage-femme habituelle pour ton suivi, je sais qu'elle est en vacances en ce moment mais elle répond au téléphone, en tous cas, ne change rien, c'est rare de voir une première grossesse aussi sereine, vraiment.
Entre ma mère et moi :
-Maman, juste une question, je suis pas obligée de me lever la nuit pour changer une couche, si il macère quelques heures c'est pas grave, non ?
-Non, ça fait belle lurette que je me suis pas levée changer une couche, tu mets juste une alèse pour les débordements, les couches sont rarement prévues pour passer 8h sur les fesses d'un bébé allaité, pour tes petites soeurs je ne me levais plus, elles ne s'en sont pas portées plus mal et moi je m'en portais mieux, a force j'ai fait mes nuits avant elles.
-Ca me rassure, dormir avec le bébé me permettait d'éviter d'avoir à me lever pour l'allaiter, ça me soulait d'avance de devoir imaginer me lever pour changer une couche.
-Prévois juste l'alèse au cas où ça déborde (et au cas où toi aussi tu débordes, les engorgements ça arrive pas que pendant les heures ouvrables), ça suffit.
C'est vrai que j'ai déjà vu ma mère endormie avec une de mes soeurs en train de téter, pas con le bébé, elle a trouvé le chemin toute seule sans réveiller personne, je revois ma mère se soupeser les seins le matin pour vérifier si le bébé du moment avait fait sa nuit ou non. Niveau plan de feignasse, ça me botte pas mal je dois dire.
Entre l'Homme et moi :
-Quand même, ils sont pas très sexy les soutien-gorges d'allaitement que t'as récupérés chez ta mère...
-Ouais mais c'est du 95D alors je serais toi, je croiserais quand même les doigts pour qu'ils me servent et que j'aie pas à en acheter des plus petits.
Entre ma Biquette et moi :
-J'ai honte, j'avais totalement oublié le tissu pour les couches, je crois que je suis une mère indigne, la chambre est pas prête, j'ai pas de baignoire, il peut naître dans trois semaines et rien n'est prêt...
-C'est pas grave, fuis les mères parfaites, fuis les gonzesses qui ont la layette, la chambre finie, la salle de bain transformée en pouponnière dés 5 mois de grossesse, elles sont pas humaines, il s'en fout le p'tit, tant qu'il a à manger, qu'il a des câlins et est au chaud, il peut dormir dans un bête couffin dans une pièce sans meubles, il s'en fiche, te laisse pas culpabiliser, ici non plus rien n'est prêt, la chambre est pas commencée, c'est un débarras plein de cartons, si il naissait demain on devrait le changer sur un carton et le baigner dans l'évier...
-Bon, ben on sera des mères indignes alors, je me sens moins seule...
Pour être tout à fait honnête avec vous, je dois avouer que pas mal de mes points de vue sur le sujet sont dictés par ma radinerie et ma fainéantise notoires, le sein c'est gratuit (enfin, presque, faut bien nourrir la nourricière, hein, il sort pas de nulle part le lait), les couches lavables c'est pas cher, ne pas se lever la nuit c'est chouette, accoucher à la maison c'est plus simple qu'à l'hôpital, pas d'inconnu, pas de médecins pour vous dire quoi faire (je déteste qu'on me donne des ordres/des conseils non sollicités), pas de gens qui débarquent à l'improviste sous prétexte que c'est visite à volonté de 13h à 20h (je le rehurle un coup sur les toits, mais pour venir à la maison, faut prévenir, sinon on ouvre pas, quand t'as un nourrisson de quelques heures/jour, tu laisses pas entrer tout le monde comme dans un moulin) c'est comme mes grandes théories sur la surconsommation de masse qu'on impose à nos nouveaux-nés en achetant du neuf, du haut de gamme, l'attirail complet du super bébé de lusque que même la prime de la CAF te suffit pas à te payer la poussette alors que toute ta famille a au grenier des cartons pleins ras la tronche de vêtements et layette, de poussettes utilisées deux ans, de couffins quasi neufs, mais que dans le guide du bon parent il est écrit que si tu aimes ton bébé tu dois te saigner aux quatre veines et acheter du neuf sinon t'es indigne, disons que je tiens ce discours officiellement mais bon, faut juste avouer que je trouve indécent de payer 15€ un pyjama qu'il portera trois semaines alors que j'en trouve un quasi neuf en brocante pour 1€ voire moins, ça fait 14€ en plus pour ma pomme et la satisfaction d'avoir dépensé que 32€ en une matinée tout en ayant rempli ras la gueule un sac bleu ikea de fringues de bébé (mais ça fait plus sérieux d'être altermondialiste et écolo que juste radin) (quoique les deux ne sont pas incompatibles, quand t'es radin, t'es par la force des choses écolo) et en plus j'ai horreur de me sentir prisonnière d'un système où tu payes les choses cinq fois leur valeur et où tu fais les choses en suivant un modèle bien établi, j'ai l'impression de (pardonnez l'expression) « bien leur niquer la gueule » en faisant un bébé zéro consommation de masse avec des pyjamas de brocante et un lit de récup (l'économie ne repartira pas grâce à moi).
Bref.
Comme je disais à ma copine Biquette dans un mail hier soir sur les couches que je ne comptais pas changer la nuit et que j'avais prévu en conséquence des couches over confortables sans élastiques aux cuisses et une culotte de protection respirante et douillette et lui refilais le tuyau « Après, si vous voulez le changer la nuit, c'est pas forcément utile d'investir dedans, mais moi je suis une mère indigne et fainéante ;) ! » hein, vaut mieux le laisser macérer avec amour que changer une couche à contre coeur, mais l'inverse est vrai aussi, ça peut vous faire culpabiliser et faut pas (je veux dire si vous culpabilisez, changez lui la couche, je dis pas de pas culpabiliser, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a, moi par exemple, je culpabiliserais à mort de lui filer un biberon de lait artificiel alors que bon, hein, y'a plus grave quand même mais voilà, c'est quasi un sacerdoce l'allaitement pour moi, tant que mon petit aura besoin de lait il boira pas une goutte de lait de vache trafiqué) (dit-elle avec une tartine dégoulinante de fromage qui pue) (que voulez-vous, déjà à trois ans, j'aurais vendu ma mère pour un roquefort).
[apparté : j'ai un bébé chat sur le ventre et un héritier qui a le
hoquet, le chat tressaute toutes les deux à trois secondes, c'est marrant]
Putain, trois jours que je suis sur ce billet, ma mère avait raison,
grossesse et intellect ne font pas bon ménage. A ma décharge, j'ai mes couches à finir vu que je suis plutôt dans l'enduit et le collage de plinthes que la layette en ce moment (et quand je
bricole pas, j'ai deux bébées chattes fantometto-dépendantes qui me collent au train comme jamais j'ai vu un chat aussi collant, d'ailleurs je les prend régulièrement en photo avec la webcam du
pc, z'ont même pas peur de dormir sur la table de la machine à coudre en fonctionnement tant qu'elles sont dans un rayon de 40cm de là où je suis, c'est adorable mais un poil relou parfois),
JE SAIS, je porte quasi toujours le même haut, c'est à peu de choses près le dernier qui me va et la qualité de la webcam laisse à désirer...
bref j'arrête pas de me dire « tiens, je devrais écrire un billet sur ça, sur ça, tiens, ça ferait un bon article, tiens, ça c'est blogable » et en fait en ce moment j'ai une difficulté folle à mettre mes actes en concordance avec mes pensées, genre je fais un truc pas très prenant (= je glande sur les forum doctissimo) et je me dis que faudrait étendre le linge lavé depuis hier pour pas qu'il sente mauvais mais j'en suis incapable et quand je vois l'Homme le faire le soir je suis presque étonnée de pas l'avoir fait, je me dis qu'il fait sombre et qu'il faudrait allumer mais je le fais pas (et je suis surprise quand quelqu'un allume de me rendre compte que je vois mieux et qu'en effet, je l'avais pas fait), bref mes actes restent bien théoriques au chaud dans ma p'tite tête, c'est pareil pour le blog. Genre j'ai fermé la chatière pour pas que les bestiaus se fassent la malle avant le rendez-vous chez le véto et j'ai pensé à la rouvrir en rentrant. Juste pensé. Je l'ai pas fait. Et j'ai osé me foutre de la goule de Brutus arrivant pas à sortir genre « Hin hin hin, mais kéléconne c'te chatte, r'garde moi ça l'Homme, elle a toujours pas compris qu'il faut y envoyer un coup de boule et pas gratter avec ses p'tites pattes, hin hin hin, tiens, elle abandonne, mais kéléconne, kéléconne », il a vérifié au cas où, c'était fermé, j'ai fermé ma gueule. Bien fait pour moi.
Bon, je vais finir mes couches, je devrais penser à publier cet article d'ici deux ou trois jours...
(je viens de me relire, mon dieu je suis devenue une femme enceinte chiante donneuse de leçons qui ne cause que de son nombril et de son chiard, ayé mes neurones ont officiellement fondu)
Vous dîtes...