Commencé à écrire hier, lundi 26.
Comment vous dire…
Déjà, je suis naze, absolument ultra naze.
On a voulu jouer les jeunes avec l’Homme hier, en nous couchant à plus d’une heure, sachant qu’on se levait moins de six heures
plus tard.
Pourquoi aussi tard ? Eh bien on cherchait notre future maison de nos rêves sur internet.
Avec des questions comme « Combien pouvons-nous emprunter ? » « Acheter maintenant quand tout le monde veut
sa maison à l’approche de l’été ou attendre que l’enthousiasme se calme en hiver et que les prix soient plus facilement négociables ? » « Oui mais si les taux remontent, les
économies faites en hiver seront-elles compensées par la hausse des intérêts ? » Bref, si l’un de vous s’y connaît dans ce domaine ou connaît un bon courtier capable de dire quel choix
faire… Parce que bon, la bière à l’ombre du cerisier ou les tomates du jardin, ça commence à me démanger sévère.
Ca s’achète adulte un cerisier ? Parce que je compte pas attendre 15 ans pour mes cerises… [Vérification faite, un
cerisier produit généreusement au bout de 6-8 ans, quiconque d’entre vous offre un cerisier d’au moins 8 ans à mon jardin se verra offrir une ou plusieurs bières à l’ombre du cerisier et sera
invité à la crémaillère] [c’te prétention, quand même, d’imaginer de parfaits inconnus intéressés par l’ombre de mon cerisier ou ma crémaillère…]
Enfin bon, on se prend vite au jeu des petites annonces et on devient exigeant, pas de maisons mitoyennes, pas moins de 200m²
de terrain, pas moins de 80m² habitables, au moins 3 chambres,… Et on se rend compte que la maison de nos rêves dans nos budgets, ça existe.
A moi les fraises du jardin et les herbes aromatiques…
A lui le bouledogue… Oui, il veut un bouledogue, le chien du dessin animé à la tronche écrasée, il trouve ça beau. Et moi je
veux un chat et une poule. N’importe quelle poule tant qu’elle est rousse.
Même pas pour les œufs (enfin, si, je vais pas cracher dessus) mais parce que c’est fabuleux une poule. Ceux qui ont grandi
avec me comprennent, ça a un neurone pour 5 mais franchement marrant. Pas de coq, j’aime pas les coqs depuis qu’il y en a un qui m’a agressée quand j’étais gamine (devinez ce qu’on a mangé le
soir même ? Ou plutôt qui on a mangé ?…) Il faut pas beaucoup d’espace (5m² par poule ça suffit), un abri (des planches), et avoir chat et chien bébés histoire qu’ils
s’habituent à vivre ensemble. Quoique dans mes souvenirs, c’étaient les poules qui coursaient les chats et non l’inverse…
Bref, je veux une poule.
Je me prends vite au jeu, comme dirait l’Homme « brûle pas les étapes », si on commençait par prendre
rendez-vous avec la banque avant de calculer la surface de jardin à consacrer à ma poule… Pis pour lui, « brûle pas les étapes », c’est surtout « mon chien d’abord ». (Ce qui
se traduira dans les faits par « Je vois pas pourquoi ton chien aurait la priorité sur mon chat »).
Enfin bon, le projet en cours, c’est barbecue dans notre jardin à l’été 2009. Dire qu’on va se coller des heures de ménage en
plus, déjà qu’on est pas des nerveux du balai…
Alors que notre projet actuel de bébés consiste en un chaton, un chiot et un poussin ne justifiant pas à eux seuls un
déménagement, on va ajouter à notre fainéantise notoire des heures de jardinage et le double de ménage, nous endetter pour 30 ans et passer autant de temps à habiter chez notre banque, bref on va
devoir faire deux fois plus le ménage, multiplier par deux et demi les mensualités de remboursement (et surtout, je vais m’y mettre aussi, habitant chez l’Homme j’avoue ne pas payer de loyer
depuis pas loin de deux ans…), nous ajouter une demi-heure de temps de trajet matin et soir, et le pire c’est que c’est avec plaisir.
Lui il veut un plain-pied, moi un étage (je vois pas l’intérêt d’une maison si je peux pas dire à mes gosses « Monte dans
ta chambre »), on est globalement d’accord sur le reste sauf un point, il se verrait bien acheter dans le neuf, moi les maisons toutes identiques en paquet de 30 dans un lotissement me
filent des boutons et je vendrais ma mère (pardon maman) pour une maison en pierre.
Mardi 27, suite.
En fait, faut que je vous dise comment ça a commencé.
Dimanche soir, à la fin de Capital (oui, oui, oui, nous sommes un vieux couple avec nos vieilles habitudes, TOUS les dimanches
soir, c’est Capital/Zone interdite et Secrets d’Actualité après, où systématiquement l’Homme me dit « J’aime bien Bernard de la Villardière, je trouve que ses reportages sont super bien
faits »), il redémarre son PC et je lui dis comme ça sans trop réfléchir à ce que je dis « Va sur internet nous trouver une maison » alors que ça faisait un bon 4-5 mois qu’on n’en
avait pas parlé, il y est allé et on y est restés un paquet de temps.
Et on s’est dit que ce coup-ci, on lâchait pas l’affaire et qu’on y allait.
Alors hier j’ai regardé notre capacité d’achat probable, on fait confirmer ça par les banques, on voit la mienne vendredi, la
sienne le 14 juin (comment vais-je vivre jusque là ?).
On a parlé poule, chien et chat.
J’ai cherché le prénom de ma poule. Il proposait Henriette, mais de la même façon que toutes les tortues s’appellent Caroline
et que toutes les vaches s’appellent Marguerite, toutes les poules s’appellent Henriette, il a proposé Paulette, mais je suis pas fan. J’ai pensé à Mauricette, parce que chez mon père, quand
j’étais gamine, entre les lapins et les poules, tous les mâles s’appelaient Maurice et toutes les femelles s’appelaient Mauricette. Mais coupons le cordon. Henriette, Mauricette, Paulette,
quéquette. Ben oui, c’est lui qui a choisi que la poule s’appellerait Quéquette. D’un coup j’ai un peu honte de l’avouer, là. Surtout qu’hier soir au coucher, ivres de la fatigue accumulée, je
vous jure que c’était vachement drôle. Pis je sais pas si vous visualisez un peu la tronche et le gabarit d’un bouledogue, c’est un peu en forme de sauciflard, et… « Ah ouais, sauciflard,
tiens, je vais l’appeler comme ça mon chien ».
Quéquette et Sauciflard, mettons ça sur le compte de la fatigue.
Bref, nous recherchons dans un rayon de 30km de Paris, une maison pas mitoyenne d’au moins 80m², avec au moins 200m² de jardin,
au moins trois chambres. Ah oui, budget prévisionnel à faire valider par la banque : dans les 250 000€ (il semble qu’on puisse aller jusqu’à 285 000 mais autant garder une marge de
manœuvre), si jamais un chouette deux-pièces de 50m² dans une résidence de 2003 à 10km de Paris vous botte, hein… On n’a pas encore fait l’estimation du prix. Mais on a regardé l’émission de M6
hier sur comment vendre ta maison, alors on était tout fous « La table de couture, elle dégage, elle va chez ta mère en attendant, la planche à repasser et le tankarvil, c’est plié sous le
lit, faut ranger les bouquins dans la bibliothèque, ranger les godasses, … » bref, faire de cet appart un appartement témoin
Bref, je suis sur des charbons ardents, je me vois déjà avec ma poule, mon chat, mon cerisier…
En fait, depuis deux ans que je vis chez lui, j’ai maintenant hâte d’être chez nous, de plus me sentir sur le fil du rasoir
(clairement, si il veut me mettre dehors demain, il peut, je ne possède que mes fringues) (et 90% des accessoires de la cuisine) (et le lave-vaisselle) (et mon eeepc et ma machine à coudre, et ma
machine à pain) (ok, c’est déjà pas mal), pis hâte aussi de ces choses symboliques que sont l’ouverture d’un compte commun, l’achat de notre maison à tous les deux, un peu la trouille aussi,
s’engager sur 20, 25 ou 30 ans auprès de la banque alors qu’on sait pas où nous on en sera dans 5 ans… Enfin, je veux dire, c’est pas par pessimisme, hein, mais c’est vrai, qui peut prétendre
savoir exactement où il/elle en sera avec sa moitié dans 5 ans ? Je vous cache pas que je suis plutôt optimiste sur le sujet, et que d’ici 5 ans, je compte bien non seulement avoir le même,
mais en plus lui avoir fait un ou deux bébés (ça me terrifie d’écrire ça, une sorte de superstition à la noix, genre ne pas l’écrire sous peine que ça se passe pas comme ça), je me vois bien
couler des jours heureux avec mon mec et mes mômes dans une maison avec jardin quelque part sur la planète. Un peu comme dans un film sur TF1, vous voyez, la jolie dame et le joli monsieur
et les jolis enfants, la jolie maison avec son joli potager, et des gentils amis qui viendraient dîner. Alors que cette affaire ça va se finir en mégère échevelée hurlant que « Mais bordel
t’as pas vu qu’il PLEUT, pourquoi t’es rentré en godasses, merde, merde, merdeuh, qui c’est qui va se torcher la serpillère, hein ? Y’a ton fils qui hurle, change sa couche, moi j’en peux
plus » et les gentils amis venus dîner vont se transformer en potes de l’Homme venus boire des whiskies pour l’apéro devant le simultané de 10 matches de foot en braillant comme des
dégénérés dés qu’il y a un but avec option sauts sur le canapé beige « Tes godasses, merde, mon canapé ! », mais je prends quand même.
Et je dois vous avouer que j’ai du mal à trouver ce genre de défauts à l’Homme, puisque de façon très désarmante, il est du
genre à retirer ses pompes dés l’entrée, à passer la serpillère, à avoir des copains qui picolent pas trop si ils sont pas chez eux (faut bien rentrer, hein ?) mais surtout il n’aime pas le
foot (le coup des 10 matches en même temps c’était chez un de ses copains, on est venus manger le mauvais soir). Certaines me diront que j’ai une chance inouïe (et je les approuverai), j’ai
longtemps trouvé ça vaguement suspect cette absence de tare typiquement masculine, pis j’ai compris le truc, ne cueillez jamais un mec directement chez sa mère, laissez-le se démerder au moins un
an tout seul dans son appart avant de vivre avec, moi je l’ai eu après trois ans de vie seul, résultat, il passe l’aspirateur, lance les machines, trie le linge, remplit, lance et vide le
lave-vaisselle, il ne me reste l’exclusivité que sur le repassage, en fait. Et un quasi monopole sur la cuisine.
D’ailleurs, j’arrête là cet article fleuve (c’est plus fort que moi, le thème du jour m’inspire), je pars du bureau dans 1/4h
et faut que je fasse ma liste de courses, en prévision de mon risotto aux asperges, tuiles de fromage et chips de coppa de ce soir.
Vous dîtes...