Bon, ben voilà, il est parti.
Ni loin (enfin, si, Lyon c’est loin), ni longtemps (il devrait rentrer demain ou vendredi, mais en attendant, y’a personne qui m’attendra à la maison ce soir. Même si d’habitude c’est plutôt moi
qui l’attends, disons que j’aurai personne à attendre.
Oui, je sais, BBK.mel, toi ton HommeDesBois, quand il part
c’est pour deux mois, c’est à 10.000km… Bien heureusement, l’Homme, bien que digne descendant d’une famille d’immigrés polaks n’a pas de famille à l’étranger chez qui paser deux mois sans moi (le
Nord c’est l’étranger ?). D’ailleurs à ce sujet, je suis étonnée qu’il ne cherche pas à en savoir plus sur cette histoire de grands-parents Polonais venus prendre le travail de nos bons Français
et se tuer à notre place dans les mines de charbons du Nord-Pas-de-Calais, déjà qu’avec ma bête histoire de père pied-noir je trouve ça fascinant et suis terriblement malheureuse que mon père
soit rentré en France à seulement trois ans et n’ait pas de souvenirs d’Alger, j’adore les histoires de famille.
Tenez, moi, par exemple, je suis la descendante illégitime de Théodore Botrel. Ah, ça vous la coupe, hein ? Une arrière grand-mère a fricoté avec l’artiste et s’est retrouvé avec un petit polichinelle dans le tiroir
alors on l’a épousée avec un autre pour que le petit ne soit pas bâtard. Du coup, admettons que je m’appelle Durand, ben j’ai zéro goutte de sang Durand dans les veines, c’est juste que le sieur
Durand a reconnu le p’tit que mon ancêtre avait fait avec Théodore Botrel. C’est génial comme histoire, non ? Enfin, moi j’adore ce genre d’histoires familiales, et je tiens à rassurer la famille
Botrel : je veux pas ma part d’héritage, hein, y’a prescription, et en tous cas votre Grand-Pépé était un sacré polisson.
Moi j’aurais des grands-parents immigrés, je les harcèlerais pour connaître toute l’histoire pourquoi, quand, comment, la vie là-bas, tout ça, quoi !
Tenez, je connais exactement comment mes parents se sont rencontrés, quel mois, quelle année, quelles circonstances, idem pour la gonzesse Tchèque que mon père a épousée pour qu’elle devienne française, bref, j’adore, j’adore, j’adore les histoires comme ça.
Et l’Homme, rien, pas curieux pour un sou, explication « Mon père en a jamais trop parlé », mais moi mon père m’en parle pas, je le fais accoucher de son histoire au forceps, je veux tout savoir
!
En fait, c’est ce qui est rocambolesque qui m’intéresse, la seconde femme de mon grand-père paternel, par exemple, d’après ce qu’on m’en a dit était amoureuse de lui depuis des années, et quand
il a divorcé d’avec ma grand-mère et qu’elle a pu enfin l’épouser, il est mort un an après d’un cancer foudroyant, elle aura à peine eu le temps de devenir sa femme qu’elle était déjà sa veuve.
Bon, c’est vrai que c’est pas joyeux joyeux. Mais c’est digne d’une tragédie Grecque, non ?
Ou encore quand mon oncle est né, dans les années 50 en Algérie pendant les bombardements avec trois mois d’avance, ma grand-mère a été renvoyée chez elle au bout de trois jours, pas de couveuse
à disposition, avec un bébé grand comme une bouteille d’eau (dixit mon papa) qui a bien failli y passer.
Bref, tout ça pour vous dire que ce soir et peut-être même demain soir, je vais me retrouver en tête à tête avec Fulbert.
C’est pas que je l’aime pas, hein, il est pas méchant, mais il manque sérieusement de conversation.
Mais il va bien, la preuve :
Il bulle comme un fou, d'ici pas longtemps je vais pouvoir me faire mon pain au levain...
Vous dîtes...