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Lundi 28 avril 2008

A la suite d'un de ses commentaires, j'avais proposé une tribune à ChocoFraise, qui a accepté.
Début de l'histoire ici : ChocoFraise #1 Présentation.
Suite ici :
ChocoFraise #2 La décision.


Le cerveau humain est vraiment une machine incroyable. Mais compliquée. Et la condition humaine aussi. Je me demande souvent ce qu’aurait été ma vie si je n’avais pas vécu ce traumatisme. Je suis loin d’être parfaite. Mais il y a tout un tas de mes traits de caractères qui me dérangent dans ma vie de tous les jours. J’ai du mal à faire la part des choses. Est-ce que je suis comme ça ? Est-ce que je me vois telle que je ne suis pas ? Beaucoup de mes amis ont une image très positive de moi. Mais quand ils me décrivent, j’ai l’impression qu’il parle d’une autre. D’après eux, je suis très avenante, souriante, forte, loyale, positive, gentille, très drôle, très à l’écoute, de bon conseil, et il parait que j’ai un sacré caractère !! Moi, je me vois effacée, j’ai toujours peur d’être abandonnée, j’ai l’impression d’être nulle et que personne ne m’aime, je ne parle jamais de mes problèmes car je suis sûre que tout le monde s’en fout. Pour moi, mon sacré caractère est plutôt un mauvais caractère. Avec mon copain, je suis souvent méchante et capricieuse. Et je ne supporte pas l’échec. A tel point que je ne fini jamais ce que je commence car il arrive toujours un moment où j’ai tellement peu confiance en moi que je suis sûre que je vais tout faire rater. Alors j’abandonne avant d’essuyer cet échec imaginaire.

Quand j’étais petite, mon père me disait des choses très dures. Il me disait que j’étais grosse et moche, que je finirais ma vie seule et abandonnée de tous, que je ne servais à rien et que personne, pas même ma mère, ne s’intéressait à moi. Il a dit un jour aux garçons de mon quartier qu’ils pouvaient coucher avec moi à condition de mettre une capote !! Dans ma cité, on me traitait de pute et je me suis même vue proposer de l’argent par un camarade de classe alors que j’avais dans les 12 ans. Il m’a dit « Tiens, ton père dis que t’es une pute et que tu couches, alors si je te donne 50 francs, on le fait ? ». Je crois que ce jour là a été le pire de ma vie. La plus grosse honte. Le jour où l’image que j’ai de moi est descendue plus bas que Terre. Ce jour là, je me suis dis que si mon propre père me traitait de cette manière, c’est que cela venait forcément de moi ! Comment une enfant peut-elle comprendre une telle cruauté autrement ? Comment peut-on imaginer que notre père soit si abject sans raison ? C’est inimaginable. Alors on se dit que cela vient forcément de soi.

Le pire, c’est la façon dont les autres le percevaient. Vers l’âge de 16 ans, j’étais chez le coiffeur en bas de chez moi. Mon père passe dans la rue et m’aperçoit à travers la vitrine. Il entre et me parle à propos de je ne sais plus quoi. Lorsqu’il est parti, la coiffeuse m’a dit : «  Votre père à l’air d’un homme formidable. Il vous aime beaucoup cela ce voit. Vous en avez de la chance ! » . Et là, au lieu de me dire qu’elle ne le connaissait pas et donc qu’elle avait tord, je me suis mise à culpabiliser de ne pas l’aimer !

Aujourd’hui, je ne culpabilise plus, mais toute cette histoire m’a vraiment détruite. Je n’ai jamais réussi à garder un travail. Il arrive toujours un moment où la dépression prend le pas. La plupart du temps, j’en retrouve un autre au bout d’un mois, c’est difficile financièrement mais pas insurmontable. Mais la dernière fois, je me suis retrouvée sans le sou car j’ai été sans emploi pendant un an. Une année sans travail et sans indemnités d’aucune sorte car je n’ai même pas eu le courage d’aller faire les démarches nécessaires aux ASSEDIC. Alors vous vous demanderez sûrement comment j’ai vécu ? Déjà, j’ai perdu 10 Kg. Et oui ! Un an à ne manger que des pâtes ou presque, ça aide !! Ensuite, je n’ai plus payé mon loyer. J’ai encore honte en y pensant et d’ailleurs, personne ne l’a jamais su ! Une fois, j’ai failli me faire couper l’EDF. J’ai pris mon courage à deux mains ce jour là et j’ai demandé à un ami les 118 € nécessaires pour payer. Je me suis terrée et je ne sortais plus. Impossible de dire à mes amis que je n’avais plus rien ! Heureusement,  à cette période j’ai  rencontré mon chéri. Il y avait une sorte d’accord tacite entre nous. Il ne posait aucune question, et il me faisait des courses quand il venait dormir chez moi. Et en échange, je faisais en sorte d’aller mieux. Quand il m’a dit qu’il voulait qu’on vive ensemble, j’ai retrouvé un travail en 10 jours !! J’ai aussi trouvé un nouvel appart’ en 1 semaine seulement !! Tout ça m’a montré qu’il avait vraiment confiance en moi et qu’il croyait en moi malgré toutes les difficultés. Ca m’a redonné beaucoup de courage. J’ai vraiment une grande confiance en lui moi aussi. Et parfois, je m’en veux de ne pas être « normale ». J’ai l’impression de ne pas lui apporter tout ce qu’il mérite et quand on en parle, il me dit qu’il a confiance et qu’il sait que je vais aller mieux.

Il parait qu’un des « symptômes » des victimes d’inceste est la prostitution. Et je ne suis pas l’exception qui confirme la règle, car moi aussi, je me suis prostituée. Je n’arrive toujours pas à comprendre ce qui m’est passé par la tête. Un jour, j’étais sur internet et j’ai trouvé le numéro de téléphone d’une messagerie rose. Sans raison apparente, j’ai appelé. Et en discutant avec un homme, il m’a dit qu’il voulait me rencontrer. A ce moment là, j’ai répondu que j’étais d’accord, mais que le temps étant de l’argent, le mien n’était pas gratuit… Voilà comment tout à commencé. Pourtant, j’avais un travail et aucun besoin d’argent !! D’ailleurs, toutes les fois où je l’ai fait, j’ai tout dépensé en invitant mes amis au restaurant. A chaque fois, ça se passait de la même façon. On se retrouvait dans un endroit pour boire un verre, puis j’allais chez eux. On discutait un moment, j’essayais de faire passer le plus de temps possible avant « l’acte ». J’ai tout oublié de ces moments là. Leurs prénoms, les adresses, ce qu’il s’est exactement passé ?? Plus rien. Mon cerveau à tout zapper. Et bizarrement, je ne me suis jamais sentie sale après. Peut-être parce que je me dégoute déjà, alors un peu plus ou un peu moins… Mais je regrette. Je ne comprends pas et je n’accepte pas non plus. L’aurais-je fait si j’avais été normale ?? Cela a-t-il eu un impact sur moi? Je ne sais pas. Le fait est qu’à 1part vous, personne ne sait. C’est la première fois que j’en parle.  Une chose est sûre, c’est que j’ai quand honte de l’avoir fait. 

Alors comment aurait été ma vie si je n’avais pas vécu tout ça ? Aurais-je atteint tous les buts que je m’étais fixés ? Serais-je parvenue à terminer mes études ? Ferais-je le métier dont j’ai toujours rêvé ? Serais-je tout simplement heureuse ? 

Je ne sais pas. Je n’ai pas les réponses. Personne ne les a ! Mais une chose est sûre, et je crois qu’elle est valable pour tous, peut importe les épreuves que l’on a traversées. C’est idiot, mais je ne l’ai compris qu’il y a très peu de temps ! 

Parfois, on a l’impression que le sort s’acharne sur soi. On ne comprend pas pourquoi, mais il nous arrive toujours quelque chose. Observez autour de vous les gens qui s’en sortent. Comment font-ils ? Ils regardent en avant !! Ils ne ruminent pas sur leurs erreurs passées ou les épreuves qu’ils ont connues. Au contraire, ils s’en servent et ils vont de l’avant. Hier, j’y pensais, et je me suis dis que c’est un peu comme un problème de maths. Au départ, on trouve ça difficile. On réfléchit, on cherche la solution, et on se plante. Après, si on rencontre le même type de problème, même si on s’est trompé  la première fois, une fois qu’on a compris la logique on y arrive et ça parait même facile. Alors on est prêt pour aborder des problèmes plus compliqués, pour avancer et pour faire des progrès. Et plus on avance et on fait de progrès, plus on est motivé !! Bien que la vie soit loin d’être aussi simple que les mathématiques (si si, les maths c’est facile !! ^^), c’est un peu pareil. On avance, on grandit, on fait des erreurs, on traverse des moments difficiles. La différence entre ceux qui s’en sortent et les autres, c’est que les premiers ne regardent pas toujours en arrière. Ils s’en servent pour avancer. Ils s’en souviennent, pour ne plus commettre les mêmes erreurs mais il garde foi en la vie et ils se disent que le meilleur reste à venir. 

Alors voilà. On déprime, on se laisse aller, on accumule les problèmes, on fait des choses qu’on regrette. Si on y repense tout le temps, on ne s’en sort jamais. Si on cherche des solutions pour s’en sortir, on va mieux. Et plus on accompli de choses qui nous rendent fières de nous, plus on a envie d’en accomplir ! C’est un cercle vertueux. Aujourd’hui, je suis loin d’avoir réglé tous mes problèmes. Mais je me soigne, je soigne ma dépression, je me fais reconnaitre en temps que victime, j’en parle et j’avance petit à petit.  

Et mon estime de moi remonte.


par ChocoFraise publié dans : Vous avez la parole...
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Lundi 28 avril 2008
Mon Fulbert que j'ai nourri avec amour tous les jours matin et soir m'avait l'air mûr samedi matin, alors je lui ai filé un peu à bouffer, et 5h plus tard j'en prélevais une partie pour faire mon premier pain.Mon pain a levé pendant qu'on était à la piscine (partis à la piscine à vélo, et il faisait tellement beau qu'elle a été ouverte, on a donc nagé une petite heure au soleil... D'où les tâches de rousseur, un pur bonheur, on se croyait déjà en vacances...)Puis il a re-levé pendant qu'on faisait du shopping (je cherchais une jupe que je n'ai jamais trouvée : une jupe très longue, ample genre diseuse de bonne aventure mais pas un jupon à volants, une jupe le plus simple du monde : deux grands pans de tissu cousus sur les bords, et c'est tout, j'en avais acheté deux il y a 5-6 ans chez Pimkie et impossible d'en retrouevr...)
Puis il a continué à lever pendant qu'on était au resto avec mon copain Zaza et ses amis bizarres (sauf une) et son mec stupide (on a du lui coller une otite tellement on a bavé dessus sur le retour), et il a cuit tard.
Bon, je suis un poil déçue, j'avais mis un peu trop de levain et comme il a levé un peu trop longtemps il a un goût aigrelet un peu trop fort, la pâte était bien levée mais en la transvasant à la plaque de cuisson il a perdu une partie de ses bulles et a pas réussi à re-lever assez, donc le pain est très compact et --il faut bien l'avouer-- pas excellent.
Je persiste et en ferai un autre bientôt, je suis pas sûre de réussir à finir celui-là...
par Fantomette publié dans : Fantocuisine
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