Hier, lui et moi ça faisait 11 mois alors je me disais qu'il fallait quelque chose pour fêter ça, le dernier qu'on compte en mois près on comptera en années, tout ça. Bon, déjà, hier on a fait comme environ 5 000 000 français, à savoir attendre la dernière seconde pour nous inscrire sur les listes électorales dans une mairie bondée et faire nos courses la veille du réveillon dans un Leclerc/Carrefour/Auchan et autres, bondé lui aussi. Puis le ménage. Puis enfin, l'apéro et le repas vers 17h avec les yeux qui papillonnent à cause du manque de sommeil de ces deux dernières semaines. On se rend compte que le glamour est définitivement mort entre nous, tous les deux en fringues moches pas lavés devant la télé à boire des bières. On s'empaffe.
Et sur les coups de 19h30 je commence à avoir une idée de quoi faire pour fêter nos 11 mois. Je vais me coucher une demi-heure pour y penser et je reviens dans le salon, j'ai trouvé. Je reviens en me tordant de douleurs que ni la position allongée ni le cachet d'opium n'ont suffit à calmer, j'ai mal, mal dans le bas du ventre à gauche, dans le bas du dos à gauche, mais mal comme jamais je n'ai eu mal, c'est la douleur la plus aiguë que j'ai connue, je me tords littéralement de douleur puis ne bouge plus en position de foetus et me re-tords de douleur, je pleure, je sanglote, j'ai envie qu'on m'achève, j'en peux plus, c'est trop dur, je lui fais la douleur du siècle.
Alors l'Homme, si attentif, nous trouve une deuxième idée pour nos 11 mois : la soirée romantique en amoureux aux urgences. Après une demi-heure d'attente avec moi qui pleure et me tord, on va attendre. Urgence gynéco d'abord, avec un stagiaire (enfin, je me doute bien que c'est pas le bon mot mais un futur gynéco qui assiste la nana), je me retrouve à poil du bas devant deux inconnus avec un épisode dramatique comme le spéculum et le « Votre col est normal, viens voir, regarde le col, là, tu vois ? » avec deux têtes et une lampe qui scrutent mon col de l'utérus. Je vous passe les détails de l'échographie pelvienne interne. Bref, bonne nouvelle, je suis pas enceinte (je sais pas encore ce qu'il m'arrive à ce moment-là), tout va bien de ce côté-là, on cherche du côté du rein. Prise de sang, je suis dans une chambre avec quatre ou cinq autres patients, dans une blouse bleue (mais j'ai gardé ma culotte et mon tee-shirt, sur un brancard à attendre, je craque, je re-pleure, on m'a mise là, je sais pas ce qui va se passer, j'en ai marre, j'ai mal. Un infirmier passe, je demande si il peut prévenir l'Homme de ce qui va se passer, et moi par la même occasion, lui poiraute dans le couloir. Il m'explique, moi c'est prise de sans parce que je fais une infection urinaire (ah bon ?) et que la douleur vient du rein, un genre de colique néphrétique et qu'ils soupçonnent un truc plus grave genre infection.
« Donc on va vous perfuser un antalgique pour la douleur et faire tomber la fièvre, avant ça on va vous faire une prise de sang. Les résultats de l'analyse prennent environ une heure et demie, deux heures.
-Et ça relève vraiment de l'urgence ? [Il est 22h15, ça fait plus d'une heure qu'on est arrivés, j'en ai marre et je pleure]
-On doit savoir ce qu'il vous arrive, on soupçonne une pyélinéphrite, il faut être sûr que vous n'avez rien de grave avant de sortir.
-Et c'est possible de prévenir mon ami qui est dans le couloir de ce qu'il m'arrive ?
-Oui, mais allongez-vous, détendez-vous [je suis assise, les genoux contre la poitrine, les mains qui entourent les jambes et la tête enfouie au milieu, je me suis mise « en boule »], vous voulez que je lui amène vos affaires ?
-Oui, je veux bien, je peux avoir sa compagnie ?
-Non, il doit attendre dans le couloir
-Bon »
Il rabat les couvertures sur moi, j'attends encore 1/4h sans qu'il ne se passe rien à part le doc qui explique à la vieille qu'elle a une infection aux staphylocoques dorés ou aux streptocoques, un autre qui tousse à s'en décoller les poumons, un autre qui ronfle.
Alors comme je m'ennuie, que cette ambiance glauque me fait peur, que je suis fatiguée et que j'ai mal, je pleure.
Une infirmière arrive, me fait une prise de sang en ne trouvant pas de veine et me fait mal (je lui en veux pas, j'ai des veines fantômes, quand je donne mon sang c'est pareil, je douille), me pose un cathéter avec une perfusion que je refuse alléguant que je n'ai plus mal (faux mais je veux pas être attachée à un fil qui me rentre dans le bras) elle me met quand même du glucose. Je demande à aller dans le couloir avec l'Homme le temps des résultats
« Vous vous levez ou vous voulez y aller avec le brancard ?
-Non, je me lève »
Je trimballe ma perche à roulettes avec mon goutte à goutte de glucose dans une blouse trop grande, pas belle et pieds nus, avec des boutons qui s'ouvre dans le dos, tout le couloir voit ma culotte rose.
L'infirmière revient, elle doit me poser une perfusion d'antalgique quand même pour faire tomber la fièvre alors elle accroche le flacon et me branche le tuyau sur mon tube qui me rentre dans le bras.
On attend plus de deux heures.
Les résultats arrivent, faut faire une radio.
Je demande qu'on me retire ma perf, j'en ai hyper ras le bol de ce tube dans le bras.
Salle de radiologie.
« Vous avez un soutient-gorge ?
-Non
-Il faudrait que vous baissiez votre jean jusqu'à mi-cuisses (j'avais froid, je me suis rhabillée) et que vous retiriez votre piercing
-D'accord
-Ne respirez plus... Voilà, vous pouvez vous rhabiller »
Attente d'encore 20 minutes.
Résultats, ils savent pas. J'ai mal, mais ils savent pas pourquoi. Pas d'infection visible à la prise de sang, pas de calculs rénaux visibles à la radio. On peut enfin partir, il est presque 2h.
15 jours d'antibios, échographie rénale à faire, plein de trucs hyper chers.
Pour me consoler, j'ai reçu in extremis ma carte de mutuelle 2007, au moins ça de gagné, j'aurai pas à avancer le prix des médocs...
Joyeux 11 mois mon chéri, je te laisse la surprise pour ce que je t'organise pour notre première année !
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Encore en retard, plus d’un mois que j’y pense et que j’oublie, que l’Homme zappe, que j’ai pas le temps.
, un cuit vapeur en bambou chinois
et j’ai voulu m’amuser. Je sais pas si je vous avais dit mais les plaques de cuisson sont nazes depuis environ deux mois et qu’on moisit en attendant la réponse de Scholtès sur est-ce qu’ils prennent en charge une part non négligeable des 877,72€ du devis qui a déjà coûté 59€ à l’Homme de mes pensées.
Vous dîtes...