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J'suis géniale...

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Dimanche 31 décembre 2006

Hier, lui et moi ça faisait 11 mois alors je me disais qu'il fallait quelque chose pour fêter ça, le dernier qu'on compte en mois près on comptera en années, tout ça. Bon, déjà, hier on a fait comme environ 5 000 000 français, à savoir attendre la dernière seconde pour nous inscrire sur les listes électorales dans une mairie bondée et faire nos courses la veille du réveillon dans un Leclerc/Carrefour/Auchan et autres, bondé lui aussi. Puis le ménage. Puis enfin, l'apéro et le repas vers 17h avec les yeux qui papillonnent à cause du manque de sommeil de ces deux dernières semaines. On se rend compte que le glamour est définitivement mort entre nous, tous les deux en fringues moches pas lavés devant la télé à boire des bières. On s'empaffe.

Et sur les coups de 19h30 je commence à avoir une idée de quoi faire pour fêter nos 11 mois. Je vais me coucher une demi-heure pour y penser et je reviens dans le salon, j'ai trouvé. Je reviens en me tordant de douleurs que ni la position allongée ni le cachet d'opium n'ont suffit à calmer, j'ai mal, mal dans le bas du ventre à gauche, dans le bas du dos à gauche, mais mal comme jamais je n'ai eu mal, c'est la douleur la plus aiguë que j'ai connue, je me tords littéralement de douleur puis ne bouge plus en position de foetus et me re-tords de douleur, je pleure, je sanglote, j'ai envie qu'on m'achève, j'en peux plus, c'est trop dur, je lui fais la douleur du siècle.

Alors l'Homme, si attentif, nous trouve une deuxième idée pour nos 11 mois : la soirée romantique en amoureux aux urgences. Après une demi-heure d'attente avec moi qui pleure et me tord, on va attendre. Urgence gynéco d'abord, avec un stagiaire (enfin, je me doute bien que c'est pas le bon mot mais un futur gynéco qui assiste la nana), je me retrouve à poil du bas devant deux inconnus avec un épisode dramatique comme le spéculum et le « Votre col est normal, viens voir, regarde le col, là, tu vois ? » avec deux têtes et une lampe qui scrutent mon col de l'utérus. Je vous passe les détails de l'échographie pelvienne interne. Bref, bonne nouvelle, je suis pas enceinte (je sais pas encore ce qu'il m'arrive à ce moment-là), tout va bien de ce côté-là, on cherche du côté du rein. Prise de sang, je suis dans une chambre avec quatre ou cinq autres patients, dans une blouse bleue (mais j'ai gardé ma culotte et mon tee-shirt, sur un brancard à attendre, je craque, je re-pleure, on m'a mise là, je sais pas ce qui va se passer, j'en ai marre, j'ai mal. Un infirmier passe, je demande si il peut prévenir l'Homme de ce qui va se passer, et moi par la même occasion, lui poiraute dans le couloir. Il m'explique, moi c'est prise de sans parce que je fais une infection urinaire (ah bon ?) et que la douleur vient du rein, un genre de colique néphrétique et qu'ils soupçonnent un truc plus grave genre infection.

« Donc on va vous perfuser un antalgique pour la douleur et faire tomber la fièvre, avant ça on va vous faire une prise de sang. Les résultats de l'analyse prennent environ une heure et demie, deux heures.

-Et ça relève vraiment de l'urgence ? [Il est 22h15, ça fait plus d'une heure qu'on est arrivés, j'en ai marre et je pleure]

-On doit savoir ce qu'il vous arrive, on soupçonne une pyélinéphrite, il faut être sûr que vous n'avez rien de grave avant de sortir.

-Et c'est possible de prévenir mon ami qui est dans le couloir de ce qu'il m'arrive ?

-Oui, mais allongez-vous, détendez-vous [je suis assise, les genoux contre la poitrine, les mains qui entourent les jambes et la tête enfouie au milieu, je me suis mise « en boule »], vous voulez que je lui amène vos affaires ?

-Oui, je veux bien, je peux avoir sa compagnie ?

-Non, il doit attendre dans le couloir

-Bon »

Il rabat les couvertures sur moi, j'attends encore 1/4h sans qu'il ne se passe rien à part le doc qui explique à la vieille qu'elle a une infection aux staphylocoques dorés ou aux streptocoques, un autre qui tousse à s'en décoller les poumons, un autre qui ronfle.

Alors comme je m'ennuie, que cette ambiance glauque me fait peur, que je suis fatiguée et que j'ai mal, je pleure.

Une infirmière arrive, me fait une prise de sang en ne trouvant pas de veine et me fait mal (je lui en veux pas, j'ai des veines fantômes, quand je donne mon sang c'est pareil, je douille), me pose un cathéter avec une perfusion que je refuse alléguant que je n'ai plus mal (faux mais je veux pas être attachée à un fil qui me rentre dans le bras) elle me met quand même du glucose. Je demande à aller dans le couloir avec l'Homme le temps des résultats

« Vous vous levez ou vous voulez y aller avec le brancard ?

-Non, je me lève »

Je trimballe ma perche à roulettes avec mon goutte à goutte de glucose dans une blouse trop grande, pas belle et pieds nus, avec des boutons qui s'ouvre dans le dos, tout le couloir voit ma culotte rose.

L'infirmière revient, elle doit me poser une perfusion d'antalgique quand même pour faire tomber la fièvre alors elle accroche le flacon et me branche le tuyau sur mon tube qui me rentre dans le bras.

On attend plus de deux heures.

Les résultats arrivent, faut faire une radio.

Je demande qu'on me retire ma perf, j'en ai hyper ras le bol de ce tube dans le bras.

Salle de radiologie.

« Vous avez un soutient-gorge ?

-Non

-Il faudrait que vous baissiez votre jean jusqu'à mi-cuisses (j'avais froid, je me suis rhabillée) et que vous retiriez votre piercing

-D'accord

-Ne respirez plus... Voilà, vous pouvez vous rhabiller »

Attente d'encore 20 minutes.

Résultats, ils savent pas. J'ai mal, mais ils savent pas pourquoi. Pas d'infection visible à la prise de sang, pas de calculs rénaux visibles à la radio. On peut enfin partir, il est presque 2h.

15 jours d'antibios, échographie rénale à faire, plein de trucs hyper chers.

Pour me consoler, j'ai reçu in extremis ma carte de mutuelle 2007, au moins ça de gagné, j'aurai pas à avancer le prix des médocs...

Joyeux 11 mois mon chéri, je te laisse la surprise pour ce que je t'organise pour notre première année !

par Fantomette publié dans : Quand la vie devient pourrie
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Vendredi 29 décembre 2006

Encore en retard, plus d’un mois que j’y pense et que j’oublie, que l’Homme zappe, que j’ai pas le temps.

Je dois m’inscrire demain dernier carat sur les listes électorales de Limeil-Brévannes.

Vous vous rendez compte, je passe de la liste électorale de Bouguenais les Couëts à celle de Limeil-Brévannes… On jurerait deux bleds paumés au fin fond de la Creuse (pardon à tous les Creusois).

Mais vu que l’Homme est propriétaire de son appart, j’apparais pas sur le bail, vu qu’on est pas mariés (on peut pas, à cause des poumons*), vu qu’on a pas déclaré en mairie notre concubinage (quel mot atroce), vu que tout ça, j’ai pas de justificatif à mon nom de mon adresse, il me faut donc une photocopie de son passeport, mais y’a pas son adresse sur la page où y’a son nom alors avec le passeport une photocopie de facture EDF, une attestation sur l’honneur que je vis bien chez lui et ma carte d’identité.

Et j’ai pas envie de me farcir l’aller-retour à deux reprises à Bouguenais à 15 jours d’écart sans mon mec juste pour aller voter (que les bons citoyens m’incendient, on dit pas « juste » pour aller voter, voter c’est important, tout ça), et faire une procuration à ma mère ou à mon père ou à ma sœur… Pas envie… Même si on est tous du même bord j’ai pas envie de leur dire « tiens, tu voteras pour moi », des fois que ma sœur ait viré anar, ma mère écolo ou mon père coco d’ici là (et je voterai pas anar ni écolo ni coco).

Je suis dégoûtée, je bosse comme une dingue et je dois en plus mettre le réveil un samedi (ben oui, la mairie ferme à midi)...

Quel bordel, et demain dernier carat la mairie va être blindée.

Ah non, c’est vrai, à Limeil-Brévannes la mairie n’est pas blindée, c’est pas pour le nombre d’habitants qu’il y a…

Eh, te vexe pas Chéri, mais même à Limeil il y a moins d’habitants qu’à Bouguenais...

 

 

* Un copain de Frérotte nous a dit qu’il a repris à fumer après deux ans d’arrêt parce que pour fêter son mariage il en allumé une alors du coup on peut pas se marier, c’est trop risqué (pis ça tombe pas plus mal parce que l’Homme trouve que le mariage à l’église « En dehors du côté religieux, c’est beau quand même, pis y’a la tradition, tout ça » alors que y’a jamais un curé qui m’a approchée de trop près, c’est pas pour que ça commence « le plus beau jour de ma vie », nomého)

par Fantomette publié dans : Fantomette a encore frappé
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Mercredi 27 décembre 2006

Je refuse obstinément de faire les paires de chaussettes, j’en garde un souvenir traumatique de mon enfance, 6 à 8 enfants, 2 à 4 adultes dont un dragon je peux plus. Je ne porte que des paires dépareillées (et si rarement, je porte que des escarpins, si l’homme veut ses paires jumelles, il les fait, j’ai une sainte horreur de cette tâche, je peux pas. Déjà chez ma mère je supportais pas de le faire, je préférais changer la couche d’un bébé voir nettoyer son vomi (un vomi/caca de bébé allaité de moins de 8 mois ça sent le yaourt et c’est propre –si si, je vous jure, je vous raconte pas le nombre de couches que j’ai à mon actif ni le nombre de fois où mes sœurs ou d’autres bébés m’ont vomi sur l’épaule ou dans les cheveux) que me taper les paires à faire, et elle était vicelarde la bougresse (maman, pas mes sœurs), fallait faire attention, par exemple, des rayures rouges et noires sur des chaussettes de tennis, fallaient qu’elles soient dans le même ordre et si elles étaient dans le même ordre, des fois c’étaient pas les deux mêmes, elle voyait que les rayures étaient plus écartées ici que là et donc que c’étaient deux paires différentes… Aaaaaaargh ! (Oui, on croirait pas mais j’ai eu une enfance difficile.)

 

Je plie d’une façon spécifique les serviettes de bain et les torchons, j’aime bien que les serviettes soient toutes pliées pareil, les torchons aussi. D’ailleurs l’Homme a compris d’où ça vient quand il a vu Mèrepoule plier les serviettes à Nantes.

 

Pour sortir de la douche, je supporte pas de mettre le pied humide sur le carrelage, il me faut une sortie de bain en éponge, j’aime pas les caillebotis en bois ou les tapis en plastique mousse sous mes pieds nus, je peux pas, j’ai déjà fait relever l’Homme du canapé pour réclamer mon tapis de bain parce que je pouvais pas sortir de la douche.

 

A Noël je supporte pas de voir le tas de cadeaux avant tout le monde, depuis que je suis en âge de faire des cadeaux et de plus croire au père Noël, c’est un réel supplice tous les ans de mettre les cadeaux au pied du sapin quand les enfants dorment, cette année je me suis résignée mais je préfère laisser mon tas de cadeaux à Mèrepoule et Beaupère pour qu’ils les mettent en place eux-mêmes, j’aime pas le voir avant. Chez nous, les petits (debouts surexcités à 6h) vont squatter le lit des parents pour regarder les dessins animés (alors qu’ils ont pas vraiment droit à la télé le matin en général), réveillent les grands qui râlent consciencieusement jusqu’à 10h puis daignent rejoindre le lit parental et enfin tout ce petit monde descend à la queue-leu-leu par ordre de naissance avec au rez-de-chaussée les parents caméscope et appareil photo au poing. Oui oui oui, m’sieur dames, les grands ont pas le droit de descendre avant les petits et les petits ont pas le droit de gruger une place, la seule dérogation acceptée était quand le/la p’tit(e) dernier(e) était trop bébé(e) pour descendre seul(e). Et cette année, nous avons été incroyablement choqués quand l’Homme n’y tenant plus est allé aux toilettes et a vu les cadeaux avant nous alors que Frérotte, Mèrepoule et moi en avions mal au ventre à force de nous retenir. J’aime cette magie.

par Fantomette publié dans : Fantomette a encore frappé
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Mardi 26 décembre 2006

Aujourd’hui, j’ai le temps. Je suis au taf pour 4h30 (payées 7h) (mais des fois je bosse 10h aussi payées 7h), évidemment on est 4 pelos à bosser dans cette turne et je m’ennuie comme un rat mort.

Je peine à retomber sur terre dans un état de fatigue hallucinant, je comprends pas comment je peux être aussi naze.

Vendredi, arrivée à 00h16 en gare de Nantes, retrouvage de Beaupère et La Belle, come back home, on y est sur les coups de 00h45, là, La Belle a fait un gâteau alors on mange une part de fondant au chocolat pas assez cuit et un peu écoeurant avec un verre de bière, on tombe de sommeil et on se couche peu avant 2h. Je tombe du lit vers 9h30, n’arrive pas à me rendormir, me lève à 10h30, l’Homme dormira encore de longues heures.

Commence la course, retrouver une copine de lycée qui a une mission cuisine en famille l’après-midi alors le timing est juste, une petite heure pour déjeuner de 12h à 13h, elle rate tram et bus alors on rajoute 1/2h à notre entrevue, j’attends 25mn l’Homme qui a fini par émerger et qui me rejoint en ville pour aller retrouver LaChérie et LeChéri dans un troquet près de la gare, café/chocolat/sandwich selon les gens, l’Homme veut acheter des chocolats pour ma famille, on prend le goûter brioche-nutella chez LaChérie et LeChéri, LeChéri nous dépose au tram avec LaChérie qui va en ville, arrêt à la pharmacie pour Mèrepoule, re-tram et on rentre à la maison. Gelés, il fait froid et très humide, brouillard givrant.

On se pose un peu, on se change avec des fringues plus chaudes, on part pour une soirée avec Frérotte et des copains à elle dont certains que je n’avais pas vus depuis ma sortie du collège en juin 1999, on rentre KO et on dort sur les coups de 2h.

Réveil tardif, petit déj lèger, déjeuner tardif vers 15h, emballage des cadeaux, douche pendant que La Belle repasse ma robe de Mère Noël (robe rouge + cache-cœur blanc avec des pompons + escarpins rouge) habillage puis passage chez ma Mémé pour lui dire bonjour, je récupère mon cadeau : 6 pots de rillettes de porc et canard maison faites avec les animaux de ma grande-tante (mais comment font les végétariens ?) et deux bouteille de vin blanc (ma mémé est une fille de la campagne, noëllons utile, que diable !), mais on peut pas rester plus d’une demi-heure, il faut aider Mèrepoule à faire les petits-fours pour le réveillon, Mémé me glisse juste en partant « Tu es de plus en plus belle ma fille, ça se voit que tu es une femme heureuse », merci…

Avec Beaupère, La Belle, Crevette, Coeurette, on fait les petits fours, pruneaux enroulés dans une tranche de lard, saucisses de strasbourg dans de la pâte feuilletée pendant que le chapon embaume la pièce, glandouille devant l’ordinateur, le papi et tonton Philippe arrivent, Frérotte aussi (éclatée parce qu’elle s’est couchée à 8h), on dîne et on s’engueule avec Papi sur le sujet de l’école privée qu’il défend et que Mèrepoule et moi descendons, les enfants refusent de dormir, enfin ils se couchent, on met les cadeaux en place et dodo vers 2h. 10h15 La Belle me réveille, faut s’habiller et aller dans la piaule des parents, tous sur leur lit, l’Homme prend une photo et on descend par ordre de naissance comme tous les ans, on ouvre les cadeaux, petit déj léger, on s’habille, et on part en retard chez le frère de maman. Trop de monde dans une pièce trop petite, tous entassés, on mange et on décolle vers 17h30 avec Frérotte, le temps de se poser (enfin) une paire d’heures, Mèrepoule, Beaupère et les enfants rentrent, on mange un morceau, direction la gare.

Arrivée à Paris 2h05 plus tard, on attend un taxi 45mn, on rentre enfin et on s’endort en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.

Ce matin, quand l’Homme vient me faire mon bisou d’avant de partir au taf je vois qu’il a les yeux fatigués, je me rendors et ne peux émerger qu’à 11h.

Je ne retrouve pas mes clés pile poil au moment de partir, je rate un bus et les retrouve par terre entre le mur et la mallette de PC de l’Homme in extremis avant de rater le deuxième bus et me console avec un pshit de mon plus beau cadeau de ce Noël.

par Fantomette publié dans : La famille
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Vendredi 22 décembre 2006

Ce soir je rentre chez ma mère, je réintègre la tribu, les frangins me manquent, c’est Noël, tout cha, j’ai passé la journée à souhaiter mes meilleurs vœux à tout plein de gens dont je suis convaincue que la moitié me filerait des envies violentes de meurtre si je parlais trente secondes avec eux.

J’ai réglé mes comptes avec une collègue aussi, ça fait deux fois que je la remplace pour qu’elle parte déjeuner parce qu’elle fait une journée continue. Deux fois qu’elle doit partir une heure parce que moi je suis pas à son service et je bosse pas qu’une heure dans la journée au service de Mâââdmoâââzelle.

Première fois, je devais la remplacer, et à 14h je devais être dans une autre boîte à 20mn de là, je bossais pas avant alors je me suis dit que je débarquais vers 12h30, comme ça à 13h30 elle était là, j’y vais peinarde et je suis à l’heure.

Mâââdmoâââzelle revient à 13h55, je lui avais dit que je bossais après et que j’étais là que pour une heure, je suis furax, je dis rien.

Connasse.

Chef gueule

« Pourquoi vous êtes en retard ?

-Vous demanderez à Mâââdmoâââzelle la durée de sa pause déjeuner, ça pourra vous éclairer sur les raisons de mon retard, Chef »

Ce midi, j’y retourne, j’arrive à 13h30, mais je bossais avant et je bosse après. Je lui dis que c’est 1h, pas plus. Je me suis juré que ce coup ci, à +5mn de retard j’appelle Chef.

14h35 elle est pas là.

« Re-Bonjour, Chef, c’est Fantomette, C’est la deuxième fois que je remplace Mâââdmoâââzelle pour sa pause déj’, deux fois qu’elle est à la bourre, je serai jamais à Neuilly à 15h30, elle devrait être là depuis 5mn et j’ai pas son portable

-La dernière fois elle avait combien de retard ?

-25 minutes

-J’ai son portable, je l’appelle de suite pour qu’elle se presse

-Merci Chef »

Gniek gniek gniek [rire machiavélique]

Elle arrive 10 minutes plus tard, ma lance un regard noir et m’adresse pas la parole.

Elle a encore les joues rouges (comme quand on est en colère), je pense que Chef l’a pas loupée.

Je suis quand même arrivée à la bourre à Neuilly (et la collègue que je devais relever a failli rater son train pour rentrer chez ses parents elle aussi), mais il y a eu vengeance, quand on bosse en équipe, les conneries des uns retombent sur les autres, j’ai jamais balancé de collègues, au contraire. Mais là, deux fois de suite, c’est bon, qu’elle assume.

Ca m’a fait un bien fou.

par Fantomette publié dans : Au travail...
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Vendredi 22 décembre 2006

Hier soir j’ai voulu me la péter, j’avais acheté une machine à pâtes, un cuit vapeur en bambou chinois et j’ai voulu m’amuser. Je sais pas si je vous avais dit mais les plaques de cuisson sont nazes depuis environ deux mois et qu’on moisit en attendant la réponse de Scholtès sur est-ce qu’ils prennent en charge une part non négligeable des 877,72€ du devis qui a déjà coûté 59€ à l’Homme de mes pensées.

Bref, les plaques à induction plantent, buguent, sautent, s’allument, s’éteignent, bipent, des voyants non référencés s’allument, etc.

Inutilisables, depuis deux mois nous cuisinons exclusivement au micro-ondes et au four (ou bien nous mangeons cru mais à part le fromage, c’est restreint niveau choix).

Veille de départ, il fallait faire en gros, vite, simple, le minimum de vaisselle parce qu’il y a un milliard de trucs à faire, comme reformater le Mac que l’Homme revend à ma sœur et faire la valise.

En fait il y avait deux trucs à faire.

Je ne sais pas quel cheminement logique m’a fait me dire « tiens, je dois faire à bouffer un truc rapide, simple et fonctionnel qui use pas trop de vaisselle, je vais faire des pâtes fraîches maison à cuire au cuit vapeur » plutôt que « tiens, je vais mettre dans un saladier cette conserve de haricots et hop, deux minutes au micro-ondes, ce sera prêt, avec les reste de nouilles chinoises d’hier aux crevettes et au thon ça sera parfait ».

Faire la pâte aux œufs, donc plus difficile à malaxer que celle à l’eau, laisser reposer le temps que je fasse de la place sur la table, fixer la machine à pâtes sur la table, me rendre compte que cette machine est sublime et fait de 50g de pâte un ruban de 10cm sur 80 ultra fin, c’est merveilleux, le couper en tagliatelles de 80cm de long, donc, en faire un petit tas plein de farine pour pas que ça colle et recommencer avec les 500g de pâte, ce qui prend environ une heure en tout.

Avec un retour à 21h30 bicoze fini le travail à 20h à Neuilly (pas « sur Marne » tout près, non, « sur Seine » hyper loin), l’Homme a prévu le coup et mis à chauffer le vapo-cuiseur de riz plein d’eau qui va (du moins nous l’espérons) bouillir pour faire cuire les pâtes fraîches sur les coups de 22h20.

22h15, on boit une bibine

22h30, l’eau dans le vapocuiseur ne bout toujours pas.

22h35, ça ne bout pas

22h50, toujours rien, le couvercle s’embue mais pas un frémissement.

22h55, on met quand même le cuit vapeur à deux étages dessus.

23h10, rien de rien, ça cuit pas, ça chauffe juste

23h15, on essaie une autre technique, on remplit à moitié l’évier d’eau la plus chaude du robinet, on pose dedans le saladier en inox qui conduit bien la chaleur, on met les pâtes dedans et on verse dessus deux bouilloires d’eau bouillante plus le contenu du vapocuiseur (j’avais mis des bouillons cube dedans). C’est des pâtes fraîches, ça cuit vite.

22h16, on boit une autre bibine.

23h25, c’est une catastrophe, ça a pas cuit du tout.

23h30, tentative de l’Homme, il met de l’eau à bouillir dans une casserole sur la plaque qui Ô miracle ne saute pas, à peine ça bout qu’il jette les pâtes dedans pendant qu’en désespoir de cause je recouvre des moitiés de petits pains de saucisson de Renne et de gruyère râpé, le tout au micro-ondes.

23h40, la plaque saute et s’arrête définitivement, les pâtes sont cuites

23h45, on finit les bières et on mange les pâtes et les toasts au saucisson et au gruyère rapé.

00h01, je regarde l’heure désespérée, je me suis levée à 6h toute la semaine (ceux qui le font toute l’année rigolez pas, on est pas égaux face au sommeil, me lever avant 7h30 en semaine c’est très difficile pour moi), je suis éclatée.

Il y a un demi mètre cube de vaisselle, 1cm de farine recouvre la cuisine.

par Fantomette publié dans : Quand la vie devient pourrie
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Jeudi 21 décembre 2006

Il y a de rares matins ou une coalition d’évènements fait que je me retrouve à bosser pas maquillée (alors que mon contrat de travail stipule que l’usage de fond de teint, blush, poudre, fard à paupières, eyeliner, mascara et rouge à lèvres est obligatoire, riez pas, c’est mon fond de commerce, je vends mon visage ; genre j’me-le-pète-chuis-trop-belle, pas faux remarquez, un jour je vous mettrai une photo de mon joli minois)

C’est rare, très rare.

Mais ce matin je suis pas maquillée.

Je me maquille dans le RER parfois, mais pour que ce soit réussi, trop de monde autour me dérange.

La pose de la crème hydratante, de la base, du fond de teint, de l’anti-cernes, du blush et de la poudre est quelque peu périlleuse dans un wagon, entourée de plein de paires d’yeux. Et pis j’aime pas qu’on me voie en pleine tentative de camouflage de ce gros chtard là, juste à 2mm de ma bouche et systématiquement, un regard trop insistant et je m’enfonce le crayon dans l’œil.

Ce matin, levée trop tôt, trop fatiguée, trop de travail (semaine à +46h), la flemme, je préfère prendre une looooongue douche chaude, un loooooong shampooing, faire un câlin à l’Homme avant de partir à 6h40 (alors que lui dormira jusqu’à 8h45), boire mon jus d’orange peinarde. Et j’oublie ma trousse à maquillage dans la salle de bain, donc pas de raccord rapide possible au moment où Chefhôtesse me dit que c’est aujourd’hui que Chef passe sur site pour la réunion mensuelle avec le client.

Chef arrive, première humiliation. « Bédidonc, vous avez l’air fatiguée Fantomette ? Vous avez une petite mine [plus bas] il faudrait vous maquiller un petit peu plus quand même, ça fait drôle de vous voir comme ça, on dirait qu’on vous tire du lit à l’instant, tout juste si vous n’avez pas encore les marques du drap sur la joue, je sais pas, allez prendre l’air frais, buvez un café »

Puis la chef hôtesse

« Bon, comme tu vas être amenée à revenir régulièrement,, le client veut qu’on te fasse un badge d’accès, tiens, mets toi ici contre le mur, je vais prendre une photo de toi, il y a une photo sur les badges

-Mais Chefhôtesse, t’as vu ma tête ce matin, même Chef m’a dit que je ressemblais à rien, c’est pas possible de faire une photo de moi comme ça, faut pas que je laisse de trace, faut qu’on m’oublie, demain je viens toute jolie et là, on fait une photo

-Mais non, t’inquiète, allez, souris

>>FLASH<<

Eblouissement, deuxième humiliation :

-Ah oui, t’es vachement pâle quand même, je vais te retoucher un peu quand même sur mon pécé, là on voit que tes cheveux… »

L’honneur est à peine sauf, elle a foncé un peu la photo, et m’a fait des joues roses, on dirait en fin de compte, moi cet été un peu bronzée au saut du lit, ma décision est prise, je vais maquiller le badge au marqueur noir très fin voir au rouge me faire une bouche pulpeuse.

[edit], personne ne rit : j'ai pas trouvé sur le net, quelqu'un sait si Julie et Karl du Bachelor sont encore ensemble ? Mes magazines people n'en parlent jamais, mais je suis prête à envoyer un mail à Public pour savoir...

Désolée...[fin de l'edit]

par Fantomette publié dans : Quand la vie devient pourrie
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Mercredi 20 décembre 2006

Ma conception du rangement

Y’a des jours ça me fait flipper à quel point je suis bordélique. Je me dis que j’aurais du mal à vivre avec quelqu’un comme moi…

L’Homme est plein de bonne volonté, et rattrape au possible mes craquages, au quotidien,  je sais pas ranger, je sais pas être organisée, quand je prends un objet, je suis physiquement incapable après usage de le remettre à sa place, je passe ma vie à me dire « tiens, je rangerai ça tout à l’heure » (et j’oublie et je me rends compte que c’est l’Homme qui va ranger ma m**** et j’ai honte à postériori alors que le cher amour ne râle même pas même s’il n’en pense pas moins) ou « Dés que j’ai fini de lire mes mails je vais secouer ce torchon plein des miettes de mon petit déj » mais comme les miettes sont incompatibles avec l’ordinateur portable, généralement je plie le torchon en deux (ou en quatre) pour poser le mac à sa place. Et j’oublie le torchon, je vois plus les miettes, et le suivant (mon chéri) prend le torchon innocemment et toutes les miettes finissent sur le carrelage.

Ou je fais les choses à moitié et je finis pas.

Je repasse les 3 ou 4 semaines de linge en retard, je plie. Et laisse le tout sur le rebord de la fenêtre-baie vitrée, sans le ranger.

Je vire tout le bordel sous la table basse, passe un bon coup de chiffon pour virer les poussières et au choix 1/ rerange le bordel poussiéreux sans le trier sous la table basse, 2/ ne passe pas l’aspirateur sur le sol maculé des moutons de poussière retirés de la table (même pas le petit aspirateur « de table » qu’il y a pas à brancher).

L’Homme me dit gentiment que dans le bordel poussiéreux sous la table basse sont mélangés mes fiches de paye, mes factures de portable, mes relevés bancaires pas ouverts depuis plusieurs mois, mes avis de réception de recommandés super importants,.. Après avoir dit trois ou quatre fois « oui, oui, je sais, je comptais justement ranger », j’empile le tout pour faire moins bordel et le mets dans une grande pochette qui cache le bordel qu’il y a à l’intérieur.

Ou je sors de la douche le matin (gelée, comme de bien entendu), et m’enveloppe dans une serviette de bain humide et froide (l’Homme a prohibé le port de mon gros peignoir en éponge saumon avec mon prénom brodé dessus au bleu-vert et un col doublé en motifs fleuris que m’a offert feue la maman de Beaupère et m’a offert à la place un délicat peignoir en satin noir qui m’arrive à mi-cuisses, absolument délicieux mais ne protégeant en rien du froid post douche) pensant me protéger temporairement du froid avant de m’habiller et me dirige ainsi vêtue vers l’armoire à 2,50m de la salle de bain pour laisser tomber la serviette au sol afin de m’habiller. Alors que j’aurais pu la laisser dans la salle de bain et faire les 2,50 mètres toute nue mais non, et j’oublie de la ranger et après 24h par terre au milieu du linge sale trié pour les machines en retard (et pas faites alors que la dernière machine finie dimanche est encore dans la machine), elle est bonne pour le sale alors qu’elle était toute propre la veille et sentait bon le « pommier fleuri » chimico-plastique de l’adoucissant Leader Price. Comme cette autre serviette à qui il a du arriver un accident de parcours (du type rester humide une semaine dans le tambour de la machine), pas relavée et séchée malgré tout et qui pue le renfermé, je la laisse sur le porte serviette au lieu de la mettre dans la machine à 50cm du porte serviette.

Ah non, c’est vrai, dans la machine y’a du linge à étendre depuis dimanche.

Dans le panier alors.

Ah non, tout le linge est par terre trié par couleurs mais y’a pas la couleur de la serviette.

Bon, je la laisse là alors.

Pas facile tout les jours…

par Fantomette publié dans : Fantomette a encore frappé
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Mardi 19 décembre 2006

Y’a des matins où on se demande un peu ce qui se passe.

Déjà hier je me suis couchée à 00h30, je regardais « Langue de VIP », un Gala ou Voici télévisé alors que je suis une petite vieille qui baille à en plus pouvoir après 22h30 (je me couche après 2h maxi quatre fois par an, hors insomnies), mais là l’Homme était pas là alors pas moyen de dormir seule. Pis je m’endors quand même le nez dans son tee-shirt, il rentre 45mn plus tard, me réveille à peine, se colle à moi, je plonge dans des rêves voluptueux, dont je sors à 7h11 quand mon portable sonne, c’est Chef, urgence sur un site qui ouvre à 8h, j’y serai jamais. L’Homme, courageux, réveillé comme moi en sursaut propose de me déposer à la gare, bouchons de fou, je change d’avis, plutôt que prendre le RER A, je vais prendre le D qui me mène aux Halles en 15mn eu lieu de 30 mais la gare est plus loin, l’Homme veut bien m’y déposer malgré les bouchons. 25mn au lieu de 10, j’ai un train de suite, la flemme de marcher 20mn, j’enchaîne quatre stations en deux métros, pas de boulangerie en vue, j’ai pas mangé, j’arrive en poste à 8h43, la Chef hôtesse m’accueille avec un grand sourire « Ca va ? Tu as pris le temps de petit-déjeuner ? Tu veux un café ? Tien, le mec de la sécurité m’a laissé ça, un jus de fruits ? Orange ou pamplemousse ? Bouge pas je t’amène tout ça »

En l’espace de 5 minutes, j’ai un verre de jus d’orange, un de jus de pamplemousse, un de café (on n’a pas de tasses), un cake genre quatre quarts marbré chocolat avec des pépites de chocolat, mon Google, et un mail de l’Homme qui me dit qu'il m'aime.

Tout va bien au moins 5 minutes. Jusqu’à ce que ma collègue absente appelle, elle est arrêtée toute la semaine et donc, toute la semaine, je bosse de 8h à 20h, et au milieu de tout ça, je vais finir à 14h pour retravailler à 16h30, deux heures et demie de rien au milieu de la journée.

Pour la première année je suis prévoyante et n’ai plus rien à acheter pour Noël…

Et m...

par Fantomette publié dans : Au travail...
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Lundi 18 décembre 2006
 
Lundi 18, 6h50, je pars, tu dors.

 
Tu sais que tu es beau quand tu dors ? Beau et terriblement sensuel, quelle frustration de partir travailler… L’innocence d’un enfant dans le corps d’un homme, tu es irrésistible.
 
Je t’aime
 
 
« Parce que c'est toi le seul à qui j'peux dire
Qu’avec toi je n’ai plus peur de vieillir
Parce que c’est toi »…
Axelle Red
 
Cette chanson... C'est exactement ça...
 
 
 
 
Lundi 18, 22h20, je suis rentrée depuis 1h ½, tu travailles une partie de la nuit.
 
Alors je fais comme les ados, je porte ton tee-shirt qui sent un mélange de ton odeur, ton après-rasage et ton parfum.
 
Il sent bon ton tee-shirt…
 
par Fantomette publié dans : l'Homme