Si vous avez un peu suivi, pour la fête des mères le repas a dégénéré en crise parce que le plus grand neveu de l’Homme a fait un caprice ; ses parents l’ayant grondé il n’y a eu que sa grand-mère pour l’écouter alors il a déversé un flot d’horreurs comme quoi il était malheureux, pas assez aimé comparé à son petit frère, à la limite de la maltraitance, quoi. Et sa grand-mère sûrement émue de voir un gamin raconter de telles horreurs avec toute la conviction de sa vexation a pété un plomb en faisant irruption dans la salle à manger en hurlant à la maltraitance.
Ce qui fait qu’après deux bouchées d’entrée, tout le monde a mis les voiles, le grand-père à la pétanque, les neveux sous le coude de leurs parents, moi j’étais réfugiée dans la Fantomobile attendant l’Homme qui jouant les médiateurs ne m’a finalement pas rejointe.
Malgré les craintes de l’Homme face à la situation et aux risques (rupture des liens, par exemple) moi je suis assez sereine, pour deux raisons :
-Ce n’est pas ma famille
-Il n’y a pas de vieux dossiers ou de rancœurs cachées, ce qui fait que cette crise ne servira pas de prétexte à d’autres reproches, les choses se tasseront aves le temps.
Et surtout, surtout…..
Les crises familiales, j’ai mon diplôme dans le domaine, de mes 10 à mes 18 ans, ça a été du non-stop ou presque. Des coups bas, des vacheries, des tentatives de nous monter les uns contre les autres, des insultes,…
Bon, surtout de la part de la connasse d’ex-femme de papa (puisse-t-elle être dévorée vivante par des rats galeux et crever dans d’atroces souffrances) mais bon, tout le monde s’y est mis et heureusement qu’avec les frangins on a joué les mousquetaires un pour tous-tous pour un sinon on y aurait laissé plus de plumes que ça. Après, faut pas dramatiser, on avait un contexte familial pas évident mais on se faisait pas cogner ou maltraiter, les adultes ont juste pas assuré à 100% dans leur rôle de « devoir de neutralité » envers les enfants (prendre des mômes à témoins ou à parti pour leurs engueulades à eux c’est limite). Alors nous, petits cons bien élevés (« œil pour œil, dent pour dent », tel était le mot d’ordre), selon l’humeur et le caractère de chacun, on gueulait plus fort que les adultes et courrions nous réfugier dans le giron maternel en jurant que « cette fois, maman, je te jure que je vais la tuer cette salope », maman réconfortait, donnait des mouchoirs « oui, oui, t’oublieras pas d’appeler ton père pour lui dire que tu es chez moi, d’accord ? », Beaupère se foutait un peu de la gueule de l’Autre comme nous l’avions appelée, les petites sœurs venaient se coller à nous en sanglotant « Quand tu pleures ça me rend triste alors je pleure aussi » et ça finissait par en rire tout l’hiver, une fois elle avait dit que maman faisait des gosses pour les allocs, à compter de ce jour, maman nous a ostensiblement appelés « mes gagne-pains ». Et pendant des heures, on préparait les répliques qui tuent. Si possible blessantes et vachardes. Qu’on sortait dés que l’occasion se présentait. Ce qui envenimait la situation et créait une nouvelles crise alors on allait pleurer dans le giron maternel en jurant que…
Bref, mouvementé tout ça, jusqu’à la crise finale en octobre 2003 où je suis partie définitivement de chez lui pour vivre exclusivement chez ma mère, je n’ai pas vu mon père pendant des mois, il m’avait fait trop mal à ne défendre que sa femme, il flippait qu’elle se barre alors elle avait tous les droits pourvu qu’elle reste et nous, rien, je n’ai plus supporté, j’en ai eu marre de me faire pourrir la vie.
Alors qu’aujourd’hui, de l’eau a coulé sous les ponts, il a divorcé, est enfin redevenu superpapa, je suis la fifille fan de son pôpa qui l’appelle et le voit dés que possible et trouve que franchement, il assure avec ses deux petits à Nantes, sa fiancée à Paris, son boulot où il fout pas grand-chose grassement payé par l’Etat (j’adore ceux qui sont scandalisés (jaloux ??) par ça, qu’ils y aillent ! 5 ans post-bac, concours de prof, agreg et enjoy !) et que même s’il a déconné, je vais pas perdre mon temps à lui en vouloir…
Bref, comment dire…
Je ne m’inquiète pas sur l’unité de la famille de l’Homme, je sais que dans quelques semaines/quelques mois (le plus vite possible évidemment mais laissons le temps au temps), tous sera redevenu comme avant…
Vous dîtes...