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Vendredi 29 février 2008
 
 
 
 

Ce qui est dur à comprendre avec la migraine, c’est pour les non migraineux.
Quand tu arrives au bureau un matin avec les yeux en forme de goutte et la tronche un peu comme si tu avais le visage en cire et qu’il faisais trop chaud, tu as l’énergie d’un paresseux, tu t’excuse auprès de tes collègues de ton manque d’enthousiasme « Je suis désolée, ça va pas, j’ai une grosse migraine », tu mets tes cheveux devant ton visage pour cacher la lumière et baisses le son du téléphone au minimum.
Deux heures après, les médocs ont enfin fait effet, tu es présentable, le téléphone à un volume normal, les cheveux à leur place, la patate (enfon, non, t’as pas dormi de la nuit mais tu bois des cafés, la caféine c’est bon pour la migraine, c’est le doc qui le dit).
Tes collègues te regardent, sceptiques, t’étais mourante y’a pas deux heures, te v’là pimpante. Faut leur expliquer que oui, tu peux rester 30h mourante, mais que parfois en 2h paf tu redeviens normale, zéro cinéma là-dedans, c’est la magie du monde des migraineux, bienvenue dans mon univers petit padawan.
Bref.

 

Hier on a bouffé chez papa et sa fiancée. Plus exactement chez sa fiancée car papa était à Paris pour la semaine, j’avais ramené foie gras Fauchon et confiture d’oignon maison (hé hé hé oui, vous pouvez dire que je me la pète), mon bébé à présenter à son grand-père « On verra si je saurai y changer les couches » avait dit l’intéressé, qui a d’ailleurs eu l’air très intéressé par le bébé susnommé, si ça se trouve ses enfants vont finir avec un troisième ordinateur portable. Oui, les deux petits dernier de papa, MissCouette, bientôt 8 ans et Ptitdernier, tout juste 6 ans ont déjà deux Mac portables : un ibook et un palourde (« Bah quoi, dit papa, c’est les portables des enfants », mon père est un geek) (normal, me direz-vous, pour un prof d’électronique), mais le ibook tourne sous mac os 9, jamais personne n’a réussi à installer mac os x dessus, le palourde fait pas wifi (et la carte wifi est plus chère que l’ordinateur), mon petit doigt me dit que mes frangins vont se retrouver avec un eeepc dans un peu moins de pas longtemps.

 

Mais l’info la plus importante de la soirée, c’est quand même que en plus d’être un geek, mon père est un intello insomniaque accroché à France Culture de 4h30 du matin à minuit. Il a une culture assez hallucinante (surtout si vous le branchez sur Napoléon, il est fan absolu, papa il est du genre à acheter des trucs comme la biographie de la fille qui servait de servante à Napoléon sur l’île de Sainte-Hélène, genre le bouquin tiré à 4 exemplaires), et il me racontait des bricoles sur l’enregistrement d’une émission en direct à laquelle ils ont assisté, et là il me dit « Alors le présentateur il lance l’émission, et pendant les infos, de 18h à 18h30, il… », là je l’interromps brutalement, je sais pas si je vous ai raconté ma passion démentielle pour les infos mon programme préféré, j’adore, mon planning d’infos quotidien c’est celles de 8h ET 9h sur France Inter, je quitte le bureau à 17h58 pour avoir les infos de 18h, comme l’émission du soir ne m’intéresse pas souvent, bien souvent je zappe sur France Info et réécoute les infos à 18h30 et une fois de plus à 19h, puis à la télé sur la 3 à 19h30 et sur la 2 à 20h, autant les infos télé durent 25-30 minutes, autant à la radio, ça dure entre 3 et 15 minutes.

 

Je sais, on a les addictions qu’on peut. Mais quand papa a parlé d’infos qui durent une demi-heure, j’ai jubilé. L’émission du soir de France Inter me botte pas plus que ça, France Culture j’évitais, réservant ça aux intellos du genre de mon père, je me suis toujours dit que j’avais pas le niveau intellectuel pour ça, que ça allait m’emmerder (remarque, je devrais essayer au cas où). Mais je vais me le mettre en mémoire sur l’autoradio de la Fantomobile, mon dieu, des infos de 1/2h, j’ai eu un mal fou à me concentrer les minutes suivantes, je l’ai fait répéter tant j’avais peine à y croire, j’en suis encore émue, mais forcément le vendredi je finis à 17h30, ça roule bien vu que les parigots-tête-de-veau sont en vacances, donc je pourrai pas en profiter. Rhaaa, vivement lundi.

 

Fantomette ajoute une nouvelle corde à son arc (peut-être), le garagiste qui m’a fait ma vidange m’a dit qu’il fallait que je change mes freins avant. Faut dire que la Fantomobile, vous la verriez freiner, si je pile, on jurerait qu’un mur vient de se dresser devant moi, j’ai jamais vu des freins aussi efficaces. Devis : 290€. 170 € de disques les salauds.

 

Saloperie de bagnole de mayrde.

 

Papa m’a dit que ça c’est rien ma grande, tu la mets sur cric, tu retires ta roue, tu regardes déjà si faut vraiment les changer, tu vois si ton disque est rayé ou pas et si il fait un gros bourrelet en haut, si il fait un petit bourrelet c’est qu’il est pas trop usé et si il est pas trop rayé tu changes pas les disques, et tes plaquettes, pareil, si il te reste deux-trois millimètres, même pas tu réfléchis, tu les changes tout de suite, si il te reste un centimètre y’a pas le feu au lac, mais autant changer ton radiateur toute seule c’était peut-être un poil optimiste, autant ça, c’est pas dur et pas besoin de matos, faut une bonne pince et un cric.

 

Je sais que le moteur de ma bagnole est increvable, si je le bichonne il peut faire le double de kilométrage que ce qu’il a (246000km) (ouais, bon, ok, 500 000km, c'est peut-être UN PEU optimiste), mais si je veux pas laisser 10% de mon salaire annuel dans les réparations du reste va bien falloir un jour où l’autre que j’arrête de faire ma chochotte et que j’y mette les mains.

 

Mais je vous préviens, si je réussis à changer mes plaquettes de freins toute seule, je me la pète pendant 10 ans…

 

Sinon, papa et sa fiancée ont aménagé un studio meublé de 15m² en face du métro Anvers, au pied de Montmartre, à deux pas du Sacré Cœur, j’en profite donc pour leur faire de la pub, puisqu’ils vont le louer aux gens de passage à Paris, si vous cherchez un pied-à-terre pour un week-end ou une semaine romantique ou pas dans le plus beau quartier de Paris et faire la connaissance de l’exquise fiancée de mon papa, faites leur signe à montmartresacrecoeur[at]yahoo.com, leur site web est en construction, je vous donne le lien dés qu’il est fini !

par Fantomette publié dans : Morceaux de la vie de tous les jours
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Mardi 26 février 2008

[Préambule]
Y’a quelques années de ça, Chirac sort de la messe du petit village de Tataouine-Les-Oies-Sur-Seine-En-Josas un individu l’invective et lance  « Connard ! », ce à quoi Chirac répond « Enchanté, moi c’est Jacques Chirac. »
[fin du préambule]


Comme j’ai pas énormément de choses à vous raconter, je vais surtout meubler avec
deux-trois photos une photo (qui a dit que j’avais posté cet article uniquement pour son préambule ? Pfff z’êtes vraiment des mauvaises langues).
Ca a commencé quand La Belle était bébée, on partait en vacances en Ariège, et vu que Nantes-St Girons la route est longue, on s’arrête au Leclerc pour faire des courses et acheter de quoi faire un pique-nique, du bon vieux temps où le prix du jambon augmentait quand le prix du porc montait et non pas quand il baissait, et sur le parking maman cherchait ses enfants en disant « Où sont mes piou-pious ? Mère Poule cherche ses piou-pious ! Venez sous mon aile ! » Et c’était resté… Mèrepoule et ses pioupious, on a passé un mois en Ariège à pioupiouter, elle à glousser, je vous raconte pas la basse-cour.
L’autre jour, j’épluchais mes 3kg d’oignons (que j’achète en gros au marché, c’est moins cher et j’émince et je congèle, ça me fait du picard à moindre frais), l’Homme passe et me dit « Oh, c’est trop mignon tes oignons, on dirait des p’tits pioupious » et il me photographie (non, le masque c’est pas pour l’anonymat, mais pour le chagrin consécutif à l’épluchage-éminçage-rangeage correctement pour pas que ça fasse un gros bloc quand ça congèle de 3kg d’oignon). Autant vous dire que je l’ai envoyée par mail avec le commentaire de l'Homme à ma mère (la photo).
DSC00234.JPGElle m'a répondu.mail.JPG
Allez, c'est tout pour aujourd'hui mes poussins, après l'article-fleuve d'hier votre Fantomette-fille-poulette en reste à son préambule et à cette photo, que j'aime vraiment beaucoup (z'avez vu notre chouette tapisserie ?).
Je vous embrasse, et mort aux pauvres cons.

par Fantomette publié dans : Fantomette a encore frappé
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Lundi 25 février 2008
 

En mai, on part donc en vacances après plus d’un an et demi sans congés à deux.
On est bien partis au ski mais… Non, je n’évoquerai pas ce douloureux épisode à 8 (dont 6 garçons) dans 45m² et… Bref.
En septembre 2006, avec la passion qui caractérise nos quelques mois tous frais de relation, on part en Tunisie se dorer la couenne au soleil.
Et depuis, rien.
Enfin…
Un week-end par ci à Nantes, un week-end par là à la maison de Vauville-La-Fabuleuse qui finira bientôt aux mains des requins du coin et que mes chers tontons et tatas commencent déjà à vider de ses objets de valeur comme on arracherait ses dents en or à un vieux sur le point de crever, un week-end par ci à la mer et un week-end par là à Londres ou Honfleur, ça fait prendre l’air mais c’est pas des vacances. Donc on attend avec impatience de faire une virée à deux dans le sud de l’Italie et aller boire un verre sur une plage à Capri, toute le nuit danser le Calypso, dans un dancing avec vue sur l’amour, s’en aller tous les deux, en catimini, bref, vous excuserez mes références musicales pourries, mais pour vous dire qu’il me faut un passeport. Parce que vu combien ça coûte d’aller se dorer la pilule au soleil, vu qu’on part en mai et pas en août et donc qu’il restera toujours de la place où qu’on parte, plutôt que de réserver deux mois à l’avance et payer plein pot, on va partir n’importe où mais réserver trois jours à l’avance, au moment où ça brade à tout va, vu qu’on veut juste se barrer en vacances et que réflexion faite, on s’en fout un peu d’où qu’on part du moment qu’on y va. Donc au cas où, il me faut un passeport. Et avec leur normes alakon, il faut que je fasse des photos, vendredi, je vais chez un photographe chinois faire des photos.
« Vous voulez regarder vous dans miroir ?
-Bof, non…
-Ah… C’est messieurs qui se pas regarder normalement, mesdames toujours se regarder longtemps, c’est bien, c’est bien »
Ranafout’ de la tronche, je veux mon passeport, le truc qui me coûte 60€ de timbres fiscaux, 4,50€ de photos (pour 8 photos, j’en ai besoin de deux, je fais quoi des 6 autres ???) et une grasse mat’ (because les horaires de la mairie le samedi), je peux ressembler à pas grand-chose c’est pas grave.
Ca surprend toujours quand un photographe vous dit « Attention, ne souriez pas ». Ben oui, normes internationales = pas sourire, expression neutre. Et il me tend les photos.
Je ressemble à un veau dessus. Regard bovin, vide, creux, gros bouton sur le menton.
Bon, c’est pas pour un concours de Miss Belleville, hein, c’est pour un passeport, peu importe.
Samedi matin, 10h, mairie de Limeil-Brévannes, services des passeports.
« Je suis désolée mademoiselle, regardez ce qui est écrit ici : pas de fond blanc à la photo… La sous-préfecture refuse systématiquement toutes les photos à fond blanc, il faut que vous en refassiez…
-Bon, je vais aller incendier mon photographe…
-Vous les avez faites où vos photos ?
-A Paris.
-Bon, l’engueulez pas, à Paris c’est accepté les fonds blancs, les normes internationales ont des variantes locales, c’est juste ici que la préfecture refuse le fond blanc, pas à Paris…
-Bon…
-Sinon, vous avez l’opticien, là-bas qui fait les photos aux normes…
-A tout à l’heure »
J’arrive chez l’opticien, et là… En plein centre ville, une place se libère devant la boutique juste devant moi, ça arrive une fois dans une vie. Dommage que ça m’arrive le jour où il y a des places dans le parking gratuit d’à côté vu que ça a ruiné mes chances que ça ré-arrive pour les 70 ans à venir, mais c’est sympa quand même, pareil :
« Vous voulez un miroir ?
-Non
-Ah…
-Je viens de me réveiller, j’ai encore les yeux gonflés et je suis pas coiffée, et ça je le sais parce que je le sens, alors m’en rendre compte en le voyant, je suis pas sûre que ça me console…
-Comme vous voulez... Attention, ne souriez pas… Parfait.
-Bon, c’est chouette, le fond est bleu ici, j’ai fait des photos à fond blanc à Paris et ça a été refusé, avec leurs normes internationales remixées à la sauce locale c’est pénible.
-Oui, et y’a pire, ici ça part à la sous-préf de Nogent où ils acceptent pas le fond blanc, mais à la préfecture de Créteil ils l’acceptent.
-L’administration est vraiment une merveilleuse machine… »
En novembre 2004, j’ai perdu ma carte d’identité, un jour je cherchais un photomaton pour faire des photos en urgence un vendredi pour déposer mon dossier à la mairie le samedi, j’ai couru partout, en panne, en panne, en panne, il pleuvait, j’étais trempée. Je me rappellerai donc pendant 10 ans qu’il pleuvait à verse ce jour, puisque sur la photo je ressemble à une serpillère mal essorée.
Je me rappellerai pour les 10 prochaines années que j’étais pas réveillée le jour où j’ai fait faire mes photos de passeport, j’ai ce qu’on appelle communément une mine de papier mâché.
Sinon, la révélation du jour : ça m’arrache la gueule de l’admettre, mais à 22 et 30 ans nous sommes vieux.
Samedi soir après avoir dîné chez un copain de l’Homme à Meaux on décide sur la route allez hop un coup de folaïe d’aller danser. Rien que la formulation on aurait du se méfier, on s’est pas dit « tiens si on allait en boîte », on s’est dit « tiens, si on allait danser », voyez la nuance ? On s’arrête en cours de route dans une boîte perdue dans une zone industrielle (ou pas) du 77. Pis bon… Le 77 à l’échelle de l’Île de France c’est comme la Creuse à l’échelle de la France. On aurait du se méfier.
Boum boum de techno miousic qu’on entend de l’extérieur, déjà, c’était louche. Tu rentres direct en jean, entrée gratuite, pareil, louche tout ça. Surtout avec les 87 adolescents entre 12 et 14 ans qui fument dehors.
On était les seuls à être habillés comme des gens normaux, sans douze ceintures, sans 4 tee-shirts de tailles et de formes différentes tous superposés, sans robe en forme de mongolfière, j’ai noté le retour très 80’s de la nuque longue qui se veut très tektonik-like mais qui fait plus disco fever Daddy cool & Cie, c’est terrifiant jusqu’où sont prêts à aller les gens pour la mode, parce que franchement, le look tectonik c’est ce qu’il y a de pire, oui, pire que le fluo et le look de Madonna dans les années 80.
La musique je te raconte pas, on aurait dit une radio qui saute de station en station, un peu de techno, un peu de country, un peu de chant de supporter de foot (véridique).
Bref.
« Vous partez déjà » qu’elle a dit la pétasse dame du vestiaire.
On est restés 1/4h.
Et on s’est dit que reconnaître ses erreurs c’était aussi pas mal, et que il est quand même 1h30 du mat, on est des vieux il est temps de rentrer coucher nos vieux os, c’est plus de nos âges ces conneries.
Du coup hier j’ai fait un gros Kouign Amann à 8000 calories, recette ultra facile pour les proportions : pâte à pain avec 500g de farine (310g d’eau 1 cube de levure 8g de sel), 250 de beurre (aux cristaux de sel), 250g de sucre, t’étales la pâte à pain après sa première levée, tu étales le beurre (très froid coupé en tranches) et le sucre saupoudré par dessus et tu feuillettes, tu feuillettes, tu feuillettes jusqu’à ce que la pâte soit trop feuilletée et que les couches trop fines se cassent (pas la peine de faire reposer 1h au frigo, la flemme, un Kouign Amann ça s’attend pas, c’est trop bon, d’où l’intérêt du beurre froid) et que t’aies les mains pleines de beurre et de sucre, tu rajoutes du sucre et du beurre dessus pour la croute, 30-35 minutes à 180°C (une tuerie, il est hyyyper bon, cette croute caramélisée qui croustille et dégouline de beurre, ce feuilletage, mmmmh), comme ça en plus d’être vieux, on sera GROS.

 
par Fantomette publié dans : Morceaux de la vie de tous les jours
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Vendredi 22 février 2008
Pour combler avec des vieux trucs... La dernière fois que j’ai utilisé c’te saloperie de Word au bureau, il a bugué (surprenant, pour un logiciel microsoft) et donc, lassée des sautes d’humeur de ce logiciel je me suis installée Open Office qui ne m’a jamais fait de blagues.
Et là, en cliquant à côté de là où je voulais cliquer j’ouvre Word sans faire exprès (PC du bureau, je vais quand même pas leur désinstaller MS Office). Et voilà ce que je trouve en document « récupéré » qui date d’il y a quelques semaines. Alors comme je sèche un peu ces jours ci, j’en profite pour combler pour pas cher…


Je l’ai prévenu hier, je vais me la péter une petite décennie avec c’t’histoire.
A Londres en novembre, on avait acheté deux blousons de cuir à 10£ chacun, dont un vieil Hugo Boss pour l’Homme à la doublure complètement éclatée, mais le cuir, d’excellente qualité, lui, est nickel. Je peux refaire la doublure, on y va. Trois mois plus tard, on se décide enfin à attaquer le chantier « doublure ».
Direction Mondial Tissu, rayon doublure pour son cuir noir, je tripote un morceau de doublure noire (ça gueurlate copyright Frelot, on est 4 au monde à comprendre cette phrase). Soudain, l’œil de l’Homme s’illumine, il saisit un bout de doublure prune ! Et après quelques tergiversations sous mon regard horrifié (une doublure d’un manteau noir c’est noir, une doublure d’un manteau prune c’est prune, une doublure d’un manteau jaune c’est jaune, c’est pourtant pas compliqué, si ?) se décide finalement pour la violette.
Monsieur compte se balader avec un blouson de cuir Hugo Boss à la doublure violette.
Je proteste un peu mollement pour pas avoir l’air trop étroite d’esprit (je sais, j’ai des côtés psychorigides sur certains points) « M’enfin chéri, tu va quand même pas… ‘Fin bon, moi j’dis ça, j’dis rien mais quand même, une doublure violette sur un manteau noir… ». Des aiguilles spécial cuir, du fil violet, du velcro, une fermeture éclair.
J’y ai passé tout mon dimanche, dites donc, j’ai pété trois aiguilles (l’aiguille spécial cuir ça rentre comme dans du beurre quand il y a une épaisseur de cuir. Le renforcement de la poche intérieure avec déjà 3 épaisseurs de cuir + la bande velcro, ça pète), j’ai cru finir folle sur les putain de raccords de manche et j’ai religieusement décousu l’étiquette Hugo Boss de l’ancienne doublure pour la recoudre sur la nouvelle, j’ai eu des trouilles connes, mais connes genre j’éternue et ça me fait appuyer sans faire exprès à fond sur la pédale de la machine et ça lance un barouf de tous les diables (deux fois, quand même, hein).
Toujours est-il que j’ai commencé à 9h30, que j’ai pris une pause déjeuner, et qu’à 16h30 j’exhibais fièrement ma victoire : un cuir Hugo Boss à la doublure violette, enfin devenu portable après trois mois passé à traîner dans le coin « bordel à retoucher / réparer / finir » près de ma machine à coudre.
On est partis voir une copine à lui après, il a mis son manteau tout neuf, il a de la gueule, le cuir Hugo Boss, je vous cache pas que je tique encore sur la doublure violette mais il l’aime, je suppose que c’est le principal, n’est-ce pas ? En tout cas, la coupe du blouson est chouette, vraiment c’est un très beau manteau. Pour 30€ achat + retouches c’est vraiment pas cher.
Sinon on se met au régime (une fois de plus ?), enfin, moi j’ai pas grossi depuis longtemps, je m’étais pesée il y a un an à 68kg, je rentre toujours dans du 40, vu que ça faisait un moment que je m’étais pas pesée (jamais le bon moment, jamais après les repas, jamais le soir, jamais les cheveux mouillés, après pipi, après caca, bref, tous les prétextes étaient bons pour ne pas grimper sur la balance sauf chez le médecin qui m’annonçait un impitoyable 70kg mais toute habillée après le petit déjeuner et avant caca ça compte pas et en plus j’ai bu de l’eau alors ça rajoute bien au moins 2kg tout ça, non ?), je trichais pas non plus, ceci dit, le gynéco qui me demandait combien je pesais, je lui avais dit « je pense 70 », comme ça, si il me faisait vraiment monter sur la balance j’avais pas l’air ridicule à avoir voulu jouer les coquettes. Pis bon, je me console à me dire qu’avec 10cm de talons, les 70kg ils passent mieux, ça allonge, ça affine… Enfin, 70, non, j’ai pas grossi depuis un an, je vous dis. La preuve ? Je me suis enfin pesée l’autre jour. Après une gastro et quasi deux jours de jeûne, j’étais toujours à 68kg.
Je suis stable.
La preuve.
68kg.

Ca fait quoi en vrai 68kg après une gastro (qui annule les repas de toute une journée) et deux jours de jeûne ?
70 ?
71 ?
Me re-peser ?
Je suppose que vous plaisantez ?
Ce soir je pourrai pas, c’est le soir. Et demain, si jamais j’ai bu dans la nuit ça comptera pas, ça fera du poids en plus, oui, mais…
Voyons le bon côté des choses, j’ai des gros seins (ça vire à l’obsession, comprenez que j’ai passé 20 ans de ma vie avec une platitude extrême de ce côté-là, je profite), de plus, notre première année de vie commune, j’ai pris 8 kilos. La deuxième année seulement 2 ou 3 (estimation, je ne remettrai pas un orteil sur la balance avant de constater que je re-rentre dans mon jean de moins de 66kg dasn lequel je ne rentre plus depuis la Tunisie (septembre 2006)). La troisième année sera-t-elle celle où je les perdrai ?? Réponse en janvier 2009…
Ou pas...
par Fantomette
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Lundi 18 février 2008
Vient le moment dans la journée où se pose la question du repas du soir.
J’adore ce moment.
Le passage en revue du frigo, des dates de péremption (de tête !), avant tout, savoir ce qu’il faut manger avant de savoir ce que je veux manger.
Et une fois que j’ai les cartes en main, la recherche.
Ce que je préfère.
Je deviens folle de ma cuisine, au point d’y consacrer des heures de réflexion au bureau, je profite d’avoir un boulot qui me permette de réfléchir à mon repas du soir et de vous le bloguer tout en ayant l’air de bosser.
Ttttttt, qui a dit que j’étais fonctionnaire ?
Même pas. Privé, privé, privé, à ce rythme j’ai le temps d’en préparer des repas dans ma tête en attendant ma retraite quand j’aurai 75 ans (j’ai commencé à travailler à temps partiel à 17 ans et à temps plein à 18 ans, je suis même pas sûre d’être en retraite à 60 ans).
Mais je m’égare.
Ceci dit je pourrais aussi vous parler des économies à faire dans l’éducation nationale au lieu de supprimer des postes ils feraient mieux de vérifier à qui ils payent leurs heures de boulot : les heures supplémentaires défiscalisées font que depuis cette année, des profs « squattent » des créneaux d’emplois du temps en sachant qu’ils ne seront pas imposables sur ces heures sup’, pendant que d’autres (comme –au hasard– mon papa) sont titulaires dans une section sans étudiant et sont donc à la recherche d’heures de travail ailleurs, sachant qu’ils pourraient s’en abstenir vu que de toute façon, ils seront payés quand même à rien foutre si ils ne font pas d’heures (l’an passé il avait ces créneaux dont personne ne voulait car les profs allaient changer de tranche fiscale s’ils faisaient des heures sup’, maintenant, l’Educ Nat préfère payer des heures qui rapportent pas d’impôts à 125% à certains profs sur ces créneaux alors que mon père ne couterait pas un rond de plus à aller bosser) cette année il galère encore à chercher des heures à droite à gauche parce qu’il aime son boulot, mais le jour où il en aura ras le bol qu’on lui claque les portes au nez il fera comme 95% des gens feraient à sa place : il se transformera en tranquille père au foyer payé à rien foutre. Avec vos impôts à vous, les gens. Et les profs agrégés à 25 ans de carrière, c’est pas ceux qui coûtent le moins cher. Mais rassurez-vous, il vous coûtera toujours moins cher que tous ces postes que l’on supprime. Sûrement des feignasses.
L’Homme me trouve très politisée en ce moment.
Mais je m’égare puisque j’allais vous parler de mon repas de ce soir : lentilles bio de mon panier bio hebdomadaire auquel je suis abonnée. Oui, mais que faire avec des lentilles ? Maman était d’accord avec mon idée, des oignons, des carottes (bio du même panier), des échalotes (quand j’étais petite je croyais qu’on disait écharlotte comme le prénom), du thym, du laurier, des lardons, voire un poil de crème, bref, un truc bien sympathique. Oui mais. Mais c’est pas assez… Il manque la Fanto-touch, voyez ? Le truc sympa qui fait que ça change, le truc qui fait que j’entretiens quotidiennement la dépendance de l’Homme envers moi.
Reste des topinambours (bio de la semaine) et des carottes, râpés ça fait une chouette salade.
Oui, mais ma Fanto-touch, je l’ai toujours pas, moi.
Et je suis tombée sur une recette de brick lentilles-chèvre qui m’a donné une idée. J’ai pas de feuilles de brick, mais peu importe, ce qui est bien avec les légumineuses c’est qu’on peut en faire des « steaks végétaux ». Bon, pas si végétaux que ça vu qu’il y aura des lardons dedans, mais si je mixe la moitié de mon plat de lentilles avec le reste de chèvre frais, je peux servir un plat de lentilles, ma salade carottes-topinambours râpés, et des petites croquettes de lentilles-lardons au chèvre frais.
I’ve got it.
Le moment où je tiens mon repas du soir, où je sens que là j’y suis et que les derniers ajustements ne seront que de l’ordre du nombre d’oignons ou de la quantité d’épices c’est toujours un grand moment de ravissement.
La vie étant équilibrée, après ce grand moment de bonheur j’attends sans impatience le savon que je vais me faire passer pour avoir divulgué l’endroit où se trouve mon patron à un futur ex-fournisseur qui ne devait pas le savoir, mais moi si on ne me dit pas qu’une information est confidentielle, je ne le devine pas.
Ave lecteur, morituri te salutant…*


*en latin dans le texte trad. : « Salut lecteur, ceux qui vont mourir te saluent »
par Fantomette publié dans : Fantocuisine
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Vendredi 15 février 2008
Faut que je vous raconte un truc. D’avant, quand je n’étais qu’une jeune conne rebelle. Quand je manifestais comme je respirais (un jour je vous scannerai les articles où on voit ma tronche en première page des journaux en tête de manif, je passais à la télé et tout, et quand je séchais les cours pour manifester, je ramenais pas un mot d’absence mais le journal pour justifier de où j’étais, vu que j’étais quasi toujours en photo) (ouais, j’étais une rebelle j’vous dis, le prof qui te dit « Tu as un mot ? » à qui tu tends le journal où tu apparais en une en tête de manif, ça vaut son pesant d’or comme situation)
J’aimais bien être des délégations reçues par les préfets, recteurs et autres.
J’aimais bien les emmerder, leur casser leur plan « langue de bois », je les titillais, leur reposais la question dix fois s’il le fallait, leurs réponses de politicien m’ennuyaient au plus haut point, moi je voulais des réponses concrètes, je ne savais pas encore qu’un homme politique ne répond jamais à la question qu’on lui pose.
Et un jour, vers fin 2003 début 2004, le chef de cabinet du préfet en a eu marre et m’a envoyée péter « Mademoiselle, vous n’avez pas la maturité politique et intellectuelle pour me parler comme ça ».
Bon, j’étais allée un peu loin, je lui demandais poliment « Concrètement, que se passe-t-il à la rentrée 2004 ? », il a éludé un bon quart d’heure, il voulait pas me répondre, alors j’insistais « S’il vous plaît, pouvons-nous nous recentrer sur le sujet de la prochaine rentrée ? » et, énervé, il a fini par me dire « je ne sais pas », je lui ai dit « Décidément, le recteur ne savais pas non plus, l’ignorance est une épidémie chez les hauts-fonctionnaires ». Paraît qu’on parle pas comme ça aux chefs de cabinet, moi on m’a appris qu’on parle pareil à tout le monde, que c’est pas ton grade hiérarchique qui t’apporte le respect et qu’en l’occurrence un mec qui passe une demi-heure à se foutre de ta gueule et à te faire des réponses de langue de bois, tu lui lèches pas les bottes.
Bref.
« Mademoiselle, vous n’avez pas la maturité politique et intellectuelle pour me parler comme ça ».
On était deux lycéens dans la délégation, inutile de te dire que le lendemain, j’étais la star du lycée, j’ai rien dit, j’ai laissé l’autre lancer la rumeur et les commentaires me revenir « Y’a Martin qui dit a tout le monde que t’a envoyé chier le préfet ?.. » Bon, c’était son directeur de cabinet, je jouais les modestes et jubilais intérieurement.
Mais il m’a fait réfléchir avec sa remarque, il avait pas tort, j’ai pris la résolution de ne plus envoyer bouler de haut fonctionnaire tant que je n’avais pas un muri dans le domaine intellectuel et politique.
Et puis, et puis… Les quelques rares hauts fonctionnaires que j’ai recroisés j’ai pas eu l’occasion de les insulter.
D’abord, celui que j’ai bien aimé, il y a eu Jean-Marc Ayrault à la fête de la musique à Nantes il y a 4 ou 5 ans, je tenais le stand des Restaus du Cœur, un couple « habillé » qui tranche un peu avec la masse plutôt jeune et cool arrive, monsieur prend une barquette de frites pour madame, je lui explique que le groupe qui joue est 100% bénévole et que ses bénéfices iront en totalité aux restaus, il a pris un cd et a refusé que je lui rende ses 9€ de monnaie, je l’ai remercié chaleureusement et lui ai dit que je trouvais ça très sympa. C’est les autres bénévoles qui m’ont dit qui c’était, je le savais pas, je l’avais pas reconnu, depuis ce jour, je l’aime bien Ayrault.
L’autre, c’est André Santini. J’ai bossé occasionnellement à sa mairie d’Issy. Il passe pour un gars sympa à la télé. Tout le monde le craint là où il bosse, la trouille a remplacé le respect, avant d’y aller mon patron m’a avertie, parler très poliment, l’appeler « Monsieur le maire » et pas juste « monsieur », ne jamais le contredire, « Faites attention au moindre de vos mots, Fantomette, il est extrêmement susceptible ». Le mec il te passe devant à 8h du mat à l’accueil avec son barreau de chaise pourtant je fumais à l’époque, mais c’était dur, et il dit à peine bonjour. Quand il arrive, au moment où les portes de l’ascenseur se referment sur lui (pas avant pour pas qu’il entende) il faut illico appeler son secrétariat et chuchoter « IL arrive » pour que la cour soit prête à accueillir le roi comme il se doit, il n’a jamais été aussi cordial avec moi que les jours où il était accompagné d’un journaliste, et je me rappelle encore de m’être faite consoler par le gardien parce qu’il m’avais insultée un jour où j’avais mis une seconde de trop à ouvrir la grille à la superbe berline diplomatique d’un ambassadeur américain venu lui rendre visite, et de la réaction de son directeur de cabinet « Il est comme ça avec tout le monde, essayez de ne pas le prendre personnellement, je trouve ça lamentable ».
Tenez, je parle déjà de sa mairie ici, et à la fin de cet article là.
On peut pas dire que j’aie la cote avec les hauts-fonctionnaires, hein ?
A l’origine je comptais vous raconter la conception Dallas de la politique de ma petite ville, les papiers qu’on reçoit dans la boîte à lettres, les attaques personnelles, le gaspillage de papier, les réponses des mère-courage « je ne répondrai pas à ces infamies » alors pourquoi tu réponds ?? Le papier estampillé « qualité écologique » pour te faire croire qu’il est recyclé alors que « qualité écologique » ça veut rien dire et surtout pas que le papier est recyclé, bref, patience, d’ici lundi j’aurai encore de belles perles dans ma boîte à lettres, je crois que tous les candidats à la mairie de Limeil-Brévannes jouaient ensemble au bac à sable quand ils étaient enfants et devaient déjà à l’époque se détruire leurs pâtés, parce que dans leur programme, pas un mot de politique de la ville, mais plutôt « untel est un con » et « unetelle est une menteuse » (houuu la meuteuuuse elle est amoureuuuuse, voyez le niveau ?? Ca fait peur).
Monsieur l’ex-chef de cabinet du préfet de Nantes à l’époque dont je parle plus haut, tu vois, je t’en veux pas, t’avais pas tort (mais putain, quelle langue de bois !), je suis tes conseils. Mais plus je muris dans le domaine, plus j’ai envie de voter anarchiste.
par Fantomette publié dans : Fantomette a encore frappé
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Mercredi 13 février 2008
Bon, la Saint Valentin, c’est naze, c’est une fête commerciale. Ca, c’est l’argument de ceux qui vivent dans une vie pas commerciale et ne font pas de cadeaux commerciaux à leur amoureux. Une bague, chérie ? Tu n’y pense pas, trop commercial comme cadeau, je vais plutôt t’offrir un cœur en pâte à sel, ça c’est fait avec amour, c’est fort, c’est symbolique de notre amour. Non, non, une rose non plus, trop commercial, je te dis, je vais te dessiner une fleur plutôt. T’emmener en week-end à Honfleur ? Attends, trop commercial, trop cliché, ri-di-cu-le, on va pique-niquer dans le salon, on mettre une nappe à carreaux sur la table base avec des fleurs cueillies dans les plates-bandes en bas, tu verras comme ça sera romantique…
Bref, entendre partout autour de moi comme seul argument « c’est trop commercial », ça me hérisse le pwal, c'est le truc in à dire en ce moment, il faut être contre la Saint Valentin, c'est trop nul de trouver ça chouette, non, c'est trop commercial, c'trop naze. Parce que moi, la Saint-Valentin, je vais vous dire pourquoi je trouve ça génial.
Demain soir, tous ces messieurs emmènent leur dame (ou leur demoiselle) (ou leur monsieur) au restau, au ciné, au théâtre, à l’Opéra, où tu veux, quoi, leur sortent le grand jeu de séducteur et claquent une semaine de salaire dans la soirée dans le but avoué de s’attirer les faveurs de la Belle (ou du Beau) et de pas dormir sur la béquille, combien de demandes en mariage, de diners romantiques, de déclarations d’amour, de restaurants bondés, bref.
Être amoureux, ce qui est bon, c’est quand on se sent seul au monde, se rouler une pelle au milieu de douze mille autre couples qui se lèchent la glotte ça perd de son charme, voire ça devient franchement dégueulasse pour peu que ton regard croise malencontreusement celui d’une autre demoiselle ou d’un autre jeune homme voire celui du vieux dégueulasse qui mate là-bas, pile au moment ou tu goûtes à la langue de ton bonhomme.
C’est pour ça que demain soir, on glandouillera à la maison comme d’hab.
Oui mais je vous rappelle que je vous disais un peu plus haut que moi, la Saint Valentin, je trouve ça génial.
Ce soir on va au théâtre voir Arrête de pleurer Pénélope 2 et se taper un restau après. Y’aura personne, un peu comme une boutique de fringues une veille de soldes.
Là, on y est à la fête des amoureux, seuls au monde sans personne pour nous gâcher la fête, sans bruits de roulages de pelle entre le fromage et le dessert, sans demande en mariage intempestive à la table d’à côté, sans déclarations d’amour bruyantes qui ne te sont même pas destinées, ce soir Paris nous appartient.
Joyeuse Saint Valentin mon Amour* !

*La décence m’interdit d’écrire le vrai surnom débile que j’utilise dans l’intimité, nous en resterons à quelque chose de généraliste.


Henri Salvador est mort ce matin, son rire et ses mélodies resteront gravés dans ma mémoire.
par Fantomette publié dans : l'Homme
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Mercredi 6 février 2008
Depuis hier je compte.
Des centimètres, des jours de congés, des euros, des degrés.
De la taille du nouveau canapé, à nos vacances de mai, au prix du canapé, au prix des vacances, à la température minimale de la mer, maximale de l’air la nuit, et maximale le jour because moi avec mon teint laiteux et mon côté vampire, passé 25°C je me planque à l’ombre et crache comme un chat dérangé au moindre rayon de soleil.
Mais.
Mais l’Homme est persuadé qu’il est noir.
Je sais pas d’où ça lui vient. Il a un pote réunionnais, il doit être jaloux, remarquez. Bien que ce pote réunionnais soit pas noir non plus, en fait, mais quand ils se voient ils se disent des « black power ». Pour tout vous dire, M. Papadelhomme est d’origine polonaise, et Mme Mamandelhomme est d’origine normande, le tout donne un cocktail à la peau claire et aux yeux bleus.
« Nan, moi j’suis black ».
Alors monsieur voudrait partir lézarder au soleil à des 40°C à l’ombre pendant que moi planquée sous mon paréo, mon chapeau et le parasol je geins en suppliant un ventilateur, un brumisateur, des glaçons, une piscine, la nuit. Un peu comme mon père qui tolère aussi bien le soleil et la chaleur que moi, et que sa fiancée emmène fêter ses 50 ans (à elle) au Yémen l’été prochain. Je suis pas sûre qu’il y survive.
Mais bon, je suis en plein dedans, je compte, je compte, pour voir si l’énorme canapé d’angle 308cm x 202cm entre dans notre petit salon, et si finalement on va le payer en 10 ou 20 fois, et combien de sous il reste pour les vacances et donc si on part au Mexique ou en Turquie. Bon, Mexique, c’est niet, rien à moins de 1200€ la semaine, pour aller faire les gros chats sur une plage c’est un peu cher, pis c’est pas la saison. Pas de croisière (trop de promiscuité, je suis misanthrope), pas de Tunisie (déjà fait l’an dernier), la Grèce c’est jouable, et ça nous botte bien. Oui, mais si on achète le canapé, est-ce qu’on va pouvoir partir ? Et déjà, est-ce qu’il rentre dans le salon ce canapé ? Nous on avait calculé comme place possible 285cm x 235cm… Eh, mais… On peut même rajouter un pouf au bout !!
Oui enfin bon, à 200€ le pouf, on va voir, quand même.
Bon, alors si on se prend le pont du 1er mai et les deux semaines qui suivent, on part deux semaines et demi en posant seulement 9 jours de congé. Et après on peut poser une ou deux semaines en octobre, voire novembre ou décembre pour partir au soleil quand il fera froid en France. Il devrait lui rester de quoi poser une semaine pour aller au ski (moi, plus jamais le ski, vous m’entendez, PLUS JAMAIS, j’irai me consoler à Nantes en buvant des bières avec Biquette), et on se rajoute à ça deux trois week-end de 4 jours pour aller voir ailleurs si on y est.
Bon… La Grèce ou l’Italie ? Gastronomiquement, les deux c’est chouette, ça vaut le coup de pas prendre un all-inclusive et de se louer un scooter sur place… La fêta ou la pizza ? Et ça coûte combien de partir de Nantes plutôt que de Paris histoire de dire bonjour à la famille au passage ? Et mon nouveau bébé, il en pense quoi ?
Et finalement l’Homme va le payer et en une fois ce canapé.
-C’est hors de question, tu m’entends, j’ai horreur de devoir des sous, ça fout la zone dans les relations les histoires de fric
-Oui mais ça me fait chier de prendre un crédit pour un canapé
-Oui mais on l’achète à deux et moi j’ai pas les moyens de mettre 600€ dedans d’un coup alors payer à 50€/mois à une banque ou à mon mec franchement, ça me met mal à l’aise de te devoir autant d’argent
-Oui mais non, pas de crédit, et pis je te demande pas de me signer un chèque de 600€, et c’est pas négociable, tu vois ce que tu peux au fur et à mesure, et il est chouette ce canapé, et il me restera des sous pour les vacances
-Bon ben j’ai plus d’arguments à t’objecter
Et on a pris les mesures, le pouf il rentre pas. Et a priori plutôt la Grèce, d’ailleurs, mais les Cyclades dit l’Homme hin hin hin, vais te me l’emmener à Mykonos, moi
« Ah non, pas Mykonos, je disais ça pour donner un exemple de ce que c’est les Cyclades, hein, déconne pas !
-Héraklion c’est les Cyclades ?
-Sais pas »
Bon. Je vais aller appeler ma sœur, elle veut récupérer les vieux canapés (qui sont en fait comme neufs ou presque) mais quand on a la date de livraison du nouveau canapé faut qu’elle vienne because on n’a pas la place d’avoir les deux vieux + le neuf.
Bon, j’ai vérifié, Héraklion je sais pas si c’est les Cyclades, mais c’est vach’tement au sud, il devrait faire bien beau dés mai (c’est beau d’aimer) (c’est pas de moi), et ma frangine est dispo à partir de la première semaine des vacances de février, en synchronisant tout ça on devrait en arriver à :
1- un canapé neuf courant février
2- un trou de 1250€ sur le compte de l’Homme (consécutif du 1-) (c’est lui qu’a insisté)
3- deux nouveaux canapés chez ma sœur
4- un mois de capsules compléments alimentaires solaires à compter de début avril (riez pas, grâce à ça, pour la première fois de ma vie je suis rentrée bronzée de vacances après la Tunisie)
5- quelques jours chez la Fantofamille en mai + une semaine en Grèce (ou autre) + re un peu de Fantofamille + un peu de glandouille sévère à Paris sur le nouveau canapé avant de retourner bosser en trainant la patte

Rhhaaa, enfin des vacances… J’ai pas glandé avec pour seul souci grave le niveau dans la bouteille de crème solaire depuis septembre 2006...
par Fantomette publié dans : Moments qui font rêver
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Lundi 4 février 2008
Des jours, mon côté communiste révolutionnaire ressort plus que d’autres. Comme l’autre matin où je commence dés le réveil à travailler l’Homme au corps avec la réflexion que m’a inspirée cette remarque « anodine » d’un journaliste de France Inter sur les chiffres du chômage « Vous savez que ces chiffres sont les chiffres officiels et qu’ils sont régulièrement contestés ». L’utilisation du mot « officiel » m’ fait froid dans le dos. Je lui ai parlé de fait que la candidature du dernier opposant à Poutine a été officiellement invalidée pour des raisons obscures, et que donc il n’y aura pas d’opposition aux prochaines élection là-bas, qu’on peu bien causer, mais qu’on ne vaut pas mieux (enfin, si, mais quand je suis énervée je suis sujette aux jugements tranchés, expéditifs et excessifs), qu’on manipule les chiffres, les médias, qu’on se permet de donner des leçons aux autres, et que ce jour-là, le mot « officiel » avait le même goût que quand on l’utilise en dictature, parfois ce pays me dégoûte. L’Homme m’a ronchonné que merde, chérie, je viens de me réveiller, là, je bois mon café et on en reparle plus tard ? Tu me beurres ma tartine ?
Outrée par ce cruel manque de sens civique, je suis allée jouer avec mon nouveau bébé acheté à un grand monstre capitaliste qui exploite la misère des peuples (bébé made in Taiwan, je t’aime).
Et puis il y a des jours comme ce matin, où la radio passe un extrait du discours du grand Jacquot d’après le référendum de 2005 où j’avais pas voté parce que mon bureau de vote et moi-même étions à Bouguenais-Les-Couëts, et ma carte d’identité était restée à Paris, et ce malgré les menaces de Biquette (« Si tu vas pas voter ‘Oui’ la France devra quitter l’UE »)(Voter à droite rend stérile)(On peut attraper le SIDA sur les toilettes)(même si c’est pas là que c’est le plus confortable), et je me suis prise à être nostalgique. Nostalgique de Chirac. J’aurais jamais cru que ça puisse m’arriver à moi. Mais sa voix si caractéristique, ça m’a rappelé quand on était encore gouverné par un mec qui même s’il piquait dans les caisses, même si j’étais pas d’accord avec lui, avait un fond humain et aimait sincèrement les gens et la vie, le pinard, et la bouffe, aimait la France, la diversité et que le racisme faisait gerber. Chirac j'ai toujours dit de lui que j’aimerais un jour bouffer et discuter avec lui parce que c’est un mec qui humainement et intellectuellement valait le détour même si politiquement je le trouvait nul. Voilà où m’a mené Nabotléon, à regretter Chirac, qui l’eût cru ?
Révolutionnaire un jour, nostalgique de Chirac le lendemain.
Enfin bon, je sais d’avance que je finirai jamais nostalgique de Nabotléon, ce mec c’est comme la clope où la gastro, quand on s'en débarrasse on est soulagé, on regrette pas.
par Fantomette publié dans : Fantomette a encore frappé
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Dimanche 3 février 2008
Hier soir on était à la soirée annuelle de la boîte de l’Homme. La négociation a été pénible, mais en échange de faveurs dont je tairai la nature, on a fini par s’accorder sur le fait que ce soir, c’est moi qui bois.
Amis bretons, je suis navrée d’entretenir cette réputation qui nous colle à la peau, mais à chaque verre qu’on me servait l’Homme s’exclamait « Ah ! Ces bretons, qu’est-ce qu’ils picolent ! », et à la fin du repas, toute la table prenait le meilleur peuple du monde (les celtes) pour des fins alcooliques, et le pire, messieurs-dames, le pire, voyez-vous, c’est que j’approuvais vigoureusement en déplorant cette culture de l’alcool qui fait que beaucoup de petits bretons boivent du cidre doux. « Le cidre doux c’est pas de l’alcool » me disent les bretons, hélas si, 2% pour un adulte c’est rien, mais pour un gosse, ça l’habitue. C’est con, mais c’est vrai. Mais peu importe, je suis rentrée raide beurrée au bras de l’Homme et lui ai tenu des propos très certainement incohérents tout le long de la route avec l’intelligibilité et la capacité articulatoire d’un enfant de deux ans qui apprendrait à parler, voyez ?
Un bon coup d’aspirine avant de se coucher histoire de pas me réveiller avec la casquette plombée sur le crâne (copyright Renaud « Pochtron »). Moi qui ai dans la peau le rythme « mémé » couchée 22h30 levée 8h, hier wahou on se couche quand même à 1h30 ça arrive quatre fois par an des trucs pareils.
Ce matin, 7h30, j’ai les yeux ronds comme des soucoupes, je regarde le plafond avec une envie de chialer qui me remonte du fond des tripes. Je suis réveillée. Bien réveillée. Réveillée comme si je m’étais pas couchée, mieux réveillée qu’un matin de semaine après 9h de sommeil avant de partir bosser, je suis ultra réveillée, dimanche matin, 7h30, je me suis couchée il y a 6h avec 3g dans chaque doigt et j’arrive plus à dormir, bordel.
Je me tourne, me retourne, me pétrifie d’horreur en entendant une scène ultra violente dans la rue à travers le double vitrage, à base de femme qui hurle « Non bébé nooooooooon !!!! » et un mec qui hurle « Casse-toi salope » et des bruits de coups, en gros un mec qui bat sa femme en pleine rue à 7h du mat un dimanche matin, un voisin ouvre sa fenêtre, gueule un coup, le calme retombe. Moi j’ai pris un coup de sang trop gros pour espérer me rendormir, je me lève, je vais faire du pain, tiens, y’a plus rien à bouffer.
La machine pétrit, je joue avec mon noueau bébé, la pâte lève, je joue avec mon nouveau bébé. Je façonne mes baguette, mes baguettes lèvent, je mange des pruneaux parce que mon estomac crie famine et que je vais pas pouvoir attendre que le pain soit cuit et là, messieurs-dames, je ne joue pas avec mon nouveau bébé, non, je me plie en deux terrassée par des douleurs terribles, mon estomac me rappelle de façon ma foi fort agressive qu’il n’a pas apprécié l’alcool de la veille et que ma vieille tu vas le payer, ça t’apprendra à picoler, trainée, c’est pas toi qui digères, tu penses à ton pauvre foie, hein, eh ben voilà ce qu’il subit.
Du coup j'ose à peine goûter à mes somptueuses baguettes mais c'est pas dit du tout que je résiste longtemps à cette merveille, regardez plutôt, et encore, z'avez pas l'odeur de pain frais (pourquoi parle-t-on de "frais" pour un pain qui sort d'un four à 220°C ?)undefined

Et je vous avais promis ses premières photos, voici la bête, mon nouveau bébé en exclusivité :
undefinedJe me la pète en lunettes noires

undefinedTiens, si je passais un petit coup de fil ?

undefinedLa nuit je ne porte qu'un voile de Chanel n°5


Attention, des publicités masquées se sont cachées dans cet article, lecteur avisé, sauras-tu les retrouver ?
par Fantomette publié dans : Morceaux de la vie de tous les jours
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