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J'suis géniale...

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Vendredi 25 janvier 2008

Je crois que c’est l’accent qui fait ça.

 

Le directeur de la filiale Russe quand il appelle, il me colle toujours un peu les miquettes.

 

« Bonjourrr, ici Andrrrei Dubrrrovitch je souhaite parrrler à… » sans aucune intonation, très froid, sûr de lui, bref, on dirait la marionnette des guignols qui imite Poutine.

 

Le mec tu l’imagines sans souci avec un pétard, silencieux vissé au bout, canon dirigé vers le combiné tirer froidement si tu lui annonces que son correspondant n’est pas disponible.

 

Le mec, je l’ai toujours imaginé grand, blond, yeux bleus, du genre à sourire quand il se brûle.

 

Poutine, quoi.

 

Depuis 8 mois que je bosse là et que j’ai ce mec au téléphone en moyenne deux fois par semaine, il me colle un frisson quand je l’entends et je redoute que ça soit lui quand je vois le n° en 007 (indicatif de la Russie, aucun lien avec James Bond) (Ouais, JE SAIS, elle était facile ET ALORS ?) qui appelle. Je crois que ce mec est un tueur froid, ex agent du KGB.

 

Ce matin, y’a un mec qui débarque à mon accueil. Cinquantaine, rigolard, yeux malicieux, fut brun dans sa jeunesse, l’air sympa et décontracté. Le mec tu lui mets un pull camionneur, une gitane maïs, un béret, un kil de rouquin dans la poche du jean et un camembert dans celle de la chemise, tu jurerais qu’il débarque tout droit du fin fond de la creuse et qu’il a laissé le troupeau de brebis sur le palier pour pas gêner.

 

Le mec me tend la main.

 

« Bonjourrr, je Andrrrei Dubrrrovitch, enchanté fairrre votrrre connaissance »

 

Il m’a fallu au moins deux secondes pour lui retourner la politesse.

 

Dans ce genre de moment, deux secondes, c’est long.

 

Putain de préjugés…

 

 

 

Tenez, un lien fabuleux sur le site de Boulet ici qui illustre assez bien ce que j’ai ressenti… http://www.bouletcorp.com/blog/index.php?date=20061201

 

 

 

Bref, après Fantomette est bourrée de préjugés, passons à votre rubrique Fantocuisine…

 

A Noël vous ne saviez pas quoi offrir à votre petit frère de 5 ans (bientôt 6 : Ptitdernier) et sa grande sœur de 7 ans (bientôt 8 : MissCouette) et refusez l’idée d’un cadeau type jouet alakon dont vous abreuvent les prospectus du moment parce que ces mômes ont tout ce qu’il faut de ce côté-là un cadeau ok mais on n’est pas là pour acheter des quantités de merdes inutiles ?

 

Appelez-moi.

 

Pour la suite de l’histoire je vous fais un dessin.famille2.JPG

 

Maintenant que vous êtes matériellement capables de comprendre de qui je vais parler dans les paragraphes qui vont suivre on y va. Mes frangins (MissCouette et Ptitdernier) adorent bidouiller ils ont toujours été du genre qu’on met dehors du matin au soir et qui bricolent les jours de pluie (les jours de pluie c’est chouette, ça permet de laver le trottoir qu’on avait peint à la craie, dés qu’il est sec on recommence, ouaiiiiis !!), et vas-y que je te grimpe sur le barbecue en brique et que je me barre en vadrouille dans le champ d’à côté et que mon père au téléphone me dise « Les enfants ? Euh… Bah ils doivent pas être bien loin, ils rentreront quand ils auront faim… »

 

A Noël y’a deux ans on leur avait acheté une boîte à bricolage avec dedans le la pâte à modeler, du plâtre, des moules à figurines pour le plâtre, de la peinture, bref, des travaux manuels, ils avaient beaucoup aimé au point qu’on les avait pas vus du repas.

 

Cette année, pas d’idée.

 

Pis en fait si, un pain d’épices en kit.

 

Dans un joli saladier j’ai mis de quoi faire 2x2 pains d’épice en forme d’oursons. J’ai mis deux sachets avec 250g de farine chacun, deux avec 250g de miel, deux avec 80g de sucre, deux tout petits avec les épices, deux sachets de levure, deux sachets de sucre vanillé, deux petites bouteilles de crème liquide, j’ai ajouté deux moules de taille moyenne en silicone en forme d’oursons (un jaune et un orange), un fouet jaune en silicone et une spatule orange en silicone.

 

J’ai pas réussi à croiser les enfants, alors Papa a joué l’intermédiaire, j’ai reçu un mail de lui il y a quelques jours, les gamins ont adoré non seulement préparer mais aussi manger. Le premier, c’étais ma sœur la chef cuistote et mon frère l’assistant, paraît que pour le deuxième ils feront l’inverse.

 

C’est con que j’aie pas photographié tout ce cadeau, j’étais fière comme un bar tabac d’avoir eu une idée comme ça, mes frangins ont tous eu des bouquins ou des cd. Pour La Belle, des cd de rock’n roll (c’est Frelot qui me disait qu’elle le tannait pour qu’il lui fasse découvrir du bon vieux rock), pour Crevette les trois premiers tomes de la bd Mélusine apprentie sorcière, pour Cœurette les trois premiers tomes de la bd Yakari le Petit Indien, pour Frelot une saga de romans genre Fantasy en trois tomes, et pour ma Frérotte mon ancienne machine à pain, des farines en tous genres et un bouquin sur le pain. Cœurette a tellement aimé Yakari, qu’elle les a prêtés à MissCouette qui en a réclamés à Papa qui a filé sur Priceminister trouver un lot de 9 Yakari à 50€, MissCouette a 8 ans fin avril, je lui offre 3 Yakari pour l’occasion, 3 parmi ceux qu’elle aura pas, j’attends la liste…

 

Bref, j’aime bien ce sentiment de réussite quand on sent que les cadeaux ont plu.

 

Ptitdernier a 6 ans le 9 février, je lui ai trouvé un squelette de tyrannosaure en balsa à monter et un petit pot de peinture verte et marron pour le peindre. Le seul souci, c'est que Papa risque de devoir retourner ciel et terre pour lui dégotter des squelettes de diplodocus, triceratops et autre bestiaus si le p'tiot y prend trop goût.

 

C’est pas de tout repos autant de frangins, je vous l’accorde. J’ai ma petite idée pour les 20 ans (ouch ! 20 ans ! je l’ai pas vue venir celle-là, il grandit le bougre) de Frelot le 3 avril, Frérotte le 2 mai pas encore. Après je suis peinarde, pas un frangin avant septembre…

 

Non mais quelle famille…

 

Sinon, dans la catégorie j’ai photographié : mon œuvre d’hier : le chinois sans crème pâtissière (beurk !) ni beurre (pas beurk mais y’en avait plus, remplacé par de la purée de noisette) à la crème de noisette : Tadaaaaam : PHTO0257.JPGQui c'est qui va se taper des petits déj de dieu alors qu'ils sont censés être au régime mmmmhh ??? Pour l'avoir entamé ce matin, oui, oui, il est aussi bon qu'il en a l'air...
Vous souhaitant de lire ces lignes à l'heure de leur publication à savoir celle du goûter,
Affectivement votre,
Fantomette

par Fantomette
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Jeudi 24 janvier 2008
J’ai découvert Dr House hier.
Oui, je sais, vous connaissez depuis un bail, vous avez vu les douze premières saisons, vous adorez, c’est chéééénial, toussa.
Mais moi je connaissais pas. Et hier soir j’étais allée boire un verre avec mon copain Zaza, alors forcément je suis rentrée après l’Homme qui avait déjà réquisitionné la zapette.
Avant que je n’ouvre la bouche il m’a dit en un seul mot (oui, oui, un seul mot) « C’estDrHouseparaîtqu’c’estbienonr’garde ? » la zapette à la main, prêt à la défendre corps et âme, que voulez-vous, on pique pas son os à un pitt-bull, hein ? Niveau télé, il sait ma méfiance pour tout ce qui sort des émission type « vraie vie », les fictions m’ennuient, les jeux télévisés m’exaspèrent mais je nourris une passion délirante pour les documentaires animaliers (National Geographic, je t’aime), Cuisine TV (Jamie Oliver, je t’aime) les reportages (Envoyé Spécial, je t’aime), les infos (David Pujadas, je t’aime), et les bons films pour enfants (Shrek, je t’aime), (exceptionnellement les bons polars), chaque fois qu’il veut regarder un film c’est des heures de débats, j’aime pas les films dits américains avec des gens qui se battent, avec un gentil et un méchant, j’aime pas les armes à feu, les explosions, les démonstrations d’arts martiaux, les voitures qui roulent vite et les dérapages, j’aime pas les films qui font peur, les films d’amour dégoulinants les comédies américaines vaseuses et lourdes, j’aime pas les films intello chiant, j’aime les films qui ressembleraient à des documentaires, en fait… J’ai aimé Amélie Poulain et La Vie Est Un Miracle parce que ça m’a fait rêver, la Cité de la Peur parce que ça m’a fait marrer, les Shrek parce que c’est trop rigolo, mais globalement le reste m’ennuie. Je n’ai pas vu Forest Gump, Pulp Fiction, et tous les « classiques », mais je connais par cœur les dialogues en anglais de tous les Tex Avery (I’ve got a foooox !! I’ve got a foooox !!)
Bref tout ça pour vous dire que niveau ouverture à la nouveauté, pour ce qui touche à la télé, c’était pas gagné.
Hier je me suis résolue à le laisser faire en allant tristement mixer ma soupe à la carotte, le possesseur de la zapette est le roi du monde, que voulez-vous.
En plus c’était TF1, doublement pas gagné.
Pis je suis tombée sous le charme du mec.
Le pire enculé que cette Terre ait porté, cherchez pas, c’est le Dr House.
Une répartie qui tue, vachard comme pas deux, cynique, méchant, bancal, monomaniaque, cinglant, et bien évidemment brillant, l’intrigue est pas mal ficelée mais sans plus, une situation médicale inexplicable, toutes les hypothèses sont vérifiées et à la fin Dr house trouve la solouchieune, mais c’est vraiment le personnage qui rend la série savoureuse, je suis persuadée que les critiques ont dit à son sujet « le mec que vous allez adorer détester » ou un truc comme ça (un peu comme TF1 qui parle de « prise en otage » les jours de grève, c’est un classique journalistique, quoi), mais même pas, moi j’adore l’adorer ce mec, il est super, le genre que t’adorerais avoir sa répartie pour envoyer péter proprement l’autre mal élevé l’autre jour à la caisse qu’a posé son panier devant toi et est retourné faire un tour en rayon et t’as incendié parce que t’avais osé passer devant, par exemple.
T’as beau savoir que chaque phrase que dit le mec a été étudiée pendant des heures par des scénaristes hollywoodiens sous-payés en grève que si ça continue y’aura plus de Dr House et pas d’Oscars et ça sera bien fait pour tout le monde qu’avait qu’à pas les prendre pour des cons, ça fait rêver quand même de pouvoir répondre du tac au tac comme ça…
Il est moins sexy que Michael Scofiiiiiieeeeeld, mais il vaut aussi son pesant de cacahuètes le garçon, je vous dirais bien d’aller y jeter un œil mais vous me répondriez que oui, je sais, je connais les douze premières saisons, t’es vraiment à la masse Fantomette.
Ouais, ouais, c’est bon, ça va…
par Fantomette publié dans : Morceaux de la vie de tous les jours
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Mardi 22 janvier 2008
Hier notre conception du glamour et de la sexytude a encore pris un tournant. Je préviens les âmes sensibles que ce billet parlera sans détours ni fioritures d’un douloureux épisode gastrique.
On approche à grand pas de nos deux ans (dans 8 jours il y aura deux ans qu’à un accueil d’une entreprise des Hauts de Seine j’avais remarqué un charmant jeune homme venu remettre un peu d’ordre dans le système téléphonique, et qu’histoire qu’il me remarque j’étais négligemment allée boire un verre d’eau à l’autre bout de la pièce, habillée ce jour là en petite jupe avec des bottes à talons hauts, il s’en rappelle encore. Ca l’avait décidé à m’inviter boire un verre).
Bref.
Hier midi, je bouffe au Quick.
Pour la première fois depuis que je bosse à Belleville je mange au quick, d’habitude je mange chinois, un sandwich, je vais acheter à bouffer au franprix ou j’amène ma popotte.
Mais le lundi les chinois sont fermés, pas envie d’aller au Kebab, sur les choses de 14h, je vais au quick. Je fais ma pouf light, le menu avec le sandwich roll machin truc sans pain brioché ni sauce dégoulinante, salade et coca zéro, et je mange en lisant Public avec délectation.
Genre 1h après je me sens pas terrible.
Bon, moi les nausées, j’en ai tout le temps (accompagnement inévitable des migraines), je m’inquiète pas, mais ça va ça vient, c’est bref, léger, ça passe et c’est fini. Mais là quand même, je crois pas que j’aie la migraine. Bref, ça passe.
16h : quand même là ça craint, je me sens vraiment pas bien, je prendrais bien l’air, frais dehors ouf ça passe, finalement, fausse alerte, je le savais, je devrais pas bouffer du fast food à chaque fois je passe l’après-midi à le digérer, j’ai l’estomac fragile pour la bouffe industrielle.
17h : serre les dents ma fille, serre les dents, dans 2h t’es à la maison et tu pourras être malade, la gastro au bureau c’est no way.
18h : je pleure une ou deux larmes dans ma voiture parce que merde putain, pas une gastro j’en ai pas eu depuis au moins 4 ans et que j’ai pas envie et que j’ai mal et j’ai peur (oui, vomir me fait terriblement peur) et je veux ma maman et je dois bien avoir un pochon dans cette foutue bagnole des fois que j’aurais pas le temps d’ouvrir une fenêtre ou de me mettre sur le bas-côté en cas d’urgence.
19h : après un rentrage en mode zombie fenêtres ouvertes pour passer les nausées où j'ai même snobé France Inter qui me soulait, maison, toilettes, appel à l’Homme :
« Tu me fais un saut à la pharmacie sur le retour ? J’ai une gastro, j’ai maaaaal, j’ai des nausées, je me vide, même si j’ai la chance de pas encore avoir vomi
-Ah, toi t’as chié ton squelette ?
-Ah… Donc les rares grumeaux solides devaient être de petits os.
-Je vois ce que je peux faire, je te ramène du coca, à tout à l’heure »
Je vous l’avais dit, le glamour en prend un coup.
Mon dieu, mon mec me parle comme à un vieux pote.
Et je lui répond pareil.
Bref, on n’en est qu’au début, les plus sensibles peuvent d’ores et déjà appuyer sur la petite croix rouge en haut de leur écran.
Il rentre je suis en boule sous la couette, j’ai mal, j’ai envie de pleurer. Il me file un premier cachet, ça me fait tellement mal d’avaler un truc que je refuse le deuxième et que je me mets à pleurer.
Je gémis en boule sur le canapé, terrassée par des vagues de nausées et des départs en urgence pour les toilettes. Je me retiens de vomir.
Je pleure.
Je couine.
Je gèle.
Jusqu’au moment où ma théorie selon laquelle on a toujours le temps d’atteindre la cuvette tombe à l’eau, je retrouve tout mon quick sur le sol de la salle de bain. Non, je déconne, juste le premier jet, le reste j’ai réussi à viser le lavabo. Et à dégager poliment l’Homme qui, surpris de me voir bondir aussi violemment en direction de la salle de bain est arrivé pour être sûr que tout allait bien, et souhaitant conserver une part d’orgueil j’ai bavé « reste pas ! » entre deux salves avant de glisser, vaincue, le long de la baignoire.
Il a fallu tout nettoyer. Y compris moi. Heureusement que ça allait mieux, hein, parce que mon orgueil n’aurait pas survécu à me faire doucher par l’Homme et à le laisser nettoyer la salle de bain dans l’état dans laquelle je l’avais laissée. Bref, une demi-heure plus tard j’avais tout bien javellisé la salle de bain et m’étais douchée et shampooinée, ça allait mieux, vraiment, plus jamais je bouffe chez quick. J’ai bouffé dans les restaus chinois les plus glauques de Belleville, dont un avec une cuisine à ciel ouvert avec un chat qui goûte la farce des raviolis à même la bassine de farce posée à même le sol (et j’y ai mangé plusieurs fois dont une avec l’Homme) et rien, nada, pas la moindre intoxication alimentaire. Je bouffe un quick, paf, je dégueule tripes et boyaux. Je ne suis plus qu’un long tuyau vide, vous me direz, c’est le moment idéal pour se peser, quand aucune matière excédentaire n’encombre les intestins.
Je m’endors, épuisée et trempée sur le canapé (la flemme de me sécher comme il faut après la douche).
Longtemps plus tard, l’Homme me réveille pour que j’aille me coucher dans le lit, je suis totalement gelée d’être restée plus d’une heure en petit tee-shirt pantalon thai cheveux trempés, je tente de me réchauffer en faisant la sangsue sur l’Homme qui me laisse faire. J’arrive pas à dormir (ou si peu), j’ai mal à mon estomac maltraité, et peur que ça recommence. A minuit, il se lève. C’est pas dans ses habitudes de se lever la nuit (pas comme moi qui vais aux toilettes minimum une fois par nuit). Trois quarts d’heure plus tard il se relève
« Ca va ?
-Non
-Qu’est-ce qu’il se passe ?
-Pareil que toi tout à l’heure »
Du lit, j’entends. A 1h du matin, il n’est plus non plus qu’un long tuyau vide. Je me lève. Côte à côte, tous nus dans la cuisine éteinte éclairée par le lampadaire blafard, un verre de coca chacun, l’instant est (presque) romantique.
Je me rendors pas (ou si peu), à 3h et quelques je prends le deuxième comprimé boudé la veille et un antalgique, la douleur s’estompe, je m’endors. Le réveil sonne 3h plus tard… Je négocie 1h de sommeil supplémentaire, je me suis douchée hier, pas question que je bouffe quoi que ce soit ni que je me maquille et je m’habille comme hier. Petit déjeuner : un verre de coca chacun.
Accueil des collègues (que j’ai refusé d’embrasser, of course, sauf un qu’a insisté) « Bah t’as une tête de p’tit cadavre » « Dis-donc, t’est un peu verte » et la plus sympa « T’es toute pâle ».
Depuis ce matin je lutte au bureau, j’ai envie de dormir d’une force… 100g de riz à midi et un peu de coca, je vendrais ma mère pour un lit un oreiller et une couette (pardon maman). Voire un lit déjà fait puisqu’il faut qu’on change les draps (ils commencent à être rigides depuis le temps qu’ils sont là, et depuis la nuit dernière il est hors de question de repioncer dans les mêmes), la chambre sent le malade.
Bref, tout cela m’inspire cette phrase du bien-aimé et tant regretté Coluche
« Vous savez quel est le meilleur remède contre la toux ? Vous prenez un bon laxatif. Ben vous osez plus tousser, hein ? »
par Fantomette publié dans : Quand la vie devient pourrie
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Lundi 21 janvier 2008
Vendredi je voulais voir la mer.
Samedi 10h15, on roulait en direction d’Honfleur pour aller voir la mer, et se remplir les poumons d’air pur.
Samedi midi on déjeunait dans un petit bistrot sur le vieux port. Une petite heure de balade digestive, une paire de chaussures, une grande sieste à l’hôtel…
Une bière dans un café-jazz, des cartes postales à mes parents « Si le plateau de fruits de mer ne vient pas à nous, nous irons au plateau de fruits de mer » « Le vent, l’air, le calme, pas de doute, la bière est bien meilleure ici ».
Et on a marché jusqu’à la mer…
Parce qu’il faut bien s’ouvrir l’appétit, et parce qu’à Honfleur il n’y a pas la mer, il y a le port, il faut longer le port sur deux ou trois kilomètres pour arriver sur un bout de plage. Il faisait nuit, pas un chat, on était seuls sur la promenade… Seuls sur une longue promenade pavée entre la mer et les grilles d’un parc avec les lampadaires à l’anglaise tous les dix mètres, à voir passer une péniche ou un paquebot à moins de 150m de nous, avec le sable au bout. Une étrange plage sans algues qui ne sent pas la mer…
Un restau sur le vieux port, une friture d’éperlans à manger avec les doigts accompagnée de bière à l’apéro, des crevettes mayonnaise, d'exquises moules-frites à la crème arrosées de Riesling, un Calva Hors d’Âge qui rend poétique à la place du dessert et fait oublier toutes les calories ingurgitées.
On s’est endormis sans trop broncher, vaincus par le repas, l'alcool et l'air du large.
Le matin, on a paressé au lit, on n'était pas là pour visiter la région, y'avait pas le feu... On a rendu la chambre, et on est partis petit-déjeuner d'une brioche roulée à la crème de noisette (maison !) sur la plage, on s'est un peu baladés, et on a décidé de partir boire un café à Deauville. Une petite vingtaine de bornes dans la campagne.
On a trainé un peu, on a tourné dans la ville, on s’est promenés, on a fait le marché, on a mangé un sachet de praline, on a bu un mauvais café, on a traîné sur la plage, il faisait frais, le vent soufflait fort, moi j'adore ça les bourrasques... On s’est photographiés sur la promenade des anglais en cherchant le nom des stars le long des vestiaires, j'ai ramassé plein de coquillages, j'ai trempé le bas de mon jean dans les flaques de mer sur la plage.
On a regardé les riches à travers la vitre du restaurant et la gamine qui s'emmerdait ferme au milieu des plateaux de fruits de mers au prix de l'or.
On a repris la route par les petites routes, on a acheté plein de fromages chez un artisan de la campagne Normande, on s’est arrêtés déjeuner à Rouen, on a fini par prendre l’autoroute et on était à Paris à 19h.

Vous m’y ferez jamais mettre les pieds en été. Mais en hiver c'est très agréable...
PHTO0191.JPGSur la route

PHTO0199.JPGLe Pont de Normandie

PHTO0202.JPGLe vieux port

PHTO0204.JPGBallade nocturne...

PHTO0213.JPGLe seul hic : détail de la chambre d'hôtel... je sais, ça fait peur...
 PHTO0216.JPGEt oui, tout n'est pas qu'or et paillettes à Deauville...

PHTO0227.JPGDevant les vestiaires de la promenade des anglais...
 PHTO0246.JPGPHTO0243.JPGPHTO0244.JPGPHTO0242.JPGLe but de notre venue...



Et enfin, comme tout le monde le faisait, on a décidé qu'il était hors de question d'être en reste. Nous aussi nous l'avons fait...PHTO0253.JPGOui, je sais... Et alors ?
par Fantomette publié dans : Moments qui font rêver
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Jeudi 17 janvier 2008
Préambule...
La dernière fois que j’ai parlé de ce sujet je me suis ramassé des intégristes du genre « droit à la vie » comme si la vie c’était obliger une môme de 15 ans à garder un gosse alors qu’elle n’a ni l’envie ni le père ni les moyens pour l’élever, alors adeptes du genre passez votre chemin, toute remarque remettant en cause, ou trop critique à l’égard des droits pour lesquels nos aînées se sont battues sera impitoyablement censurée.


Ca y est, je le re-ai.
Mon implant dans mon bras.
Parce que les trouilles et angoisses diverses de pilule genre « ah merde on part en week-end chez mes parents à 400km de là et je l’ai oubliée @home » « Tiens, je comprends pas, mon portable sonne tous les soirs à 20h pour me le rappeler et en recomptant, là, je vois que j’en ai pourtant oublié au moins 3 sur cette plaquette » « Je devais pas avoir mes règles avant-hier, moi ? » bref, je suis pas tombée enceinte malgré les menaces de ma gynéco « Faut faire attention mademoiselle, à votre âge vous êtes au top de votre fertilité » vas-y rassure-moi c***sse, ma mère est tombée enceinte pour la 6ème fois genre en 15 jours à 41 ans, la baisse de fertilité avec l’âge, elle connaît pas ma mère, c’est un coup à flipper de tomber enceinte sous pilule « au top de ta fertilité » un exemple familial pareil.
Du coup, je me suis décidée je sais plus trop quand, un jour j’ai dit « allez hop je reprend ma santé en main », j’arrête de ma faire prescrire la pilule par mon médecin traitant et je vais voir la gynéco plus d’une fois tous les deux ans, je retourne confier mes quenottes à un grand méchant dentiste à la fraise menaçante pas consulté depuis novembre 2004 (qui s’est avéré être en fait une gentille dentiste rigolote et sympa comme tout qui a eu la délicatesse de ne diagnostiquer aucune carie et de laisser la fraise au placard), je vais voir un ophtalmo des fois que mes migraines viendraient de mon vieux problème de strabisme (non, votre Fantomette ne louche pas, mais mes yeux ont un très très léger désaccord sur la direction qui ne se voit pas, qui n’altère pas ma vue, mais qui me fatigue et doit contribuer à 80% de mes migraines de fin de journée), pis mes migraines j’en avais moins avant quand j’avais mon implant, on va bien voir si ça a pas un lien avec mes hormones c’t’histoire…
Donc hier je me suis pointé à l’hôpital avec à la main la boîte de mon implant que m’avait prescrit le doc, le gynéco de l’hôpital était franchement super chouette, très gentil, sympa, drôle, de bonne humeur après une journée de boulot, rendez-vous prévu à 17h45, à 17h44’55’’ je pose mes fesses dans la salle d’attente, eh ben moins de 5 secondes plus tard je serrais la main du doc et le félicitais chaleureusement de sa ponctualité tandis qu’il me félicitait de la mienne, nous sommes entrés en consultation en nous congratulant joyeusement, faut avouer que les bases étaient bonnes pour que ça se passe bien. Il m’a même un peu vanné avec la Bétadine genre « Bon, voilà, vous allez être un peu bronzée pour une fois » « Pfff vous parlez, ¼ h et de l’intérieur du bras gauche… »
« Vous m’aviez pas dit que vous mesuriez 1m70, vous ? » (quand je me suis levée, faut dire que j’avais 12 bons centimètres de talons)
Pour vous dire, pendant que je luis racontais ma grossesse puis fausse couche de mes 17 ans (ratage dans la prise de pilule) qui avait motivé la pose de mon premier implant, il me racontait la petite de 15 ans reçue en consultation le matin même, enceinte, à qui il avait prescrit l’implant après son avortement, la cicatrice que ça laisse (minime, genre une trace rose de 5mm après retrait cicatrice de pose quasi invisible) alors je lui disais que ça valait franchement bien le coup au vu du service rendu, bla bla non, la petite aiguille [ndla : l’anesthésie] je m’en fiche, je donne mon sang je suis habituée c’est la grosse [ndla : la pose de l’implant diamètre de l’aiguille : 2,5mm] qui me fait peur d’avoir mal, vous inquiétez pas pour moi, je tournerai pas de l’œil, j’adore regarder, ATTENDEZ AVANT DE PIQUER LA GROSSE vous êtes sûr que l’anesthésie a fait effet ? Allez-y après tout c’est vous le doc, hein ? Non, non, rien senti, vous aviez raison.
Du coup j'ai pas pu dormir comme j'aime surle côté l'oreiller entre mon bras plié et ma tête vu que je douille de l'intérieur du bras gauche. Et le côté droit ? Le côté droit y'a l'Homme en face qui respire mon oxygène. J'ai hâte de plus avoir mal pour pouvoir toucher et sentir l'implant à travers la peau, ce que j'adorais faire avec l'autre et qui horrifiait ma soeur la Belle qui trouvait ça dégueulasse (et va être dégoûtée quand je vais lui dire, elle qui commence chacune de ses phrase lorsqu'elle s'adresse à moi par "c'est quand que je suis tante ?")
J'ai un truc bleu violacé à l'endroit de l'implant, un point rouge sanguinolant et un bleu d'une couleur comme savent le faire uniquement les bleus frais, un vieux bleu devient terne, vert, jeune, là il est fushia, bleu vif, violet, je l'ai photographié en souvenir !


Bref, me voilà peinarde pour 3 ans sans pétocher d’un polichinelle surprise, et si un p’tit SuperHéros se pointe c’est qu’on l’aura fait exprès.
par Fantomette publié dans : Morceaux de la vie de tous les jours
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Vendredi 11 janvier 2008

« Tu me concèdes une victoire facile et sans appel pour le canapé ? »
Il a dit oui. Alors on y retourne.
Chez Ikea, je veux dire.
On y est allés hier soir, et comme tous les couple qui y vont, on a fini fâchés à la caisse (surtout moi).
C'est la faute de ma mère, elle l'a dit l'autre jour qu'elle a fait un bébé qui supporte pas la frustration. C'est pas ma faute, c'est celle de ma mère.
J'aime pas ses canapés, j'aime pas les motifs, j'aime pas les couleurs. Et comme je tends à m'incruster chaque jour davantage dans son quotidien et sur ses canapés, je tente jour après jour d'y mettre mon grain de sel. Et ma tentative d'hier consistait à acheter des grands morceaux de toile de coton pour recouvrir les canapés et masquer les signes chinois. Vous autres qui avez dans les 22 ans et 2 mois, je suppose que ça vous rappelle pareil que moi : au collège,  les pétasses Pimkies cheap vêtues de fringues à motifs d'idéogrammes de la tête aux pieds qui n'y comprenaient rien mais s'en faisaient tatouer un au bas du dos, perso, je suis allergique au motif idéogramme, overdose de mon adolescence où les boutiques en débordaient.
TF532-.jpgAlors moi je me rebellais et portais le fameux tee-shirt « cerveaux » (dont voici le motif) devant *** que je savais facho comme pas deux, le *** en question s'étranglait en me trouvant bien insolente et mal élevée.
Mais je m'égare.
Bref, l'Homme regarde le tissu de loin. Se rapproche. Aime bien ses canapés quand même, même si je lui explique que si on les avait choisis à deux on en aurait pris d'autres. Puis finalement non, n'arrive pas à voir ce que ça ferait. « Parce que quand t'achètes un canapé tu sais à l'avance comment il fera dans ton salon ? » « Non mais c'est pas pareil ». Il dit qu'on verra bien avec sa chemise en lin de la même couleur sur un coin du canapé comment ça fera « Parce que tu crois vraiment qu'avec une chemise de 1m² posée sur l'angle du canapé ça donnera une impression d'ensemble de ce que ça peut donner recouvert d'un tissu ? » Et je fais mon huitre, vexée à mort, je la ferme.
La faute à ma mère je vous dis, je supporte pas la frustration.
Je voudrais lui expliquer que je fais pas la tronche, que je digère. Mais impossible de décrocher un mot, j'huitre. Dans ces cas-là je peux pas parler. Pis ça passe tranquillement, je digère et en rentrant je lui demande de mettre sa chemise sur le coin du canapé « Ah, hem... C'est-à-dire que pas de bol, elle est en attente d'étendage, elle est humide » « Ca tombe bien, j'hésitais entre le tissu clair et foncé comme ça on verra bien ce que rend le plus sombre, hein ? » Il la met, se rend compte que ça ressemble à une chemise sur un coin de canapé et en aucun cas à potentiel canapé recouvert de tissu. Je n'ai pas la victoire modeste d'habitude, mais c'est pas le moment de le brusquer sur le sujet. Alors je l'appelle tout à l'heure. Voir première phrase de l'article pour l'entrée en matière de la conversation.
Mais bon, je me suis juré que j'allais pas revenir là-dessus vu que j'ai aussi réussi à négocier la disparition des couverts Laguiole. Déjà, je supporte pas quand les manches ne sont pas faits d'un seul bloc en métal sur les couverts que je mets dans ma bouche (cuillères et fourchettes, donc), je trouve ça sale, j'ai toujours l'impression que des restes de bouffe moisissent dans les interstices du manche, j'aime pas, j'aime pas, j'aime pas, j'aime pas, et en plus je trouve pas ça joli (chut, ne lui dites pas, mais je trouve que ça fait beauf). Mais lui trouve que les couteaux coupent bien, et en plus il les trouve jolis. On était juste d'accord pour changer tous les couverts pour des assortis. Je voulais les couverts brillants, il voulait les mats, il n'y a pas de couteau qui coupe dans les ménagères Ikea, que des couteaux à beurre, il espérait sauver ses couteaux à viande Laguiole. « D'accord pour les couverts mats mais on dégage les couteaux Laguiole et tu choisis les nouveaux couteaux à viande tant que je suis d'accord avec toi », mais vu qu’il trouvait que le rayon couverts du Ikea de Thiais est moins garni que celui de Villiers, et que moi je trouvais pas, on n'a rien acheté quand même (sauf un niveau laser et des lingettes) et on y retourne ce soir mais à celui de Villiers.
Il m’a concédé une victoire facile et sans appel sur le canapé, je lui ai concédé la même en retour sur la taille du rayon couverts… Je me trouve gagnante, mais bon…
Z’aviez raison, les gens, la vie de couple c’est des compromis.
Et pas que de couple, d'ailleurs. J'en avais ras-le-bol des petits carrés de tissu à faire, pas envie de finir tard le soir. Alors ma collègue de petits carrés devait passer chez Ikea mais avait la flemme et elle est crevée, alors je lui ai gentiment proposé de me charger de ses achats, elle m'a noté les références, filé les sous. En échange, je pars à l'heure normale et elle bosse toute seule après 18h.
Du coup :
- Je pars à 18h (17h30 aujourd'hui)
- Elle peut larver tout le week-end sous la couette

Elle est pas belle la vie ?

 
par Fantomette publié dans : Morceaux de la vie de tous les jours
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Jeudi 10 janvier 2008
Je sais, je réponds pas aux commentaires dont celui adorable et hyper long de... Yoann, je crois,  je suis en plein petits carrés de collections hiver 08-09, je finis lundi, je reviens bientôt...
Le texte écrit depuis 10 jours déjà et promis l'autre jour...

Oui, oui, je sais, je suis pas là. Mais j’ai les sinus prêts à éclater, je passe mes journées à faire des petits carrés de tissu et là je tape en urgence trois mots (ou plus) avant que ma collègue aux petits carrés n’arrive et que je sois privée d’ordinateur pour la journée (et à la maison je suis pas à l’aise pour taper de longs textes sur un portable).

Mais bon, autant j’aime Noël, autant le nouvel an, bof. Les « meilleurs vœux » et autres me laissent un peu de marbre, les personnes de mon entourage quine me l’ont pas souhaité je leur ai pas souhaité, je sais jamais quoi dire « Bonne année » « Ah oui, et surtout la santé » bref, cette année j’ai souhaité mes collègues « amour gloire et beauté » ce qui est l’essentiel quand même.
Nous partîmes un vendredi soir avec un légume à l’arrière : un passager pris en covoiturage qui est arrivé 45mn à la bourre et n’a pas décroché un mot malgré les tentatives de l’Homme genre « Et toi, tu es de Nantes ? » « Alors, en vacances ? » donc on l’a posé (sur sa demande) à Angers dans une station service glauque en banlieue contre 20€…
Ces 4 jours à Nantes ont été grandioses, on a eu une horloge géante avec l’Homme pour Noël et des rillettes de Mémé et la veste de Sandra. C’est une copine à ma mère qui avait une veste sur laquelle j’ai flashé, maman a récupéré le patron et me l’a cousue, elle a fabriqué une étiquette comme pour la marque avec écrit dessus « Fée Main Mounette », mes copines m’ont offert un set spécial apéro classe, un grand plateau, des cuillères apéritives en porcelaine et des verrines et des cuillères-fourchettes à verrines plus le livret de recettes qui va avec, manque plus que la coupe de champagne pour de croire à la Tour d’Argent, je les soupçonne de me faire passer un message subliminal genre « Invite nous à Paris prendre l’apéro chez toi… »
On a mangé deux raclettes, chez le mec qui est amoureux de ma sœur (d’après ma mère) mais marié avec une autre et chez ma copine Estelle qui a un appart d’une 70aine de mètres carrés débarras compris au centre de Nantes que plus au centre c’est pas possible et qu’elle le paye moins de 600€/mois, province je t’aime.
On a fait une vache qui tache, vous savez, le jeu où on est autour d’une table (ou pas) avec un numéro attribué chacun, un peu bourrés avec un bouchon brûlé au bout et on doit dire « Je suis la vache sans tache qui tache numéro 2 et je vais tacher la vache sans tache qui tache numéro 8 » si tu réussis à le dire sans bégayer tu colles une tache de bouchon à la vache n° 8 (si tu réussis pas tu prends une tache) qui devra dire « Je suis la vache qui tache avec une tache numéro 8 et je vais tacher la vache sans tache qui tache numéro 4 » et faut se rappeler de son nombre de taches et tout et tout, et tu finis avec des gros pois noir partout sur la tronche.
On a bouffé, bouffé, bouffé…
Le 31 décembre à minuit on a regardé le feu d’artifice tiré sous les fenêtres de l’appartement et avec Biquette on a joué les démiurges au balcon, on créait le feu d’artifice avec des grands gestes type chef d’orchestre pendant que l’Homme et le copain d’Estelle jouaient les Général De Gaulle en lançant à la foule compacte venue voir le feu des « Je vous ai compris ! » et des remerciements d’être venus si nombreux, c’était moi qui avais les plus gros seins de la soirée. Faut vous dire qu’avec mes copines sus-citées, on n’a pas de seins. Ou pas beaucoup, du moins, ça a toujours été un grand sujet de discussion et d’envoi de photos genre « Tu verras en pièce jointe, j’ai l’air de faire un 95D » mais comme j’ai pris des kilos, ben j’ai mis un décolleté plongeant et une robe un peu ample histoire de cacher un peu le bas et d’exhiber le haut et l’Homme m’a assuré que c’est moi qui en avais le plus (faut dire qu’il doit me rester 3 soutien-gorge à ma taille, j’ai même retiré les rembourrages H&M). Le bonheur tient à peu de choses.
Enfin bon, mes seins on leur a fait un adieu officiel because avec l’Homme on se met au régime. Le pauvre chéri a pris 5kg (sur 1m95 de bidoche ça se voit pas mais lui pense que si alors que moi 10kg sur 1m70 ça se voir grave) et veut perdre ses poignées d’amour (t’inquiète l’Amico, je le laisse pas faire, je lui mets des blocs de saindoux dans son potage et des grands bols d’huile à la place du café le matin) alors bon, on a commencé le programme détox après les fêtes avec de la tarte aux légumes et au parmesan, de la salade de chou cru (je passerais ma vie à bouffer du chou cru en lamelles, avec des bouts de pomme c’est à tomber par terre), des galettes de soja-tomate-moutarde-parmesan, que de la bonne protéine végétale et du bon légume et des bonnes céréales bio (et du parmesan), je nous ai abonné à un panier de fruits et légumes bio hebdomadaire et ai tenté en vain d’expliquer à l’Homme que non, pas de régime sec, que tu peux bouffer du poireau vapeur pendant un mois si tu veux, tu perdras 10 kilos et en reprendras 20 le mois suivant, « oui mais au moins je perdrai 10 kg », pas facile… Oh, je m’inquiète pas, si je lui mets un tournedos sous le nez il oubliera l’idée même de manger un légume vapeur seul.
Bon, je vais pas râler, je m’inquiétais de prendre du poids alors qu’il était difficile de faire attention aux côtés d’un doberman comme lui, on va pouvoir revenir à de bonnes habitudes…
ck

par Fantomette
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Mardi 8 janvier 2008
J’étais triste toute la soirée parce que l’Homme me dit que finalement, quitter l’Île de France pourquoi pas un jour peut-être mais oui, enfin bon on verra, quoi, je voudrais bien découvrir un peu mon nouveau taf et pis on verra, hein ? Mais si ça me plaît mais plus tard, un jour.
J’ai eu l’impression de lui avoir demandé de faire un bébé.
Dans tout ça, je retiens quoi, moi ? Que « découvrir son nouveau taf » ça fait 8 ans qu’il fait le même la seule différence c’est qu’il passe 90% de son temps en clientèle et 10% en hot-line contre la proportion inverse avant mais c’est le même taf, et j’ai juste eu l’impression qu’il avait plus envie, que partir c’était un coup de tête, une remarque en l’air un soir de fatigue et qu’il fallait refermer la parenthèse.
C’est con, hein ? Mais moi mon rêve depuis 2 ans c’est de quitter la région, si je l’avais pas rencontré je serais à Nantes à l’heure qu’il est. Alors la petite brèche qu’il avait ouverte je me suis engouffrée dedans. Je me voyais déjà chez moi, chez nous, ailleurs. Je savais qu’il y avait pas le feu, j’étais pas pressée, je voulais juste qu’il en ait aussi envie que moi, qu’il envisage le truc, regarde de temps à autre si y’a du boulot, des maisons,…
« Tu regardes pas par manque de temps ou d’envie ?
-Euh… Un peu des deux en fait. »
Parfois je voudrais pouvoir repartir comme je suis venue, comme ça, parce que j’en ai envie. Je suis venue pour rien à Paris, comme ça, pour déconner, pour suivre Albin qui était accepté dans son école de stylisme, pour voir, pour dire « j’y suis », parce que je venais d’avoir 18 ans et que c’était drôle de partir à Paris à 18 ans, pour prouver un truc à mes parents, pour la décadence de passer des nuits à boire entourée de créatures dans le Marais, pour voir si j’y arriverais, pour tout et pour rien, quoi, pour voir ailleurs si j’y étais.
C’était pas prévu au programme de tomber un jour amoureuse d’un homme comme lui, ni d’avoir envie de rentrer, et surtout de pas avoir envie de rentrer sans lui.
Je voudrais repartir pour voir si l’herbe est toujours plus verte là-bas, pour voir la mer le dimanche, pour voir mes frangins plus de 6 fois par an, pour passer moins de temps sur la route, pour avoir du Kouign Amann dans les boulangeries et qu’on ne me serve pas des galettes beurre-sucre au beurre doux, pour prendre le tram de la TAN et entendre le bruit quand on poinçonne le ticket et la voix de pétasse de la nana qui annonce les arrêts (à Nantes on dit pas une station, on dit un arrêt), pour cuisiner avec ma mère, pour user un peu moins la Fantomobile dasn les bouchons et pouvoir la garder jusqu’à ce que j’aie fini de la payer, pour Lui faire aimer la vie de chez moi, pour partir, en fait, partir pour partir, pour me prouver que je ne suis pas enracinée ici, que ce n’est pas trop tard, pour ne pas vivre à ses crochets.
C’est beaucoup moins grave que ça en a l’air, hein ? Mais maman le dit si bien que je ne supporte pas la frustration, c’est de sa faute d’ailleurs (tout est de la faute des mères, c’est bien connu, pis c’est Freud qui l’a dit), je m’envole toujours un peu trop haut et du coup me casse la gueule toujours un peu trop bas. Mais bon, je suis comme un enfant, je me relève vite, et comme j’en ai un peu marre de me casser la figure je fais gaffe. Et du coup j’en ai marre de me jeter à bras-le-corps dans aucun projet tellement j’ai peur de me ramasser, je me suis trop cassé la gueule pour oser m’envoler, en fait, je passe l’éponge dés que j’ai peur de pas réussir, je suis du genre à rompre par peur de me faire larguer (je dis pas ça pour toi, évidemment, c’est juste pour l’exemple).
Rien que l’Homme, tenez, je sais pas comment je fais, tellement j’ai la trouille qu’on aille droit dans le mur, tellement j’ai peu de foirer, mais tellement ce coup-ci c’est même pas envisageable que ça marche pas, c’est angoissant, je peux même pas me débarrasser de ma trouille en me débarrassant de lui, je peux pas vivre sans lui, c’est à la fois un défi énorme à relever, une montagne que j’ai toujours rêvé d’escalader mais les ravins et les pierres branlantes me font peur, mais peur… Et j'aime pas affronter mes peurs.
Mais je peux pas me pondérer, je peux pas envisager un truc sereinement, ou j’en ai vraiment envie, ou j’en ai vraiment pas envie, où je m’en fous, mais j’en ai pas un peu envie peut-être un jour pourquoi pas.
Si c’est pas noir, c’est blanc, du coup qu’il me dise ça c’est un peu comme si ça m’avait cloué à Paris, ici, chez lui.
« Non, je suis pas triste, je te dis, je digère ma déception ».
Voilà, de le dire et l’écrire ça aide à digérer, comme un grand bol de bicarbonate de soude après un repas de réveillon ou deux comprimés d’aspirine après une cuite.

Je suis pas triste, je digère.
par Fantomette publié dans : Morceaux de la vie de tous les jours
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Lundi 7 janvier 2008

J’ai revu samedi soir Maria, la Russe dont je vous avais déjà parlé.
Après les banalités d’usage, les « comment va la famille, le boulot, ton mec, les chats ? » on passe à du plus varié genre « Tiens, là on est en plein Marais, tu connais ? Le quartier gay, bon, là il est tôt mais parfois la nuit tu y croises de drôles de créatures ».
Ce que je craignais c’était de tomber sur une obscure Poutinienne, mais la donzelle est plutôt ouverte, elle bosse dans une très grande compagnie internationale, est maquée avec un Italien, intelligente, cultivée, tout ça me pousse à tenter l’ouverture. Elle me dit que son pays a beaucoup changé, je réponds que globalement, la France a une image assez négative de la politique Russe. A cause de Poutine et de sa conception particulière de la démocratie et de la liberté de la presse. Elle ne me regarde pas de travers, mieux, elle approuve, elle a voté contre lui. La télé fait de la propagande, annonce qu’il sera le Président parce que la Russie a besoin de lui, sans faire allusion au fait que son élection est soumise au vote du peuple. Je lui dit que j’ai été choquée que pour une manifestation opposée au pouvoir « non autorisée » Gary Kasparov soit jeté en prison.
Elle me fait des yeux ronds : elle n’était pas au courant.
Je lui ai expliqué ce qu’il s’était passé, ça la désole, mais bon… Elle peut pas s’empêcher de se dire que bon, faut bien quelqu’un de fort au pouvoir après tout, la propagande fait bien son boulot.
Mais je lui ai quand même dit que c’était délicat de filer des leçons de politique à la Russie quand t’as un président qui joue les anti-robins des bois et fait le joli cœur sous les flashs à Petra avec sa pétasse (Rumeur infondée* : surnommée « la traînée » dans le 8ème d’après un collègue qui m’expliquait que tout Paris-Ouest lui est passé dessus (lui y compris), c’est un peu le jeu des mecs du quartier de l’accrocher à leur tableau de chasse et c’est pas dur visiblement mais je suppose que ces allégations sûrement mensongères ne sont que l’œuvre de mauvaises langues jalouses*) tout en quasi-triplant son salaire, et que finalement nous on était libres de dire que Sarko est un con (avis personnel) doublé d’un menteur (dixit l’intéressé « Je n’exposerai plus ma vie privée ») mais uniquement dans le Canard Enchaîné parce que sinon les médias sont non pas muselés comme en Russie, mais quand même tenus en laisse vu que les grands patrons des groupes d’information sont les amis « intimes » de Nabotléon et que par exemple personne t’as dit que la pauvreté avait augmenté d’un point à part Libé et que si y’avait pas le Canard, Bollufert jouerait encore les Hervé Gaymard à nous faire la leçon, c’est comme l’autre, là, Lagarde qui nous dit « prenez vos vélos pour moins polluer, et moi je rentre chez moi dans ma grosse berline achetée en urgence avant le 1er janvier pour pas payer l’écotaxe ».
Après avoir laminé la politique Russe et Française, on a bu à notre santé et à celle de son Italien qui était en fait là depuis le début mais dans le tourbillon des retrouvailles on l’a un peu ignoré pendant une heure. Ravi qu’on s’intéresse enfin à lui, il en a profité pour cracher un peu sur Berlusconi histoire de pas être en reste et de montrer qu’il suivait.
Sinon, j’ai pas été déçue, elle a enquillé deux pintes sans faiblir et a levé un sourcil interrogateur quand j’ai refusé la deuxième au prétexte que je dois conduire pour rentrer…
On s’est fait accoster par le traditionnel mec avec ses roses, et quand je lui ai dit le tout aussi traditionnel « Non merci on a déjà baisé » j’ai pas osé leur traduire (vu qu’elle parlait pas français, lui à peine, moi pas Russe et à peine Italien on parlait en anglais).
On était dans un micro bar de 15m² tenu par des Irlandais où tu vas te servir au bar et tu parles anglais because le serveur parle pas français et si tu réclames « half-a-pint » le gars rigole et te sers une pinte en te disant qu’elle est bien bonne celle-là ça faisait un bail qu’on lui avait pas faite, idem quand j’ai refusé la seconde pinte sous prétexte de conduire (ça avait pas l’air de le choquer de boire 1 litre de bière et de rentrer en voiture) et que je lui ai expliqué que ok pour la half-a-pint, je déconnais, mais là je suis vraiment sérieuse, si, si, arrêtez de rire, vous êtes vexant.

 

 

 

Bilan :
- Je suis priée de disparaître tous les samedis soirs pour permettre à l’Homme-de-mes-pensées de regarder Turbo et des films avec du bruit, de l’action, des bastons, voire un peu d’horreur, choses qui sont intolérées en ma présence
- La liberté de la presse en Russie c’est pire que ce que vous imaginiez.

Allez, amour gloire et beauté à tous, je reviens bientôt pour l’article en retard de la semaine dernière qui est tapé et prêt-à-publier mais je voulais d’abord vous dire ça.

*Je veux pas de procès pour diffamation…

par Fantomette publié dans : Fantomette a encore frappé
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