Il en parle si bien que ce n’est pas la peine d’en rajouter.
C’est celui-là le livre qu’il m’a offert, qui n’existe pas en version poche (ce serait d’ailleurs dommage), un siècle de lettres d’amour. Je n’ai bien évidemment pas résisté à la tentation de l’emmener avec moi ce matin, bien protégé dans une poche en plastique. Un peu encombrant dans un RER blindé, certes.
Mais contenant cette phrase qui m’a fait un bien fou du fond de ma guimauve.
« Les plus belles histoires d’amour ne sont jamais mièvres ».
Eh ben, heureusement qu’on n’est pas mièvres, sinon, qu’est-ce que ça serait !
Bref, on a roucoulé toute la soirée, comme il le dit si bien on s’est rendu compte à un moment que « Attends, je rêve pas là, ça fait 10 minutes qu’on parle bébés », le couscous a été vainqueur par satiété, j’ai oublié mon sac à main au resto, on s’est couchés tard (vers 23h, ce qui est tard quand le réveil sonne aux aurores), je suis éclatée, même pas maquillée (et mal démaquillée d’hier).
Bon, je retourne à mes salles de réunion et à Maria du room service qui roule les « r » en trimbalant les thermos de cafés pour les pédants qui nous traitent comme des sous-merdes.
Exemple
« Fantomette, bonjour,
-J’ai besoin d’une salle pour 6 personne de suite avec une vue sur parc pour des clients pour la journée
-Je n’ai plus rien de libre avant 12h30 et rien sur une grande tranche horaire mais uniquement des dispos de une heure à deux heures.
-Ecoutez, je suis avec des clients importants, j’ai besoin de cette salle
-Oui mais je ne l’ai pas.
-Enfin, mademoiselle, c’est inadmissible qu’on ne puisse pas trouver une salle pour des clients quand même !
-Vous savez, on réserve des salles plusieurs semaines voire plusieurs mois en avance, si vous oubliez de réserver vos propres réunions on fait en fonction des dispos mais en aucun cas on ne peut de notre propre chef libérer des salles occupées par d’autres, si vous voulez je vous donne les noms de tous ceux qui ont réservé aujourd’hui dans les salles et sur la tranche horaire qui vous intéresse et je vous laisse vous arranger avec eux.
-Vous les appelez et vous me tenez au courant ?
-Non, je vous laisse leur noms et vous voyez, vous, directement avec eux, ça ne relève pas de mes fonctions. »
Là, le truc difficile c’est de prévoir à quel moment il va me raccrocher au nez, furax et d’éviter l’explosage de tympans en écartant le combiné au bon moment de mon oreille.
Depuis que Chef m’envoie bosser à 8h à Neuilly à l’autre bout du monde comme avant que je change d’équipe, j’ai décidé qu’à aucun moment je n’outrepasserai mes fonctions, à savoir les consignes obligatoires, point barre. Aucun service rendu, aucun extra.
J’en ai prévenu la chef hôtesse qui a fait semblant de compatir (mais en fait elle s’en fout) que je ne ferai aucun effort, ça la fait visiblement chier, malheureusement, mon contrat m’impose de respecter les consignes mais pas d’en faire plus, tout ce qui n’est pas contractuellement obligatoire, je ne le fais plus.
Je deviens une chieuse procédurière, comme mon chef « Désolé, on est en manque de personnel, on comprend bien mais on n’a pas le choix, on fait tout ce qu’on peut pour vous alléger, malheureusement on est aussi soumis aux aléas des absence et postes vacants, bon courage » (à la chef hôtesse il a dit « Elle est volante, elle va là où on lui dit d’aller, c’est tout », vous noterez que ce n’est pas le même discours). Du coup je bosse moins et ne fais aucun effort pour rendre service à ces messieurs et leurs clients importants, et j’adore ça. Je dis assez souvent que « Désolée, ça ne relève pas de mes fonctions »
Je deviens sadique, j’adore envoyer des mails en réponse à une annulation tardive de déjeuner « Conformément aux accords passés avec la restauration, pour toute annulation moins de 48h à l’avance, vous serez facturés à hauteur de 50%.
Bien cordialement,
Fantomette »
Pendant ce temps je lèche les bottes de la cliente et de Maria, l’une parce quand même, la cliente, faut lui lécher les bottes. J’aime pas mon chef mais la cliente n’y est pour rien, un peu de professionnalisme bordel ! Maria parce qu’elle me livre mes cafés à mon bureau et me gave de viennoiseries restée dans les salles en fin de réunion (et on s’étonne que j’enfle comme une barrique ?). Maria on peut pas lui refuser un croissant, c’est comme refuser la tartine de rillettes que vous offre votre grand-mère qui a connu la guerre, c’est pas possible.
Je travaille, certes, loin, mais je me la coule douce. J’en glande pas une et suis payée à manger des pains au chocolat avec du café frais coulé et pas le truc immonde de la machine.
Dommage qu’il faille se lever si tôt…
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En mars, photo prise par Lola aux Buttes Chaumont
En juin sur la terrasse chez Maman
A une Christmas Party chez une collègue début décembre
Vous dîtes...