Des moments ou des phrases qui me plaisent, le genre de choses qui fait voir la vie en rose.
D'abord la série des phrases d'Ève, elle est très prolixe en ce domaine...

“Bonjour maman bateau, bonjour papa poisson !” à table, debout sur sa chaise, sans raison apparente, 3 ans à l’époque.
"Je trouve que c'est triste alors je fais tomber mes larmes" devant de DVD de l'enfant ours
"Papa tu peux m'aider avec tes costauds ?"
"On dirait qu'il y a du brouillon dehors", il neigeait
"Une docteuse c'est une fille docteuse"
"C'est fait en quoi les doudous ? En amour !"
"Quand je serai grande je serai bébé sister"
"Ma maîtresse elle s'appelle Michelle ma belle" elle a toujours aimé les Beatles
"Non, je veux une glace à léchure" et pas une en pot...
“Si tu continues tes conneries je sors mes instruments à bourjoufler la gliture” Papa à chacune de mes/nos conneries, on y a cru longtemps aux instruments à bourjoufler la gliture.
“Bah... Moi j’dis ça, j’dis rien...” Mon frère.
“Je vais t’envoyer un coup de pied au cul, tu vas valser au plafond et tu pourras pas t’asseoir pendant trois semaines” Papa à table un soir où j’avais fait une connerie. Fou rire en chœur de nous trois, papa furax et vexé de voir son autorité ridiculisée nous envoie au lit et mange tout seul. Quand il monte se coucher on rigole encore.
“Je demande l’asile politique à la baignoire”, moi rentrant d’une soirée trop arrosée. Réponse affligée de l’auteur de mes jours “Ouais, va cuver, prends un bain et je veux pas tant que tu es pas en meilleur état”. J’ai eu honte. Mais honte...
Un copain de classe décédé il y a 4 ans. Lise, 4 ans à l’époque “Il est mort ?” moi “oui” réflexion de la petite. Puis l’évidence la frappe “Mais... Mais alors c’est un prince maintenant !”. C’est con mais j’allais mieux après ça.
“Mérit’rait d’être catho tell’ment il est con cui-là” mais je ne me souviens plus de l’auteur...
“Nous, notre grand-mère, c’est Mamie Nova” Ma grande sœur et moi à l’école quand on était petites.
Papa : “Waxa grebo” nous trois en chœur : “Brastigu !!!”. Non, ça ne veut rien dire.
On avait appris par cœur les multiples de 17 (17, 34, 51, 68, 85, 102, 119,...) ainsi que le carré (289) et le cube (4913) qu’on répétait négligemment quand histoire de flamber un peu devant ses collègues scientifiques papa nous le demandait.
Des semaines que je ne l’avais pas vue, Biquette, depuis la mi-août, depuis son départ en Angleterre, quoi… Quelques furtifs échanges, peu de mails, peu de coup de fils, pas facile de s’appeler et elle avait un accès plus que restreint à internet. Mais bon… Samedi 24 décembre au matin, moi à Nantes en famille faisant les ultimes courses de Noël avec une de mes sœurs, le portable qui sonne, le prénom de son fiancé qui s’affiche à l’écran. C’est elle ! Elle est à Paris, y reste deux jours. Manque de chance, je suis à Nantes et y reste encore quatre jours… Bon, ben raté. Un peu déçue mais pas grave. Bref, Noël se passe, tranquillement. Lundi matin, Bastien m’appelle en me disant qu’elle est repartie mais qu’elle lui a laissé un cadeau pour moi. Quand je vous disais qu’elle était chouette… Je lui propose qu’on se voie dans l’après-midi, je dois aller en ville, il me dit qu’elle lui a laissé mon adresse avec un plan tout ça et qu’il n’est pas loin donc qu’il se propose de passer chez moi ! Adorable, non ? J’accepte, prépare du café et me plante devant le PC en attendant… Une sœur braille « Apoyakelkunpourtoidanlentrée !!! » Je vais dire bonjour à Bastien. Et c’est elle qui est là, dans l’entrée, un paquet à la main !
Arrivé en France il y a un an et demi (en même temps que moi à Paris), on est devenus amis et je l’ai un peu aidé à apprendre le français. Enfin, les mots la grammaire, tout ça, aucun souci mais plus les expressions populaires, l’argot et tout ce que les professeurs vous apprennent rarement en cours. Dont l’expression « ramasser quelqu’un à la petite cuillère », plus quelques vacheries comme « atchoumer » ou « avoir la chair de poulet » et autres. Un jour de blues, je l’appelle, le moral dans les chaussettes, lorgnant avec envie la Seine, bref un jour ou ça va pas. On a rendez-vous. Il arrive, me tend fièrement… une petite cuillère ! J’en ai rigolé trois jours…
Le tout en une soirée.
J’avais rendez-vous, j’étais en avance ou en retard et je commence à réfléchir en me disant que décidément, le temps passe très vite. L’horloge en face de moi se casse, l’aiguille qui était sur le trois, tombe sur le six. A la seconde où j’ai pensé ça.
La personne avec qui j’avais rendez-vous me parle d’un film qu’il avait adoré, coin de rue suivant, l’acteur principal prenait un verre en terrasse.
On s’assied au bord d’une des fontaines de l’Hôtel de Ville, je lui dis que j’aime bien Paris car c’est une ville où tout peut arriver. Un jeune homme déguisé en Brice de Nice surgit et plonge en body-board dans la fontaine.
On repart un peu éclaboussés, un peu plus tard je lui répète que Paris est une ville où tout peut arriver. Au coin de la rue apparaît un copain avec qui j’étais en cours deux ans plus tôt à quatre cent kilomètres de là.
Quelques jours plus tard, à Nantes, je raconte cette soirée à une amie en terrasse d’un café, rendue au moment où l’ancien copain de lycée apparaît au coin de la rue, il apparaît justement au coin de la rue. Séjour suivant à Nantes, je l’ai recroisé par hasard.
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