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Vendredi 4 décembre 2009 5 04 12 2009 11:32
J'ai réalisé ce matin le bronx que l'héritier a foutu dans notre plumard.
C'est simple, avant de l'envisager, le lit était normal, une couette, deux oreillers, basta.
Déjà, une fois envisagé, ça devient le bordel, les douze mille oreillers de la femme enceinte prennent de la place, mais bon, je vous rappelle les dimensions du lit : 2m x 2,10m, globalement on s'y retrouve et on a encore largement la place de pas se trouver quand on tend un bras à tâtons.
Mais alors là, ça devient le bordel.
La moitié des objets présents sur le lit concernent l'héritier.
1 La serviette roulée pour pas qu'il se cogne au mur, c't'un asticot ce p'tit, il se tortille et gigote plus vite que son ombre (moi on m'avait promis qu'un bébé de cet âge bouge pas encore beaucoup, mon *u*, ouais), alors d'ici là qu'un coup de rein l'envoie valser dans le mur, y'a la protection.
2 La douillette.
3 Puis le coin dodo, un gros lange en toile de coton bien épaisse qui sert d'alèse, un lange en coton doux par dessus pour pas lui irriter les joues, et un lange plié en quatre pour absorber le gros des régurgitations.
4 La loupiote pour les tétées de nuit histoire de voir ce que je fais et de pas tenter de lui allaiter la narine ou l'oreille.
5 Le doudou, je vous explique pas à quoi ça sert, hein ? (D'ailleurs, merci à belle-soeur, il est fabuleux, c'est un escargot à feuille de salade incorporée rétractable, la feuille de salade peut être rentrée dans l'escargot comme un k-way, j'adore).
6 Le hochet
7 La couverture. Pour les épaules. Quand il tète, des fois faut sortir un bras complet de dessous la couette, voire l'épaule, voire des fois il est aussi mal réveillé que moi et arrive pas à téter allongé, je dois m'asseoir et je caille.
8 Le traversin d'allaitement
9 Le lange de môman pour éponger ce qui coule d'un côté quand il tête de l'autre, je refuse farouchement le porte de soutien-gorge la nuit.
10 La bouteille d'eau parce qu'à la première gorgée de lait qu'il avale, je ne sais pas comment ni pourquoi mais je me retrouve totalement assoiffée comme après une marche de douze heures en plein soleil en ayant mangé du sel à la cuillère, je comprends pas, il boit pourtant pas six litres de lait par jour, c'est à peu près le volume de flotte que moi je bois, y'a un phénomène physique inexpliqué de ce côté là.
11 La couverture d'emmaillotage pour quand y'a que ça qui le calme.

Et encore, je vous parle pas du fait de trouver normal d'avoir une couche qui traîne dans le sac à main, des chaussettes taille 17 sur la table du repas et une boîte à musique dans la salle de bain.
Ou de trouver normal de devoir bloguer de la main gauche seulement pour cause de :
Je crois que c'est BBK.mel qui avait trouvé la bonne formule : ça change rien mais ça change tout...
Par Fantomette
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 11 2009 12:35
Je me demande ce que comprend réellement un bébé de ce qu'on lui dit.
Beaucoup plus que ce qu'on pense évidemment, mais dans quelle mesure ?
Tenez, l'aut' jour, après une semaine à galérer avec sa combi-nomade que j'ai un peu chié dans la colle en la faisant (merdouilles dans les dimensions, manches trop petites, buste trop long, bref diverses choseries incompatibles avec l'usage quotidien pratique) j'ai décidé de lui en faire une autre avec une variante : faire un nid d'ange pour les pieds et pas des jambes séparées, je ferai un trou pour passer l'attache de la ceinture du siège auto et ça sera bien, avec un bébé en mode grenouille jambes repliées, les jambes c'est galère à enfiler.
Oui, mais pour ça il me faut au bas mot 3 ou 4h de tranquilité, je dois redécouper le patron que j'ai filé à une copine, et tout recoudre. Oui, mais Joseph a décidé que dormir ailleurs que dans les bras c'est trop nul et il se réveille et exprime bruyamment son mécontentement chaque fois que je le repose. Je tente un truc "Bon, Joseph, faut que je te couse une nouvelle combi-nomade, la rouge elle est merdique, c'est pour que tu aies bien chaud quand on sort, mais pour ça j'ai besoin que tu dormes dans ton couffin un moment le temps que je couse, alors quand tu auras fini de téter, je te repose et je voudrais bien que ce coup ci tu te réveilles pas et que tu dormes le temps que je finisse, ça te va ?", 1/4h plus tard il dort, je le pose dans le coussin d'allaitement sur le canapé, 3h30 plus tard j'ai fini la combi nomade, il se réveille, il a pas bronché de l'après-midi.
Bon.
Rebelote l'autre jour, je voulais lui coudre un petit pantalon hyper simple genre 30 minutes tout compris, because j'en ai marre qu'il soit toujours en pyjama, mais on a quasi pas de fringues en 1&3 mois, juste son ensemble baby punk dont à propos duquel je vous ai causé en début de grossesse (çui-là : ouais, je sais, le couffin est pas très rock'n roll, mais à 4€ chez Emmaüs tu choisis pas la couleur) et un ou deux gilets, et ça me botterait de l'habiller en petit garçon plutôt qu'en bébé, alors même technique avec un bébé qui veut rester dans les bras (que je précise, ça me pose aucun problème de le garder tout le temps dans les bras, si c'est ce qu'il réclame, il sait ce qu'il fait, le besoin de câlin est pas moins noble ou moins impérieux qu'un autre, j'ai un porte-bébé fait pour ça, il passe le plus clair de ses journées porté), mais pour coudre, je trouve pas ça pratique, le bruit il s'en fout, ça le berce, j'ai passé 9 mois à coudre enceinte de lui, mais j'arrive pas à coudre avec lui dans le porte-bébé. Alors je lui dis "Joseph, je vais te coudre un pantalon, mais j'ai besoin que tu restes un moment à dormir sans moi, alors je te propose : tu finis ta tétée et tu te rendors (ou pas) mais je te repose dans le transat le temps de coudre, et si tu veux je te reprends après", ben nickel, il s'est rendormi et j'ai pu coudre (et nettoyer la salle de bain, étendre le linge et repasser, il a fait du rab).
En ce moment, le chérubin est en pic de croissance des trois semaines, une horreur c'te truc, mon bébé d'amour qui dormait du soir au matin avec juste une pause sur les choses de 4-5h et se rendormait parfois le matin jusqu'à 11h (mais avec une deuxième pause sur les choses de 8h, faut pas déconner) se met à se réveiller toutes les heures et réclame à manger goulument et voracement et se rendort comme une brique pour se réveiller à peine sa mère rendormie pour le second round etc. Autant vous dire que moi qui me la pétais avec mon bébé super dormeur et ma pleine forme malgré le nouveau-né à la maison (l'Homme était le seul jeune papa aux yeux pas cernés à son bureau), je flambe beaucoup moins, là, après deux nuits à ce rythme. Et aujourd'hui on va chez l'ostéo pour qu'il nous remette d'aplomb après l'accouchement, du coup vers les 9h, j'ai renoncé à me rendormir en me disant que le rdv à 14h avec 1/2h de route ça veut dire qu'il faut prévoir de partir à 13h pour être sûre d'être partie à 13h30, que du coup faut que je mange au plus tard à 12h30, que petit déjeuner, que linge à étendre, que vaisselle à faire que bon, ok, je me lève dés que le crampon m'a lâché le sein, c'pas gagné vu qu'il tète depuis 3/4h. Mais vu qu'il dort, il tête deux secondes, s'arrête cinq seconde, recommence, bref pendant les pauses je tente de m'écarter en loucedé mais macache, il se remet à téter frénétiquement dés que j'ai la moindre vélléité de quitter mon statut de tétine géante, alors bon, je lui dis que "Mon p'tit Joseph, on a rendez-vous chez l'ostéo tout à l'heure, et là j'ai vachement les crocs, je voudrais bien que tu arrêtes de téter pour que je puisse aller petit-déjeuner, je suis à côté, je m'en vais pas, et je reviens quand tu m'appelles, mais là j'ai super faim et je voudrais que tu me laisses aller manger." Ben une minute après il a lâché et jai pu aller me ravitailler (le lait il se fabrique pas tout seul, hein ?).
Alors bon, c'est pas une science exacte, hein, en plein pic de croissance, quand tu demandes à ton môme de te lâcher les nichons le temps de faire autre choses, bien souvent t'as tout juste le temps de te faire un thé et de te beurrer les tartines, après il se réveille et tu petit-déjeunes avec ta descendance dans les bras, idem pour aller aux toilettes, tu te retrouves sur le trône à bercer le transat du bout du pied parce qu'il s'est réveillé à peine tu avais ouvert ton bouquin, et pour la douche il est plus vicelard, il attend que tu sois pleine de mousse de partout pour jouer de la corde vocal en sol majeur, le temps de te rincer la couenne en vitesse (et la tignasse, cheveux jusqu'aux fesses faut l'après-shampooing si tu veux pas perdre les 5 minutes que tu aurais gagné si tu l'avais pas fait à te démêler tout ça), t'as plus de tympans.
Mais bon, si je me demande quel est son degré de compréhension et la part de hasard dans tout ça, je trouve ça chouette quand même, quand je lui parle ou que je lui explique ce que je fais, ça marche vachtement mieux.
Oui, ça paraît évident dit comme ça, mais à tester c'est fabuleux, on a beau avoir la théorie, quand on expérimente la pratique c'est un autre monde qui s'ouvre.
D'ailleurs je vous laisse, faut que j'aille me faire réchauffer des nouilles d'hier, il est 12h30, l'heure qui vient va passer très vite (vu que je serai pressée).
Ah oui, juste pour le plaisir, j'ai vu le doc lundi pour me represcrire mon anti-migraineux de choc en cas de retour des migraines, il en a profité pour faire un check-up complet du p'tit qu'il découvrait, 4,660kg (au plus bas, il a pesé 3,780kg à deux jours) et 55,5cm, ça fait plaisir (et on comprend mieux pourquoi il rentrait plus dans ses pyjamas en 1 mois depuis quelques jours).
Par Fantomette
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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 11 2009 16:59
L'Homme regrettait à voix haute de ne pas s'occuper plus de son fils, de ne pas pouvoir le consoler, puisqu'à 99%, ce qui le console quand il pleure c'est le sein, et forcément, ça me revient d'office comme job. Et un soir où Joseph pleurait et ne restait calme que baladé dans mes bras, l'Homme me le prend juste quand il recommence à pleurer, il ne s'arrête pas au contraire et donne de la voix dans ses bras "tu vois, moi je le prends, il pleure", je le reprends, il continue de pleurer. Bon. C'est pas ça. "Eh mais faudrait pas lui changer sa couche ?" qu'il suggère. Ah si, tiens, en effet, il en a partout. Une fois propre, il passera les 3/4h suivants tout gazouillant et d'excellente humeur dans les bras de l'Homme (ouais, faut pas déconner, 3/4h après c'est nichon time, faudrait que je compte le nombre de tétées/24h. Ou pas, remarquez, je pourrais être découragée "tout ça ?!?", y'a des trucs qu'il vaut mieux pas savoir).
Et en se couchant, il devient subitement inconsolable, il est propre, il a pas faim, il refuse les deux seins, y'a rien qui sort quand je tente de le faire roter, il a pas froid, pas chaud, je comprends pas, l'Homme se réveille, le prend dans ses bras, fait trois pas, Joseph lâche un rot qui fait trembler les murs, se calme, s'endort quasi aussi sec.
Bon.
Lendemain.
Au coucher, même cirque, gros chagrin inconsolable, pas de tétée, pas de rot, rien, larmes inexplicables. L'Homme se réveille, le prend dans ses bras, fait trois pas, Joseph lâche un rot qui fait trembler les murs, se calme illico, se rendort quasi aussi sec. L'Homme le repose à côté de moi. Joseph se réveille, pleure. Rebelote. L'Homme se lève, le berce, Joseph s'endort contre le torse de son papa en quelques secondes. Pour pas que ça recommence, l'Homme se couche sur le dos, Joseph allongé sur lui, ils dormiront deux bonnes heures comme ça avant que l'Homme ne le repose à côté de moi, et que Joseph finisse sa nuit paisiblement.
Il nous fait une papa-ite aiguë cet enfant.
Et l'Homme a des cernes mais est ravi.
Il a tout compris ce bébé.
Par Fantomette
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Mardi 17 novembre 2009 2 17 11 2009 14:53
C'est impressionnant à quel point 4,2kg de bébé peuvent esclavagiser 168,5kg de parents (oui, bon, me reste des kilos de grossesse sur le *u*).
D'ailleurs c'est cet esclavagisme qui me permet de bloguer, Joseph ayant décidé que la vie ne vaut le coup qu'un sein en bouche, du coup il me bloque assise et ne me permet pas de vaquer à des occupations frivoles telles que prendre une douche ou étendre le linge. Parce qu'avant, on lançait trois lessives, y'avait trois lessives en moins à faire. Maintenant, on lance trois lessive on garde le niveau parce que le volume de trois machines à laver de fringues de bébé sales, fringues de maman pleines de lait (il bave le tendre amour, et je n'ai pas encore le réflexe de prendre un lange en guise d'éponge à chaque tétée), une douillette/jour (ne pas changer de couche la nuit se paye, ça déborde), fringues de papa,... se sont ajoutées au tas de linge sale. Et encore, il est trop petit pour mes couches lavables, il est donc en jetables pour le moment jusqu'à ses 5 kilos (qui ne devraient plus tarder vu son appétit).
Bref, on vit avec un rejeton qui nous fait une acné du nouveau-né à faire pâlir de jalousie n'importe quel ado, lâche des rots de buveur de bière, remplit des couches dans des bruitages impolis, et on le trouve trop mignon.
C'est un envoyé du diable, je vois pas d'autre explication au fait qu'on le trouve choupinou malgré tout. Malgré au hasard une soirée avec un bébé difficilement consolable, un papa et une maman éreintés qui craquent et en ont marre de ne pas pouvoir s'occuper plus de son fils pour l'un, de ne faire que ça pour l'autre, et une soirée qui se finir dans la quasi obsurité avec un bébé miraculeusement endormi au sein de maman, qui ne se réveille pas en hurlant quand on le transfère dans les bras de papa, et un dîner composé d'une grosse assiette de patates avec dessus de la raclette, des oignons surgelés et du persil surgelé le tout cuit au micro-ondes, dans laquelle viendront piocher deux fourchettes, et des chuchotements "faut pas le réveiller".
Enfin bon, je vais pas me plaindre, il ne se réveille qu'une fois par nuit, tout se paie.


(m'en veuillez pas, j'ai pas le temps de répondre aux commentaires, et pour tous ceux qui ont essayé de me joindre des deux dernières semaines et ne m'ont pas eue en direct, j'ai toujours 15 messages sur ma boîte vocale, je cherche le temps de les écouter et de répondre à chacun, mais j'ai reçu les textos et les mails même si je n'y ai pas répondu... Merci à tous pour vos petits mots d'ailleurs, je les lis tous et ils me touchent !)

Par Fantomette
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 11 2009 11:17
Joseph est né mercredi soir à 23h50, 52cm et 3,980kg, donc.
Le plus beau bébé du monde, donc.
Et pendant cinq jours ça a aussi été le plus beau bébé du service des soins intensifs pédiatriques de l'hôpital.
Ah oui, ça vous plombe l'ambiance dit comme ça.
Mais commençons par le commencement (attention, c'est très long)...
Mercredi matin, 1h35, contraction douloureuse qui me réveille. Je réussis à me rendormir. 3H25, encore une, ce coup ci je me rendors pas et commence à regarder l'heure. Toutes les 10 minutes, une contraction douloureuse, rapidement, je « vocalise » et serre un coussin pendant pour accompagner la douleur, l'Homme ne se réveille pas. Vers 5h40, je ne trouve pas mon coussin, je serre l'Homme, il se réveille « c'est pour aujourd'hui », on compte les minutes ensemble, rapidement on passe à 7-8 minutes, puis 5, puis 4, puis 3, il est 7h, ça va très vite, très fort, l'intensité de la douleur des contractions me surprend, j'ai du mal à relâcher, je me crispe sur la douleur, aucune position ne me soulage, le bain chaud non plus, c'est très très intense. Je pense que ça va aller vite du coup, la sage-femme est venue la veille, le col était ouvert à 2, j'y crois fort, je me vois accoucher avant midi. La sage-femme arrive vers 9h, m'examine le col est encore épais, ouvert à 4... 5h30 de contractions (très) douloureuses pour 2cm de plus que la veille, ça me décourage un peu, mais je me dis que je peux le faire. La matinée passe, je cherche des positions qui me soulageraient, rien n'y fait, assise, couchée, debout, à genoux, rien. A midi, nouvel examen, le col est à 5. Je fonds en larmes de découragement et de douleur, j'y arriverai pas. Je suis fatiguée, je suis réveillée depuis longtemps, je n'arrive pas à récupérer entre deux contractions, je n'arrive pas à manger ou boire, je suis un peu à bout de forces. Et un coup de motivation, j'y crois, je me reprends, je peux le faire, j'appréhende les contractions une par une sans craindre la suivante, sans me rappeler de la précédente, je plonge dans ma bulle, me concentre uniquement sur le moment en cours et arrive tant bien que mal à gérer les choses. Mais c'est dur. Je tente de me dire que du temps de ma grand-mère on ne se posait pas la question, on devait faire sortir son enfant et il sortait, je suis capable de le faire. Vers 15h45, la sage-femme m'examine. Le col n'a pas bougé. Le bébé n'est pas plus descendu. Je craque, je ne peux plus, trop mal, trop dur.
La sage-femme me propose d'aller me faire soulager à l'hôpital, de toutes façons, à cet instant je n'envisageais plus l'AAD.
Après vingt minutes de voiture et moi qui hurle dans les bosses et les virages on arrive à l'hosto, je pleure tout ce que je sais et même ce que je sais pas, vu que la sage-femme a appelé l'hosto pour leur dire la situation on n'a pas à répéter, on m'envoie direct en salle de travail, le temps que l'anesthésiste arrive et que la péri fasse effet, l'Homme fait le deuil de ses mains consciencieusement broyées par mes soins.
Bref, la péridurale a été mon messie, j'ai failli demander l'anesthésiste en mariage, c'est vous dire... Bon, je lui tournais le dos, j'avais pas vu qu'il avait la tronche à Kutner dans Dr House (ce qui ne correspond pas à mon idéal masculin), mais sans ça j'aurais pas pu continuer, j'étais à jeun depuis la veille au soir, des contractions atrocement douloureuses dans le ventre et les reins depuis 13 heures, à bout de forces, et là, tout se débloque, le col se dilate à vitesse grand V, le bébé descend (alors que vu comme ça avançait pas, je me disais qu'ajouter une péri à la situation allait encore plus ralentir), d'après la sage-femme AAD qui me suivait, c'est possible que la douleur ait été telle que j'aie bloqué et que le soulagement m'ait permis de me décontracter assez pour permettre au col de s'ouvrir et au bébé de descendre... A 19h30 je suis à dilatation complète, on n'attend plus que le bébé descende suffisamment, il prend son temps pour la fin, il n'est totalement engagé que vers 23h30, l'Homme trouve le temps long, moi je suis tellement bien de ne plus avoir mal que j'ai une patience d'ange.
Et d'un coup tout s'accélère, je sens des contractions qui poussent toutes seules, la douleur revient, je sens sa tête très basse, la sage-femme arrive « je vois des cheveux », l'Homme s'assied sur le lit derrière moi, je m'assois contre lui entre ses jambes les fesses au bord du matelas, jambes pliées les pieds en appui sur je ne sais quoi, et là je peux dire qu'on a accouché ensemble, je jure qu'il pousse aussi fort que moi, et d'un coup j'entends « tendez les mains, il arrive », je récupère un petit bébé tout violet qui sera tout rose aux joues rouges en quelques minutes à peine, on rit, on pleure, on réalise pas, on trouve ça surréaliste, on y voit l'entrejambe « c'est Joseph », il pleure un peu, s'endort très vite, et on réalise que c'est vrai ces putains de clichés, il est beau, il est le plus beau de tous les bébés, on oublie instantanément cette journée marathon, on y croit pas, on se dit que putain c'est dingue quand même, on est une famille, le temps de le manger des yeux et de le renifler dans le cou je me rends même pas compte que le placenta sort quasi tout seul quasi tout de suite, une petite déchirure qu'elle me recoud toujours sans que je me rende compte (UNE petite déchirure pour un périmètre crânien de 37cm pour un premier bébé, suis contente), et ils partent et nous laissent tous les trois, Joseph en profite pour me lâcher une bouse de méconium dessus, à notre grand regret quand on le pèsera, à 20g près il dépassait les 4 kilos et je vous jure que j'avais plus de 20g de méconium sur le ventre.
Il pleure 5 minutes et s'endort, je tente de le faire téter, ça l'intéresse pas pour le moment, je lui fiche la paix, il dort contre  mon sein.
Sur les coups de 3h, je rentre en chambre, à mon grand désespoir l'Homme ne peut pas rester, il me met les barrières au lit, j'ai mon fils dans les bras qui manifeste enfin un intérêt pour le sein, il part, je m'endors, Joseph tète, tout va bien.
Jusqu'à 9h du matin quand la pédiatre me dit en l'examinant « c'est pas normal du tout sa respiration, il est en détresse respiratoire, là, on va lui faire une prise de sang, où il a du mal à expulser les glaires de l'accouchement et ça va s'améliorer rapidement, où il a une infection respiratoire et on devra l'hospitaliser en soins intensifs, on vous dit dés qu'on a les résultats », je frôle le malaise et dois m'asseoir, après une pause compote sucrée je le retrouve à la nurserie avec un capteur qui mesure sa saturation en oxygène, il vient de subir une radio du thorax, la machine arrête pas de biper, au début on me dit « non, c'est normal, ça baisse quand ça capte pas, c'est très sensible », puis on me dit « bon c'est pas bon du tout, il désature, il faut l'hospitaliser en soins intensifs, suivez-nous », on arrive quatre étages plus haut, entre temps la pédiatre a reçu les résultats de la prise de sang et le cliché radio, c'est bien une infection, une demi-heure après mon bébé est en couveuse, en couche avec des électrodes partout, une perfusion d'antibiotiques, un tuyau à oxygène dans le nez, un capteur sur le pied, et enfin on me laisse me poser avec lui pour lui donner une tétée et on me briefe « Aux Soins Intensifs, les parents sont acceptés 24h/24, si le papa ne peut pas venir il peut nous appeler à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit pour prendre des nouvelles, vous venez quand vous voulez, si vous le souhaitez, on vous appelle pour chaque tétée dés qu'il pleure (c'est quoi votre numéro de chambre ?), le pédiatre passe tous les matins entre 9 et 11h posez-lui toutes les questions que vous voulez, les infirmières sont à votre disposition »
Bon, je suppose que ça pourrait être pire.
Forcément, je pleure toutes les larmes de mon corps dés qu'une infirmière me dit bonjour ou dés qu'on me demande comment il s'appelle, on passe quasiment toute l'après-midi avec lui, câlin, tétée, photos, on s'extasie, on fond devant son dos velu, ses bourrelets, ses orteils...
Quand l'Homme doit repartir, c'est un crève-coeur, je remonte voir Joseph dans la foulée, je le câline une heure, je n'arrive pas à repartir, il hurle quand je le pose dans sa couveuse, je pleure, je le reprends, je reste une heure de plus, je tente de repartir et je le laisse dans les bras de l'infirmière et pars en courant avant de ne plus pouvoir, je reviens une heure plus tard, il ne s'est arrêté de hurler que depuis 1/4h, on l'a laissé pleurer... Alors je me mets un coup de pieds aux fesses, je refais surface et lui parle, lui explique que je dois dormir cette nuit, que je viendrai le voir souvent pour lui donner la tétée et lui faire des câlins et qu'entre ces moments j'essaierai de dormir, et que lui aussi il essaiera de dormir, qu'on a besoin de forces tous les deux, les séparations seront beaucoup plus sereines à partir de ce moment là, il réussira à s'endormir et à ne pas se réveiller quand je le reposerai, je peux dormir sereinement entre deux passages...
Je me réveille toutes les trois heures la nuit, mon credo : une heure de tétée, deux heures de sommeil, comme ça il reste pas plus de deux heures sans moi et je peux quand même faire des cycles de sommeil complets, l'infirmière de nuit tente de me dissuader de venir aussi souvent « profitez, reposez-vous » que je quoi ? J'ai une voisine de chambre qui a son bébé dans son berceau et moi je suis comme une conne le ventre et les bras vides, je dors comment ? Elle n'insiste pas et je deviens un meuble de plus aux soins intensifs, mon coussin d'allaitement, mes yeux cernés et moi on fait des allers-retours, elle tente de nouveau de me faire des remarques « il vous prend pour sa tétine, là, c'est pas la peine de le laisser une heure au sein, il va s'habituer » tiens, le coup du capricieux, à moins de 24h de vie extra-utérine...
Je lui dis que j'espère bien qu'il va s'habituer, pis faut faire venir la montée de lait, alors autant qu'il y reste longtemps, il a passé 9 mois dans mon ventre nourri 24h/24 au chaud avec la paroi de l'utérus qui le caresse, là il est tout seul dans une petite boîte en plastique, c'est dur, il a toute une vie pour prendre un rythme, on ne dit pas qu'un môme va devenir capricieux parce qu'à 6 ans quand il se fait opérer des amygdales on le laisse se gaver de glaces pendant trois jours, ben là c'est pareil, il est malade, il a droit à ce réconfort, il est bien quand il tète, ça se voit, je vois pas au nom de quel principe à la con je devrais lui retirer ça, et j'en ai autant besoin que lui, moi aussi je passe de la plénitude de la grossesse au ventre vide (je le dis pas comme ça mais le message passe), elle ne me fera plus de remarques, je passe le plus gros de mes journées auprès de lui, on ne me remarque quasiment plus, je fais partie du décor, il passe ses journées contre moi, bien souvent accroché à mon sein.
Au matin du deuxième jour la pédiatre dit qu'il va très bien, pas qu'il va « mieux », qu'il va « très bien », l'infirmière nous dit que cliniquement il est normal, on attend avec un fol espoir les résultats de la prise de sang du lendemain, samedi, pour savoir s'il peut redescendre en maternité avec moi, on y croit énormément, trop sans doute, en attendant je fonds d'amour devant ce tout petit bébé qui me tète comme si il avait fait ça toute sa vie, qui s'endort contre nous avec une confiance absolue et s'abandonne complètement, ce bébé trop beau qu'on a fait tous les deux, ce mélange de lui et moi, notre fils, quoi, on réalise pas, on se dit que c'est merveilleux, on admet que ça rend con, et on aime ça, être cons devant ses sourires aux anges, ses petits doigts avec ses ongles qu'on dirait des coquillages, ses petits cheveux, son petit nez, toussa...
La nuit est plus cool, je ne remonte plus de moi-même, je dois dormir, je suis épuisée, l'infirmière de nuit m'appelle quand il me réclame, au matin je réalise que j'ai dormi 6h d'affilée, je crois qu'elle m'a oubliée, je fonce en pédiatrie, non, il vient juste de se réveiller, il dort vraiment beaucoup, je ne m'en rends pas compte, mais il dort trop, il n'est pas serein et calme, il est juste épuisé par sa lutte contre l'infection, on lui fait sa prise de sang, je lui donne la tétée, on fait un long câlin, et je sais pas pourquoi, je me mets à avoir la trouille d'un coup, les résultats de la prise de sang tombent, les marqueurs d'infection ont encore augmenté, il subit sans doute le pic de l'infection, les soins intensifs c'est au moins jusqu'à lundi, je m'écroule, j'y ai trop cru, je suis épuisée, l'Homme a une gastro et ne peut pas venir ce samedi, je suis toute seule, c'est dur, je crois bien que c'est la pire des journées.
Puis finalement, samedi soir, après la tétée, alors qu'il était amorphe depuis l'après-midi de la veille, il s'est mis à gigoter, à jouer avec ses mains, à gazouiller, je me suis dit « tiens ?.. », la nuit a été plus agitée que la précédente, il s'est plus réveillé, a pas mal réclamé à téter, dimanche l'Homme a pu venir, Joseph avait la patate, on a commencé à espérer le lendemain, la prise de sang du lundi qui allait nous dire si on pouvait ramener notre merveille à la maison ou non.
Et il faut se taper les infirmières qui veulent le peser avant/après la tétée pour être sûres qu'il tète assez, ça me soule de devoir justifier que j'ai du lait (avec des réflexions du genre « vous avez pas les seins tendus ? Vous avez pas de montée de lait. », j'ai quand même appelé ma mère (animatrice à la Leche League) pour en avoir le coeur net, parcequ'elle m'a fait douter cette conne, réponse de ma mère « c'est que ton fils tète suffisamment souvent et qu'il tète bien, un sein tendu est un sein malade, avoir les seins durs comme des briques c'est pas signe que la montée de lait est bonne, c'est signe que le bébé ne tète pas assez », j'imagine le mal que peut faire ce genre de remarque sur une personne moins entourée...) mais au moins on me fichera la paix après, à la pesée il a pris quasiment le double de la ration protocolaire (c'est bien connu qu'un bébé de 4 jours boit précisément 40 à 50ml toutes les trois heures, Joseph avait prix 80g à la pesée avant/après pour une tétée pas restée dans les annales de ses meilleures tétées), il est vigoureux et goulu, c'est bon signe, ce coup ci on y croit pour la prise de sang du lendemain, tout en se bloquant l'enthousiasme au cas où, on veut pas être déçus, mais on se dit qu'il va vraiment mieux.
Et puis à 15h le ciel me tombe sur la tête, en maternité on me dit que je dois libérer le lit, toutes les femmes enceintes de la région ont décidé d'accoucher dimanche. Cri du coeur « je pars pas, mon fils est en pédiatrie, je l'allaite, je passe pas une nuit loin de lui, sinon je dors dans ma voiture devant l'hôpital ou dans le couloir, je vous préviens, je pars pas, c'est pas possible », on m'explique que tout a été étudié, pas de place nulle part, on est désolé mais on ne peut pas me garder. Je pleure une fois de plus toutes les larmes de mon corps, même pas en rêve je m'éloigne de mon bébé, avec l'Homme on fonce en pédiatrie, ils me promettent un lit d'appoint dans le box de stockage des couches, alèses et autres, je suis ravie, du coup pas de voisine de chambre avec un bébé et je serai au même étage que Joseph, la question du confort ne se pose même pas, après 4 jours à vivre au rythme des soins intensifs et à me faire réveiller toutes les nuits pour les tétées, je suis tellement naze que je dormirais sur un tas de briques.
Je quitte la maternité sereine et déménage 4 étages plus haut dans un placard.
Joseph passe l'après-midi pendu à mon sein, je croise les doigts, il récupère, il a commencé à reprendre du poids, lors de la transition jour/nuit de l'équipe, l'infirmière du jour dit, admirative à sa collègue de la nuit « dis donc, on a pesé avant/après une tétée, il a pris au moins 80ml et sans forcer ! », l'infirmière de nuit est une crème qui avait joué les psys à 2h du matin la nuit précédente quand je pleurais de voir mon fils dans ce service, que je doutais de ma montée de lait et n'arrivais pas à tirer de lait (je sais pas comment mais ça tombait pas dans le biberon, ça me glissait le long du sein et j'avais le soutien-gorge transformé en éponge), c'est elle qui avait proposé de prendre mon portable et de m'appeler à chaque tétée plutôt que de me laisser monter toutes les deux-trois heures au petit hasard, elle qui me disait que bien sûr que j'avais du lait, que ça servait à rien que je le tire sauf à sur-stimuler et me faire un engorgement, que Joseph allait bien...
La nuit est cool, je n'entends pas hurler les bébés autour de moi, ce ne sont que des box ouverts, pas des vraies chambres, mais je m'en fous, je dors comme une masse sur mon tout petit lit pliant, je me lève encore plusieurs fois, la dernière à 6h, c'est l'heure du changement d'équipe, ça fait trop de bruit, je renonce à la fin de ma nuit. Les pédiatres passent entre 9h30 et 11h30, tranche horaire pendant laquelle il faut quitter les soins intensifs, il y a 6 lits dans une grande pièce, donc c'est limite niveau confidentialité et secret médical que les parents présents entendent le compte-rendu de la santé des autres bébés hospitalisés, j'ai donc 3h30 de câlin devant moi.
A peine je le laisse à 9h30 que forcément, il veut à nouveau téter, j'ai pas le choix, tant pis, il attendra, ça fera les oreilles aux pédiatres, je peux ni rester ni le prendre avec moi. Je me tape la énième remarque à la con « C'est pas normal qu'il réclame alors que sa dernière tétée c'était il y a à peine une heure, ce serait bien qu'on re-pèse avant et après pour voir ce qu'il prend et peut-être qu'il faudra compléter », j'ai eu envie de lui faire bouffer mes savates et de lui apprendre son métier à cette cruche, le lait maternel ça se digère plus vite que le lait artificiel, c'est normal qu'il réclame encore une heure après et c'est un bébé convalescent qui a été super malade, IL RECUPERE bordel, l'Homme s'est tapé une gastro samedi, 24h sans rien bouffer, il a mangé comme quatre dés que ça allait mieux et s'est fait un gueuleton de tous les diables, ça choque personne, pourquoi Joseph y aurait pas droit ? Pauvre bébé de 5 jours mal dressé, il a besoin de forces c'est même plutôt bon signe qu'il réclame vachement, on peut pas me foutre la paix avec ces histoires ? Jusqu'au bout ils m'auront emmerdé avec leurs conneries, je suis sûre qu'ils lui ont filé plein de compléments dans mon dos, j'en aurais la quasi-preuve un peu plus tard.
Bref, à 11h30, la pédiatre nous dit... Qu'il va bien ! L'infection a pas tout à fait disparu mais quasiment (CRP redescendue à 12, considérée comme normale inférieure à 10), on rentre à la maison, on revient trois jours d'affilée pour une injection d'antibiotiques qu'il doit avoir pendant 8 jours au total, et remballez. Moi je fonds en larmes, on rentre à la maison, enfin... On doit attendre l'injection du jour, à 14h20 l'infirmière lui fait, nous file toute la paperasse, Joseph veut téter, rien que pour le symbole, je refuse de lui donner aux soins intensifs, je le ferai dans le salon d'attente le temps que l'Homme s'occupe de la sortie administrative, on rentre enfin à la maison, on arrive chez nous et on a du mal à y croire, notre bébé est là dans son couffin on est là nous aussi, une dernière fois je fonds en larmes, je lâche prise, on y est, enfin...

Voilà les raisons de mon absence, ces cinq jours sont au palmarès des moment les plus pénibles de ma vie... Autant l'accouchement, j'en garde un souvenir génial, je ne regrette pas du tout l'AAD, j'ai tout tenté, je n'ai pas pu, je sais que je suis allée au bout de ce que je pouvais donner et que j'avais besoin d'aide ensuite, à chaque moment ça s'est passé selon ce que je voulais, à la maison tant que j'en avais la force, à la maternité ensuite sous péridurale quand je pouvais plus, c'est pas un échec ni une renonciation, à refaire, je referais pareil, j'ai un seul regret : je me suis dit que les choses n'arrivaient peut-être pas par hasard, que si Joseph était né à la maison on aurait sans doute mis plus de temps à se rendre compte de sa détresse respiratoire et que finalement, va savoir si tout ça n'a pas un sens, mais ma théorie s'est écroulée, ils m'ont fait un prélèvement, aucun germe retrouvé sur moi en plus je suis arrivée la poche des eaux intacte, le sien, il l'a donc chopé... En salle de naissance sans doute...
Non, c'est à compter de jeudi matin que le monde s'est écroulé, que je n'ai pas pu apprivoiser mon petit toute seule, que j'ai du le faire eu milieu des infirmières, des fils et des pleurs des voisins de couveuse, ça, ça a été violent.
Aujourd'hui on est à la maison, il m'a fait passer une nuit de merde et ça s'est fini avec l'Homme qui a fait les 100 pas dans le salon en lui chantant du Bob Marley pendant que je récupérais, bref, normal, quoi, bienvenue dans le monde des parents !
Par Fantomette
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Lundi 9 novembre 2009 1 09 11 2009 17:20
Le plus beau bébé du monde est né mercredi 4 à 23h50, il s'appelle Joseph, 52cm pour 3,980kg (et 37cm de périmètre crânien pour les accrocs des chiffres).
On est complètement sous le charme de notre fils, ça valait le coup de l'attendre pour fignoler les détails, il est parfait.
Je vous raconte plus tard...
Par Fantomette
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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 11 2009 12:39
C'est le terme aujourd'hui.
Je deviens sceptique.
Ceci dit, depuis le début de cette grossesse, j'ai la conviction que j'accoucherai pas avant terme, ça se justifie plutôt, là.
Jusqu'à il y a pas longtemps, je disais même que je pensais accoucher vers le 3-4 novembre (à J+2/3, quoi).
Mais si il pouvait sortir (tu m'entends, l'Héritier ?) je le prendrais plutôt bien, là.
Je gagne même pas encore des jours de congé maternité, because le terme officiel est déclaré dans deux jours plus histoire de m'éviter un déclenchement intempestif (Rhaaa, j'ai failli accoucher de trouille, le voisin est venu me voir en me demandant si c'était bien nous l'affiche pour le petit chat vu qu'il lui semble bien avoir reconnu Brutus sur la photo (on avait pas mis notre nom ni le n° de rue, juste la rue et le n° de tel, aukazou des p'tits cons auraient voulu faire des blagues), j'y dis que oui et lui raconte ce qu'il s'est passé vu que lui était pas au courant, il me dit qu'il a retrouvé la moitié du corps d'un chat sur sa pelouse et qu'il se demandait si c'était pas la notre, ça faisait une heure que j'appelais Port22 dedans et dehors et qu'elle répondait pas, j'ai bien cru que la deuxième y était passé, finalement j'ai vu le bout de chat sur la pelouse du voisin, c'était pas elle, et comme de par hasard elle est venue se frotter à mes chaussettes dans les trois minutes, merci la panique...) (mais bon, le fait que le voisin retrouve le train arrière d'un chat sur sa pelouse n'est pas en soi un évènement rassurant) (Port22 viens sur mes genoux)
(On voir rien because le tee-shirt noir, mais pour info, je suis assise et je la tiens pas, elle est en appui sur mon ventre)
mais bon, je voudrais quand même bien savoir si c'est du lard ou du cochon, me semble que l'AAD est possible jusqu'à 42SA, soit le 8 au plus tard (oui, ça me laisse de la marge, mais que voulez-vous, je trouverais super dommage de finir cette affaire en déclenchement à l'hosto pour un simple retard sur la date considérée comme normale) voire le 10 si ma sage-femme considère le terme officiel. C'est possible, c'est elle qui m'expliquait que c'est con de déclencher à J+3 ou 4 alors que nos voisins européens sont nombreux à ne pas déclencher avant J+10 et qu'ils ont pas plus de problèmes que nous, voire moins, un déclenchement c'est pas sans conséquences négatives.
'Fin bon, me reste dans les 8 jours, je sais, il peut s'en passer des choses en 8 jours dont au hasard un accouchement (mais sors-heu, bordel !), mais je me vois pas enceinte jusqu'au 10, je vais quand même pas accoucher d'un bébé de 8 kilos, quoi, il grossit pendant ce temps, l'animal !
Bon, moi je suis née à J+3, si ça se trouve je vais faire la même et sortir un(e) Fantomet(te) bis de 5kg et quelques, c'est ma mère, mon père, mes soeurs et cie qui vont être ravis d'être venus pour rien, la rentrée scolaire c'est jeudi, au pire ils repartent mercredi...
Bon, la famille se relaie pour m'appeler tous les jours pour savoir si... quand c'est pas maman c'est tata, quand c'est pas tata c'est mémé et ainsi de suite, non mais ils croient vraiment que je vais accoucher sans les prévenir ???
Bref, je montgolfièrise pendant ce temps là... (réalisé sans trucage, je ne suis pas enceinte de quadruplés)...


PS : merci pour vos petits mots de réconfort sur les articles précédents, je réponds pas individuellement histoire de pas replonger dans l'émotion...

Par Fantomette - Publié dans : Fantomette enceinte
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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 10 2009 16:29
Je suis une indécrottable optimiste.
A chaque évènement négatif je dis "voyons le côté positif des choses" et je trouve toujours.
Hier j'ai cherché.
Vraiment.
Pas facile de trouver un côté positif à une situation qui vous fait fondre en larmes au téléphone à la question "ça va ?" et que la chemise de l'Homme éponge généreusement vos débordements lacrymaux une partie de la soirée.
J'ai tenté le côté bassement matériel "Bon, au moins c'est arrivé avant qu'on laisse 150€ au véto pour sa stérilisation et son tatouage" mais c'était trop mesquin, j'y arrivais pas.
Et je sais.
Je suis heureuse.
Je sais pas depuis quand j'avais pas éprouvé un réel chagrin. Enfin, si, je sais, justement, je pourrais dater les fois où j'ai été dans cet état ces dernières années. Les moments pénibles de ma vie sont rares, on s'habitue au bonheur, des coups de blues, même des gros ça m'arrive, mais du vrai chagrin à éclater en sanglots c'est quand même très rare.
C'est ça le seul côté positif, me faire réaliser que ma vie est belle malgré tout.
J'ai une chouette maison avec un mec fabuleux dedans, on attend (désespérément !) un bébé en pleine forme, on a pas de soucis de santé, malgré l'absence de Brutus on a un autre bébé chat adorable et câlin, on est d'accord sur la façon dont on envisage notre avenir, on s'aime, matériellement on a le nécessaire et même du superflu, ce qui ne rend pas heureux en soi mais évite quand même pas mal de soucis et d'interrogations, on peut se concentrer sur le reste, sur nous, sur notre bébé, notre petit nombril et ce pu*ain d'épisode 7 de la saison 6 de Dr House qui arrive toujours pas, j'ai même une copine Biquette qui m'offre un colis plein de cadeaux dont un saucisson et une bière en prévision de l'après-accouchement.
On réalise ce qu'on a quand on le perd, alors je vais tâcher de profiter à fond de tout ce que j'ai.
Ouais, ouais, désolée pour l'article gnan gnan à la petite maison dans la prairie mais j'ai besoin de me raccrocher à du positif, j'ai le moral dans les chaussettes, je peux pas me dire "Bon, bah tant pis passons à la suite", j'ai besoin de trouver un sens aux évènements tristes pour ne pas sombrer, après des heures à écouter des chansons tristes et à vider des boîtes de mouchoirs j'ai besoin de remonter à la surface.
Vous en faites pas pour votre Fantomette chérie, elle est comme un Kennedy, elle se laisse pas abattre (dit-elle avec trois centimètres de larmes devant les yeux, la respiration saccadée et le menton qui tremble).
Par Fantomette
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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 10 2009 09:55
Toujours pas la grande patate niveau moral aujourd'hui, j'ai quand même progressé, l'avant-dernière nuit je n'ai pas réveillé l'Homme par mes sanglots au milieu de la nuit, j'avais pleuré ma dose du jour avant de me coucher entre deux phrases du faire-part (qu'on a pas fini du coup, ça nous a flingué l'envie de se pencher dessus), et hier soir j'ai même pas pleuré et même pas cette nuit (à dire avec le menton qui tremble et trois centimètres de larmes devant les yeux mais qui coulent pas).
Du coup, la sage-femme est venue hier matin, elle était venue 14 jours plus tôt pile poil on avait convenu qu'elle revenait hier si j'avais pas accouché, le 14 octobre ça me paraissait si loin le 28, je m'étais dit que jamais je tiendrais jusque là, pis bon, voilà, l'examen a été rapide, le coeur du p'tit, une palpation abdominale pour voir où il en est (encore plus gros et plus bas que la dernière fois, limite j'avais l'impression qu'il était remonté tellement j'avais des coups de p'tit cul dans le sternum alors qu'ils étaient plus bas avant "non, non, il a juste encore grandi" dit-elle, chéri on jette les fringues en 3 mois, on passe direct au 6 mois) et on a causé de la pluie et du beau temps, de son concours de sage-femme, de Brutus, de ses chats, des accouchements du mois,...
Elle m'a demandé si je marchais. Ben un peu, ouais, casto, leroy merlin, Ikea, tours du quartier pour tenter de retrouver mon bébé chat, courses, etc. Oui, je sens que ça tire dans le bas ventre, vu le soleil, je retourne faire des tours de quartier cet aprèm avec les affichettes avec la photo de Brutus imprimées pour l'occasion (j'ai pas pleuré en faisant les affiches, en cherchant et en recadrant la photo, je progresse, je vous dis) en compagnie de mes frangines, Maman, beaupère et les trois filles sont en squat chez un cousin de maman à 3/4h de route de la maison en espérant que le p'tit se pointe pendant leur séjour, ils sont venus déjeuner à la maison hier midi, j'ai eu de la main d'oeuvre ravie de me filer un coup de main pour rallier tout le quartier à ma quête de mon bébé chat (la main d'oeuvre s'est même chicanée à coup de "mais t'as eu plus de boîtes aux lettres que moi !"), on a arrosé toutes les boîtes aux lettres des voisins, placardé les poteaux et les arrêts de bus, j'ai même filé une affiche au facteur des colis qui est super sympa vu qu'il tourne pas mal dans le quartier aukazou (il a vu un petit chat trainer rue je-sais-plus-quoi mais "par là-bas" qu'il m'a dit avec un geste de la main, dés mon petit déj avalé j'y vais).
Ah si, pour l'anecdote, hier soir ils (maman, beaupère et les filles) sont restés manger à la maison, j'avais préparé ma soupe de légumes dont je rêvais depuis si longtemps (avec des saucisses fumées genre Morteau en rondelles cuites dans le bouillon et retirées avant le mixage puis coupées en rondelles très fines et grillées à la poele et mise par dessus la soupe en guise de croûtons, une tuerie) devant le râlage de mes frangines hier soir face à l'Homme qui a pas voulu de soupe "mais pourquoi lui il en prend pas ?" l'unanimité de la réponse sans concertation préalable a été cocasse "Mais parce qu'il est déjà largement assez grand !" dit à trois ou quatre voix simultanées.
Pis bon, si je pointe ce matin, inutile de vous dire que malgré la longue balade entre frangines à distribuer des affichettes et les contractions costaudes qui m'ont coupé le souffle pendant et après (et même dans la nuit), le p'tit est toujours au chaud, l'Homme va gagner, il va se pointer le 31 (me dessinerai une citrouille sur le ventre), mais bon, je remets ça cet aprèm, je vais arroser les trois commerces du bourg (à ce stade on parle pas de "centre-ville"), la boîte à lettres, la mairie et les rues un peu plus bas... Avec un peu de chance, en plus de me faire retrouvé ma Brutus adorée ça va me faire naître le p'tit...
Bon, je vais coudre des couches (oui, je sais, je dis tout le temps ça, mais entre hier matin et ce matin j'ai reçu des quantités industrielles de tissu commandé on ze ouèbe et j'ai une commande en cours alors bon, je vais pas faire attendre la maman plus longtemps...), en espérant que le tac tac tac de la machine le fasse sortir (mon oeil, ouais, j'ai tellement cousu pendant ma grossesse qu'il s'endort quand je couds, mêmes les chattes sont régulièrement en boule sur ma table de couture pas perturbées pour un sou par le vrombissement de la bête...)





Bon, un voisin a appelé juste avant que je ne publie l'article, elle s'est faite écraser devant chez nous dimanche soir. C'est dur. Au moins on sait et on arrêtera de sursauter dés que la chatière s'ouvre, mais je vous cache pas que là ça va pas du tout, je suis effondrée.


Par Fantomette - Publié dans : Quand la vie devient pourrie
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Mardi 27 octobre 2009 2 27 10 2009 12:09
Bon, je vais essayer de le dire sans pleurer.
Pour une fois, chez mon psy, j'ai foutu la paix à ma mère (rhooo, râle pas, maman...), je voulais pas lui en parler et un flot de larmes est sorti avant que j'aie eu le temps de poser un mot.
Brutus a disparu.
Depuis dimanche après-midi, elle était avec nous pendant qu'on prenait le café, on l'a pas vue de la soirée, je l'ai pas vue de mes douze pauses pipi de la nuit, et hier matin en me levant je trouvais Port22 bizarre, assise par terre à me suivre du regard, désoeuvrée, je me suis rendu compte que j'avais pas vu Brutus depuis un moment, et qu'elle était toute seule depuis pas mal d'heures, ce qui pour un chat qui a ce niveau de dépendance affective fait beaucoup (c'est le sparadrap du capitaine Haddock cette chatte).
J'ai retourné la maison, fait le tour du jardin, remonté la rue, je l'ai pas trouvée. J'ai laissé la porte-fenêtre ouverte toute la journée, suis sortie plusieurs fois la chercher, rien.
On a passé la soirée préoccuppés chacun sur un ordinateur histoire de pas s'avouer l'un l'autre qu'on était morts d'inquiétude, on a réalisé à 22h qu'on avait toujours pas mangé, on a essayé de se rassurer par tous les moyens qu'un chat ça part souvent en vadrouille quelques heures, quelques jours, qu'elle va revenir...
C'est con mais j'y crois pas, il fait froid la nuit, un chat ça fait des fugues l'été, pas quand on passe en dessous de zéro la nuit. Y'a des renards par chez nous, des routes passantes.
J'espère des chaleurs précoces qui l'auront poussée à partir chercher un mâle, j'essaie de me convaincre par tous les moyens qu'il y a pas de raisons de s'inquiéter. La méthode Coué ça marche bien de jour. Et cette nuit j'ai rêvé qu'on la retrouvait. Et je me suis réveillée, je suis allée voir dans le salon, y'avait que Port22.
Je suis retournée m'écrouler en larmes dans mon lit morte d'inquiétude, de chagrin, persuadée qu'on la reverra plus, en train de l'imaginer blessée en train d'agoniser dans un coin, j'ai complètement craqué, avec sanglots et compagnie, ça a réveillé l'Homme qui m'a consolé un long moment, a fait entrer Port22 pour qu'elle vienne dormir avec nous, m'a fait un gros câlin, on a fini par réussir à se rendormir.
Je vais aller faire un tour en voiture sur les routes un peu trop passantes du coin pour voir si... Je veux savoir, si elle s'est fait écraser je veux savoir, ne pas l'attendre des jours et des jours, je veux pas me poser des questions aussi glauques que "Au bout de combien de temps on attendra plus son retour ? Au bout de combien de temps elle nous manquera plus ? Au bout de combien de temps elle manquera plus à Port22 ?" J'essaye de me dire que c'est qu'un chat, ça fait que 4 mois qu'elle vit avec nous, force est d'admettre que je m'y suis bien plus attachée que je ne l'imaginais, que j'éprouve un réel chagrin à l'idée de ne plus la revoir, que je suis super inquiète de ce qui a pu lui arriver.
On sursaute au moindre bruit de chattière, on est presque déçus de voir que c'est Port22 qui va et vient...
Je me demande quel est ce besoin qu'on se crée, ce besoin de dépendance affective de vouloir adopter un animal, le nourrir, s'y attacher, prendre soin de lui, le câliner, et sans même s'en rendre compte le considérer quasiment comme un membre de la famille et trouver vide le salon sans cette présence velue. On se dit qu'on va adopter un petit chat, comme ça sans trop savoir pourquoi, parce que madame avait envie, parce que ça amusait monsieur, parce qu'un chat c'est pas contraignant comme un chien, parce que c'est mignon, parce que pourquoi pas après tout, parce que ça pourra amuser le p'tit c'est sympa pour un môme de grandir avec des animaux, et quelques mois plus tard on est complètement accro...
J'arrive pas à relativiser, déjà qu'à la base j'ai une base lacrymale vachement présente et je suis du genre très excessive dans mes sentiments et mes réactions, ajoutez à ça la fatigue et les hormones, vous avez une Fantomette complètement retournée.
Je sais, si ça se trouve elle va revenir.
Mais pour l'instant j'ai la chanson de Renaud dans la tête...


Va donc pas pleurer
Y s'baladait peinard
Il avait pas d'collier
Il était libre d'aller
Et d'rev'nir pour bouffer
Il était même pas prisonnier
De ton amour insensé

T'aurais quand même pas
Voulu qu'y vive comme un con
Sur le canapé
Loin des gouttières des pigeons
C'était un aventurier
T'aurais pas voulu qu'on l'attache
Y t'aurais miaulé: "Mort aux vaches!"

Le petit chat est mort
Il est tombé du toît
C'est comme ça
Il a glissé sur j'sais pas quoi
Et Patatras
On l'enterr'ra demain j'te jure
Dans un joli carton à chaussures

Le petit chat est mort
Et toi et moi on va
Couci-couça

A cause de quoi ? A cause que c'est
Chaque fois comme ça
Pourquoi c'est toujours les p'tits chats
Et jamais les hommes qui tombent des toits?

C'était un vrai sac à puces
Encore plus libre qu'un chien
Pas l'genre pour un su-sucre
A te lécher la main
Mais la liberté tu vois
C'est pas sans danger c'est pour ça
Qu'on court pas les rues ni les toîts

C'était un vrai Titi
La terreur des p'tis oiseaux
La nuit y s'faisait gris
Pour les croquer tout chauds
C'est un peu salaud
Mais t'as jamais mangé d'moineau
C'est pas plus dégueu qu'un MacDo

Le petit chat est mort
Il est tombé du toit
C'est comme ça
Il a glissé sur j'sais pas quoi
Et Patatras
On ira d'main dans un jardin
L'enterrer au pied d'un arbre en bois

Le petit chat est mort
Et toi et moi on va
Couci-couça
A cause de quoi ? A cause qu'on s'demande bien pourquoi
T'as jamais un pape sur les toîts
Etre trop près du ciel p't'être qu'y z'aiment pas




Allez, je sors, je vais aller faire un tour sur les routes du coin, je poste ça au retour avec le fol espoir que retarder de quelques minutes l'envoi de cet article va conjurer le mauvais sort et qu'elle sera revenue et que je pourrai l'effacer...
(râté)
Par Fantomette - Publié dans : Mon animal sauvage
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