Le plus beau bébé du monde, donc.
Et pendant cinq jours ça a aussi été le plus beau bébé du service des soins intensifs pédiatriques de l'hôpital.
Ah oui, ça vous plombe l'ambiance dit comme ça.
Mais commençons par le commencement (attention, c'est très long)...
Mercredi matin, 1h35, contraction douloureuse qui me réveille. Je réussis à me rendormir. 3H25, encore une, ce coup ci je me rendors pas et commence à regarder l'heure. Toutes les 10 minutes, une contraction douloureuse, rapidement, je « vocalise » et serre un coussin pendant pour accompagner la douleur, l'Homme ne se réveille pas. Vers 5h40, je ne trouve pas mon coussin, je serre l'Homme, il se réveille « c'est pour aujourd'hui », on compte les minutes ensemble, rapidement on passe à 7-8 minutes, puis 5, puis 4, puis 3, il est 7h, ça va très vite, très fort, l'intensité de la douleur des contractions me surprend, j'ai du mal à relâcher, je me crispe sur la douleur, aucune position ne me soulage, le bain chaud non plus, c'est très très intense. Je pense que ça va aller vite du coup, la sage-femme est venue la veille, le col était ouvert à 2, j'y crois fort, je me vois accoucher avant midi. La sage-femme arrive vers 9h, m'examine le col est encore épais, ouvert à 4... 5h30 de contractions (très) douloureuses pour 2cm de plus que la veille, ça me décourage un peu, mais je me dis que je peux le faire. La matinée passe, je cherche des positions qui me soulageraient, rien n'y fait, assise, couchée, debout, à genoux, rien. A midi, nouvel examen, le col est à 5. Je fonds en larmes de découragement et de douleur, j'y arriverai pas. Je suis fatiguée, je suis réveillée depuis longtemps, je n'arrive pas à récupérer entre deux contractions, je n'arrive pas à manger ou boire, je suis un peu à bout de forces. Et un coup de motivation, j'y crois, je me reprends, je peux le faire, j'appréhende les contractions une par une sans craindre la suivante, sans me rappeler de la précédente, je plonge dans ma bulle, me concentre uniquement sur le moment en cours et arrive tant bien que mal à gérer les choses. Mais c'est dur. Je tente de me dire que du temps de ma grand-mère on ne se posait pas la question, on devait faire sortir son enfant et il sortait, je suis capable de le faire. Vers 15h45, la sage-femme m'examine. Le col n'a pas bougé. Le bébé n'est pas plus descendu. Je craque, je ne peux plus, trop mal, trop dur.
La sage-femme me propose d'aller me faire soulager à l'hôpital, de toutes façons, à cet instant je n'envisageais plus l'AAD.
Après vingt minutes de voiture et moi qui hurle dans les bosses et les virages on arrive à l'hosto, je pleure tout ce que je sais et même ce que je sais pas, vu que la sage-femme a appelé l'hosto pour leur dire la situation on n'a pas à répéter, on m'envoie direct en salle de travail, le temps que l'anesthésiste arrive et que la péri fasse effet, l'Homme fait le deuil de ses mains consciencieusement broyées par mes soins.
Bref, la péridurale a été mon messie, j'ai failli demander l'anesthésiste en mariage, c'est vous dire... Bon, je lui tournais le dos, j'avais pas vu qu'il avait la tronche à Kutner dans Dr House (ce qui ne correspond pas à mon idéal masculin), mais sans ça j'aurais pas pu continuer, j'étais à jeun depuis la veille au soir, des contractions atrocement douloureuses dans le ventre et les reins depuis 13 heures, à bout de forces, et là, tout se débloque, le col se dilate à vitesse grand V, le bébé descend (alors que vu comme ça avançait pas, je me disais qu'ajouter une péri à la situation allait encore plus ralentir), d'après la sage-femme AAD qui me suivait, c'est possible que la douleur ait été telle que j'aie bloqué et que le soulagement m'ait permis de me décontracter assez pour permettre au col de s'ouvrir et au bébé de descendre... A 19h30 je suis à dilatation complète, on n'attend plus que le bébé descende suffisamment, il prend son temps pour la fin, il n'est totalement engagé que vers 23h30, l'Homme trouve le temps long, moi je suis tellement bien de ne plus avoir mal que j'ai une patience d'ange.
Et d'un coup tout s'accélère, je sens des contractions qui poussent toutes seules, la douleur revient, je sens sa tête très basse, la sage-femme arrive « je vois des cheveux », l'Homme s'assied sur le lit derrière moi, je m'assois contre lui entre ses jambes les fesses au bord du matelas, jambes pliées les pieds en appui sur je ne sais quoi, et là je peux dire qu'on a accouché ensemble, je jure qu'il pousse aussi fort que moi, et d'un coup j'entends « tendez les mains, il arrive », je récupère un petit bébé tout violet qui sera tout rose aux joues rouges en quelques minutes à peine, on rit, on pleure, on réalise pas, on trouve ça surréaliste, on y voit l'entrejambe « c'est Joseph », il pleure un peu, s'endort très vite, et on réalise que c'est vrai ces putains de clichés, il est beau, il est le plus beau de tous les bébés, on oublie instantanément cette journée marathon, on y croit pas, on se dit que putain c'est dingue quand même, on est une famille, le temps de le manger des yeux et de le renifler dans le cou je me rends même pas compte que le placenta sort quasi tout seul quasi tout de suite, une petite déchirure qu'elle me recoud toujours sans que je me rende compte (UNE petite déchirure pour un périmètre crânien de 37cm pour un premier bébé, suis contente), et ils partent et nous laissent tous les trois, Joseph en profite pour me lâcher une bouse de méconium dessus, à notre grand regret quand on le pèsera, à 20g près il dépassait les 4 kilos et je vous jure que j'avais plus de 20g de méconium sur le ventre.
Il pleure 5 minutes et s'endort, je tente de le faire téter, ça l'intéresse pas pour le moment, je lui fiche la paix, il dort contre mon sein.
Sur les coups de 3h, je rentre en chambre, à mon grand désespoir l'Homme ne peut pas rester, il me met les barrières au lit, j'ai mon fils dans les bras qui manifeste enfin un intérêt pour le sein, il part, je m'endors, Joseph tète, tout va bien.
Jusqu'à 9h du matin quand la pédiatre me dit en l'examinant « c'est pas normal du tout sa respiration, il est en détresse respiratoire, là, on va lui faire une prise de sang, où il a du mal à expulser les glaires de l'accouchement et ça va s'améliorer rapidement, où il a une infection respiratoire et on devra l'hospitaliser en soins intensifs, on vous dit dés qu'on a les résultats », je frôle le malaise et dois m'asseoir, après une pause compote sucrée je le retrouve à la nurserie avec un capteur qui mesure sa saturation en oxygène, il vient de subir une radio du thorax, la machine arrête pas de biper, au début on me dit « non, c'est normal, ça baisse quand ça capte pas, c'est très sensible », puis on me dit « bon c'est pas bon du tout, il désature, il faut l'hospitaliser en soins intensifs, suivez-nous », on arrive quatre étages plus haut, entre temps la pédiatre a reçu les résultats de la prise de sang et le cliché radio, c'est bien une infection, une demi-heure après mon bébé est en couveuse, en couche avec des électrodes partout, une perfusion d'antibiotiques, un tuyau à oxygène dans le nez, un capteur sur le pied, et enfin on me laisse me poser avec lui pour lui donner une tétée et on me briefe « Aux Soins Intensifs, les parents sont acceptés 24h/24, si le papa ne peut pas venir il peut nous appeler à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit pour prendre des nouvelles, vous venez quand vous voulez, si vous le souhaitez, on vous appelle pour chaque tétée dés qu'il pleure (c'est quoi votre numéro de chambre ?), le pédiatre passe tous les matins entre 9 et 11h posez-lui toutes les questions que vous voulez, les infirmières sont à votre disposition »
Bon, je suppose que ça pourrait être pire.
Forcément, je pleure toutes les larmes de mon corps dés qu'une infirmière me dit bonjour ou dés qu'on me demande comment il s'appelle, on passe quasiment toute l'après-midi avec lui, câlin, tétée, photos, on s'extasie, on fond devant son dos velu, ses bourrelets,
ses orteils...Quand l'Homme doit repartir, c'est un crève-coeur, je remonte voir Joseph dans la foulée, je le câline une heure, je n'arrive pas à repartir, il hurle quand je le pose dans sa couveuse, je pleure, je le reprends, je reste une heure de plus, je tente de repartir et je le laisse dans les bras de l'infirmière et pars en courant avant de ne plus pouvoir, je reviens une heure plus tard, il ne s'est arrêté de hurler que depuis 1/4h, on l'a laissé pleurer... Alors je me mets un coup de pieds aux fesses, je refais surface et lui parle, lui explique que je dois dormir cette nuit, que je viendrai le voir souvent pour lui donner la tétée et lui faire des câlins et qu'entre ces moments j'essaierai de dormir, et que lui aussi il essaiera de dormir, qu'on a besoin de forces tous les deux, les séparations seront beaucoup plus sereines à partir de ce moment là, il réussira à s'endormir et à ne pas se réveiller quand je le reposerai, je peux dormir sereinement entre deux passages...
Je me réveille toutes les trois heures la nuit, mon credo : une heure de tétée, deux heures de sommeil, comme ça il reste pas plus de deux heures sans moi et je peux quand même faire des cycles de sommeil complets, l'infirmière de nuit tente de me dissuader de venir aussi souvent « profitez, reposez-vous » que je quoi ? J'ai une voisine de chambre qui a son bébé dans son berceau et moi je suis comme une conne le ventre et les bras vides, je dors comment ? Elle n'insiste pas et je deviens un meuble de plus aux soins intensifs, mon coussin d'allaitement, mes yeux cernés et moi on fait des allers-retours, elle tente de nouveau de me faire des remarques « il vous prend pour sa tétine, là, c'est pas la peine de le laisser une heure au sein, il va s'habituer » tiens, le coup du capricieux, à moins de 24h de vie extra-utérine...
Je lui dis que j'espère bien qu'il va s'habituer, pis faut faire venir la montée de lait, alors autant qu'il y reste longtemps, il a passé 9 mois dans mon ventre nourri 24h/24 au chaud avec la paroi de l'utérus qui le caresse, là il est tout seul dans une petite boîte en plastique, c'est dur, il a toute une vie pour prendre un rythme, on ne dit pas qu'un môme va devenir capricieux parce qu'à 6 ans quand il se fait opérer des amygdales on le laisse se gaver de glaces pendant trois jours, ben là c'est pareil, il est malade, il a droit à ce réconfort, il est bien quand il tète, ça se voit, je vois pas au nom de quel principe à la con je devrais lui retirer ça, et j'en ai autant besoin que lui, moi aussi je passe de la plénitude de la grossesse au ventre vide (je le dis pas comme ça mais le message passe), elle ne me fera plus de remarques, je passe le plus gros de mes journées auprès de lui, on ne me remarque quasiment plus, je fais partie du décor, il passe ses journées contre moi, bien souvent accroché à mon sein.
Au matin du deuxième jour la pédiatre dit qu'il va très bien, pas qu'il va « mieux », qu'il va « très bien », l'infirmière nous dit que cliniquement il est normal, on attend avec un fol espoir les résultats de la prise de sang du lendemain, samedi, pour savoir s'il peut redescendre en maternité avec moi, on y croit énormément, trop sans doute, en attendant je fonds d'amour devant ce tout petit bébé qui me tète comme si il avait fait ça toute sa vie, qui s'endort contre nous avec une confiance absolue et s'abandonne complètement, ce bébé trop beau qu'on a fait tous les deux, ce mélange de lui et moi, notre fils, quoi, on réalise pas, on se dit que c'est merveilleux, on admet que ça rend con, et on aime ça, être cons devant ses sourires aux anges, ses petits doigts avec ses ongles qu'on dirait des coquillages, ses petits cheveux, son petit nez, toussa...
La nuit est plus cool, je ne remonte plus de moi-même, je dois dormir, je suis épuisée, l'infirmière de nuit m'appelle quand il me réclame, au matin je réalise que j'ai dormi 6h d'affilée, je crois qu'elle m'a oubliée, je fonce en pédiatrie, non, il vient juste de se réveiller, il dort vraiment beaucoup, je ne m'en rends pas compte, mais il dort trop, il n'est pas serein et calme, il est juste épuisé par sa lutte contre l'infection, on lui fait sa prise de sang, je lui donne la tétée, on fait un long câlin, et je sais pas pourquoi, je me mets à avoir la trouille d'un coup, les résultats de la prise de sang tombent, les marqueurs d'infection ont encore augmenté, il subit sans doute le pic de l'infection, les soins intensifs c'est au moins jusqu'à lundi, je m'écroule, j'y ai trop cru, je suis épuisée, l'Homme a une gastro et ne peut pas venir ce samedi, je suis toute seule, c'est dur, je crois bien que c'est la pire des journées.
Puis finalement, samedi soir, après la tétée, alors qu'il était amorphe depuis l'après-midi de la veille, il s'est mis à gigoter, à jouer avec ses mains, à gazouiller, je me suis dit « tiens ?.. », la nuit a été plus agitée que la précédente, il s'est plus réveillé, a pas mal réclamé à téter, dimanche l'Homme a pu venir, Joseph avait la patate, on a commencé à espérer le lendemain, la prise de sang du lundi qui allait nous dire si on pouvait ramener notre merveille à la maison ou non.
Et il faut se taper les infirmières qui veulent le peser avant/après la tétée pour être sûres qu'il tète assez, ça me soule de devoir justifier que j'ai du lait (avec des réflexions du genre « vous avez pas les seins tendus ? Vous avez pas de montée de lait. », j'ai quand même appelé ma mère (animatrice à la Leche League) pour en avoir le coeur net, parcequ'elle m'a fait douter cette conne, réponse de ma mère « c'est que ton fils tète suffisamment souvent et qu'il tète bien, un sein tendu est un sein malade, avoir les seins durs comme des briques c'est pas signe que la montée de lait est bonne, c'est signe que le bébé ne tète pas assez », j'imagine le mal que peut faire ce genre de remarque sur une personne moins entourée...) mais au moins on me fichera la paix après, à la pesée il a pris quasiment le double de la ration protocolaire (c'est bien connu qu'un bébé de 4 jours boit précisément 40 à 50ml toutes les trois heures, Joseph avait prix 80g à la pesée avant/après pour une tétée pas restée dans les annales de ses meilleures tétées), il est vigoureux et goulu, c'est bon signe, ce coup ci on y croit pour la prise de sang du lendemain, tout en se bloquant l'enthousiasme au cas où, on veut pas être déçus, mais on se dit qu'il va vraiment mieux.
Et puis à 15h le ciel me tombe sur la tête, en maternité on me dit que je dois libérer le lit, toutes les femmes enceintes de la région ont décidé d'accoucher dimanche. Cri du coeur « je pars pas, mon fils est en pédiatrie, je l'allaite, je passe pas une nuit loin de lui, sinon je dors dans ma voiture devant l'hôpital ou dans le couloir, je vous préviens, je pars pas, c'est pas possible », on m'explique que tout a été étudié, pas de place nulle part, on est désolé mais on ne peut pas me garder. Je pleure une fois de plus toutes les larmes de mon corps, même pas en rêve je m'éloigne de mon bébé, avec l'Homme on fonce en pédiatrie, ils me promettent un lit d'appoint dans le box de stockage des couches, alèses et autres, je suis ravie, du coup pas de voisine de chambre avec un bébé et je serai au même étage que Joseph, la question du confort ne se pose même pas, après 4 jours à vivre au rythme des soins intensifs et à me faire réveiller toutes les nuits pour les tétées, je suis tellement naze que je dormirais sur un tas de briques.
Je quitte la maternité sereine et déménage 4 étages plus haut dans un placard.
Joseph passe l'après-midi pendu à mon sein, je croise les doigts, il récupère, il a commencé à reprendre du poids, lors de la transition jour/nuit de l'équipe, l'infirmière du jour dit, admirative à sa collègue de la nuit « dis donc, on a pesé avant/après une tétée, il a pris au moins 80ml et sans forcer ! », l'infirmière de nuit est une crème qui avait joué les psys à 2h du matin la nuit précédente quand je pleurais de voir mon fils dans ce service, que je doutais de ma montée de lait et n'arrivais pas à tirer de lait (je sais pas comment mais ça tombait pas dans le biberon, ça me glissait le long du sein et j'avais le soutien-gorge transformé en éponge), c'est elle qui avait proposé de prendre mon portable et de m'appeler à chaque tétée plutôt que de me laisser monter toutes les deux-trois heures au petit hasard, elle qui me disait que bien sûr que j'avais du lait, que ça servait à rien que je le tire sauf à sur-stimuler et me faire un engorgement, que Joseph allait bien...
La nuit est cool, je n'entends pas hurler les bébés autour de moi, ce ne sont que des box ouverts, pas des vraies chambres, mais je m'en fous, je dors comme une masse sur mon tout petit lit pliant, je me lève encore plusieurs fois, la dernière à 6h, c'est l'heure du changement d'équipe, ça fait trop de bruit, je renonce à la fin de ma nuit. Les pédiatres passent entre 9h30 et 11h30, tranche horaire pendant laquelle il faut quitter les soins intensifs, il y a 6 lits dans une grande pièce, donc c'est limite niveau confidentialité et secret médical que les parents présents entendent le compte-rendu de la santé des autres bébés hospitalisés, j'ai donc 3h30 de câlin devant moi.
A peine je le laisse à 9h30 que forcément, il veut à nouveau téter, j'ai pas le choix, tant pis, il attendra, ça fera les oreilles aux pédiatres, je peux ni rester ni le prendre avec moi. Je me tape la énième remarque à la con « C'est pas normal qu'il réclame alors que sa dernière tétée c'était il y a à peine une heure, ce serait bien qu'on re-pèse avant et après pour voir ce qu'il prend et peut-être qu'il faudra compléter », j'ai eu envie de lui faire bouffer mes savates et de lui apprendre son métier à cette cruche, le lait maternel ça se digère plus vite que le lait artificiel, c'est normal qu'il réclame encore une heure après et c'est un bébé convalescent qui a été super malade, IL RECUPERE bordel, l'Homme s'est tapé une gastro samedi, 24h sans rien bouffer, il a mangé comme quatre dés que ça allait mieux et s'est fait un gueuleton de tous les diables, ça choque personne, pourquoi Joseph y aurait pas droit ? Pauvre bébé de 5 jours mal dressé, il a besoin de forces c'est même plutôt bon signe qu'il réclame vachement, on peut pas me foutre la paix avec ces histoires ? Jusqu'au bout ils m'auront emmerdé avec leurs conneries, je suis sûre qu'ils lui ont filé plein de compléments dans mon dos, j'en aurais la quasi-preuve un peu plus tard.
Bref, à 11h30, la pédiatre nous dit... Qu'il va bien ! L'infection a pas tout à fait disparu mais quasiment (CRP redescendue à 12, considérée comme normale inférieure à 10), on rentre à la maison, on revient trois jours d'affilée pour une injection d'antibiotiques qu'il doit avoir pendant 8 jours au total, et remballez. Moi je fonds en larmes, on rentre à la maison, enfin... On doit attendre l'injection du jour, à 14h20 l'infirmière lui fait, nous file toute la paperasse, Joseph veut téter, rien que pour le symbole, je refuse de lui donner aux soins intensifs, je le ferai dans le salon d'attente le temps que l'Homme s'occupe de la sortie administrative, on rentre enfin à la maison, on arrive chez nous et on a du mal à y croire, notre bébé est là dans son couffin on est là nous aussi, une dernière fois je fonds en larmes, je lâche prise, on y est, enfin...
Voilà les raisons de mon absence, ces cinq jours sont au palmarès des moment les plus pénibles de ma vie... Autant l'accouchement, j'en garde un souvenir génial, je ne regrette pas du tout l'AAD, j'ai tout tenté, je n'ai pas pu, je sais que je suis allée au bout de ce que je pouvais donner et que j'avais besoin d'aide ensuite, à chaque moment ça s'est passé selon ce que je voulais, à la maison tant que j'en avais la force, à la maternité ensuite sous péridurale quand je pouvais plus, c'est pas un échec ni une renonciation, à refaire, je referais pareil, j'ai un seul regret : je me suis dit que les choses n'arrivaient peut-être pas par hasard, que si Joseph était né à la maison on aurait sans doute mis plus de temps à se rendre compte de sa détresse respiratoire et que finalement, va savoir si tout ça n'a pas un sens, mais ma théorie s'est écroulée, ils m'ont fait un prélèvement, aucun germe retrouvé sur moi en plus je suis arrivée la poche des eaux intacte, le sien, il l'a donc chopé... En salle de naissance sans doute...
Non, c'est à compter de jeudi matin que le monde s'est écroulé, que je n'ai pas pu apprivoiser mon petit toute seule, que j'ai du le faire eu milieu des infirmières, des fils et des pleurs des voisins de couveuse, ça, ça a été violent.
Aujourd'hui on est à la maison, il m'a fait passer une nuit de merde et ça s'est fini avec l'Homme qui a fait les 100 pas dans le salon en lui chantant du Bob Marley pendant que je récupérais, bref, normal, quoi, bienvenue dans le monde des parents !


(réalisé sans
trucage, je ne suis pas enceinte de quadruplés)...
Vous dîtes...