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Lundi 5 mai 2008
Ecrit le mardi 29/04/08, je vous laisse de la lecture pendant mes vacances...

« Vous savez ce que je vais noter sur votre fiche ? ‘Besoin urgent de repos mental’, lâchez prise, vous en avez besoin.
-Je ne me l’autorise pas, j’arrive pas, je sais pas lâcher prise.
-Si vous voulez, je vous arrête, mais si je vous arrête, partez au calme vous reposer, partez vous faire chouchouter une semaine chez vos parents sans rien faire…
-Pas la peine de me mettre en arrêt, je suis en vacances mercredi soir, je pars une semaine en Grèce en pension complète…
-Et ne faites rien, prescription médicale, je vous ordonne de vous reposer l’esprit. »
J’étais chez le doc lundi 28.
J’avais fait ma liste de choses à lui demander.
Mon médecin est formidable. Ponctuel, une demi-heure minimum de consultation, on est restés 1h10 ensemble hier. Tarif Sécu.
Je le vois en fin de journée comme ça je suis la dernière et on a le temps. Je me suis inquiétée de sa retraite, il est pas tout jeune, mais vérification faite (examen des rides, des mains) il doit avoir 55 ans, un médecin ça commence à travailler très tard, j’ai le temps. Avant j’en voyais un autre, deux pâtés de maisons plus loin, consultation expédié en deux secondes, une demi-heure d’attente minimum, qui m’avait mal diagnostiquée la dernière fois que je l’ai vu alors que mon médecin actuel quand je l’avais vu le lendemain avait trouvé ce qui allait pas. Depuis je ne vais plus ailleurs, il est devenu mon médecin traitant. Malgré son cabinet vieillot, sa table d’examen pas flambant neuve en un genre de toile cirée, son absence de terminal à carte bleue ou à carte vitale (j’en ressors avec ma feuille maladie marron).
On a parlé migraines, il m’a donné un nouveau traitement, tous les autres ayant échoué, il m’a parlé d’un lien possible avec l’anxiété, je lui ai demandé les coordonnées d’un confrère psychiatre, je ne veux pas de son traitement contre l’anxiété, je veux qu’il me donne un antimigraineux classique, pour ce qui touche à l’anxiété et aux angoisses je verrai ça avec le psy.
« Vous n’êtes pas sereine, n’est-ce pas ? Ca s’entend à votre façon de parler. Je me demande si vous n’êtes pas hyperthyroïdienne, la thyroïde c’est une petite glande qui régule le métabolisme, les hyperthyroïdiennes (enfin, c’est principalement les femmes c’est pour ça que je le dis au féminin) sont hyperactives, toujours en mouvement, mangent beaucoup, craignent le chaud, ont tendance à maigrir…
-Peut-être que je me plante, hein, mais je ne me sens pas dirigée par un souci physique, je crois que c’est dans la tête que je suis hyperactive, mon cerveau ne sait pas se reposer, ça mouline en permanence, et ça m’épuise.
-Je vous plains… Et je plains aussi votre entourage, vous vous épuisez et vous devez épuiser les autres…
-Mon entourage est très tolérant… »
C’est sûrement pour ça que ça marche avec l’Homme, il est hyper équilibré, serein, sait quand je vais trop loin et laisse couler.
« Quel âge avez-vous ?
-22 ans
-Ah oui, vous êtes jeune… Ne le prenez pas mal mais vous paraissez plus, vous êtes plus mature. Enfin, oui et non, à 22 ans on n’est pas mature, vous êtes ambivalente sur ce point, c’est étonnant comme vous êtes bien plus mûre d’un côté et complètement en décalage avec votre âge, et pas assez mure pourtant pour vivre la vie que vous menez.
-Oui, j’ai eu une histoire familiale un peu difficile et douloureuse par moments, des choses qui font grandir trop vite, mais il y a des étapes qu’on ne peut pas brûler et un rythme de maturité qu’on ne peut pas contraindre indéfiniment, et je suis un peu en conflit sur ce point. Adulte à tout prix, pas de faiblesse, pouvoir et devoir tout gérer ce qui touche à ma vie sans jamais réclamer la moindre aide aux autres, être l'égale de mes parents et en même temps totalement démissionnaire quand il faut s’occuper des papiers, de la maison, des abonnements,…
-Prenez le temps…
-Je ne sais pas lâcher prise, je ne m’autorise pas la faiblesse
-Mais vous en avez besoin »
Je suis entrée dans son cabinet avec un début de migraine, en en ressortant, plus rien, mes migraines sont en majorité psychosomatiques, je suis épuisée mentalement, mon cerveau est comme un ordinateur qui ferait des millions de calculs en permanence, je n’arrive pas à me reposer l’esprit, j’étouffe dans ma boîte crânienne et ça me file la migraine. De lui en parler c’est comme si j’avais ôté quelques secondes la valve d’une cocotte minute, la pression est un peu retombée, je n’avais plus la migraine en ressortant.
On a mis le doigt sur pas mal de choses importantes, en ressortant de là 1h10 après y être entrée j’étais claquée, j’avais le sourire aux lèvres, il s’était enfin passé quelque chose, et j’avais l’adresse d’un psychiatre.
J’ai eu l’impression d’être comprise et prise en charge, d’avoir un soignant me faisant confiance au point que l’ordonnance qu’il m’a filée est valable 6 mois et « renouvelable à la demande »
« Les pharmaciens n’aiment pas ça mais je m’en fiche, dites-leur qu’ile peuvent m’appeler en cas de souci, vous renouvelez à votre rythme en cas de besoin, mais je vous en mets déjà trois boites d’office, après vous voyez »
« Le traitement de fond c’est un au dîner et un au coucher, pas le matin surtout… »
Il doit avoir réussi à me refiler l’anxiolytique que je boycottais...
Et j'ai aussi trouvé un nouveau gyneco (la mienne refuse de me poser un stérilet sous le prétexte que je n'ai pas d'enfants), et un psy, il était temps, va falloir bien vider la cocotte minute. Comme je disais au doc : j'ai pas la jambe cassée, ça m'empêche pas de marcher, j'ai un caillou dans la godasse, c'est chiant et ça me ralentit.
Besoin urgent de repos mental qu’il a dit le doc.
Et je suis infiniment d’accord avec lui.


Fantomette repose actuellement son mental sur une plage de Corfou en compagnie d'un homme beau, grand, fort et sexy.
par Fantomette publié dans : Migraines, agenda et traitements...
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Lundi 28 avril 2008

A la suite d'un de ses commentaires, j'avais proposé une tribune à ChocoFraise, qui a accepté.
Début de l'histoire ici : ChocoFraise #1 Présentation.
Suite ici :
ChocoFraise #2 La décision.


Le cerveau humain est vraiment une machine incroyable. Mais compliquée. Et la condition humaine aussi. Je me demande souvent ce qu’aurait été ma vie si je n’avais pas vécu ce traumatisme. Je suis loin d’être parfaite. Mais il y a tout un tas de mes traits de caractères qui me dérangent dans ma vie de tous les jours. J’ai du mal à faire la part des choses. Est-ce que je suis comme ça ? Est-ce que je me vois telle que je ne suis pas ? Beaucoup de mes amis ont une image très positive de moi. Mais quand ils me décrivent, j’ai l’impression qu’il parle d’une autre. D’après eux, je suis très avenante, souriante, forte, loyale, positive, gentille, très drôle, très à l’écoute, de bon conseil, et il parait que j’ai un sacré caractère !! Moi, je me vois effacée, j’ai toujours peur d’être abandonnée, j’ai l’impression d’être nulle et que personne ne m’aime, je ne parle jamais de mes problèmes car je suis sûre que tout le monde s’en fout. Pour moi, mon sacré caractère est plutôt un mauvais caractère. Avec mon copain, je suis souvent méchante et capricieuse. Et je ne supporte pas l’échec. A tel point que je ne fini jamais ce que je commence car il arrive toujours un moment où j’ai tellement peu confiance en moi que je suis sûre que je vais tout faire rater. Alors j’abandonne avant d’essuyer cet échec imaginaire.

Quand j’étais petite, mon père me disait des choses très dures. Il me disait que j’étais grosse et moche, que je finirais ma vie seule et abandonnée de tous, que je ne servais à rien et que personne, pas même ma mère, ne s’intéressait à moi. Il a dit un jour aux garçons de mon quartier qu’ils pouvaient coucher avec moi à condition de mettre une capote !! Dans ma cité, on me traitait de pute et je me suis même vue proposer de l’argent par un camarade de classe alors que j’avais dans les 12 ans. Il m’a dit « Tiens, ton père dis que t’es une pute et que tu couches, alors si je te donne 50 francs, on le fait ? ». Je crois que ce jour là a été le pire de ma vie. La plus grosse honte. Le jour où l’image que j’ai de moi est descendue plus bas que Terre. Ce jour là, je me suis dis que si mon propre père me traitait de cette manière, c’est que cela venait forcément de moi ! Comment une enfant peut-elle comprendre une telle cruauté autrement ? Comment peut-on imaginer que notre père soit si abject sans raison ? C’est inimaginable. Alors on se dit que cela vient forcément de soi.

Le pire, c’est la façon dont les autres le percevaient. Vers l’âge de 16 ans, j’étais chez le coiffeur en bas de chez moi. Mon père passe dans la rue et m’aperçoit à travers la vitrine. Il entre et me parle à propos de je ne sais plus quoi. Lorsqu’il est parti, la coiffeuse m’a dit : «  Votre père à l’air d’un homme formidable. Il vous aime beaucoup cela ce voit. Vous en avez de la chance ! » . Et là, au lieu de me dire qu’elle ne le connaissait pas et donc qu’elle avait tord, je me suis mise à culpabiliser de ne pas l’aimer !

Aujourd’hui, je ne culpabilise plus, mais toute cette histoire m’a vraiment détruite. Je n’ai jamais réussi à garder un travail. Il arrive toujours un moment où la dépression prend le pas. La plupart du temps, j’en retrouve un autre au bout d’un mois, c’est difficile financièrement mais pas insurmontable. Mais la dernière fois, je me suis retrouvée sans le sou car j’ai été sans emploi pendant un an. Une année sans travail et sans indemnités d’aucune sorte car je n’ai même pas eu le courage d’aller faire les démarches nécessaires aux ASSEDIC. Alors vous vous demanderez sûrement comment j’ai vécu ? Déjà, j’ai perdu 10 Kg. Et oui ! Un an à ne manger que des pâtes ou presque, ça aide !! Ensuite, je n’ai plus payé mon loyer. J’ai encore honte en y pensant et d’ailleurs, personne ne l’a jamais su ! Une fois, j’ai failli me faire couper l’EDF. J’ai pris mon courage à deux mains ce jour là et j’ai demandé à un ami les 118 € nécessaires pour payer. Je me suis terrée et je ne sortais plus. Impossible de dire à mes amis que je n’avais plus rien ! Heureusement,  à cette période j’ai  rencontré mon chéri. Il y avait une sorte d’accord tacite entre nous. Il ne posait aucune question, et il me faisait des courses quand il venait dormir chez moi. Et en échange, je faisais en sorte d’aller mieux. Quand il m’a dit qu’il voulait qu’on vive ensemble, j’ai retrouvé un travail en 10 jours !! J’ai aussi trouvé un nouvel appart’ en 1 semaine seulement !! Tout ça m’a montré qu’il avait vraiment confiance en moi et qu’il croyait en moi malgré toutes les difficultés. Ca m’a redonné beaucoup de courage. J’ai vraiment une grande confiance en lui moi aussi. Et parfois, je m’en veux de ne pas être « normale ». J’ai l’impression de ne pas lui apporter tout ce qu’il mérite et quand on en parle, il me dit qu’il a confiance et qu’il sait que je vais aller mieux.

Il parait qu’un des « symptômes » des victimes d’inceste est la prostitution. Et je ne suis pas l’exception qui confirme la règle, car moi aussi, je me suis prostituée. Je n’arrive toujours pas à comprendre ce qui m’est passé par la tête. Un jour, j’étais sur internet et j’ai trouvé le numéro de téléphone d’une messagerie rose. Sans raison apparente, j’ai appelé. Et en discutant avec un homme, il m’a dit qu’il voulait me rencontrer. A ce moment là, j’ai répondu que j’étais d’accord, mais que le temps étant de l’argent, le mien n’était pas gratuit… Voilà comment tout à commencé. Pourtant, j’avais un travail et aucun besoin d’argent !! D’ailleurs, toutes les fois où je l’ai fait, j’ai tout dépensé en invitant mes amis au restaurant. A chaque fois, ça se passait de la même façon. On se retrouvait dans un endroit pour boire un verre, puis j’allais chez eux. On discutait un moment, j’essayais de faire passer le plus de temps possible avant « l’acte ». J’ai tout oublié de ces moments là. Leurs prénoms, les adresses, ce qu’il s’est exactement passé ?? Plus rien. Mon cerveau à tout zapper. Et bizarrement, je ne me suis jamais sentie sale après. Peut-être parce que je me dégoute déjà, alors un peu plus ou un peu moins… Mais je regrette. Je ne comprends pas et je n’accepte pas non plus. L’aurais-je fait si j’avais été normale ?? Cela a-t-il eu un impact sur moi? Je ne sais pas. Le fait est qu’à 1part vous, personne ne sait. C’est la première fois que j’en parle.  Une chose est sûre, c’est que j’ai quand honte de l’avoir fait. 

Alors comment aurait été ma vie si je n’avais pas vécu tout ça ? Aurais-je atteint tous les buts que je m’étais fixés ? Serais-je parvenue à terminer mes études ? Ferais-je le métier dont j’ai toujours rêvé ? Serais-je tout simplement heureuse ? 

Je ne sais pas. Je n’ai pas les réponses. Personne ne les a ! Mais une chose est sûre, et je crois qu’elle est valable pour tous, peut importe les épreuves que l’on a traversées. C’est idiot, mais je ne l’ai compris qu’il y a très peu de temps ! 

Parfois, on a l’impression que le sort s’acharne sur soi. On ne comprend pas pourquoi, mais il nous arrive toujours quelque chose. Observez autour de vous les gens qui s’en sortent. Comment font-ils ? Ils regardent en avant !! Ils ne ruminent pas sur leurs erreurs passées ou les épreuves qu’ils ont connues. Au contraire, ils s’en servent et ils vont de l’avant. Hier, j’y pensais, et je me suis dis que c’est un peu comme un problème de maths. Au départ, on trouve ça difficile. On réfléchit, on cherche la solution, et on se plante. Après, si on rencontre le même type de problème, même si on s’est trompé  la première fois, une fois qu’on a compris la logique on y arrive et ça parait même facile. Alors on est prêt pour aborder des problèmes plus compliqués, pour avancer et pour faire des progrès. Et plus on avance et on fait de progrès, plus on est motivé !! Bien que la vie soit loin d’être aussi simple que les mathématiques (si si, les maths c’est facile !! ^^), c’est un peu pareil. On avance, on grandit, on fait des erreurs, on traverse des moments difficiles. La différence entre ceux qui s’en sortent et les autres, c’est que les premiers ne regardent pas toujours en arrière. Ils s’en servent pour avancer. Ils s’en souviennent, pour ne plus commettre les mêmes erreurs mais il garde foi en la vie et ils se disent que le meilleur reste à venir. 

Alors voilà. On déprime, on se laisse aller, on accumule les problèmes, on fait des choses qu’on regrette. Si on y repense tout le temps, on ne s’en sort jamais. Si on cherche des solutions pour s’en sortir, on va mieux. Et plus on accompli de choses qui nous rendent fières de nous, plus on a envie d’en accomplir ! C’est un cercle vertueux. Aujourd’hui, je suis loin d’avoir réglé tous mes problèmes. Mais je me soigne, je soigne ma dépression, je me fais reconnaitre en temps que victime, j’en parle et j’avance petit à petit.  

Et mon estime de moi remonte.


par ChocoFraise publié dans : Vous avez la parole...
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Lundi 28 avril 2008
Mon Fulbert que j'ai nourri avec amour tous les jours matin et soir m'avait l'air mûr samedi matin, alors je lui ai filé un peu à bouffer, et 5h plus tard j'en prélevais une partie pour faire mon premier pain.Mon pain a levé pendant qu'on était à la piscine (partis à la piscine à vélo, et il faisait tellement beau qu'elle a été ouverte, on a donc nagé une petite heure au soleil... D'où les tâches de rousseur, un pur bonheur, on se croyait déjà en vacances...)Puis il a re-levé pendant qu'on faisait du shopping (je cherchais une jupe que je n'ai jamais trouvée : une jupe très longue, ample genre diseuse de bonne aventure mais pas un jupon à volants, une jupe le plus simple du monde : deux grands pans de tissu cousus sur les bords, et c'est tout, j'en avais acheté deux il y a 5-6 ans chez Pimkie et impossible d'en retrouevr...)
Puis il a continué à lever pendant qu'on était au resto avec mon copain Zaza et ses amis bizarres (sauf une) et son mec stupide (on a du lui coller une otite tellement on a bavé dessus sur le retour), et il a cuit tard.
Bon, je suis un poil déçue, j'avais mis un peu trop de levain et comme il a levé un peu trop longtemps il a un goût aigrelet un peu trop fort, la pâte était bien levée mais en la transvasant à la plaque de cuisson il a perdu une partie de ses bulles et a pas réussi à re-lever assez, donc le pain est très compact et --il faut bien l'avouer-- pas excellent.
Je persiste et en ferai un autre bientôt, je suis pas sûre de réussir à finir celui-là...
par Fantomette publié dans : Fantocuisine
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Samedi 26 avril 2008
Et hop, me voilà pleine de tâches de rousseur...
Fausse rousse mais vraie peau de rousse...


par Fantomette publié dans : Morceaux de la vie de tous les jours
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Mercredi 23 avril 2008
Bon, ben voilà, il est parti.
Ni loin (enfin, si, Lyon c’est loin), ni longtemps (il devrait rentrer demain ou vendredi, mais en attendant, y’a personne qui m’attendra à la maison ce soir. Même si d’habitude c’est plutôt moi qui l’attends, disons que j’aurai personne à attendre.
Oui, je sais,
BBK.mel, toi ton HommeDesBois, quand il part c’est pour deux mois, c’est à 10.000km… Bien heureusement, l’Homme, bien que digne descendant d’une famille d’immigrés polaks n’a pas de famille à l’étranger chez qui paser deux mois sans moi (le Nord c’est l’étranger ?). D’ailleurs à ce sujet, je suis étonnée qu’il ne cherche pas à en savoir plus sur cette histoire de grands-parents Polonais venus prendre le travail de nos bons Français et se tuer à notre place dans les mines de charbons du Nord-Pas-de-Calais, déjà qu’avec ma bête histoire de père pied-noir je trouve ça fascinant et suis terriblement malheureuse que mon père soit rentré en France à seulement trois ans et n’ait pas de souvenirs d’Alger, j’adore les histoires de famille.
Tenez, moi, par exemple, je suis la descendante illégitime de
Théodore Botrel. Ah, ça vous la coupe, hein ? Une arrière grand-mère a fricoté avec l’artiste et s’est retrouvé avec un petit polichinelle dans le tiroir alors on l’a épousée avec un autre pour que le petit ne soit pas bâtard. Du coup, admettons que je m’appelle Durand, ben j’ai zéro goutte de sang Durand dans les veines, c’est juste que le sieur Durand a reconnu le p’tit que mon ancêtre avait fait avec Théodore Botrel. C’est génial comme histoire, non ? Enfin, moi j’adore ce genre d’histoires familiales, et je tiens à rassurer la famille Botrel : je veux pas ma part d’héritage, hein, y’a prescription, et en tous cas votre Grand-Pépé était un sacré polisson.
Moi j’aurais des grands-parents immigrés, je les harcèlerais pour connaître toute l’histoire pourquoi, quand, comment, la vie là-bas, tout ça, quoi !
Tenez, je connais exactement comment mes parents se sont rencontrés, quel mois, quelle année, quelles circonstances, idem pour
la gonzesse Tchèque que mon père a épousée pour qu’elle devienne française, bref, j’adore, j’adore, j’adore les histoires comme ça.
Et l’Homme, rien, pas curieux pour un sou, explication « Mon père en a jamais trop parlé », mais moi mon père m’en parle pas, je le fais accoucher de son histoire au forceps, je veux tout savoir !
En fait, c’est ce qui est rocambolesque qui m’intéresse, la seconde femme de mon grand-père paternel, par exemple, d’après ce qu’on m’en a dit était amoureuse de lui depuis des années, et quand il a divorcé d’avec ma grand-mère et qu’elle a pu enfin l’épouser, il est mort un an après d’un cancer foudroyant, elle aura à peine eu le temps de devenir sa femme qu’elle était déjà sa veuve. Bon, c’est vrai que c’est pas joyeux joyeux. Mais c’est digne d’une tragédie Grecque, non ?
Ou encore quand mon oncle est né, dans les années 50 en Algérie pendant les bombardements avec trois mois d’avance, ma grand-mère a été renvoyée chez elle au bout de trois jours, pas de couveuse à disposition, avec un bébé grand comme une bouteille d’eau (dixit mon papa) qui a bien failli y passer.
Bref, tout ça pour vous dire que ce soir et peut-être même demain soir, je vais me retrouver en tête à tête avec Fulbert.
C’est pas que je l’aime pas, hein, il est pas méchant, mais il manque sérieusement de conversation.
Mais il va bien, la preuve :
Il bulle comme un fou, d'ici pas longtemps je vais pouvoir me faire mon pain au levain...
par Fantomette publié dans : La famille
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Mardi 22 avril 2008
On est tout le temps à la bourre quand on part à la même heure.
Quand l’Homme commence avant moi, il est levé à 6h, à 6h40 il est parti, moi je me lève à 7h30, à 8h et des brouettes je suis partie.
Quand on part à la même heure, le réveil sonne plein de fois, on glandouille au lit, au petit déj, sous la douche et ça se finit en course contre la montre.
Ce matin, miracle, à 7h40 on était tous les deux propres, habillés, caféinés, parfumés et prêts à décoller.
« Gérer notre temps ? Tu veux dire que ce truc dont parlent plein de gens on aurait réussi à le faire ce matin ?? » m’a-t-il dit.
Pour le moins surprenant.
Alors je change le lit de Fulbert (je le change de bocal) et lui donne plein de bonne farine bio à manger pour qu’il épaississe, il sent déjà bon, le bougre, je me repasse deux-trois fringues et je me change.
Je regarde sytadin.fr pour voir la circulation. Nobody on ze rode. C’est les vacances, les parigots-tête-de-veaux sont partis avec bobonne et les lardons chez leur belle-mère à la campagne, la rue est à nous, ça signifie, mais oui, mais oui, l’école est finie. Alors je décide de partir plus tard que prévu et de finir de me maquiller à la maison plutôt que dans mon rétroviseur dans ma Fantomobile (39,73 litres, 50€ de gasoil hier, je suis dég’). Alors je me maquille, glandouille sur mon bébé pc, me ressers un café, et me dis qu’à 8h15 il est temps de partir, je récupère ma clé de vouature dans mon jean d’hier et je décolle. Ah non, elle est pas là, ma clé. J’avoue, j’ai déjà perdu ma première clé, et celle-là c’est un double.
Et je voudrais bien retrouver mon double de clés, sinon je pars pas.
Je retourne tout l’appart, pas de clé.
Je vide mon sac à main, fais le tour des lieux improbables (toilettes, salle de bain), rien. Je cherche entre les coussins du canapé, sur le lit, dans mon jean de ce week-end (alors que je le portais pas hier et que je suis allée bosser en vouature hier).
J’appelle l’homme pour hululer mon désespoir et lui demander si je peux prendre sa voiture des fois que je retrouverais pas ma clé.
Il veut bien.
Il est 8h30, je suis un peu moins en avance que prévu.
Et j’ai un doute, je prend sa clé de sa voiture et descends, et vais voir ma Fantomobile.
La clé est sur le contact.
Tout simplement, ma voiture est en mode prêt-à-partir, tu rentres, tu démarres (le plein est fait) et tu te casses.
Parce que je ferme jamais ma voiture à clé, c’est pas parce qu’elle est verrouillée qu’on me la piquera moins, c’est juste que si elle est ouverte le voleur il ouvre la porte et hop, si elle est pas ouverte, le voleur il envoie un coup de tournevis dans ma serrure ou plie ma portière et hop. Alors tant qu’à faire, autant qu’on me pète pas ma serrure ou ma portière alors je la laisse ouverte. Et du coup je pense pas à vérifier ma clé en sortant pour verrouiller, du coup c’est la deuxième fois que je laisse la clé sur le contact.
Si vous voyez une Fantomobile, tentez le coup, hein, elle sent juste un peu bizarre rapport au doggy bag du couscous de Mme Mamandelhomme d’il y a 15 jours, le jus des légumes a coulé et ça fermente tranquillement par terre côté passager mais le matin quand il fait froid, ça va et de toutes façons au bout de 5 minutes on sent plus rien, c’est juste un peu dur quand on rerentre dedans après une après-midi au soleil, mais tentez quand même le coup, avec un peu de bol le plein sera fait et y’aura la clé sur le contact, elle consomme pas grand-chose, ça vous laisse deux semaines de trajet maison-bureau ou un bon aller-retour Paris-Nantes, au choix (marche avec toutes les communes dans un rayon de 400km de votre point de départ).

Je suis un boulet.
par Fantomette publié dans : Fantomette a encore frappé
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Lundi 21 avril 2008
10 jour pétantes.
Et on est en vacances.
Oui, je vous rebats un peu les oreilles de mes vacances, mais comprenez-moi, si vous non plus n’aviez pas pu vous prélasser avec Mister Univers sur une plage de sable chaud (quoi que la météo commence à me faire flipper niveau sable chaud, le thermomètre ne se décide pas à s’envoler à Corfou, ça dépasse pas les 21-22°C, bordel) depuis approximativement un certain dimanche 24 septembre 2006 où vous avez quitté Djerba sous un soleil de plomb pour atterrir trois heures plus tard à Nantes sous la pluie, vous seriez pareils.
D’ailleurs, phénomène intéressant, on a chopé une crève mémorable à Djerba, et j’avais une voix sensuelle de Macha Meryl mais en plus rauque, et dans l’avion, l’altitude m’a rendu ma voix normale, et à l’atterrissage j’avais retrouvé mon timbre viril.
D’ailleurs, dans la catégorie « Souvenirs, souvenirs » de Djerba, cette fameuse crève, là, ben on s’était fait conduire à Midoun pour trouver une pharmacie, on nous avait filé du Mucolator pour déboucher le nez, un médicament local anti-crève terrifiant (je suppose que ça ressemble à du Mucomyst mais en pire) je vous explique : crève + enrhumé = nez bouché et perception des odeurs limitée. Ben pourtant, à peine j’avais ouvert le premier sachet de mucolator que j’ai vertement enguirlandé l’Homme pour avoir lâché une caisse monumentale et que c’est dégueulasse, et ça pue, et t’es gonflé, bref, lui s’est défendu comme il pouvait, et vas-y que je te jure que c’est pas moi, je te crois pas gros dégueulasse, mais Fanto’ je te JURE que c’est pas moi, bordel !
Et là, le doute. Non, c’est quand même pas… Eh ben si, le Mucolator ça sent ce que vous vous doutez.
Le pet.
Alors pour masquer un peu la chose, vu qu’en plus d’être bouchés des sinus on avait mal partout (fièvre et tout) et que moi j’avais les poches pleines d’aspirine (migraineuse oblige), on diluait 1g d’aspirine effervescent dans le gobelet comme ça on avait un deuxième effet kiss cool sensation pétillante, le bruit et l’odeur en quelque sorte.
Premières vacances en amoureux, le glamour en prenait déjà un coup.
Remarquez, il risque d’en reprendre un coup, vu que ce qui a décidé le choix de l’hôtel c’est des détails aussi intéressants que « bars et tavernes à 300 mètres », c’t’un coup à rentrer bourrés en chantant à tue-tête « C’est la java bleue », je suis pas sûre que ça nous reglamourise, tout ça.
Sinon, comme vous vous en doutez, un week-end mémorable, l’Homme s’est acheté des chaussures que même moi j’en ai jamais acheté des aussi chères (sauf les McQueen avec la complicité de ma banquière à qui j’ai juré que mon casier à la fac avait été forcé et qu’on m’avait piqué tous mes bouquins et qu’il me fallait cette autorisation de découvert pour tout racheter, qu’il en allait de ma carrière et elle a dit oui) (chaussures qui m’ont été volées deux mois plus tard par une collègue à Mc Do pendant que je travaillais) (Bien mal acquis ne profite jamais, j’avais qu’à pas acheter des chaussures à 400€ en trompant ma banquière), j’ai acheté une petite robe H&M (H&M mon amour chez qui j’achète des robes taille 38), et on a encore fini chez Kiki hier, kiki c’est la grand bazar de la zone commerciale glauque de banlieue d’à côté de chez nous chez qui on va régulièrement claquer des payes en choses inutiles-donc-indispensables, comme des brosses à vaisselle à réservoir de liquide vaisselle intégré, des tupperwares géants de 37x37x18cm, des lots de cutter, une brosse à ongles, du papier alu, un siège de WC molletonné, de la lessive, un moule à brioches, une spatule, des noisettes,…
Enfin bon, ma belle-mère a trouvé que mon gâteau raté était bon (ou alors elle est très polie) en m’approuvant avec compassion « Bah oui, les blancs en neige c’est dur, ça retombe souvent, je comprends... Mais il est très bon, ce gâteau, non, non, j’en veux pas d’autre, merci », et Fulbert est né samedi matin.
Fulbert, c’est mon levain.
J’avais déjà eu Marcel avant, mais Marcel est mort après un seul pain réussi, je sais pas, je l’ai raté à la fin, j’ai du lui filer à bouffer de l’eau trop chlorée qui a ruiné ses mignonnes bactéries, là Fulbert j’ai décidé d’y faire attention et de lui filer à bouffer tous les jours.
Enfin, normalement c’était matin et soir, mais j’ai oublié ce matin, mais je vais devoir en jeter aussi un peu parce que sinon dés qu’il va commencer à fermenter il va déborder de son bocal.
J’ai vu des petites bulles ce matin, j’ai bon espoir.
J’ai pas encore prévenu ma mère qu’elle s’en occupait pendant qu’on était en Grèce.
On a longuement hésité sur le prénom, je voulais l’appeler Hyppolite parce que l’Homme persiste à vouloir appeler notre progéniture comme ça et que dans l’hypothèse où on aurait un garçon j’aurais pu lui dire « Ah non, pas Hyppolite, c’est le prénom du levain », mais il m’a devancée « Ah non, pas Hyppolite, c’est le prénom du p’tit » alors j’ai du me rabattre sur Fulbert.
Mais je songe de plus en plus à ne pas me reproduire avec l’Homme, je ne peux décemment pas appeler mon fils Hyppolite.
par Fantomette publié dans : Morceaux de la vie de tous les jours
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Jeudi 17 avril 2008
A la suite d'un de ses commentaires, j'avais proposé une tribune à ChocoFraise, qui a accepté.
Début de l'histoire ici : ChocoFraise #1 Présentation.

La décision.
 
Il arrive un moment où on ne se supporte plus. Un moment où on ne supporte plus rien. Le regard que l'on porte sur soi, on a honte, tout le temps, et on ne comprend pas pourquoi. Le regard des autres. Savent-ils? Sentent-ils que j'ai un problème? Aller faire les courses? Trop d'efforts!! Se faire belle? Trop d'efforts!! Téléphoner aux gens que l'on aime? Trop d'efforts!! Aller voir les gens que l'on aime? Encore pire!! Donner des nouvelles? Pour quoi faire? De toute façon, on a plu
s envie de voir personne, on a plus envie de parler avec personne, on a plus envie de s'intéresser aux autres, on se renferme, on ne dort plus, la vie devient lourde... Et un jour, on décide qu'on doit faire quelque chose. Alors on se renseigne comme on peut, et on cherche des solutions.

Dans mon cas, sans travail, sans envie de bouger, sans internet, sans argent, j'ai décidé d'appeler le 119. Parce que le 119, même avec un portable rechargeable par carte qui n'a plus de crédit, ça fonctionne!! Le 119, c'est fait pour les enfants. C'est le numéro de l'enfance maltraitée. On l'appelle si on est un enfant qui en a besoin ou si on est un adulte qui pense qu'un enfant en a besoin. C'est gratuit, anonyme, on peut donner un faux nom et la nuit, ils sont joignables très facilement!! :). Moi je n'étais plus une enfant, pas encore tout à fait adulte, mais je n'avais qu'eux pour m'aider. Ils m'ont donné l'adresse d'un service de victimologie dans un hôpital parisien, et ils m'ont donné le numéro d'une association où on peut joindre des avocats qui nous renseignent gratuitement par téléphone.
 
C'est une avocate qui m'a dit comment porter plainte. Il y a deux façons. On se rend au commissariat le plus proche de chez soi, le jour, pour qu'un officier soit présent, ou on écrit au Procureur de la République du Tribunal de Grande Instance (TGI) près de chez soi. J'ai choisi d'écrire. C'est plus long, mais moins difficile. La plainte ne doit pas faire plus d'une page. Il suffit de se présenter, de donner le nom, l'adresse et l'Etat Civil de la personne contre qui on porte plainte (si on les connait) et de décrire les faits en quelques lignes. En gros, dans mon cas, cela a donné à peu près ceci:
 
« Monsieur le Procureur de la République,
Je m’appelle (…) née le (…), à (…).
Je porte plainte contre mon père M. (…) né le (…), à (…), et résidant (adresse) pour les faits suivants :
De l’âge de 5 ans à l’âge de 11 ans environ, j’ai été victime d’attouchements sexuels ainsi que de viols assez régulièrement. Cela se passait de la façon suivante : (description détaillée des actes).
Je vous remercie de bien vouloir prendre en considération ma plainte concernant les faits évoqués ci-dessus.
Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer, Monsieur le Procureur de la République, l’expression de ma considération distinguée. »

Puis j’ai posté mon courrier au tarif lettre tout simplement, le 28 février 2006.

En Juin 2006, j’ai reçu une convocation de la Brigade des Mineurs de Paris (BMP), j’ai été reçue par une dame très froide qui m’a interrogée sur les faits et qui a pris ma plainte. Elle m’a informée que le dossier serait transmis à un autre commissariat puisque les faits avaient eu lieu dans un autre département (ah les joies de l’administration française !! Un jour, si cela vous dit, je vous ferais un petit topo rapide sur les juridictions et comment elles fonctionnent. Je m’y connais bien, j’ai une licence de droit et j’ai été assistante juridique!). Elle m’a dit aussi que cela prendrait plusieurs mois, sans compter que les vacances d’été étaient proches. Et bien j’ai été contactée par le lieutenant du commissariat en question deux semaines plus tard seulement!!
Il m’a dit qu’il devrait interroger ma mère ainsi que les personnes à qui j’en avais parlé. Deux de mes ex petits copains… Il y avait aussi deux copines de l’école primaire dont je n’avais plus de nouvelles depuis le collège mais je me souvenais encore de leurs noms, prénoms et dates de naissance (merci à ma mémoire d’éléphant). Je lui ai donné les numéros de téléphone de mes anciens copains, celui de ma mère, et je l’ai appelée dans la foulée pour lui éviter une mauvaise surprise… Ca a été assez difficile, mais je m’en suis tirée par un simple « Maman, j’ai porté plainte contre mon père, la police va te convoquer pour t’interroger ». Et le week-end suivant, je suis allée lui rendre visite, et je lui ai (presque) tout raconté.

Ce que j’ai ressenti à ce moment là est indescriptible. C’est comme si j’avais perdu des centaines de kilos d’un coup! J’avais une impression de légèreté. Mais j’avais aussi très peur. Peur du moment où il allait apprendre la nouvelle, peur de voir sa réaction, et puis je croulais toujours sous les problèmes.
Problèmes psychologiques, douleurs physiques imaginaires, et problèmes matériels. La prochaine fois, avant de continuer de vous raconter mon histoire, je vous parlerai plus en détail de ces fameux problèmes et de tout ce que la douleur psychologique peut engendrer.

Merci à tous, et toujours merci à Fantomette !!

ChocoFraise.


Suite :
ChocoFraise #3 Conséquences
par ChocoFraise publié dans : Vous avez la parole...
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Mardi 15 avril 2008

A la rentrée 2008, elle reprend le boulot parce que son dernier bébé aura 8 ans et que t’as le droit qu’à 3 ans de congé parental + 5 ans de disponibilité après tu retournes au turbin sinon tu perds ton boulot.

Ma mère est instit. Ah ces fonctionnaires, toussa, je vous rassure, quand on s’arrête 8 ans (pour la dernière, je compte pas les congés des autres), instit ou pas instit, après faut bosser jusqu’à 75 ans pour avoir une retraite, un jour elle a regardé ses piou-pious et elle s’est dit « Bon, pour la retraite on verra plus tard, voyons déjà les bébés », elle le regrettera peut-être dans 15 ans. Ou pas, elle sait que ça se paye cher d’élever ses enfants. Elle me l’a dit y’a longtemps. Pis avec son mec qui est intermittent du spectacle, ils sont mal barrés niveau retraite, c’est moi qui vous le dit.

Mais ils ont de jolis bébés.

Bref.

Maman reprend les chemins de l’école en septembre prochain. Je me rappelle quand on était petites aves ma sœur, on corrigeait ses copies. On était vachement douées en calcul et en orthographe, alors on harcelait ma mère pour corriger ses copies. Et bien souvent elle nous laissait faire, mais au crayon de bois, pas au crayon rouge, t’imagines un parent qui regarde le devoir de son enfant corrigé par une écriture d’enfant ? Ca la fout mal, hein ?

Et des parents dans l’enseignement c’est génial, avec Papa on allait au Lycée avec lui, ou à la fac ou à l’IUFM, c’était chouette, pis quand t’es la fille du prof, les élèves sont ’ach’ment sympas avec toi. T’es comme qui dirait la star du bahut. Pis faut dire que mon père comme prof il est… Différent. Le genre de mec qui en voyage scolaire à Paris fait un concours de grimpage au sommet de l’arc de Triomphe avec bière à la clé pour le vainqueur ou des concours de qui c’est qui saute le plus haut et touche le plafond en cours (et fait la gueule quand un élève plus grand que lui réussit mieux). Et ses chemises… Les chemises de mon père. La faute de goût incarné. Des motifs qui se font plus depuis les années 80, ou des chemises qu’il a cousues lui-même dans un tissu aux couleurs d’une foret tropicales avec force fruits colorés et toucans et feuillages. Bref, le prof dont tu te rappelles, pis en plus je crois que c’est un très bon prof très apprécié, alors c’était marrant.
Mais revenons-en à ma mère la rebelle.

Qui a appelé la hot-line informatique hier (à savoir a appelé à la maison pour parler à l’Homme), et je lui ai parlé après, on a parlé de la rentrée prochaine, elle m’a parlé du programme, tu retires le français et les maths, il te reste 5,5h de cours sur la semaine, tu rajoutes du sport, de la morale et toutes les cochoncetés que nous a pondu ce crétin de ministre, bref, à quand les 35h à l’école pour vos enfants de 6 ans ? Parce que là, c’est bourrage de crâne à mort et pas le temps d’apprendre ou de comprendre, par cœur, par cœur, y’a une chanson de Renaud qui fait parler sa fille et il chante « Veulent me gaver comme une oie avec des matières indigestes, j’aurai oublié tout ça quand j’aurai appris tout le reste, soulève un peu mon cartable, l’est lourd comme un cheval mort, 10 kilos indispensables, théorème de Pythagore » et surtout cette phrase puissante et qui devient de plus en plus vraie « Ben si l'école ça rendait les hommes libres et égaux, l'gouvernement décid'rait qu'c'est pas bon pour les marmots! » Ecoutez cette chanson « C’est quand qu’on va où » de Renaud ici et vu que c’est un peu comme ça que dérive notre système éducatif, une sorte de pensée unique vu qu’il n’y a plus le temps pour la réflexion, des programmes incohérents et un peu moins de profs encore. On va en revenir à ces classes de campagnes d’avant-guerre à 50 gamins menés à la baguette qui répètent en chœur des « B. A. ba », c’est ça le but ?

On a évoqué mon article de jeudi dernier (oui, ma mère lit mon blog, je ne sais foutrement pas comment elle est elle aussi arrivée là), à se demander s’il fallait se révolter ou se résigner « Je me suis résignée assez longtemps, je pouvais pas avec mes enfants, maintenant j’arrête la résignation, je monte au créneau » « Tu sais, quand il a fallu les 500 postes en Loire-Atlantique, avec les parents d’élèves on s’est mobilisés, on a bloqué les établissements et on les a eus nos 500 postes » « Demain je vais à une intersyndicale » « J’ai décidé de me joindre au mouvement, c’est pas possible d’enseigner comme ça », on a parlé de la pensée unique qui nous guette quand 10 millions de français lisent tous en même temps la même chose (les journaux gratuits genre Métro et 20 minutes, presse la plus lue et la moins complète) et allument le JT de TF1 en rentrant chez eux le soir et qu’être journaliste indépendant sert à rien vu que quand tu dis la vérité t’es pas publié, on se disait que dérembourser l’optique c’était la porte ouverte au déremboursement des soins dentaires, puis de la contraception, et tout ce qui n’est pas « vital », déjà que le « vital » on te le fait payer à 50€/an, t’avais qu’à pas être diabétique ou migraineux ou vieux, non mais je te jure, y’en a qui ont de ces idées, avoir une maladie chronique c’est vraiment une idée à la con, bien fait les vieux pauvres malades myopes, z’aviez qu’à être jeune, riche et en bonne santé avec des bons zyeux.

Alors Mamounette se rebelle contre ce gouvernement alakon (même si c’est pas vrai qu’elle pouvait pas se rebeller avec les mômes, quand j’étais gamine je suis régulièrement allée à des manifs, et pendant les manifs anti CPE j’ai vu au dessus de la cheminée trois dossards « NON AU CPE » qu’avaient fièrement porté mes trois petites), fait des réunions avec ses ex et futurs collègues, va aux AG, bref, va tenter de faire son boulot dans des pas trop mauvaises conditions, déjà qu’elle pétoche que les gamins aient beaucoup changé, si en plus faut les traiter comme y’a 50 ans on est pas dans la merde.

Je suis fière de ma mère. 49 ans et 8 mois dans 11 jours, 6 bébés au compteur, reprend le boulot dans 6 mois, 1m58 ½, dans les 45kg,  révolutionnaire.

par Fantomette publié dans : La famille
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Lundi 14 avril 2008

Y’a des fois y’a des trucs qui me rendent un peu triste.
Voyez, moi je travaille dans une cité.
Y’a bien que les moins de 8 ans et de plus de 30 qui sont pas des cons dans c’te putain de cité.
Les moins de 8 ans, j’en avais déjà parlé ici : c’est les kirikous, les mômes dont je suis devenue la héroïne sur un malentendu, un jour y’a un collègue qui a réparé le vélo d’une gamine, et le téléphone arabe a fait son œuvre, j’ai appris récemment que c’était moi qui avais réparé ce vélo, et du coup les petits m’adorent, me tiennent la main quand je vais à la Poste jusqu’à l’entrée de la cité (je leur ai interdit de m’accompagner plus loin, je suis pas sûre que leurs parents seraient ravis de voir leurs lardons se barrer je-ne-sais-où avec une inconnue, et soyons franc, que ferais-je d’un kirikou à la Poste ?), me demandent où j’étais quand ils n’ont pas vu ma voiture de la journée (venue en RER ou garée sur le boulevard, mais ça les intrigue) et me rappellent vertement à l’ordre quand je ne réponds pas à leurs coucou parce que je ne les ai pas vus me faire un petit signe de la fenêtre de chez eux l’autre jour où je partais à La Poste mais qu’ils ont pas eu le temps de sortir me dire bonjour, oui messieurs-dames, je suis priée de scruter les fenêtres que m’ont indiquées les kirikous quand je pars à La Poste et qu’aucun n’est sur mon chemin, des fois que l’un d’entre eux voudrait me faire coucou.
La tranche d’âge au dessus, les 8-12 ans, c’est pas leur faute, mais le processus de destruction de la cité a déjà commencé son œuvre, ils voient les grands faire des conneries et veulent les imiter, alors ils balancent des pierres, des bouteilles en verres qui explosent dans l’entrée de garage de ma boîte, ils s’emmerdent, mais quand on les choppe ça redevient rien que des gamins perdus qui savent pas pourquoi ils ont fait ça, alors on est salauds, on les refile aux caïds (les grands frères qui font le guet en permanence à l’entrée de la cité) en leur disant que la prochaine fois c’est flics + plainte, tenez vos marmots, merde, les gamins prennent une branlée parce que les flics dans la cité, ils aiment pas les voir. Moi, si, beaucoup.
Et au-delà, c’est les moins chiants pour nous, parce qu’ils savent qu’on bosse là, qu’on est pas là pour les emmerder, qu’on répare les vélos des p’tits et qu’on garde la place du papi à la Fiat vieille comme Hérode qui vient toquer au carreau de mon accueil pour que je vienne bouger la mienne de Fiat vieille comme Hérode pour qu’il puisse caser la sienne derrière la mienne. Quand je suis arrivée ils ont essayé de me draguer, pis ils ont bien vu que d’une c’était mort, et que de deux, je serais là tous les jours et que valait mieux qu’on devienne invisible aux yeux les uns des autres. Ce qui fut fait. Jamais un mot, jamais un regard, juste de l’indifférence, ils s’écartent un peu quand je traverse la troupe pour aller à la Poste (je m’attendais plusieurs fois à une remarque graveleuse ou de drague ou que sais-je en passant au milieu d’une douzaine de jeunes mâles, mais rien, jamais un mot, c’est pas plus mal remarquez, mais j’arrive pas à être zen, je redoute toujours la connerie, la vanne qui tourne mal, je n’ai pas confiance en eux).
Pis y’a des soirs tu rentres de la poste et
tu vois un de ces jeunes cons qui te tient en joue, avec une arme en plastique si ça se trouve. Pis peut-être pas.
Pis y’a des soirs tu vois un mec qui prend des photos d’une maison en chantier dans la cité et une douzaine de ces connards qui commencent à le menacer, à l’insulter, à lui dire d’arrêter de photographier (il ne photographiait personne, juste un bâtiment), à le traiter de fils de pute et autres délicatesses. Pis tu entends l’un dire à un de ses copains « Vas-y, vas lui expliquer que c’est pas lui qui fait la loi ici ».
Alors j’ai fait demi-tour et je lui ai dit qu’il y avait eu
un fait divers où un mec s’est fait tabasser à mort parce qu’il a pris des photos d’un lampadaire dans une cité du 93, que c’est pareil ici que c’est pas parce que t’es dans Paris qu’ils sont moins cons et que ça vaut pas le coup, il y a des flics qui passent régulièrement, les flics de proximité qui font des tours, revenez quand ils passeront, ils disent rien quand il y a les flics. Prenez pas le risque, ils sont nombreux, ils sont cons.
Pis le mec qui était énervé de pas pouvoir prendre des photos a laissé tomber « Ouais… Ils nous font chier ces petits cons… » Pis il est parti.
Pis moi je suis repartie vers le bureau, ce coup ci quand je suis passée au milieu du groupe c’était pas de l’indifférence mais du silence un peu troublant, ils m’ont rien dit, comme d’hab je suis passée sans baisser les yeux ni regarder personne.
Je suis dégoûtée par ce genre de comportement.
C’est vraiment des emmerdeurs, je trouve ça nul, mais nul, mais nul… Je suis triste pour ce mec qui voulait prendre trois photos d’un mur, pour ces blaireaux qui sous prétexte qu’ils ont une douzaine se croient les maitres du monde.
Pis j'ai eu la trouille de ce qu'étaient capables de faire 15 blaireaux excités.

Brassens avait raison, à plus de deux on est une bande de cons.

par Fantomette
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