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Mardi 10 novembre 2009
Joseph est né mercredi soir à 23h50, 52cm et 3,980kg, donc.
Le plus beau bébé du monde, donc.
Et pendant cinq jours ça a aussi été le plus beau bébé du service des soins intensifs pédiatriques de l'hôpital.
Ah oui, ça vous plombe l'ambiance dit comme ça.
Mais commençons par le commencement (attention, c'est très long)...
Mercredi matin, 1h35, contraction douloureuse qui me réveille. Je réussis à me rendormir. 3H25, encore une, ce coup ci je me rendors pas et commence à regarder l'heure. Toutes les 10 minutes, une contraction douloureuse, rapidement, je « vocalise » et serre un coussin pendant pour accompagner la douleur, l'Homme ne se réveille pas. Vers 5h40, je ne trouve pas mon coussin, je serre l'Homme, il se réveille « c'est pour aujourd'hui », on compte les minutes ensemble, rapidement on passe à 7-8 minutes, puis 5, puis 4, puis 3, il est 7h, ça va très vite, très fort, l'intensité de la douleur des contractions me surprend, j'ai du mal à relâcher, je me crispe sur la douleur, aucune position ne me soulage, le bain chaud non plus, c'est très très intense. Je pense que ça va aller vite du coup, la sage-femme est venue la veille, le col était ouvert à 2, j'y crois fort, je me vois accoucher avant midi. La sage-femme arrive vers 9h, m'examine le col est encore épais, ouvert à 4... 5h30 de contractions (très) douloureuses pour 2cm de plus que la veille, ça me décourage un peu, mais je me dis que je peux le faire. La matinée passe, je cherche des positions qui me soulageraient, rien n'y fait, assise, couchée, debout, à genoux, rien. A midi, nouvel examen, le col est à 5. Je fonds en larmes de découragement et de douleur, j'y arriverai pas. Je suis fatiguée, je suis réveillée depuis longtemps, je n'arrive pas à récupérer entre deux contractions, je n'arrive pas à manger ou boire, je suis un peu à bout de forces. Et un coup de motivation, j'y crois, je me reprends, je peux le faire, j'appréhende les contractions une par une sans craindre la suivante, sans me rappeler de la précédente, je plonge dans ma bulle, me concentre uniquement sur le moment en cours et arrive tant bien que mal à gérer les choses. Mais c'est dur. Je tente de me dire que du temps de ma grand-mère on ne se posait pas la question, on devait faire sortir son enfant et il sortait, je suis capable de le faire. Vers 15h45, la sage-femme m'examine. Le col n'a pas bougé. Le bébé n'est pas plus descendu. Je craque, je ne peux plus, trop mal, trop dur.
La sage-femme me propose d'aller me faire soulager à l'hôpital, de toutes façons, à cet instant je n'envisageais plus l'AAD.
Après vingt minutes de voiture et moi qui hurle dans les bosses et les virages on arrive à l'hosto, je pleure tout ce que je sais et même ce que je sais pas, vu que la sage-femme a appelé l'hosto pour leur dire la situation on n'a pas à répéter, on m'envoie direct en salle de travail, le temps que l'anesthésiste arrive et que la péri fasse effet, l'Homme fait le deuil de ses mains consciencieusement broyées par mes soins.
Bref, la péridurale a été mon messie, j'ai failli demander l'anesthésiste en mariage, c'est vous dire... Bon, je lui tournais le dos, j'avais pas vu qu'il avait la tronche à Kutner dans Dr House (ce qui ne correspond pas à mon idéal masculin), mais sans ça j'aurais pas pu continuer, j'étais à jeun depuis la veille au soir, des contractions atrocement douloureuses dans le ventre et les reins depuis 13 heures, à bout de forces, et là, tout se débloque, le col se dilate à vitesse grand V, le bébé descend (alors que vu comme ça avançait pas, je me disais qu'ajouter une péri à la situation allait encore plus ralentir), d'après la sage-femme AAD qui me suivait, c'est possible que la douleur ait été telle que j'aie bloqué et que le soulagement m'ait permis de me décontracter assez pour permettre au col de s'ouvrir et au bébé de descendre... A 19h30 je suis à dilatation complète, on n'attend plus que le bébé descende suffisamment, il prend son temps pour la fin, il n'est totalement engagé que vers 23h30, l'Homme trouve le temps long, moi je suis tellement bien de ne plus avoir mal que j'ai une patience d'ange.
Et d'un coup tout s'accélère, je sens des contractions qui poussent toutes seules, la douleur revient, je sens sa tête très basse, la sage-femme arrive « je vois des cheveux », l'Homme s'assied sur le lit derrière moi, je m'assois contre lui entre ses jambes les fesses au bord du matelas, jambes pliées les pieds en appui sur je ne sais quoi, et là je peux dire qu'on a accouché ensemble, je jure qu'il pousse aussi fort que moi, et d'un coup j'entends « tendez les mains, il arrive », je récupère un petit bébé tout violet qui sera tout rose aux joues rouges en quelques minutes à peine, on rit, on pleure, on réalise pas, on trouve ça surréaliste, on y voit l'entrejambe « c'est Joseph », il pleure un peu, s'endort très vite, et on réalise que c'est vrai ces putains de clichés, il est beau, il est le plus beau de tous les bébés, on oublie instantanément cette journée marathon, on y croit pas, on se dit que putain c'est dingue quand même, on est une famille, le temps de le manger des yeux et de le renifler dans le cou je me rends même pas compte que le placenta sort quasi tout seul quasi tout de suite, une petite déchirure qu'elle me recoud toujours sans que je me rende compte (UNE petite déchirure pour un périmètre crânien de 37cm pour un premier bébé, suis contente), et ils partent et nous laissent tous les trois, Joseph en profite pour me lâcher une bouse de méconium dessus, à notre grand regret quand on le pèsera, à 20g près il dépassait les 4 kilos et je vous jure que j'avais plus de 20g de méconium sur le ventre.
Il pleure 5 minutes et s'endort, je tente de le faire téter, ça l'intéresse pas pour le moment, je lui fiche la paix, il dort contre  mon sein.
Sur les coups de 3h, je rentre en chambre, à mon grand désespoir l'Homme ne peut pas rester, il me met les barrières au lit, j'ai mon fils dans les bras qui manifeste enfin un intérêt pour le sein, il part, je m'endors, Joseph tète, tout va bien.
Jusqu'à 9h du matin quand la pédiatre me dit en l'examinant « c'est pas normal du tout sa respiration, il est en détresse respiratoire, là, on va lui faire une prise de sang, où il a du mal à expulser les glaires de l'accouchement et ça va s'améliorer rapidement, où il a une infection respiratoire et on devra l'hospitaliser en soins intensifs, on vous dit dés qu'on a les résultats », je frôle le malaise et dois m'asseoir, après une pause compote sucrée je le retrouve à la nurserie avec un capteur qui mesure sa saturation en oxygène, il vient de subir une radio du thorax, la machine arrête pas de biper, au début on me dit « non, c'est normal, ça baisse quand ça capte pas, c'est très sensible », puis on me dit « bon c'est pas bon du tout, il désature, il faut l'hospitaliser en soins intensifs, suivez-nous », on arrive quatre étages plus haut, entre temps la pédiatre a reçu les résultats de la prise de sang et le cliché radio, c'est bien une infection, une demi-heure après mon bébé est en couveuse, en couche avec des électrodes partout, une perfusion d'antibiotiques, un tuyau à oxygène dans le nez, un capteur sur le pied, et enfin on me laisse me poser avec lui pour lui donner une tétée et on me briefe « Aux Soins Intensifs, les parents sont acceptés 24h/24, si le papa ne peut pas venir il peut nous appeler à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit pour prendre des nouvelles, vous venez quand vous voulez, si vous le souhaitez, on vous appelle pour chaque tétée dés qu'il pleure (c'est quoi votre numéro de chambre ?), le pédiatre passe tous les matins entre 9 et 11h posez-lui toutes les questions que vous voulez, les infirmières sont à votre disposition »
Bon, je suppose que ça pourrait être pire.
Forcément, je pleure toutes les larmes de mon corps dés qu'une infirmière me dit bonjour ou dés qu'on me demande comment il s'appelle, on passe quasiment toute l'après-midi avec lui, câlin, tétée, photos, on s'extasie, on fond devant son dos velu, ses bourrelets, ses orteils...
Quand l'Homme doit repartir, c'est un crève-coeur, je remonte voir Joseph dans la foulée, je le câline une heure, je n'arrive pas à repartir, il hurle quand je le pose dans sa couveuse, je pleure, je le reprends, je reste une heure de plus, je tente de repartir et je le laisse dans les bras de l'infirmière et pars en courant avant de ne plus pouvoir, je reviens une heure plus tard, il ne s'est arrêté de hurler que depuis 1/4h, on l'a laissé pleurer... Alors je me mets un coup de pieds aux fesses, je refais surface et lui parle, lui explique que je dois dormir cette nuit, que je viendrai le voir souvent pour lui donner la tétée et lui faire des câlins et qu'entre ces moments j'essaierai de dormir, et que lui aussi il essaiera de dormir, qu'on a besoin de forces tous les deux, les séparations seront beaucoup plus sereines à partir de ce moment là, il réussira à s'endormir et à ne pas se réveiller quand je le reposerai, je peux dormir sereinement entre deux passages...
Je me réveille toutes les trois heures la nuit, mon credo : une heure de tétée, deux heures de sommeil, comme ça il reste pas plus de deux heures sans moi et je peux quand même faire des cycles de sommeil complets, l'infirmière de nuit tente de me dissuader de venir aussi souvent « profitez, reposez-vous » que je quoi ? J'ai une voisine de chambre qui a son bébé dans son berceau et moi je suis comme une conne le ventre et les bras vides, je dors comment ? Elle n'insiste pas et je deviens un meuble de plus aux soins intensifs, mon coussin d'allaitement, mes yeux cernés et moi on fait des allers-retours, elle tente de nouveau de me faire des remarques « il vous prend pour sa tétine, là, c'est pas la peine de le laisser une heure au sein, il va s'habituer » tiens, le coup du capricieux, à moins de 24h de vie extra-utérine...
Je lui dis que j'espère bien qu'il va s'habituer, pis faut faire venir la montée de lait, alors autant qu'il y reste longtemps, il a passé 9 mois dans mon ventre nourri 24h/24 au chaud avec la paroi de l'utérus qui le caresse, là il est tout seul dans une petite boîte en plastique, c'est dur, il a toute une vie pour prendre un rythme, on ne dit pas qu'un môme va devenir capricieux parce qu'à 6 ans quand il se fait opérer des amygdales on le laisse se gaver de glaces pendant trois jours, ben là c'est pareil, il est malade, il a droit à ce réconfort, il est bien quand il tète, ça se voit, je vois pas au nom de quel principe à la con je devrais lui retirer ça, et j'en ai autant besoin que lui, moi aussi je passe de la plénitude de la grossesse au ventre vide (je le dis pas comme ça mais le message passe), elle ne me fera plus de remarques, je passe le plus gros de mes journées auprès de lui, on ne me remarque quasiment plus, je fais partie du décor, il passe ses journées contre moi, bien souvent accroché à mon sein.
Au matin du deuxième jour la pédiatre dit qu'il va très bien, pas qu'il va « mieux », qu'il va « très bien », l'infirmière nous dit que cliniquement il est normal, on attend avec un fol espoir les résultats de la prise de sang du lendemain, samedi, pour savoir s'il peut redescendre en maternité avec moi, on y croit énormément, trop sans doute, en attendant je fonds d'amour devant ce tout petit bébé qui me tète comme si il avait fait ça toute sa vie, qui s'endort contre nous avec une confiance absolue et s'abandonne complètement, ce bébé trop beau qu'on a fait tous les deux, ce mélange de lui et moi, notre fils, quoi, on réalise pas, on se dit que c'est merveilleux, on admet que ça rend con, et on aime ça, être cons devant ses sourires aux anges, ses petits doigts avec ses ongles qu'on dirait des coquillages, ses petits cheveux, son petit nez, toussa...
La nuit est plus cool, je ne remonte plus de moi-même, je dois dormir, je suis épuisée, l'infirmière de nuit m'appelle quand il me réclame, au matin je réalise que j'ai dormi 6h d'affilée, je crois qu'elle m'a oubliée, je fonce en pédiatrie, non, il vient juste de se réveiller, il dort vraiment beaucoup, je ne m'en rends pas compte, mais il dort trop, il n'est pas serein et calme, il est juste épuisé par sa lutte contre l'infection, on lui fait sa prise de sang, je lui donne la tétée, on fait un long câlin, et je sais pas pourquoi, je me mets à avoir la trouille d'un coup, les résultats de la prise de sang tombent, les marqueurs d'infection ont encore augmenté, il subit sans doute le pic de l'infection, les soins intensifs c'est au moins jusqu'à lundi, je m'écroule, j'y ai trop cru, je suis épuisée, l'Homme a une gastro et ne peut pas venir ce samedi, je suis toute seule, c'est dur, je crois bien que c'est la pire des journées.
Puis finalement, samedi soir, après la tétée, alors qu'il était amorphe depuis l'après-midi de la veille, il s'est mis à gigoter, à jouer avec ses mains, à gazouiller, je me suis dit « tiens ?.. », la nuit a été plus agitée que la précédente, il s'est plus réveillé, a pas mal réclamé à téter, dimanche l'Homme a pu venir, Joseph avait la patate, on a commencé à espérer le lendemain, la prise de sang du lundi qui allait nous dire si on pouvait ramener notre merveille à la maison ou non.
Et il faut se taper les infirmières qui veulent le peser avant/après la tétée pour être sûres qu'il tète assez, ça me soule de devoir justifier que j'ai du lait (avec des réflexions du genre « vous avez pas les seins tendus ? Vous avez pas de montée de lait. », j'ai quand même appelé ma mère (animatrice à la Leche League) pour en avoir le coeur net, parcequ'elle m'a fait douter cette conne, réponse de ma mère « c'est que ton fils tète suffisamment souvent et qu'il tète bien, un sein tendu est un sein malade, avoir les seins durs comme des briques c'est pas signe que la montée de lait est bonne, c'est signe que le bébé ne tète pas assez », j'imagine le mal que peut faire ce genre de remarque sur une personne moins entourée...) mais au moins on me fichera la paix après, à la pesée il a pris quasiment le double de la ration protocolaire (c'est bien connu qu'un bébé de 4 jours boit précisément 40 à 50ml toutes les trois heures, Joseph avait prix 80g à la pesée avant/après pour une tétée pas restée dans les annales de ses meilleures tétées), il est vigoureux et goulu, c'est bon signe, ce coup ci on y croit pour la prise de sang du lendemain, tout en se bloquant l'enthousiasme au cas où, on veut pas être déçus, mais on se dit qu'il va vraiment mieux.
Et puis à 15h le ciel me tombe sur la tête, en maternité on me dit que je dois libérer le lit, toutes les femmes enceintes de la région ont décidé d'accoucher dimanche. Cri du coeur « je pars pas, mon fils est en pédiatrie, je l'allaite, je passe pas une nuit loin de lui, sinon je dors dans ma voiture devant l'hôpital ou dans le couloir, je vous préviens, je pars pas, c'est pas possible », on m'explique que tout a été étudié, pas de place nulle part, on est désolé mais on ne peut pas me garder. Je pleure une fois de plus toutes les larmes de mon corps, même pas en rêve je m'éloigne de mon bébé, avec l'Homme on fonce en pédiatrie, ils me promettent un lit d'appoint dans le box de stockage des couches, alèses et autres, je suis ravie, du coup pas de voisine de chambre avec un bébé et je serai au même étage que Joseph, la question du confort ne se pose même pas, après 4 jours à vivre au rythme des soins intensifs et à me faire réveiller toutes les nuits pour les tétées, je suis tellement naze que je dormirais sur un tas de briques.
Je quitte la maternité sereine et déménage 4 étages plus haut dans un placard.
Joseph passe l'après-midi pendu à mon sein, je croise les doigts, il récupère, il a commencé à reprendre du poids, lors de la transition jour/nuit de l'équipe, l'infirmière du jour dit, admirative à sa collègue de la nuit « dis donc, on a pesé avant/après une tétée, il a pris au moins 80ml et sans forcer ! », l'infirmière de nuit est une crème qui avait joué les psys à 2h du matin la nuit précédente quand je pleurais de voir mon fils dans ce service, que je doutais de ma montée de lait et n'arrivais pas à tirer de lait (je sais pas comment mais ça tombait pas dans le biberon, ça me glissait le long du sein et j'avais le soutien-gorge transformé en éponge), c'est elle qui avait proposé de prendre mon portable et de m'appeler à chaque tétée plutôt que de me laisser monter toutes les deux-trois heures au petit hasard, elle qui me disait que bien sûr que j'avais du lait, que ça servait à rien que je le tire sauf à sur-stimuler et me faire un engorgement, que Joseph allait bien...
La nuit est cool, je n'entends pas hurler les bébés autour de moi, ce ne sont que des box ouverts, pas des vraies chambres, mais je m'en fous, je dors comme une masse sur mon tout petit lit pliant, je me lève encore plusieurs fois, la dernière à 6h, c'est l'heure du changement d'équipe, ça fait trop de bruit, je renonce à la fin de ma nuit. Les pédiatres passent entre 9h30 et 11h30, tranche horaire pendant laquelle il faut quitter les soins intensifs, il y a 6 lits dans une grande pièce, donc c'est limite niveau confidentialité et secret médical que les parents présents entendent le compte-rendu de la santé des autres bébés hospitalisés, j'ai donc 3h30 de câlin devant moi.
A peine je le laisse à 9h30 que forcément, il veut à nouveau téter, j'ai pas le choix, tant pis, il attendra, ça fera les oreilles aux pédiatres, je peux ni rester ni le prendre avec moi. Je me tape la énième remarque à la con « C'est pas normal qu'il réclame alors que sa dernière tétée c'était il y a à peine une heure, ce serait bien qu'on re-pèse avant et après pour voir ce qu'il prend et peut-être qu'il faudra compléter », j'ai eu envie de lui faire bouffer mes savates et de lui apprendre son métier à cette cruche, le lait maternel ça se digère plus vite que le lait artificiel, c'est normal qu'il réclame encore une heure après et c'est un bébé convalescent qui a été super malade, IL RECUPERE bordel, l'Homme s'est tapé une gastro samedi, 24h sans rien bouffer, il a mangé comme quatre dés que ça allait mieux et s'est fait un gueuleton de tous les diables, ça choque personne, pourquoi Joseph y aurait pas droit ? Pauvre bébé de 5 jours mal dressé, il a besoin de forces c'est même plutôt bon signe qu'il réclame vachement, on peut pas me foutre la paix avec ces histoires ? Jusqu'au bout ils m'auront emmerdé avec leurs conneries, je suis sûre qu'ils lui ont filé plein de compléments dans mon dos, j'en aurais la quasi-preuve un peu plus tard.
Bref, à 11h30, la pédiatre nous dit... Qu'il va bien ! L'infection a pas tout à fait disparu mais quasiment (CRP redescendue à 12, considérée comme normale inférieure à 10), on rentre à la maison, on revient trois jours d'affilée pour une injection d'antibiotiques qu'il doit avoir pendant 8 jours au total, et remballez. Moi je fonds en larmes, on rentre à la maison, enfin... On doit attendre l'injection du jour, à 14h20 l'infirmière lui fait, nous file toute la paperasse, Joseph veut téter, rien que pour le symbole, je refuse de lui donner aux soins intensifs, je le ferai dans le salon d'attente le temps que l'Homme s'occupe de la sortie administrative, on rentre enfin à la maison, on arrive chez nous et on a du mal à y croire, notre bébé est là dans son couffin on est là nous aussi, une dernière fois je fonds en larmes, je lâche prise, on y est, enfin...

Voilà les raisons de mon absence, ces cinq jours sont au palmarès des moment les plus pénibles de ma vie... Autant l'accouchement, j'en garde un souvenir génial, je ne regrette pas du tout l'AAD, j'ai tout tenté, je n'ai pas pu, je sais que je suis allée au bout de ce que je pouvais donner et que j'avais besoin d'aide ensuite, à chaque moment ça s'est passé selon ce que je voulais, à la maison tant que j'en avais la force, à la maternité ensuite sous péridurale quand je pouvais plus, c'est pas un échec ni une renonciation, à refaire, je referais pareil, j'ai un seul regret : je me suis dit que les choses n'arrivaient peut-être pas par hasard, que si Joseph était né à la maison on aurait sans doute mis plus de temps à se rendre compte de sa détresse respiratoire et que finalement, va savoir si tout ça n'a pas un sens, mais ma théorie s'est écroulée, ils m'ont fait un prélèvement, aucun germe retrouvé sur moi en plus je suis arrivée la poche des eaux intacte, le sien, il l'a donc chopé... En salle de naissance sans doute...
Non, c'est à compter de jeudi matin que le monde s'est écroulé, que je n'ai pas pu apprivoiser mon petit toute seule, que j'ai du le faire eu milieu des infirmières, des fils et des pleurs des voisins de couveuse, ça, ça a été violent.
Aujourd'hui on est à la maison, il m'a fait passer une nuit de merde et ça s'est fini avec l'Homme qui a fait les 100 pas dans le salon en lui chantant du Bob Marley pendant que je récupérais, bref, normal, quoi, bienvenue dans le monde des parents !
Par Fantomette
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Lundi 9 novembre 2009
Le plus beau bébé du monde est né mercredi 4 à 23h50, il s'appelle Joseph, 52cm pour 3,980kg (et 37cm de périmètre crânien pour les accrocs des chiffres).
On est complètement sous le charme de notre fils, ça valait le coup de l'attendre pour fignoler les détails, il est parfait.
Je vous raconte plus tard...
Par Fantomette
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Dimanche 1 novembre 2009
C'est le terme aujourd'hui.
Je deviens sceptique.
Ceci dit, depuis le début de cette grossesse, j'ai la conviction que j'accoucherai pas avant terme, ça se justifie plutôt, là.
Jusqu'à il y a pas longtemps, je disais même que je pensais accoucher vers le 3-4 novembre (à J+2/3, quoi).
Mais si il pouvait sortir (tu m'entends, l'Héritier ?) je le prendrais plutôt bien, là.
Je gagne même pas encore des jours de congé maternité, because le terme officiel est déclaré dans deux jours plus histoire de m'éviter un déclenchement intempestif (Rhaaa, j'ai failli accoucher de trouille, le voisin est venu me voir en me demandant si c'était bien nous l'affiche pour le petit chat vu qu'il lui semble bien avoir reconnu Brutus sur la photo (on avait pas mis notre nom ni le n° de rue, juste la rue et le n° de tel, aukazou des p'tits cons auraient voulu faire des blagues), j'y dis que oui et lui raconte ce qu'il s'est passé vu que lui était pas au courant, il me dit qu'il a retrouvé la moitié du corps d'un chat sur sa pelouse et qu'il se demandait si c'était pas la notre, ça faisait une heure que j'appelais Port22 dedans et dehors et qu'elle répondait pas, j'ai bien cru que la deuxième y était passé, finalement j'ai vu le bout de chat sur la pelouse du voisin, c'était pas elle, et comme de par hasard elle est venue se frotter à mes chaussettes dans les trois minutes, merci la panique...) (mais bon, le fait que le voisin retrouve le train arrière d'un chat sur sa pelouse n'est pas en soi un évènement rassurant) (Port22 viens sur mes genoux)
(On voir rien because le tee-shirt noir, mais pour info, je suis assise et je la tiens pas, elle est en appui sur mon ventre)
mais bon, je voudrais quand même bien savoir si c'est du lard ou du cochon, me semble que l'AAD est possible jusqu'à 42SA, soit le 8 au plus tard (oui, ça me laisse de la marge, mais que voulez-vous, je trouverais super dommage de finir cette affaire en déclenchement à l'hosto pour un simple retard sur la date considérée comme normale) voire le 10 si ma sage-femme considère le terme officiel. C'est possible, c'est elle qui m'expliquait que c'est con de déclencher à J+3 ou 4 alors que nos voisins européens sont nombreux à ne pas déclencher avant J+10 et qu'ils ont pas plus de problèmes que nous, voire moins, un déclenchement c'est pas sans conséquences négatives.
'Fin bon, me reste dans les 8 jours, je sais, il peut s'en passer des choses en 8 jours dont au hasard un accouchement (mais sors-heu, bordel !), mais je me vois pas enceinte jusqu'au 10, je vais quand même pas accoucher d'un bébé de 8 kilos, quoi, il grossit pendant ce temps, l'animal !
Bon, moi je suis née à J+3, si ça se trouve je vais faire la même et sortir un(e) Fantomet(te) bis de 5kg et quelques, c'est ma mère, mon père, mes soeurs et cie qui vont être ravis d'être venus pour rien, la rentrée scolaire c'est jeudi, au pire ils repartent mercredi...
Bon, la famille se relaie pour m'appeler tous les jours pour savoir si... quand c'est pas maman c'est tata, quand c'est pas tata c'est mémé et ainsi de suite, non mais ils croient vraiment que je vais accoucher sans les prévenir ???
Bref, je montgolfièrise pendant ce temps là... (réalisé sans trucage, je ne suis pas enceinte de quadruplés)...


PS : merci pour vos petits mots de réconfort sur les articles précédents, je réponds pas individuellement histoire de pas replonger dans l'émotion...

Par Fantomette - Publié dans : Fantomette enceinte
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Vendredi 30 octobre 2009
Je suis une indécrottable optimiste.
A chaque évènement négatif je dis "voyons le côté positif des choses" et je trouve toujours.
Hier j'ai cherché.
Vraiment.
Pas facile de trouver un côté positif à une situation qui vous fait fondre en larmes au téléphone à la question "ça va ?" et que la chemise de l'Homme éponge généreusement vos débordements lacrymaux une partie de la soirée.
J'ai tenté le côté bassement matériel "Bon, au moins c'est arrivé avant qu'on laisse 150€ au véto pour sa stérilisation et son tatouage" mais c'était trop mesquin, j'y arrivais pas.
Et je sais.
Je suis heureuse.
Je sais pas depuis quand j'avais pas éprouvé un réel chagrin. Enfin, si, je sais, justement, je pourrais dater les fois où j'ai été dans cet état ces dernières années. Les moments pénibles de ma vie sont rares, on s'habitue au bonheur, des coups de blues, même des gros ça m'arrive, mais du vrai chagrin à éclater en sanglots c'est quand même très rare.
C'est ça le seul côté positif, me faire réaliser que ma vie est belle malgré tout.
J'ai une chouette maison avec un mec fabuleux dedans, on attend (désespérément !) un bébé en pleine forme, on a pas de soucis de santé, malgré l'absence de Brutus on a un autre bébé chat adorable et câlin, on est d'accord sur la façon dont on envisage notre avenir, on s'aime, matériellement on a le nécessaire et même du superflu, ce qui ne rend pas heureux en soi mais évite quand même pas mal de soucis et d'interrogations, on peut se concentrer sur le reste, sur nous, sur notre bébé, notre petit nombril et ce pu*ain d'épisode 7 de la saison 6 de Dr House qui arrive toujours pas, j'ai même une copine Biquette qui m'offre un colis plein de cadeaux dont un saucisson et une bière en prévision de l'après-accouchement.
On réalise ce qu'on a quand on le perd, alors je vais tâcher de profiter à fond de tout ce que j'ai.
Ouais, ouais, désolée pour l'article gnan gnan à la petite maison dans la prairie mais j'ai besoin de me raccrocher à du positif, j'ai le moral dans les chaussettes, je peux pas me dire "Bon, bah tant pis passons à la suite", j'ai besoin de trouver un sens aux évènements tristes pour ne pas sombrer, après des heures à écouter des chansons tristes et à vider des boîtes de mouchoirs j'ai besoin de remonter à la surface.
Vous en faites pas pour votre Fantomette chérie, elle est comme un Kennedy, elle se laisse pas abattre (dit-elle avec trois centimètres de larmes devant les yeux, la respiration saccadée et le menton qui tremble).
Par Fantomette
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Jeudi 29 octobre 2009
Toujours pas la grande patate niveau moral aujourd'hui, j'ai quand même progressé, l'avant-dernière nuit je n'ai pas réveillé l'Homme par mes sanglots au milieu de la nuit, j'avais pleuré ma dose du jour avant de me coucher entre deux phrases du faire-part (qu'on a pas fini du coup, ça nous a flingué l'envie de se pencher dessus), et hier soir j'ai même pas pleuré et même pas cette nuit (à dire avec le menton qui tremble et trois centimètres de larmes devant les yeux mais qui coulent pas).
Du coup, la sage-femme est venue hier matin, elle était venue 14 jours plus tôt pile poil on avait convenu qu'elle revenait hier si j'avais pas accouché, le 14 octobre ça me paraissait si loin le 28, je m'étais dit que jamais je tiendrais jusque là, pis bon, voilà, l'examen a été rapide, le coeur du p'tit, une palpation abdominale pour voir où il en est (encore plus gros et plus bas que la dernière fois, limite j'avais l'impression qu'il était remonté tellement j'avais des coups de p'tit cul dans le sternum alors qu'ils étaient plus bas avant "non, non, il a juste encore grandi" dit-elle, chéri on jette les fringues en 3 mois, on passe direct au 6 mois) et on a causé de la pluie et du beau temps, de son concours de sage-femme, de Brutus, de ses chats, des accouchements du mois,...
Elle m'a demandé si je marchais. Ben un peu, ouais, casto, leroy merlin, Ikea, tours du quartier pour tenter de retrouver mon bébé chat, courses, etc. Oui, je sens que ça tire dans le bas ventre, vu le soleil, je retourne faire des tours de quartier cet aprèm avec les affichettes avec la photo de Brutus imprimées pour l'occasion (j'ai pas pleuré en faisant les affiches, en cherchant et en recadrant la photo, je progresse, je vous dis) en compagnie de mes frangines, Maman, beaupère et les trois filles sont en squat chez un cousin de maman à 3/4h de route de la maison en espérant que le p'tit se pointe pendant leur séjour, ils sont venus déjeuner à la maison hier midi, j'ai eu de la main d'oeuvre ravie de me filer un coup de main pour rallier tout le quartier à ma quête de mon bébé chat (la main d'oeuvre s'est même chicanée à coup de "mais t'as eu plus de boîtes aux lettres que moi !"), on a arrosé toutes les boîtes aux lettres des voisins, placardé les poteaux et les arrêts de bus, j'ai même filé une affiche au facteur des colis qui est super sympa vu qu'il tourne pas mal dans le quartier aukazou (il a vu un petit chat trainer rue je-sais-plus-quoi mais "par là-bas" qu'il m'a dit avec un geste de la main, dés mon petit déj avalé j'y vais).
Ah si, pour l'anecdote, hier soir ils (maman, beaupère et les filles) sont restés manger à la maison, j'avais préparé ma soupe de légumes dont je rêvais depuis si longtemps (avec des saucisses fumées genre Morteau en rondelles cuites dans le bouillon et retirées avant le mixage puis coupées en rondelles très fines et grillées à la poele et mise par dessus la soupe en guise de croûtons, une tuerie) devant le râlage de mes frangines hier soir face à l'Homme qui a pas voulu de soupe "mais pourquoi lui il en prend pas ?" l'unanimité de la réponse sans concertation préalable a été cocasse "Mais parce qu'il est déjà largement assez grand !" dit à trois ou quatre voix simultanées.
Pis bon, si je pointe ce matin, inutile de vous dire que malgré la longue balade entre frangines à distribuer des affichettes et les contractions costaudes qui m'ont coupé le souffle pendant et après (et même dans la nuit), le p'tit est toujours au chaud, l'Homme va gagner, il va se pointer le 31 (me dessinerai une citrouille sur le ventre), mais bon, je remets ça cet aprèm, je vais arroser les trois commerces du bourg (à ce stade on parle pas de "centre-ville"), la boîte à lettres, la mairie et les rues un peu plus bas... Avec un peu de chance, en plus de me faire retrouvé ma Brutus adorée ça va me faire naître le p'tit...
Bon, je vais coudre des couches (oui, je sais, je dis tout le temps ça, mais entre hier matin et ce matin j'ai reçu des quantités industrielles de tissu commandé on ze ouèbe et j'ai une commande en cours alors bon, je vais pas faire attendre la maman plus longtemps...), en espérant que le tac tac tac de la machine le fasse sortir (mon oeil, ouais, j'ai tellement cousu pendant ma grossesse qu'il s'endort quand je couds, mêmes les chattes sont régulièrement en boule sur ma table de couture pas perturbées pour un sou par le vrombissement de la bête...)





Bon, un voisin a appelé juste avant que je ne publie l'article, elle s'est faite écraser devant chez nous dimanche soir. C'est dur. Au moins on sait et on arrêtera de sursauter dés que la chatière s'ouvre, mais je vous cache pas que là ça va pas du tout, je suis effondrée.


Par Fantomette - Publié dans : Quand la vie devient pourrie
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Mardi 27 octobre 2009
Bon, je vais essayer de le dire sans pleurer.
Pour une fois, chez mon psy, j'ai foutu la paix à ma mère (rhooo, râle pas, maman...), je voulais pas lui en parler et un flot de larmes est sorti avant que j'aie eu le temps de poser un mot.
Brutus a disparu.
Depuis dimanche après-midi, elle était avec nous pendant qu'on prenait le café, on l'a pas vue de la soirée, je l'ai pas vue de mes douze pauses pipi de la nuit, et hier matin en me levant je trouvais Port22 bizarre, assise par terre à me suivre du regard, désoeuvrée, je me suis rendu compte que j'avais pas vu Brutus depuis un moment, et qu'elle était toute seule depuis pas mal d'heures, ce qui pour un chat qui a ce niveau de dépendance affective fait beaucoup (c'est le sparadrap du capitaine Haddock cette chatte).
J'ai retourné la maison, fait le tour du jardin, remonté la rue, je l'ai pas trouvée. J'ai laissé la porte-fenêtre ouverte toute la journée, suis sortie plusieurs fois la chercher, rien.
On a passé la soirée préoccuppés chacun sur un ordinateur histoire de pas s'avouer l'un l'autre qu'on était morts d'inquiétude, on a réalisé à 22h qu'on avait toujours pas mangé, on a essayé de se rassurer par tous les moyens qu'un chat ça part souvent en vadrouille quelques heures, quelques jours, qu'elle va revenir...
C'est con mais j'y crois pas, il fait froid la nuit, un chat ça fait des fugues l'été, pas quand on passe en dessous de zéro la nuit. Y'a des renards par chez nous, des routes passantes.
J'espère des chaleurs précoces qui l'auront poussée à partir chercher un mâle, j'essaie de me convaincre par tous les moyens qu'il y a pas de raisons de s'inquiéter. La méthode Coué ça marche bien de jour. Et cette nuit j'ai rêvé qu'on la retrouvait. Et je me suis réveillée, je suis allée voir dans le salon, y'avait que Port22.
Je suis retournée m'écrouler en larmes dans mon lit morte d'inquiétude, de chagrin, persuadée qu'on la reverra plus, en train de l'imaginer blessée en train d'agoniser dans un coin, j'ai complètement craqué, avec sanglots et compagnie, ça a réveillé l'Homme qui m'a consolé un long moment, a fait entrer Port22 pour qu'elle vienne dormir avec nous, m'a fait un gros câlin, on a fini par réussir à se rendormir.
Je vais aller faire un tour en voiture sur les routes un peu trop passantes du coin pour voir si... Je veux savoir, si elle s'est fait écraser je veux savoir, ne pas l'attendre des jours et des jours, je veux pas me poser des questions aussi glauques que "Au bout de combien de temps on attendra plus son retour ? Au bout de combien de temps elle nous manquera plus ? Au bout de combien de temps elle manquera plus à Port22 ?" J'essaye de me dire que c'est qu'un chat, ça fait que 4 mois qu'elle vit avec nous, force est d'admettre que je m'y suis bien plus attachée que je ne l'imaginais, que j'éprouve un réel chagrin à l'idée de ne plus la revoir, que je suis super inquiète de ce qui a pu lui arriver.
On sursaute au moindre bruit de chattière, on est presque déçus de voir que c'est Port22 qui va et vient...
Je me demande quel est ce besoin qu'on se crée, ce besoin de dépendance affective de vouloir adopter un animal, le nourrir, s'y attacher, prendre soin de lui, le câliner, et sans même s'en rendre compte le considérer quasiment comme un membre de la famille et trouver vide le salon sans cette présence velue. On se dit qu'on va adopter un petit chat, comme ça sans trop savoir pourquoi, parce que madame avait envie, parce que ça amusait monsieur, parce qu'un chat c'est pas contraignant comme un chien, parce que c'est mignon, parce que pourquoi pas après tout, parce que ça pourra amuser le p'tit c'est sympa pour un môme de grandir avec des animaux, et quelques mois plus tard on est complètement accro...
J'arrive pas à relativiser, déjà qu'à la base j'ai une base lacrymale vachement présente et je suis du genre très excessive dans mes sentiments et mes réactions, ajoutez à ça la fatigue et les hormones, vous avez une Fantomette complètement retournée.
Je sais, si ça se trouve elle va revenir.
Mais pour l'instant j'ai la chanson de Renaud dans la tête...


Va donc pas pleurer
Y s'baladait peinard
Il avait pas d'collier
Il était libre d'aller
Et d'rev'nir pour bouffer
Il était même pas prisonnier
De ton amour insensé

T'aurais quand même pas
Voulu qu'y vive comme un con
Sur le canapé
Loin des gouttières des pigeons
C'était un aventurier
T'aurais pas voulu qu'on l'attache
Y t'aurais miaulé: "Mort aux vaches!"

Le petit chat est mort
Il est tombé du toît
C'est comme ça
Il a glissé sur j'sais pas quoi
Et Patatras
On l'enterr'ra demain j'te jure
Dans un joli carton à chaussures

Le petit chat est mort
Et toi et moi on va
Couci-couça

A cause de quoi ? A cause que c'est
Chaque fois comme ça
Pourquoi c'est toujours les p'tits chats
Et jamais les hommes qui tombent des toits?

C'était un vrai sac à puces
Encore plus libre qu'un chien
Pas l'genre pour un su-sucre
A te lécher la main
Mais la liberté tu vois
C'est pas sans danger c'est pour ça
Qu'on court pas les rues ni les toîts

C'était un vrai Titi
La terreur des p'tis oiseaux
La nuit y s'faisait gris
Pour les croquer tout chauds
C'est un peu salaud
Mais t'as jamais mangé d'moineau
C'est pas plus dégueu qu'un MacDo

Le petit chat est mort
Il est tombé du toit
C'est comme ça
Il a glissé sur j'sais pas quoi
Et Patatras
On ira d'main dans un jardin
L'enterrer au pied d'un arbre en bois

Le petit chat est mort
Et toi et moi on va
Couci-couça
A cause de quoi ? A cause qu'on s'demande bien pourquoi
T'as jamais un pape sur les toîts
Etre trop près du ciel p't'être qu'y z'aiment pas




Allez, je sors, je vais aller faire un tour sur les routes du coin, je poste ça au retour avec le fol espoir que retarder de quelques minutes l'envoi de cet article va conjurer le mauvais sort et qu'elle sera revenue et que je pourrai l'effacer...
(râté)
Par Fantomette - Publié dans : Mon animal sauvage
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Lundi 26 octobre 2009
Samedi, on est allé piétiner chez Leroy Merlin & Casto pour trouver la faïence de crédence qu'il nous faut, et le fond de hotte. Ca me fend le coeur de devoir faire ça tellement je trouve la cuisine belle sans crédence ni fond de hotte, mais si on veut pas pourrir les murs, faut s'y résoudre. Après quelques heures de piétinement et de marche, on tombe d'accord sur un fond de hotte en inox et on hésite sur deux coloris de faïence, des grands carreaux (20x20cm) mats, couleur bordeaux ou chocolat.
Retour @ home, préparation de la liste pour ikea le lendemain, on a eu un meuble livré en trop qu'il faut ramener, et on veut acheter tout les accessoires de la cuisine. Deux heures à éplucher le site web et imaginer ce qu'on voudrait dans la cuisine, on réussit à se décider, on imprime la liste d'achats, et le changement d'heure sera notre ami pour pas avoir à se lever aux aurores pour pas avoir trop de monde.
Avec en fond de tâche pour moi l'espoir secret que faire autant d'efforts à J-8 et J-7 il devrait bien se pointer l'héritier, bourdel ! Ben oui, ça y est, je suis pressée, je l'étais pas mais je le suis, j'en ai pas marre d'être enceinte (ça au contraire, j'adore) mais j'ai hâte de voir mon p'tit, je veux mon bébé (tout en regrettant d'avance le moment où je ne le sentirai plus faire des bosses sous ma main). J'ai envie qu'il naisse, envie de le mettre au monde, j'ai envie de faire connaissance, envie d'avoir mon petit contre ma peau nue, de tenir contre moi un bébé pas essuyé ni nettoyé à peine sorti de mon ventre, envie de sentir son odeur, de lui donner le sein, de croiser son regard, de voir à quoi ressemble ce petit mélange de nous deux.
Je suis allée me coucher tôt, samedi, j'étais naze. Mais j'ai le sommeil hyper léger, et je sais que quand il viendra se coucher il me réveillera et ce sera le bordel pour me rendormir alors je dors pas, je bouquine. Et je vois une araignée balèse au moins comme une balle de ping pong genre brune et velue qui traverse le plumard à 20cm de moi, je bondis du lit avec l'énergie d'un chat à qui tu marches sur la queue malgré mes 116cm de tour de taille et hurle comme une demeurée "AAAAAAAAAAAAAAAH, L'HOOOOOOOOOOOOOOMMMME !!!!!!!!!!!", en trois bonds je suis dans le salon et sanglote qu'il y a une grosse araignée sur le lit, il la tue et moi je pleure, trop fatiguée, trop peur, trop énervée de pleurer pour si peu, j'arriverai pas à m'en remettre je vais renifler longtemps, et comme je refuse de me recoucher seule, il vient se coucher, tente la blague de merde genre je regarde fixement le mur derrière toi comme si il y avait une araignée, et comme je recommence à pleurer il arrête.
Lendemain, j'ai un mal de chien au bassin, je crois que mon saut de cabri de la veille pour échapper à l'ennemie a pas plu à mon corps rouillé... Mais bon, on décolle quand même.
Ikea, retour des produits hyper vite, y'avait pas un chat au service retour (mais dés qu'on est arrivés il y a eu instantanément 15 personnes qui poirautaient derrière nous, on a eu une veine de cocus), y nous z'ont tout repris y compris les trucs ouverts et incomplets et fait un avoir de... Quasiment 400€, ouais. Alors bon, certes, c'est pas du bénef, on les a payés ces 400€, pour rien vu que les meubles étaient en trop. Mais ils sont quand même sur la facture avec déduction de la TVA, on va donc s'en faire rembourser 60€, c'est toujours ça de gagné. Bref, piétinements, presque pas engueulés, passés devant tout le monde au restau grâce à un mec du personnel qui m'a fait passer par le chemin réservé aux handicapés (et grâce à l'Homme quand même qui lui a dit diplomatiquement en gros que la caisse prioritaire c'est pas mal au moment de payer, mais si faut se taper toute la queue avant de choisir son déjeuner, je vois pas l'intérêt, regardez-moi ce tour de taille si ça mérite pas de gruger tous les autres, vieux y compris ?), passés devant tout le monde à la caisse grâce à mon tee-shirt-rose-plus-moulant-tu-meurs genre "REGARDE MON VENTRE CHUIS ENCEINTE DE 9 MOIS" que la caissière a pas loupé et elle nous a fait signe de passer devant tout le monde à peine elle m'avait repéré la protubérance au loin (et la dame à qui c'était le tour de passer a fait la gueule, elle avait genre trois article et nous un caddie plein, mais bon, c'est l'jeu ma pauv' Lucette, la prochaine fois tu passeras pas à une caisse prioritaire), et on a pas payé, juste déduit 176€ de l'avoir (nos deux prochains passages chez ikea sont quasiment intégralement déjà payés !) on est passés par Casto et Leroy Merlin au retour pour acheter le fond de hotte (on attendait de voir ce qu'ils avaient chez Ikea pour se décider) et prendre (bon, ok, voler) des échantillons de faïence pour voir quelle couleur est la mieux dans la cuisine, on a pris un café avec Belle-Maman pour lui montrer la cuisine neuve (et éviter le passage à l'improviste plus tard), il est reparti échanger le fond de hotte qui était rayé pendant ce temps j'ai fait la vaisselle, passé l'aspirateur , vidé , trié et nettoyé mon sac à main (et retrouvé des tickets de caisse de février, jeté un poudrier qui s'était vidé dedant et avait tout dégueulassé) intérieur (lavé au savon de marseille la doublure dégueu pleine de poudre, j'ai même mis ma pochette à médocs pleine de tâches suspectes genre café à la machine) et extérieur (soigneusement hydraté à la crème Nivea) et huilé le plan de travail, j'aurais bien attaqué la salle de bain, mais faut être réaliste, le corps suivait pas, j'ai un tout petit peu exagéré ce week-end ("mais comment tu peux faire tout ça à ce terme ?" me dit ma mère) alors je me suis échouée sur le canapé de 18h30 à 23h.
Mais j'ai toujours pas accouché.
J-6.
Vais prendre mon mal en patience et tâcher de garder en mémoire que c'est lui qui décide de quand il est prêt à sortir, pas moi.
Mais vais quand même aller récurer la salle de bain, mine de rien ça me démange.
Par Fantomette - Publié dans : Fantomette enceinte
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Samedi 24 octobre 2009
Non mais franchement, "le mec y s'est trompé de bouton", ça vous paraît pas un peu foutage de djeule, quand même ?
Alors c'est comme Hadopi, votez, on s'en branle, tant que le résultat est pas conforme à nos attentes, on fera revoter de toutes façons (un peu comme pour l'Irlande et le référendum)...
Y'a des trucs qui m'énervent, en soi, le taxage des banques, non pas que je m'en cogne, ça leur aurait fait les pieds, mais bon, ça me touche pas directement, quoi. Mais je trouve désagréable l'impression de me faire prendre pour une conne (pour ceusses qu'ont pas entendu parler, un amendement a été voté à l'assemblée nationale pour taxer les profits des banques de 10% supplémentaires, amendement voté par un truc genre 44 voix pour et 42 contre, mais le gouvernement voulait pas de cet amendement, alors y z'ont trouvé un député-bouc-émissaire a dit que non, désolé c'est ma faute, j'ma gouré de bouton quand j'ai voté, du coup on va revoter histoire que le résultat convienne à ce qu'on a promis à nos copains banquiers, y vont gueuler sinon).
Comme pour le coup de Hadopi, ils nous rabattent les oreilles pendant des semaines sur leur loi à la con, et ça en cause partout dans les journaux, à la télé, et c'est la révolution et tout, le jour de la voter, ils étaient combien les UMP ? 10-12 à tout casser ? Ah ça fait sérieux... Pis bon, on fait revoter parce qu'on passe pour des cons là à faire depuis trois mois dans les médias comme si c'était déjà adopté (pour une loi qui sera déclarée anticonstitutionnelle, la classe !). On pourrait pas refaire des élections présidentielles, là, j'aime pas trop trop le résultat du vote, on n'a qu'à revoter jusqu'à ce que le choix me convienne, ça pourrait être chouette !
Dans la catégorie il me reste trois neurones et je les utilise, vous trouvez pas infect qu'une affaire où un mec drogue, alcoolise et viole une mineure de 13 ans (il a reconnu les faits, hein, c'est pas une atteinte à la présomption d'innocence --qui d'ailleurs n'existe pas en droit américain me semble-t-il) soit qualifiée "d'affaire de moeurs vieille de 30 ans" par les journaleux because le gars est un peu trop riche et célèbre pour attaquer son image ? Une affaire de moeurs c'est un député qui se fait gauler par un paparazzi en train de se faire faire une gâterie facturée ou de se taper le majordome de l'assemblée nationale entre deux portes, pas un viol sur mineur. Y'aurait des étrangers qui critiqueraient notre code pénal sous prétexte que ça leur convient pas, ça monterait au créneau et ça pousserait des hauts-cris, eh les mecs, la justice américaine est pas moins souveraine que la française, ne pas prescrire les viols sur mineurs je vois pas en quoi on a le droit de critiquer sous prétexte que nous on fait pas pareil. "Oui, la victime a retiré sa plainte", la victime elle a touché un chèque de 500 000$ 20 ans après les faits pour la retirer sa plainte, et en France c'est pareil, pour les délits et les crimes, le procès c'est la société contre l'accusé avec victime en partie civile, c'est pas victime contre accusé (sauf dans un procès civil ce qui n'est pas le cas), si la société a décidé de poursuivre quand même le gars, la victime peut pas s'y opposer même si elle retire sa plainte.
Ca vous aurait fait quel effet qu'on dise que la justice lituanienne aurait du foutre la paix à Bertrand Cantat parce que merde, un artiste pareil, quand même, c't'un génie du rock messieurs-dames ?.. Ah oui, Polanski il a pas tué (c'est tellement simple de se reconstruire après un viol...), la victime on la connaît pas, c'pas pareil, pis c'était il y a longtemps...
Allez une dernière histoire de profiter de mon regain de vitalité cérébrale, ça vous dit rien un certain Frédéric Mitterrand qui était monté au créneau pour défendre la liberté d'expression quand ça gueulait contre un certain rappeur qui parlait de faire avorter son ex à l'opinel entre autres gentillesses ? Ca vous dit rien ce même Frédéric Mitterrand qui ce coup-ci dit en causant d'un autre rappeur qui tient des propos du même niveau de gentillesse mais sur la police du coup que "la liberté d'expression ne doit pas être le prétexte à des dérives incitant à la haine ou à la violence" oui, faut pas déconner, là le mec qui insulte la police, faut pas non plus tout laisser dire sous prétexte de liberté d'expression, hein, c'est pas comme si faire avorter une gonzesse à l'opinel c'était aussi grave que dire que tu vas niquer la police. Pis ça incite pas à la haine ou à la violence.
Vous pouvez éteindre la télé et reprendre une activité normale, je vais mettre mon cerveau au repos, en plein SNU de grossesse après un réveil à 5h du mat, je risque la méningite et je vais me faire de la tension, c'est pas bon pour le p'tit.
Par Fantomette - Publié dans : Fantomette a encore frappé
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Vendredi 23 octobre 2009
Il sera dit qu'elle m'aura réveillée à 8h sa grossesse.
Le 15 février dernier, à 8h20, mon portable sonne, un dimanche matin en pleine grasse mat, je dormais. Je laisse sonner une fois, ça rappelle, je réponds. C'est Biquette, elle est enceinte, elle vient de l'apprendre (le surlendemain j'apprendrai que je le suis aussi).
Ce matin, le téléphone sonne, il est 8h, je dormais, je sors de mon lit et saute sur le téléphone, j'ai tendance à dormir avec le portable allumé pour ne pas rater son message qui me dira qu'elle est maman.
Son fils est né hier après-midi.
Félicitations à vous deux et surtout à toi, c'est quand même toi qui fais le gros du boulot depuis 9 mois, bravo pour votre petit garçon qui est à n'en pas douter le plus beau bébé du monde, tous mes voeux de bonheur et d'amour pour cette nouvelle aventure à trois.
Je suis super heureuse, super touchée de l'arrivée de ce petit bébé parmi vous.

Et je sanglote comme une nouille, bouleversée de réaliser que c'est bientôt mon tour...
Par Fantomette
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Jeudi 22 octobre 2009
J'avais prévenu l'Héritier : tu restes au chaud jusqu'à mardi soir, après tu fais ce que tu veux.
Bizarrement, j'avais aucun doute sur le fait que je n'aurais pas accouché mardi soir, une sorte de confiance absolue, c'est pas prêt, donc il va pas venir, point, s'ra pas assez fou pour se pointer dans une maison pleine de cartons, d'ouvrier polonais et de poussière. Non, je suis pas en train de vous annoncer que le plus beau bébé du monde est né, il ets encore au chaud, pas pressé l'animal (grand bien lui fasse, même si va bien falloir qu'il comprenne le jour J que c'est pas par les côtes ou le nombril qu'on sort, vu les bosses qu'il fait parfois je suis pas certaine que ce soit clair dans son esprit).
Oui, l'ouvrier qui a monté la cuisine (tout seul, j'étais impressionnée) avait un drôle d'accent, j'ai dit à l'Homme « m'étonnerait pas que ça soit un compatriote à toi », une heure après, il passe un coup de fil dans son patois et je capte le mot « tak » que je sais vouloir dire
« oui » dans une langue des pays de la vodka, là-bas, je vérifie, semble bien que ça soit en polak, et c'est lui qui en voyant le nom de l'Homme finira par me dire « Mais votre mari, il est polonais ? Parce que moi aussi... » Gagné !
Bref, il nous a fait une cuisine sublime en deux jours (bon, c'est nous qu'on avait fait le plan, il avait qu'à suivre le dessin mais il a quand même 'ach'ment bien bossé le garçon), bravo Marius, depuis je vous raconte pas, on y passe notre vie dans la cuisine sublime mais pas fonctionnelle (les fils sont pas branchés au compteur donc y'a pas de jus, ikea fournit pas le câble avec la plaque vitrocéramique donc faut l'acheter, l'arrivée d'eau est pas faite, y'a que l'évacuation, donc on peut juste regarder pour l'instant).
J'ai décidé que c'est dans ma cuisine que je voulais accoucher d'ailleurs.
Je prends des photos dés qu'il fait jour, là j'insomnie (du verbe insomnier) depuis 3h du mat (il est 7h30 au moment où j'écris ces lignes) quand ces couillonnes de chattes ont ramené une musaraigne vivante (depuis au moins 15 jours qu'on en voyait plus, je croyais fermement qu'elles avaient réussi à dératiser le quartier, mais quelques unes résistent encore), ça m'a réveillée.
Pour couronner le tout pour la première fois depuis 5 mois et demi de grossesse j'étais enfin à l'aise, mais genre super à l'aise, genre l'éléphanteau que je couve m'étouffait pas, ne bougeait pas, je réussis à me coller à l'Homme et à lui faire des bisous dans le dos, l'oreiller faisait pas un pli de traviole, le coussin entre mes genoux positionné parfaitement, la couette et la température de la chambre ni trop chaudes ni trop froides, je plonge dans le délice. Et me rendors pas. Il me faut plus d'une demi-heure pour réaliser que je dors pas tellement je suis à l'aise (faut dire qu'en même temps, je modifie mentalement le patron des couches pour désolidariser le noyau absorbant du reste pour qu'elles sèchent plus vite l'hiver*, je cherche le moyen le plus simple de le faire –et je le trouve, d'ailleurs–).
Bref, je suis à l'aise comme jamais, je ronronne de plaisir collée à mon mec que je peux plus tenir dans mes bras depuis de longs mois, le nez entre ses omoplate là où ça sent bon, j'ai les yeux qui piquent, je suis naze, mais je dors pas.
Je persiste jusqu'à 4h30 et me lève. Faut dire que j'ai été inconsciente, j'ai fait la grasse mat jusqu'à 9h hier, pensez donc, j'ai attaqué mon capital sommeil de la nuit suivante...
Bref, dans la catégorie tout dans le ventre, rien dans le crâne, vous avez une Fantomette qui va à Mondial Tissu faire deux trois emplettes, et qui se rend compte à la caisse qu'elle a pas son portefeuille. Mais qu'il reste UN chèque dans son chéquier. Mais qu'elle a pas de pièce d'identité. Mais qu'elle a sa carte grise au cas où. La caissière ne voulant pas qu'elle accouche de contrariété sur le comptoir accepte le chèque sans pièce d'identité et note le n° de la carte grise et la plaque de la voiture comme justificatif. Mais la Fantomette, toujours à l'ouest, se dit « tiens, y'a plus rien à bouffer, si j'allais faire des courses ? » et elle va au supermarché local acheter de quoi faire des salades composées, des nouilles chinoises, du riz et du poisson surgelé (puisque la cuisine étant belle mais non fonctionnelle, on cuisine toujours au micro-ondes, à la bouilloire électrique et au cuiseur à riz avec son panier vapeur). Et une fois son sac ikea bien plein ras la tronche de bouffe, elle passe en caisse. Sans portefeuille. Et plus de chèque dans le chéquier. Vous la connaissez cette honte suprême de dire « ah... Je suis désolée, j'ai ni portefeuille ni chéquier, j'ai tout oublié chez moi... » en vous retenant de vous coller des beignes parce que vous le saviez que vous aviez pas de quoi payer. La caissière, sympa, me met mon sac de côté en me proposant de rentrer chez moi prendre des sous et revenir. En temps normal je serais sans doute pas revenue, mais y'avait tellement rien à bouffer qu'à midi je m'étais contentée d'une boîte de maïs et je bavais d'avance d'imaginer la grappe de raisin qui trônait au dessus du sac. Alors je suis rentrée et revenue penaude avec ma carte bleue en m'excusant lamentablement.
Vivement que ça se termine c't'histoire de grossesse, qu'on me rende mon cerveau, merde...
Bon voilà, je retourne dormir et poste ça plus tard avec des photos de la cuisine de quand il fera jour, le coup de pompe vient enfin de me tomber sur la tronche (et avec ma veine, le facteur va sans doute me réveiller dans une heure et demie avec un colis, j'ai encore commandé des choseries textiles sur internet..)

*****quelques heures plus tard*****
Bon, j'ai émergé à midi, je veux entendre personne (surtout pas toi, mon amour) me dire que "ouais, ça va, tranquille le congé maternité et les grasses mat et tout", le temps de me rendormir il était 8h, si on ajoute ces 4h de sommeil à ma nuit initiale achevée à 3h, ça fait comme si je m'étais levée à 7h du matin, alors la grasse mat, hein, voilà.


Allez, la wonderful cuisine, pour la petite histoire les murs sont peints à la chaux, les proportions de la peinture c'était 1,5kg de chaux pour 1,5kg d'eau, 5% du poids de la chaux en caséine (donc à peu près 75g, diluée dans l'eau chaude sinon ça fait des grumeaux) et une petite cuillère à café de pigments ocre jaune (il a fallu trois fois ces proportions pour faire toute la pièce, 7,5m2 au sol pour vous donner une idée des quantités qu'il faut) imperméabilisé au savon noir (1L d'eau + un bouchon de savon noir dilué dedans passé à la brosse large), l'imperméabilisation a beau être super efficace, il va sans doute falloir quand même rajouter une crédence pour protéger le mur, dommage j'aime bien comme ça...


*Parce que ça y est, je me suis décidée à tenter de vendre quelques uns de mes ouvrages histoire d'arrondir les fins de mois, des couches, des vêtements de grossesse du coup je modifie un peu certains patrons pour faire quasiment du sur mesure (objectif : la couche à la carte, on choisit la forme, les matières, les couleurs,... et moi je les fais) pour l'instant je rôde sur des forums et j'ai une première acheteuse, je ferai sans doute des tests sur ebay et leboncoin pour voir si ça peut vraiment marcher, on verra bien...
Par Fantomette - Publié dans : Fantomette enceinte
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