Mardi 27 octobre 2009
2
27
10
2009
12:09
Bon, je vais essayer de le dire sans pleurer.
Pour une fois, chez mon psy, j'ai foutu la paix à ma mère (rhooo, râle pas, maman...), je voulais pas lui en parler et un flot de larmes est sorti avant que j'aie eu le temps de poser un mot.
Brutus a disparu.
Depuis dimanche après-midi, elle était avec nous pendant qu'on prenait le café, on l'a pas vue de la soirée, je l'ai pas vue de mes douze pauses pipi de la nuit, et hier matin en me levant je
trouvais Port22 bizarre, assise par terre à me suivre du regard, désoeuvrée, je me suis rendu compte que j'avais pas vu Brutus depuis un moment, et qu'elle était toute seule depuis pas mal
d'heures, ce qui pour un chat qui a ce niveau de dépendance affective fait beaucoup (c'est le sparadrap du capitaine Haddock cette chatte).
J'ai retourné la maison, fait le tour du jardin, remonté la rue, je l'ai pas trouvée. J'ai laissé la porte-fenêtre ouverte toute la journée, suis sortie plusieurs fois la chercher, rien.
On a passé la soirée préoccuppés chacun sur un ordinateur histoire de pas s'avouer l'un l'autre qu'on était morts d'inquiétude, on a réalisé à 22h qu'on avait toujours pas mangé, on a essayé de
se rassurer par tous les moyens qu'un chat ça part souvent en vadrouille quelques heures, quelques jours, qu'elle va revenir...
C'est con mais j'y crois pas, il fait froid la nuit, un chat ça fait des fugues l'été, pas quand on passe en dessous de zéro la nuit. Y'a des renards par chez nous, des routes passantes.
J'espère des chaleurs précoces qui l'auront poussée à partir chercher un mâle, j'essaie de me convaincre par tous les moyens qu'il y a pas de raisons de s'inquiéter. La méthode Coué ça marche
bien de jour. Et cette nuit j'ai rêvé qu'on la retrouvait. Et je me suis réveillée, je suis allée voir dans le salon, y'avait que Port22.
Je suis retournée m'écrouler en larmes dans mon lit morte d'inquiétude, de chagrin, persuadée qu'on la reverra plus, en train de l'imaginer blessée en train d'agoniser dans un coin, j'ai
complètement craqué, avec sanglots et compagnie, ça a réveillé l'Homme qui m'a consolé un long moment, a fait entrer Port22 pour qu'elle vienne dormir avec nous, m'a fait un gros câlin, on a fini
par réussir à se rendormir.
Je vais aller faire un tour en voiture sur les routes un peu trop passantes du coin pour voir si... Je veux savoir, si elle s'est fait écraser je veux savoir, ne pas l'attendre des jours et des
jours, je veux pas me poser des questions aussi glauques que "Au bout de combien de temps on attendra plus son retour ? Au bout de combien de temps elle nous manquera plus ? Au bout de combien de
temps elle manquera plus à Port22 ?" J'essaye de me dire que c'est qu'un chat, ça fait que 4 mois qu'elle vit avec nous, force est d'admettre que je m'y suis bien plus attachée que je ne
l'imaginais, que j'éprouve un réel chagrin à l'idée de ne plus la revoir, que je suis super inquiète de ce qui a pu lui arriver.
On sursaute au moindre bruit de chattière, on est presque déçus de voir que c'est Port22 qui va et vient...
Je me demande quel est ce besoin qu'on se crée, ce besoin de dépendance affective de vouloir adopter un animal, le nourrir, s'y attacher, prendre soin de lui, le câliner, et sans même s'en rendre
compte le considérer quasiment comme un membre de la famille et trouver vide le salon sans cette présence velue. On se dit qu'on va adopter un petit chat, comme ça sans trop savoir pourquoi,
parce que madame avait envie, parce que ça amusait monsieur, parce qu'un chat c'est pas contraignant comme un chien, parce que c'est mignon, parce que pourquoi pas après tout, parce que ça pourra
amuser le p'tit c'est sympa pour un môme de grandir avec des animaux, et quelques mois plus tard on est complètement accro...
J'arrive pas à relativiser, déjà qu'à la base j'ai une base lacrymale vachement présente et je suis du genre très excessive dans mes sentiments et mes réactions, ajoutez à ça la fatigue et les
hormones, vous avez une Fantomette complètement retournée.
Je sais, si ça se trouve elle va revenir.
Mais pour l'instant j'ai la chanson de Renaud dans la tête...
Va donc pas pleurer
Y s'baladait peinard
Il avait pas d'collier
Il était libre d'aller
Et d'rev'nir pour bouffer
Il était même pas prisonnier
De ton amour insensé
T'aurais quand même pas
Voulu qu'y vive comme un con
Sur le canapé
Loin des gouttières des pigeons
C'était un aventurier
T'aurais pas voulu qu'on l'attache
Y t'aurais miaulé: "Mort aux vaches!"
Le petit chat est mort
Il est tombé du toît
C'est comme ça
Il a glissé sur j'sais pas quoi
Et Patatras
On l'enterr'ra demain j'te jure
Dans un joli carton à chaussures
Le petit chat est mort
Et toi et moi on va
Couci-couça
A cause de quoi ? A cause que c'est
Chaque fois comme ça
Pourquoi c'est toujours les p'tits chats
Et jamais les hommes qui tombent des toits?
C'était un vrai sac à puces
Encore plus libre qu'un chien
Pas l'genre pour un su-sucre
A te lécher la main
Mais la liberté tu vois
C'est pas sans danger c'est pour ça
Qu'on court pas les rues ni les toîts
C'était un vrai Titi
La terreur des p'tis oiseaux
La nuit y s'faisait gris
Pour les croquer tout chauds
C'est un peu salaud
Mais t'as jamais mangé d'moineau
C'est pas plus dégueu qu'un MacDo
Le petit chat est mort
Il est tombé du toit
C'est comme ça
Il a glissé sur j'sais pas quoi
Et Patatras
On ira d'main dans un jardin
L'enterrer au pied d'un arbre en bois
Le petit chat est mort
Et toi et moi on va
Couci-couça
A cause de quoi ? A cause qu'on s'demande bien pourquoi
T'as jamais un pape sur les toîts
Etre trop près du ciel p't'être qu'y z'aiment pas
Allez, je sors, je vais aller faire un tour sur les routes du coin, je poste ça au retour avec le fol espoir que retarder de quelques minutes l'envoi de cet article va conjurer le mauvais sort et
qu'elle sera revenue et que je pourrai l'effacer...
(râté)
Vous dîtes...